DATE/DATE :
Le 14 novembre 2013, 11 h
LOCATION/ENDROIT :
Centre Aldred, Campus principal de SAIT Polytechnic,
1301, avenue 16 Nord-Ouest, Calgary (Alberta)
SUBJECT/SUJET :
Le ministre de l’Emploi et du Développement social et ministre du Multiculturalisme, l’honorable Jason Kenney, prononce un discours thème à l’événement Polytechnics Canada Applied Research Showcase 2013.
Hon. Jason Kenney : Merci beaucoup David. Je suis heureux d’être de retour chez moi à Calgary et de rencontrer vos collègues, les présidents des écoles polytechniques du Canada ainsi qu’un groupe de jeunes étudiants brillants qui profitent de l’éducation de premier choix et de calibre mondial qu’ils reçoivent ici à SAIT et dans des collèges semblables au pays. C’est là où le bât blesse en ce qui concerne l’avenir de notre économie à bien des égards; le développement des compétences de grande qualité, réelles et pratiques, et la recherche appliquée qui a des applications commerciales concrètes. Ce que nous constatons ici aujourd’hui est un modèle pour les études postsecondaires. Et c’est un réel plaisir d’être ici, particulièrement à l’occasion de la huitième exposition annuelle sur les travaux de recherche appliquée des étudiants.
Avant de monter sur l’estrade, j’ai fait une brève visite à l’étage et j’ai rencontré quelques-uns des étudiants qui sont maintenant ici dans la salle. J’ai vu quelques présentations de l’exposition et je me suis dit : c’est exactement ce dont parlent les entreprises canadiennes. Les employeurs au Canada et partout dans le monde ont de plus en plus besoin de travailleurs hautement qualifiés dans un marché du travail mondial de plus en plus concurrentiel. Et les concours comme celui-ci sont un moyen fantastique d’inspirer les jeunes à explorer des choix de carrière dans des domaines où il y a vraiment une forte demande.
Je voudrais donc dire quelques mots, tout d’abord sur Polytechnics Canada et ses réalisations, parce que je crois que ce secteur d’études a trouvé un modèle qui fonctionne, et vous l’avez perfectionné plus rapidement et habilement peut-être que tout autre secteur des études postsecondaires au Canada afin qu’il soit pertinent aux besoins de notre économie, aujourd’hui et à l’avenir.
Donc plutôt que de faire de la recherche simplement pour faire de la recherche, et soit dit en passant, la recherche universitaire pure a toujours sa valeur, il est d’une importance capitale que, dans la mesure du possible et du raisonnable, la recherche soit liée a des applications commerciales concrètes, et c’est ce que nous voyons dans les écoles polytechniques.
Par conséquent, vos étudiants obtiennent leur diplôme avec les compétences que les employeurs canadiens recherchent. Aujourd’hui, plus de 11 000 étudiants inscrits dans les écoles polytechniques du Canada font de la recherche appliquée pour l’industrie canadienne. Plus de 40 000 étudiants sont inscrits dans 225 programmes d’apprenti et de métiers spécialisés. Vous avez plus de 26 000 étudiants internationaux. J’en ai rencontré quelques-uns aujourd’hui de l’Inde, du Brésil, de la Chine et d’ailleurs dont un grand nombre, nous l’espérons, entreprendront des carrières brillantes et enrichissantes ici au Canada.
Dave a mentionné les réformes fondamentales et ambitieuses de l’immigration que nous avons amorcées. J’ai été le ministre de l’Immigration du Canada qui a eu le plus long mandat, soit cinq ans. Et l’une des choses dont je suis le plus fier a été l’introduction d’un nouveau programme d’immigration qui s’adresse plus particulièrement aux étudiants étrangers diplômés d’universités et de collèges canadiens. Et je veux simplement en faire la publicité, car il n’y a pas suffisamment de gens qui le connaissent.
