Toronto (Ontario)
Le 18 février 2014
La version prononcée fait foi.
Je vous remercie de m'avoir invitée ici aujourd'hui.
Les réunions de ce genre sont véritablement encourageantes; vous, les membres de l’industrie du transport routier, en profitez pour prendre du recul et examiner la place de votre industrie dans le contexte global des transports au Canada, en Amérique du Nord et partout dans le monde.
Le réseau de transport du Canada fait partie intégrante de l’économie nationale, et il a toujours été essentiel à la réussite de notre pays au chapitre du commerce mondial.
À titre de ministre des Transports, je comprends le rôle important que le transport routier joue dans le réseau en question.
L’industrie du transport routier achemine environ 90 p. 100 de tous les produits de consommation au Canada, elle a des revenus annuels supérieurs à 65 milliards de dollars et elle emploie quelque 400 000 Canadiens.
Les produits que nous achetons au magasin d’alimentation et presque tous les autres articles que nous nous procurons sont acheminés par camion. Les activités de camionnage font partie intégrante des rouages par lesquels les transports stimulent notre économie.
Tout comme les autres secteurs du transport, le camionnage fait face à de nombreux défis. Certains sont considérables, par exemple le coût grandissant des véhicules et de l’équipement, les faibles marges de profit et une pénurie de chauffeurs qui va en s’accentuant.
En ma qualité de ministre des Transports, je vous sais gré des efforts que vous déployez tous pour promouvoir une industrie du camionnage canadienne sûre, efficace et respectueuse de l’environnement.
Ces trois dimensions sont essentielles à la réussite du secteur du transport routier dans l’avenir.
Cependant, il faudra sans doute adopter de nouveaux modes de pensée pour les concrétiser.
Beaucoup parmi vous, j’en suis sûre, croient que l’époque où le camionnage se limitait au transport de longue distance est révolue.
En outre, vous savez que, pour réussir aujourd’hui, l’industrie doit examiner de près les changements qui s’opèrent dans les réseaux et les marchés, tant au Canada qu’au-delà de nos frontières.
C’est exactement ce que vous faites aujourd’hui en faisant de l’innovation un de principaux thèmes.
En jetant un coup d’œil à votre programme, je sais que vous étudierez des thèmes tels que l’aérodynamique des véhicules, les communications, la sécurité des conducteurs, l’efficience des parcs et les façons de réduire au minimum les effets du camionnage sur l’environnement.
Ces thèmes démontrent l’importance de l’innovation dans l’industrie du transport routier.
C’est pourquoi, en collaborant avec de nombreux partenaires dans tous les secteurs du transport, le gouvernement fédéral travaille pour soutenir l’innovation dans votre industrie.
Je sais parfaitement que le secteur privé fournira l’énergie voulue pour faire passer l’industrie du camionnage dans cette nouvelle ère.
Toutefois, le gouvernement fédéral prend des mesures pour garantir la sécurité du transport routier et en améliorer l’efficience et la performance environnementale.
J’aimerais donc prendre quelques minutes pour parler de certaines de ces mesures et de la façon dont elles favorisent les trois dimensions que j’ai mentionnées, à savoir la sécurité, l’efficience et le respect de l’environnement.
Tout d’abord, il y a le programme écoTECHNOLOGIE (ou programme éTV) de Transports Canada, qui met à l’essai et évalue la performance environnementale et la sécurité des nouvelles technologies adoptées pour les voitures et les camions.
Il convient de souligner ici que nous collaborons avec l’industrie, par exemple en participant aux EnergoTests axés sur les technologies novatrices et le rendement.
Dans le cadre des évaluations des éTV, des experts fournissent des renseignements techniques aux responsables de la réglementation, afin de les aider à élaborer des règlements et des normes pour les véhicules.
Les résultats des tests aident aussi les personnes qui élaborent des normes technologiques à prendre en compte les conditions propres au Canada; elles peuvent dès lors établir si une technologie destinée aux véhicules, qui donne de bons résultats dans une région du continent, fera de même ailleurs.
Étant donné les conditions météorologiques que nous avons connues cet hiver, vous pouvez voir comment un atout technique qui passe bien la barre, disons, à Los Angeles, risque de ne pas faire l’affaire à Winnipeg.
De cette façon, le programme éTV aide à faire en sorte que les innovations dans le domaine des véhicules soient adoptées au Canada et en Amérique du Nord d’une façon sûre et en temps opportun.
