Notes pour une allocution
de
l’honorable Joe Oliver
ministre des Ressources naturelles du Canada
à l’occasion de
la présentation du Canada à Petrotech
Le 13 janvier 2014
Greater Noida, Inde
Le discours prononcé fait foi
Merci, Haut-commissaire Beck. Et bonjour à tous. C’est un plaisir d’ouvrir cette réunion consacrée au Canada.
Ce matin, pendant la réunion ministérielle, nous avons parlé d’un défi que partagent les pays développés et les pays en développement, soit trouver le moyen d’obtenir l’énergie requise pour alimenter la croissance tout en respectant les meilleures normes environnementales possibles. C’est en définitive ce que nos citoyens veulent parce que c’est ce qu’il convient de faire.
Le Canada est bien placé pour relever ces défis. D’ailleurs, sa « proposition de valeur » est l’une des plus convaincantes qui soient dans le monde. Elle s’ouvre sur une abondance d’énergie, de quoi consolider les liens déjà solides qui unissent nos deux pays en tant qu’exportateurs et importateurs.
Le Canada possède les troisième réserves pétrolières prouvées du monde – 173 milliards de barils – soit plus que des producteurs bien connus comme l’Iran, l’Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis.
Nous sommes aussi le deuxième producteur d’uranium, le troisième producteur d’hydroélectricité et le cinquième producteur de gaz naturel. Nos réserves récupérables de gaz naturel, estimées à 37 billions de mètres cubes, représentent plus de 200 années de production au rythme actuel. Le Canada n’est pas encore entré sur le marché mondial du gaz naturel liquéfié, le GNL, mais ce sera bientôt chose faite.
Des licences d’exportation à long terme ont été délivrées à trois projets, pour une capacité d’exportation proposée de près de 36 millions de tonnes de GNL par année. De plus, notre organe fédéral de réglementation du secteur énergétique a approuvé récemment quatre autres de ces licences, qui seront délivrées sous réserve d’approbation par le gouvernement du Canada.
Au total, onze licences d’exportation en sont actuellement à diverses étapes d’approbation, ce qui pourrait porter notre capacité d’exportation annuelle à 165 millions de tonnes. L’une de ces licences concerne un terminal méthanier pour notre côte Est. D’une capacité potentielle d’exportation de 10 millions de tonnes par an, ce terminal constituerait un excellent moyen d’acheminer les ressources du Canada vers l’Inde.
Au chapitre du GNL, notre potentiel est reconnu par les investisseurs du monde entier, y compris ceux qui ont pignon sur rue en Inde et ailleurs en Asie. Et nos relations avec les investisseurs étrangers vont se renforcer et se multiplier à mesure que le Canada progressera dans la mise en valeur de la ressource.
Et ce qui n’est pas négligeable, sachez qu’il faudrait moins de temps pour expédier du GNL en Inde à partir des deux côtes canadiennes qu’à partir des installations étatsuniennes des nouveaux fournisseurs du golfe du Mexique. En effet, notre côte atlantique est située à environ 7 600 milles marins d’un terminal méthanier sur la côte occidentale de l’Inde, soit à près de 2 000 milles marins de moins que les terminaux des États-Unis.
Voilà autant d’excellentes raisons pour que le Canada devienne le principal carrefour nord-américain d’exportation de GNL vers l’Asie. Et je puis vous assurer que l’exportation de GNL de la côte Est du Canada vers l’Inde et l’Europe suscite de plus en plus d’intérêt.
Donc, l’évolution du dossier énergétique au Canada a commencé avec l’abondance des ressources, mais elle ne s’arrête pas là. Elle va au-delà de l’énergie que nous possédons pour s’étendre aux possibilités d’investissement que nous offrons.
Nous développons nos ressources énergétiques à un rythme sans précédent. Au cours de la prochaine décennie, quelque 650 milliards de dollars de nouveaux investissements viendront soutenir la réalisation de centaines de grands projets axés sur les ressources. Rare sont les pays qui réalisent des projets d’une telle envergure, à un tel rythme.
Les débouchés que nous ouvrent les marchés mondiaux ouvrent à leur tour de nouvelles possibilités chez nous pour les investisseurs d’autres pays. Nous accueillons avec plaisir les investissements de l’Inde et d’autres pays d’Asie, parce que nous constatons que les capitaux internationaux nécessaires à la réalisation de ces projets viennent de plus en plus souvent de ce continent.
Pour faciliter l’aménagement des infrastructures énergétiques, notre gouvernement a modernisé le régime de réglementation du Canada en vertu de son plan de Développement responsable des ressources, qui permet de sabrer dans la paperasse et de simplifier les procédures pour que les investisseurs sachent mieux à quoi s’attendre.
Ainsi, les évaluations de projets doivent maintenant être réalisées dans des délais précis, qui sont connus des investisseurs.
Nous renforçons aussi les normes environnementales car nous voulons des mesures de protection de calibre mondial, (1) appliquées au moyen d’une réglementation transparente, (2) fondées sur les meilleures données scientifiques et (3) appuyées par une technologie de pointe.