Il m’arrive encore de croiser un curieux président d’université qui me dit : « Est-ce que ça ne serait pas bien si les étudiants étrangers pouvaient obtenir la résidence permanente au Canada? » Et je réponds : « C’est possible depuis maintenant cinq ans grâce à la Catégorie de l’expérience canadienne ». Donc vous obtenez un certificat ou un diplôme nécessitant deux ans d’études au Canada, vous accumulez un an d’expérience de travail qualifié, et vous êtes invité à faire une demande de résidence permanente dans le meilleur pays du monde, puis vous l’obtenez. La demande sera traitée rapidement, soit en quelques mois plutôt qu’en quelques années comme c’était le cas auparavant. Ayez donc l’obligeance de passer le mot à vos confrères étudiants étrangers sur les campus de l’école polytechnique ici à SAIT et partout au pays.
Chaque année, les écoles polytechniques produisent plus de 58 000 diplômés qui sont prêts pour le marché du travail. Ils ont les compétences nécessaires pour trouver des solutions commerciales pratiques et aider les entreprises à prospérer. Il n’est pas étonnant qu’environ 90 p. 100 des étudiants des écoles polytechniques, je crois que le pourcentage est de 95 p. 100 ici à SAIT, trouvent un travail dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme et, dans la grande majorité des cas, un travail pour lequel ils ont été formés.
De toute évidence, jumeler la formation des étudiants aux besoins de l’employeur est une approche efficace. Elle fonctionne pour l’étudiant et pour notre économie, ce qui est très logique. Plutôt que de faire de la recherche pour le plaisir, comme je l’ai dit plus tôt, les étudiants des écoles polytechniques participent à la recherche et au développement qui sont en demande. Jumeler les étudiants aux solutions, aux employeurs et aux entreprises qui doivent faire face à des défis est avantageux pour tout le monde.
Lors de ma visite à l’étage, j’ai constaté que les étudiants de SAIT ont conçu un nouveau système informatique pour aider l’entreprise Avalon Master Builder, qui exerce ses activités dans ma circonscription de Calgary-Sud-Est, à mettre à niveau sa maison à bilan énergétique nul, Discovery 4.
J’ai également rencontré des étudiants à George Brown qui ont aidé SOS Customer Services à mettre au point une grue rétractable de manière à pouvoir entrer dans un ascenseur de service, ce qui réduit les coûts de construction des bâtiments aux extérieurs vitrés en diminuant le recours aux imposantes grues sur les chantiers. Compte tenu de l’envergure des travaux que nous observons pour ces types de structures, je considère cette grue comme une invention d’un intérêt commercial vert incroyable.
Par ailleurs, des étudiants à Seneca ont aidé l’entreprise Multisolve à développer un lubrifiant écologique sûr pour enlever plus facilement l’asphalte de l’équipement de construction.
À Conestoga, des étudiants ont inventé un balai intelligent, que j’ai essayé durant ma visite, et qui aide les curleurs en mesurant les coups de balai par seconde et en envoyant les données instantanément au téléphone intelligent de l’entraîneur. Et qu’est-ce qui pourrait être plus canadien – (rires) – qu’une application haute technologie pour les curleurs? Je crois que c’est tout simplement fantastique.
Je pourrais passer tout mon temps ici à passer en revue toutes ces initiatives industrielles axées sur la demande, mais je crois que nous sommes tous convaincus qu’elles fonctionnent.
Et le gouvernement fédéral fait ce qu’il peut pour soutenir cette recherche appliquée et le développement des compétences dont nous aurons besoin à l’avenir.
Et si on examinait le Canada avec une vue d’ensemble, à 30 000 pieds d’altitude? Vous savez, depuis la crise économique mondiale, nous avons assisté aux meilleurs résultats en création d’emplois de toutes les principales économies développées au monde. Plus de 1,1 million de nouveaux emplois en chiffre net ont été créés depuis la fin de la crise. Quatre-vingt-dix pour cent de ces emplois sont à temps plein et principalement dans des postes bien payés du secteur privé. Et il y a maintenant plus de Canadiens qui travaillent, ou plus de gens qui travaillent au Canada qu’en tout autre temps dans son histoire économique.
