Le 31 janvier 2014
Québec (Québec)
Bonsoir,
Je suis très heureuse d'être ici dans la magnifique ville de Québec.
J’ai été honorée lorsqu’on m’a nommée ministre canadienne des Pêches et des Océans et heureuse de gérer encore une fois ce portefeuille; c’était comme revenir chez soi!
En tant que ministre, je suis fière de travailler avec et pour nos pêcheurs et transformateurs de poisson — des gens d’affaires qui travaillent fort et gagnent leur vie en offrant aux consommateurs du poisson et des fruits de mer de la plus grande qualité.
Depuis 1978, l'Association québécoise de l'industrie de la pêche s'est acquittée de son rôle avec brio en représentant les entreprises québécoises de transformation du poisson et des fruits de mer. Je tiens à vous féliciter pour votre travail remarquable de commercialisation des produits québécois du poisson et de fruits de mer partout au Canada.
Notre gouvernement partage entièrement votre priorité en ce qui concerne les nouveaux marchés et l’expansion de ceux existants. L'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne en est un excellent exemple.
C'est une bonne nouvelle pour le Canada, pour le Québec et, surtout, pour les entreprises qui transforment et exportent le poisson et les fruits de mer canadiens.
L'accord commercial entre le Canada et l'Union européenne est notre accord le plus ambitieux jusqu'à maintenant. Il permettra de resserrer les liens commerciaux, de créer des emplois et de générer croissance et prospérité à long terme.
Comment? Cet accord de libre-échange offrira au Canada un accès préférentiel aux 500 millions de consommateurs du marché européen et à leur activité économique annuelle de quelque 17 billions de dollars.
L'Union européenne est le plus grand importateur de produits de poisson et de fruits de mer au monde ainsi que notre deuxième partenaire en importance en ce qui concerne le commerce et l'investissement. Pour le secteur canadien du poisson et des fruits de mer, cet accord commercial est une occasion formidable d'obtenir un accès privilégié au marché très lucratif de l'Union européenne.
En quoi cela est-il donc avantageux pour cette province? Au Québec, l'industrie du poisson et des fruits de mer est un élément essentiel du moteur économique de la province. Le secteur fournit de l’emploi à plus de 7 900 Québécois et continue à diversifier ses activités et à innover. De ces emplois, 4 500 se trouvent dans le secteur de la transformation.
L'estuaire du Saint-Laurent — avec son mélange d'eau douce et d'eau de mer — et le Golfe du Saint-Laurent, produisent du poisson et des fruits de mer de grande qualité en abondance. Du crabe des neiges au homard, en passant par le flétan du Groenland, les pétoncles, le buccin et le crabe commun, l'industrie québécoise de la pêche commerciale a généré environ 400 millions de dollars l'an dernier.
De 2010 à 2012, les exportations provinciales de poisson et de fruits de mer vers l'Union européenne uniquement étaient d’une valeur de 13,7 millions de dollars chaque année.
Ces exportations ont connu une augmentation des droits de douane de 25 %.
Au moment de l'entrée en vigueur de l'accord commercial, près de 96 % des lignes tarifaires de l'Union européenne concernant le poisson et les fruits de mer seront exemptes de droits de douane. Dans 7 ans, 100 % de ces lignes tarifaires seront exemptes de droits.
Par exemple, on éliminera les droits qui s'appliquent aux crevettes cuites et décortiquées, au homard vivant et congelé ainsi qu'au crabe des neiges.
En éliminant les tarifs, l'accord permet au Québec d'obtenir un accès privilégié au marché de l'Union européenne.
Ce sont là des dispositions dont nos compétiteurs, dans d'autres pays, ne bénéficient aucunement. Ils sont toujours aux prises avec des tarifs. En fait, cet accord représentera la première fois où l'Union européenne éliminera les droits sur le poisson et les fruits de mer pour un pays exportateur aussi important que le Canada.
Cela permettra aux entreprises de transformation québécoises d’accroître les ventes de leurs produits. Cette augmentation mènera à une augmentation des emplois et des salaires et à une meilleure prospérité à long terme; tout cela représente un avantage direct pour les Québécois qui travaillent fort.
Au-delà des droits de douane, l'accord appuie les efforts du Québec pour conserver les normes les plus élevées en matière de durabilité, d'excellence et de conservation pour son industrie de la pêche, ce pour quoi le Québec est reconnu à l’échelle internationale. Les gouvernements du Canada et du Québec se sont engagés à garantir des pêches et une aquaculture durables ainsi que des écosystèmes aquatiques sains et productifs.
Cet accord commercial établira un cadre pour le dialogue avec l'Union européenne en ce qui concerne les enjeux en matière de développement durable liés au commerce et présentant un intérêt commun.