Il est important de disposer d’un régime de réglementation adéquat. Ajoutez-y une économie vigoureuse comme celle du Canada et vous avez alors une offre alléchante pour les investisseurs.
Les facteurs économiques fondamentaux du Canada sont parmi les plus solides du monde. Nous avons baissé les impôts et simplifié les formalités administratives, et nous continuons de promouvoir le libre-échange.
Le Canada bénéficie d’une solide cote de crédit, soit la cote AAA, grâce notamment à un régime financier qui se classe parmi les meilleurs du monde. En effet, pour la cinquième année consécutive, le Forum économique mondial a déclaré que les banques canadiennes étaient les plus stables du monde. D’ailleurs, aucune banque canadienne n’a eu besoin de secours pendant la crise du crédit. Parmi les pays du G7, le Canada est, et de loin, celui qui a la situation financière la plus avantageuse. Et il se dirige vers un budget équilibré pour 2015.
Bref, le Canada est un pays de libre entreprise accueillant pour les investisseurs, qui y trouveront une économie solide et la stabilité politique. Il a des institutions financières et juridiques sophistiquées, dont un système bancaire hors pair et un régime de réglementation moderne et efficace, ainsi qu’une expertise et des réseaux scientifiques et technologiques étendus en géosciences.
Outre l’abondance de ses ressources, l’envergure de ses investissements et la vigueur de son économie, le Canada offre aussi un engagement inébranlable en faveur de l’environnement.
Quand les investisseurs et les commentateurs publics parlent du secteur de l’énergie et de la performance environnementale du Canada, une question revient souvent : celle des sables bitumineux. Alors, permettez-moi d’aborder cette question sans détour.
Nous avons 168 milliards de barils de réserves prouvées de sables bitumineux. Grâce à l’innovation technologique, les réserves récupérables pourraient presque doubler et devenir les plus importantes du monde, à 300 milliards de barils.
Et si les sables bitumineux représentent une merveilleuse source de possibilités pour le Canada – et d’approvisionnement en énergie pour le monde – ils ne produisent que 0,1 %, ou un millième, des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une minuscule fraction.
Néanmoins, nous acceptons notre obligation de citoyens du monde de protéger l’environnement. Nous poursuivons nos efforts pour réduire encore les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons mis en place des régimes de surveillance de l’air, des sols et de l’eau appliqués aux sables bitumineux et nous continuons de travailler à une réglementation des émissions dans le secteur des hydrocarbures. Nous avons aussi investi plus de 10 milliards de dollars dans l’infrastructure verte, l’efficacité énergétique, les technologies d'énergie propre ainsi que la production d'énergie et de carburants plus propres. Grâce à des innovations technologiques, les émissions de gaz à effet de serre par baril ont reculé de 26 % entre 1990 et 2011.
Et il se passe encore autre chose dans le secteur des sables bitumineux. Quelque chose de remarquable. Quatorze entreprises canadiennes qui y travaillent ont décidé non pas de se livrer concurrence, mais de collaborer. Elles ont formé une alliance pour l’innovation afin d’échanger les idées les plus prometteuses pour la réduction des impacts environnementaux. Cette alliance qui n’a son pareil nulle part ailleurs a déjà permis l’échange de plus de 560 technologies et innovations d’une valeur de 900 millions de dollars.
Depuis 2005, les émissions canadiennes de GES ont diminué de 4,8 %, alors que la croissance économique et la croissance démographique ont été de 8,4 % et de plus de 6 %, respectivement. La combinaison de la croissance économique, de la croissance démographique et de la réduction des émissions – la voie de l’avenir – est déjà une réalité au Canada.
En outre, le Canada a amélioré constamment et de façon spectaculaire l’efficacité énergétique dans l’ensemble de son économie, comme le constate l’Agence internationale de l’énergie, qui classe le Canada au deuxième rang sur 15 pays, à égalité avec le Royaume-Uni, pour ses gains d’efficacité énergétique entre 1990 et 2010.
Alors voilà le portrait énergétique du Canada : des ressources abondantes, une expansion remarquable des infrastructures énergétiques, un régime réglementaire simplifié, de solides fondements économiques, un contexte accueillant pour les investisseurs et des normes environnementales de calibre mondial.
L’énergie est aujourd’hui un facteur crucial, qui touche à un grand nombre des enjeux qui définissent notre présent et façonnent notre avenir. Nous devons regarder vers l’avenir, vers l’horizon 2030 et même au-delà, et nous pencher sur le bouquet énergétique mondial émergent.
Et dans le cadre de cette démarche, j’espère que vous penserez au Canada, un pays qui a les ressources, la capacité et la volonté requises pour façonner l’avenir et exploiter le plein potentiel de la relation Canada–Inde en matière énergétique. Nous sommes prêts à forger un partenariat énergétique stratégique durable qui procurera d’immenses avantages à nos deux pays. Cette vision de l’avenir exigera le concours des gouvernements et des entreprises. Alors, mettons-nous à l’œuvre ensemble pour en faire une réalité.
Merci.