En outre, nous approchons visiblement d’un grand essor dans nos industries d’extraction de ressources et de produits de base, ce qui représente des dizaines de milliards de dollars de construction et d’infrastructure, en plus de quoi, bien sûr, nous avons la population la mieux éduquée du monde avec le pourcentage le plus élevé de citoyens ayant fait des études postsecondaires.
Nous avons les impôts les moins élevés à l’échelon fédéral depuis 1964, et comme mon collègue le ministre Flaherty l’a souligné l’autre jour, nous sommes en voie d’équilibrer le budget fédéral dans les 18 prochains mois et d’être la première grande économie industrialisée à l’avoir fait. Notre dette et notre déficit sont plus faibles que ceux de pratiquement tous nos principaux concurrents économiques industrialisés.
Et de façon très dynamique, nous élargissons les horizons du Canada dans une économie axée sur l’exportation. Nous avons toujours fait de l’exportation, mais depuis trop longtemps, nous sommes trop dépendants d’un grand marché d’exportation : notre voisin au sud. Le Canada a été particulièrement vulnérable aux fluctuations économiques des États-Unis. C’est pourquoi il est d’une importance capitale pour notre avenir économique d’élargir et de diversifier nos marchés d’exportation. C’est l’une des réalisations du gouvernement Harper avec la négociation et la conclusion de 13 ententes de libre-échange au cours des six dernières années. Et maintenant, avec la signature de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne, nous sommes sur le point d’avoir un accès pratiquement libre à 28 pays industrialisés, ce qui représente un marché de consommation de 500 millions de personnes. Nous serons le seul pays de la planète à avoir un accès privilégié, pratiquement libre, aux 500 millions de personnes de l’Union européenne et aux 300 millions de personnes aux États-Unis. Nous sommes au cœur de l’économie mondiale, et ce n’est pas terminé, car nous continuons à chercher de nouveaux marchés d’exportation en Asie.
Donc si vous faites le bilan de toutes ces réalisations, vous obtenez le portrait d’un pays, d’une économie qui, nous l’espérons et le croyons, et selon la plupart des prévisions du Fonds monétaire international et de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), est sur le point de mener la croissance économique des pays développés. En fait, nous y sommes déjà.
Et saviez-vous que le Canada, selon le magazine Forbes, est maintenant le meilleur endroit du monde où démarrer une nouvelle entreprise? Et soit dit en passant, le Forum économique mondial affirme que nos institutions financières sont les plus fiables et les plus stables.
Mes amis, l’explication est simple : nous avons beaucoup de bons points. Encore une dernière chose. Nous comptons parmi les pays développés dont le système d’immigration est efficace et nous continuons de l’améliorer afin d’attirer les personnes qui ont les compétences pertinentes à notre marché du travail et à la future économie, plutôt que de permettre l’entrée de nouveaux arrivants qui seront en chômage ou sous employés, un problème auquel remédient nos étudiants du Red River College.
Voilà donc les bonnes nouvelles. Les mauvaises nouvelles sont que nous ne disposerons probablement pas du nombre suffisant de personnes pour pourvoir les postes de cette économie florissante, et c’est en partie une question de simple bon sens. Elle s’appuie sur les grands changements démographiques que nous attendons depuis longtemps, à mesure que la génération du baby-boom prend sa retraite. L’année prochaine sera la première année dans l’histoire démographique du Canada où les personnes qui quittent le marché du travail seront plus nombreuses que celles qui l’intègrent; il y a plus d’enfants du baby-boom qui prennent leur retraite que de jeunes qui se joignent à la population active.