De plus, le Canada conservera sa souveraineté et le plein contrôle de ses eaux territoriales ainsi que le contrôle de la délivrance des permis de pêche commerciale.
Notre gouvernement est fier d'appuyer le secteur des pêches québécois de nombreuses autres façons.
Depuis 2006, nous avons investi de façon importante dans les ports pour petits bateaux de cette province. Cette année seulement, nous avons annoncé l’octroi de 10 millions de dollars pour 14 projets importants afin d’assurer que les ports continuent d’appuyer l’industrie de la pêche et les économies locales.
Nous travaillons en outre d'arrache-pied pour que plusieurs pêches du Québec obtiennent l'écocertification.
Les employés des domaines de la gestion des pêches et des sciences du MPO ont contribué à l'écocertification du Marine Stewardship Council de la pêche du homard des Îles-de-la-Madeleine. Il s'agissait de la première pêche canadienne côtière du homard à obtenir la certification et à mettre en place une approche de précaution.
Pêches et Océans Canada a également pris part à une réévaluation réussie de l’écocertification de la pêche de la crevette dans le Golfe.
Le Ministère a assuré un accès permanent à la pêche du crabe des neiges pour les pêcheurs de poissons de fond. Les pêcheurs qui avaient un accès temporaire à la zone 12 disposent désormais de permis réguliers, ce qui stabilisera leurs activités.
Nous travaillons aussi à garantir l'accès permanent au crabe des neiges en Basse-Côte-Nord et visons des régimes de gestion modernes qui comprennent des quotas individuels et des règles claires concernant le transfert des quotas.
Nous sommes fiers d’avoir mis sur pied un comité de liaison entre le Ministère et le secteur de la capture du Québec. Cela permettra d’instaurer un important dialogue entre le MPO et ses partenaires. L'un des premiers enjeux abordés par le comité porte sur les politiques d’émission de permis de pêches.
Nous continuons aussi d’appuyer l'industrie aquacole du Québec de plusieurs façons, notamment en contribuant à l'élaboration d'un cadre pour l'aquaculture aux Îles-de-la-Madeleine.
J’ai aussi eu l’honneur d’annoncer notre Programme de mesures de durabilité pour l'industrie du homard de l'Atlantique d’une valeur de 50 millions de dollars en 2009. Ce dernier a permis d’appuyer l’industrie dans la création et la mise en œuvre de plans de durabilité.
Dix-sept plans de durabilités et 32 propositions de financement ont été acceptés, dont 4 au Québec.
Par conséquent, on compte actuellement 520 pêcheurs de moins impliqués dans la pêche au homard et d’ici à ce que le programme prenne fin, il y aura plus de 200 000 casiers de moins dans l’eau.
De plus, les projets scientifiques ont été entrepris dans presque tous les secteurs ou sous-secteurs participants, menant ainsi à une meilleure compréhension de la biologie du homard dont, entre autres, la structure de sa population, la génétique, l’origine larvaire, l’abondance et le transport.
Par ailleurs, nous collaborons toujours avec nos partenaires provinciaux afin de protéger et de développer le secteur des pêches québécois.
À l’échelle fédérale, nous apportons notre contribution pour créer des occasions qui renforceront votre industrie. C’est à vous de les saisir.
Un autre message que je souhaite partager avec vous avant de terminer est que je suis bien consciente des défis avec lesquels doivent composer nos industries de la pêche et de la transformation du poisson.
Comme l’indiquait le discours du Trône, notre gouvernement soutient les pêcheurs en gérant sainement les stocks de poissons et en ouvrant de nouveaux marchés partout dans le monde. Il continuera à accueillir les solutions ayant l’appui des pêcheurs, lesquelles permettent d’augmenter la compétitivité économique de ce pilier traditionnel de l’économie côtière.
Bien sûr, la prospérité de notre industrie de la pêche va en grande partie de pair avec la vôtre. Aujourd’hui, je souhaite donc réitérer que je suis ouverte aux solutions, avec l’appui de l’industrie, qui permettront de renforcer la compétitivité économique de ce secteur.
L’accès futur à nos pêches nécessite un équilibre entre développement économique, protection de l’environnement, données scientifiques éprouvées et implication de la collectivité – votre implication.
Je vous incite à sortir des sentiers battus et à suggérer des façons pour améliorer la viabilité et la prospérité futures des pêches. Je suis à l’écoute et je continuerai de travailler fort en votre nom. J’ai hâte de mettre ces changements en branle.
J’incite fortement tous les membres de cette industrie à travailler ensemble afin d’être le plus rentables possible sur le marché.
Ensemble, nous pouvons rendre cette industrie plus prospère et durable pour nos communautés côtières et notre secteur de transformation du poisson. Ensemble, nous construirons une industrie durable.
Merci.