Donc vous avez une main-d’œuvre qui s’amenuise, mais une économie en pleine expansion, et il faut faire un compromis quelque part. Actuellement certaines personnes disent de ne pas s’inquiéter car l’immigration va régler tout ça. Peut-être bien. Mais pour nous, simplement pour maintenir la moyenne d’âge actuelle de notre population en ayant recours à l’immigration, il faudrait la quadrupler par rapport au nombre déjà sans précédent d’un quart de millions à plus d’un million de résidents permanents par année, ce qui est pratiquement invraisemblable. Les Canadiens savent que nous ne pouvons, nous n’en avons pas la capacité, les intégrer au niveau de l’infrastructure de base, sans compter l’intégration sociale d’un million de nouveaux arrivants par année.
Nous devons donc être beaucoup plus intelligents dans le choix de nos immigrants, de façon à ce que les ingénieurs qui immigrent au Canada obtiennent des postes d’ingénieur plutôt que de travailler la nuit dans les dépanneurs, afin que les médecins qui immigrent au Canada puissent obtenir leur permis d’exercice plutôt que faire le ménage des chambres d’hôtel. Donc nous devons optimiser les débouchés des nouveaux arrivants qui entrent au pays. Et c’est ce que notre nouveau système d’immigration nous permettra de faire.
Nous avons déjà grandement amélioré la répartition géographique des immigrants dans le pays. Avant que notre gouvernement prenne le pouvoir, 80 p. 100 des immigrants s’installaient à Toronto, à Montréal et à Vancouver, même si ce n’était pas là qu’ils pouvaient trouver les meilleurs débouchés professionnels. Maintenant, nous avons triplé l’immigration dans les provinces des Prairies, nous l’avons quadruplée en Saskatchewan, triplée en Alberta, doublé dans les provinces de l’Atlantique, et comme je le dis, nous réussissons bien mieux à jumeler les nouveaux arrivants aux employeurs qui choisissent les personnes ayant les compétences dont ils ont besoin.
Mais nous devons également être beaucoup plus intelligents dans nos politiques nationales relatives à l’éducation et au développement des compétences. Et permettez-moi de dire que, par exemple, le mois dernier, l’OCDE a publié un rapport qui révèle que le Canada, ce qui est très troublant, descend dans l’échelle des pays développés lorsqu’il est question de l’éducation dans le dans les domaines des sciences, de la technologie, du génie et des mathématiques. En sciences et en mathématiques, par exemple, nous prenons du retard sur les autres pays industrialisés, ce qui soulève quelques questions très fondamentales en ce qui a trait à notre système d’éducation.
De même, vous le savez, je crois que depuis des années les politiciens et les bureaucrates, l’élite politique, prend des décisions quant à l’affectation des ressources publiques limitées en enseignement supérieur dans des disciplines qui ne conviennent pas nécessairement au marché du travail de l’avenir.
Qu’est-ce que je veux dire par là? Eh bien, la plupart des politiciens et des bureaucrates ont fait des études postsecondaires et universitaires. Et pour une raison ou une autre, je crois que ce n’est pas une coïncidence si la part du lion de l’investissement public est allée aux études postsecondaires. Il y a 30 ou 40 ans, nous avons commencé à réduire, à un point tel qu’elles perdent presque toute pertinence, les formations techniques et professionnelles au niveau de l’école secondaire dans nos provinces. Les provinces ont commencé à revendiquer, sous la pression des groupes d’intérêts, qu’un enseignant à l’école secondaire ait un diplôme d’un institut pédagogique, un certificat d’un institut pédagogique. Eh bien, il est peu probable que le genre de gars qui enseignaient l’usinage et la soudure dans nos écoles secondaires professionnelles consacrent une année ou deux à obtenir leur diplôme d’enseignement. Par conséquent, les décisions relatives aux dépenses se sont éloignées des écoles techniques et professionnelles.
Seulement un pour cent des étudiants au secondaire, dans la province de l’Ontario, sont inscrits dans des programmes techniques ou de formation professionnelle, par exemple, dans des écoles techniques.
Et donc la semaine dernière, j’ai rencontré mes homologues provinciaux, ministres de l’Éducation, afin de les inviter à penser à un changement de paradigme, pour reprendre un cliché, à repenser l’investissement en éducation, à recréer la tradition des programmes d’études techniques et professionnelles offerts dans le système des écoles secondaires et de concentrer leurs investissements dans les études postsecondaires, de plus en plus dans la recherche et les sciences pratiques et appliquées, comme le font les instituts polytechniques dans l’ensemble du pays.
Je serai clair. Je ne voudrais surtout pas empiéter sur la compétence provinciale dans notre pays. Je reconnais les provinces – et je reconnais entièrement que les provinces sont responsables de l’éducation puisque notre Constitution leur accorde cette compétence. Cela étant dit, il y a une union économique – un des principes de notre Constitution – qui dit qu’il faut favoriser la mobilité, et je crois qu’il y a une responsabilité du gouvernement fédéral d’encourager les politiques pour augmenter la productivité de notre économie.
Donc, c’est la raison pour laquelle j’ai signalé à mes homologues provinciaux, il y a une semaine, l’importance d’augmenter la mobilité du marché du travail au Canada et l’éducation dans les métiers spécialisés, comme les formations offertes dans les polytechniques du Canada.
Donc nous reconnaissons que les provinces sont responsables de l’éducation, mais devinez quoi? Le gouvernement fédéral en paye une bonne partie. Nous y contribuons par ce qu’on appelle le Transfert social canadien, des milliards de dollars par année. Nous avons augmenté les transferts aux provinces de 20 milliards de dollars par année. Nous dépensons des milliards dans le développement des compétences pour les groupes de notre population qui sont sous-représentés dans la main-d’œuvre; les Autochtones, les jeunes Canadiens, les personnes handicapées, les travailleurs plus âgés qui doivent se recycler, les nouveaux arrivants et les immigrants. Nous avons quadruplé les fonds alloués à l’établissement pour eux, ce qui englobe les compétences en recherche d’emploi et la maîtrise des langues.
Donc, nous faisons beaucoup d’investissements au niveau fédéral et je crois qu’avec ces investissements, nous avons le droit de dire que les programmes d’études provinciaux doivent trouver des moyens de former les étudiants avec des compétences dont le marché du travail de l’avenir aura besoin. Et nous devons tous faire mieux en informant les jeunes Canadiens des perspectives des différentes décisions professionnelles qu’ils prendront, ce à quoi notre gouvernement s’est engagé dans le Plan d’action économique de 2013, dans son budget.
Nous publierons de l’information très intéressante à laquelle les jeunes peuvent accéder par les médias sociaux pour découvrir que, par exemple, s’ils veulent devenir soudeur en étudiant à un endroit comme SAIT, ils suivent un cheminement de carrière où ils pourraient gagner trois fois plus que s’ils obtiennent un baccalauréat en science politique à un endroit comme l’Université de Calgary. Et comme je le dis toujours, à Ottawa nous avons déjà un très net surplus de personnes qui ont des diplômes en science politique. Nous aurions besoin de quelques soudeurs de plus, même au Parlement.
Donc je crois que ce sont d’importantes questions, tout comme la question d’améliorer notre système de formation d’apprenti. Je sais que les étudiants de polytechnique sont inscrits dans des programmes d’apprenti au Canada, et je sais qu’un grand nombre d’entre vous doit surmonter les mêmes obstacles que d’autres apprentis.
Les ratios de compagnons-apprentis sont trop élevés, surtout en Ontario et au Québec, ce qui fait qu’il est difficile pour de nombreux futurs hommes et femmes de métier d’obtenir une place. Et les exigences de l’apprentissage sont différentes dans différentes provinces, ce qui rend difficile le déménagement dans une autre province pour terminer votre apprentissage. Et je veux que vous sachiez que notre gouvernement se concentre sur ce problème, et nous ne resterons pas les bras croisés à laisser la situation empirer.
La semaine dernière lors d’une réunion avec mes homologues provinciaux, j’ai soulevé ces difficultés et j’ai affirmé que nous devions harmoniser le système d’apprentissage dans l’ensemble du pays, et les provinces doivent se défaire de certaines de ces politiques désuètes et non pertinentes de protectionnisme du travail qui sont, par exemple, représentées dans ces ratios très stricts.
Notre gouvernement a également beaucoup investi pour motiver les jeunes, les personnes en général à suivre un programme d’apprenti pour les métiers spécialisés avec la Subvention incitative aux apprentis et la Subvention à l’achèvement de la formation d’apprenti, qui ensemble représentent environ un avantage de 4 000 $ pour les personnes qui entrent dans ces programmes et un crédit pour l’embauche à l’intention des employeurs. Polytechnics Canada suggère que nous les offrions à la fin du processus, car nous n’avons pas un nombre suffisant d’étudiants sur les 340 000 apprentis inscrits qui terminent leur programme. Près de 50 p. 100 seulement de ceux qui s’inscrivent dans les programmes d’apprenti le terminent.
Et l’une des raisons pour cela, je crois, est qu’il y a un énorme coût de renonciation pour les apprentis qui laissent leur emploi pour suivre leur formation officielle en classe à des endroits, comme SAIT et NAIT. Généralement, ils doivent demander des prestations d’assurance-emploi. Certains employeurs, ce qui est tout à leur honneur, investiront, dans ces apprentis, ils les engageront par contrat et les rémunéreront pendant cette période, mais pas suffisamment.
Et c’est pourquoi hier, dans un discours que j’ai prononcé au B.C. Business Summit, j’ai dit que les employeurs canadiens, le secteur privé, devaient s’engager davantage dans le système d’apprentissage et le développement des compétences en général.
Laissez-moi vous dire quelque chose que je trouve un peu troublant. Le Canada est tout en haut de la liste des pays développés lorsqu’il est question de l’investissement dans le développement des compétences et les études postsecondaires. On parle des 34 économies les plus industrialisées. Mais nous sommes au bas de la liste lorsqu’il est question des investissements des employeurs du secteur privé dans le développement des compétences et l’éducation. Il faut simplement que ça change.
Et ici à Calgary, je peux vous dire que chaque fois que je descends de l’avion, des employeurs se précipitent vers moi et me disent, Jason, vous devez régler ce problème de pénuries de compétences, ça nous tue. Nous sommes incapables de remplir les commandes que nous avons. Nous n’avons simplement pas assez de personnes qui ont les compétences.
Et la question que je leur pose est, tout d’abord, qu’avez-vous fait au sujet des salaires? Parce qu’à l’échelle nationale, les salaires ont à peine augmenté au même rythme que l’inflation, ce qui ne dénote pas précisément un resserrement du marché du travail. Et qu’avez-vous fait pour le développement des compétences? Que faites-vous pour investir dans ces étudiants apprentis, les engager par contrat et les soutenir lorsqu’ils suivent leur formation officielle?
Vous savez que je suis un Albertain, et je ne veux pas être partisan, mais je suis un Conservateur, je crois aux marchés libres. Je crois qu’ils sont le meilleur moyen de produire la richesse et d’augmenter le niveau de vie des gens. Mais les entreprises ne devraient pas se fier au gouvernement pour subventionner d’une certaine manière ou résoudre les difficultés qu’ils rencontrent avec l’expansion et les pénuries de main-d’œuvre. Les entreprises doivent répondre avec des solutions de marché à ce qui est un problème de marché du travail, et l’un des principaux leviers à la disposition des employeurs, les solutions de marché, sont les salaires et les avantages sociaux, parce qu’elles signalent aux jeunes qu’elles seront en conséquence des choix professionnels et de formation qu’ils font. Et les entreprises doivent démontrer, encore une fois, par un mécanisme de marché, un plus grand investissement dans l’acquisition des compétences et l’apprentissage.
Maintenant je dois également féliciter de nombreux employeurs ici en Alberta et dans l’ensemble du pays pour devenir des partenaires plus actifs dans les programmes de parrainage, l’infrastructure et les projets comme ceux d’aujourd’hui à SAIT et dans les écoles polytechniques du pays. C’est une excellente nouvelle relation, mais nous pourrions et devrions faire beaucoup plus. Donc mon message au secteur privé est que nous avons un partenaire actif dans le gouvernement fédéral pour une plus grande mobilité de la main-d’œuvre. Nous avons apporté des réformes au régime d’assurance-emploi, par exemple. Nous avons pris des mesures incitatives pour l’apprentissage. Nous avons établi notre système d’immigration. Nous étudions des réformes supplémentaires, comme nous l’a suggéré Polytechnics Canada. Mais nous devons voir des employeurs qui mettent davantage leurs propres intérêts en jeu.
C’est l’une des raisons que nous avons proposées dans cette Subvention canadienne pour l’emploi, ce qui permettrait de mobiliser un plus grand investissement du secteur privé dans le développement des compétences et la formation en cours d’emploi où les employeurs pourraient nommer une personne qui selon eux, à l’aptitude de travailler, et à la fin de sa formation, ils lui garantiraient un emploi en principe.
C’est l’idée de la Subvention pour l’emploi. Elle prend un peu des fonds que nous donnons actuellement aux provinces pour les programmes de développement des compétences; certains sont bons et certains ont un rendement inférieur. Et il faut mobiliser les employeurs afin qu’ils augmentent leur investissement avec un emploi garanti en fin de compte. Je crois que c’est très logique et j’espère que les provinces seront d’accord avec moi là-dessus.
Permettez-moi de terminer en disant que ce pays est à l’aube d’une ère simplement remarquable, cette partie du Canada en particulier. Et nous avons assaini les finances publiques. Nous avons redressé la situation fiscale. Nous avons allégé le fardeau réglementaire des employeurs. Nous avons résolu ce qui était un système d’immigration dysfonctionnel à de nombreux égards. Nous élargissons nos marchés commerciaux et d’exportation. Nous investissons massivement dans l’éducation dans ce pays. Nous avons beaucoup de choses qui vont bien, mais c’est un dernier gros élément pour que le Canada soit vraiment chef de file dans le monde.
Et cela demandera la pleine participation des éducateurs, des syndicats, des employeurs, des gouvernements provinciaux et fédéral, et leur collaboration dans la même direction. Et je crois qu’il y a d’autres pays qui l’ont fait de façon admirable. C’est pourquoi j’ai suggéré à mes collègues provinciaux la semaine dernière de faire un voyage ensemble pour étudier, par exemple, le système de formation double en Allemagne. Il n’est pas parfaitement applicable au Canada, mais c’est un paradigme totalement différent avec des résultats considérablement meilleurs en ce qui a trait à l’emploi et au marché du travail.
Le taux de chômage pour les jeunes Allemands est de 7,5 p. 100. Pour les jeunes Canadiens, il est de 13 p. 100. Pourtant, nous avons deux fois plus de jeunes Canadiens inscrits dans les programmes d’études postsecondaires et universitaires qu’en Allemagne. Quelle est la différence? La différence est que les syndicats, les employeurs, les éducateurs, l’État et le gouvernement fédéral encouragent tous les jeunes, pratiquement à partir du début du secondaire, à expérimenter les compétences pratiques concrètes en milieu de travail pour lesquelles ils sont rémunérés et ils soutiennent de toutes sortes de manières ces jeunes dans le développement de leur potentiel par des moyens qui sont vraiment pertinents à l’économie.
Nous pouvons faire beaucoup mieux dans ce domaine. SAIT et les écoles polytechniques ouvrent la voie. Ces institutions sont notre soutien absolu alors que nous nous préparons à assurer la prospérité du Canada pour l’avenir.
Merci beaucoup. (Applaudissements.)
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