J’aimerais mentionner un autre exemple, à savoir l’Étude de Transports Canada sur l’utilisation des véhicules au Canada, dont l’objectif principal consiste à fournir des renseignements sur les tendances en matière d’utilisation des voitures et des camions.
L’Étude nous aide à élaborer des programmes et des politiques qui permettent d’améliorer la circulation des passagers et des biens, d’accroître la sécurité routière et de réduire la consommation de carburant et les émissions atmosphériques.
C’est la première étude du genre jamais menée dans le monde qui permet de réunir des renseignements sur les véhicules motorisés, grâce à un dispositif électronique de bord.
Tout en éliminant la nécessité de remplir de multiples formulaires (qui ne souhaite pas cela?), le dispositif nous permet de recueillir des données mieux que jamais auparavant.
Ensuite, Transports Canada donne un exemple de la façon dont il s’associe au secteur privé dans le cadre de son système de réservation des camions qui aide à créer des technologies pour réduire la congestion dans les corridors commerciaux clés.
Le programme aide les entreprises à élaborer de nouveaux outils pour gérer l’arrivée des camions dans les grands ports et la synchroniser avec celle des navires. Cela pourrait réduire les files de véhicules attendant le chargement ou le déchargement, leur moteur tournant au ralenti, à ces installations.
Comme vous le voyez, ces efforts – l’éTV, l’Étude sur l’utilisation des véhicules au Canada et le programme des systèmes de réservation des camions – favorisent la sécurité et l’efficience.
Ils pourraient aussi contribuer à l’assainissement de l’air.
Après tout, les transports constituent l’une des pires sources d'émissions de gaz à effet de serre au Canada.
Or, les véhicules utilitaires lourds sont à l’origine d’environ le quart des émissions de l’industrie des transports, soit à peu près 6 p. 100 de toutes les émissions de GES du Canada.
Ces programmes vont donc dans le sens de la stratégie du gouvernement visant à réduire la pollution atmosphérique et à protéger l’environnement et la santé des Canadiens et des Canadiennes.
Un autre exemple de l’orientation que Transports Canada suit pour appuyer l’industrie du camionnage réside dans son annonce récente sur les « rétreints ».
Nos partenaires dans l’industrie et les gouvernements provinciaux croient que les rétreints permettraient de réduire la consommation de carburant en améliorant la performance aérodynamique des camions gros porteurs grands routiers.
Cependant, afin de prendre en compte les différents règlements techniques dans les différentes provinces, le gouvernement fédéral a tout d’abord dû modifier les règlements pris en application de la Loi sur la sécurité automobile, de manière à permettre aux provinces de modifier leurs propres règlements.
Cela a rendu possible l’utilisation de rétreints plus longs et en a favorisé l’intégration en toute sécurité dans le système de transport canadien.
Je mentionne un dernier point qui concerne le travail que nous accomplissons pour harmoniser certains règlements canadiens sur la sécurité automobile avec ceux des États-Unis.
Ce faisant, nous espérons niveler les chances pour le secteur manufacturier des deux côtés de la frontière canado-américaine.
De cette façon, les membres de ce secteur pourront mieux soutenir la concurrence grâce à des technologies automobiles novatrices. J’ai bon espoir que ces dernières contribueront à améliorer le rendement de l’industrie du transport routier au Canada et aux États-Unis.
Ces initiatives et d’autres aussi montrent comment le gouvernement fédéral intervient de façon importante pour favoriser l’innovation dans votre industrie.
Comme je l’ai souligné plus tôt, à mesure que les marchés mondiaux évolueront, l’innovation deviendra essentielle pour que nos systèmes de transport arrivent à suivre la cadence des changements.
Or, cela n’a rien de nouveau.
Pendant la récession, de nombreuses entreprises de transport ont élaboré des pratiques novatrices et sont par le fait même devenues plus concurrentielles que jamais.
J’espère que la leçon retenue est qu’il ne faut jamais cesser d’innover. J’espère également que les réunions comme celle-ci nous encourageront à toujours tendre dans cette même direction.
Le gouvernement fédéral sait fort bien qu’au-delà des questions d’innovation abordées ici, d’autres problèmes se posent à l’industrie du transport routier.
Par exemple, on s’inquiète de la pénurie de chauffeurs, surtout dans l’Ouest canadien.
Nous allons devoir trouver des moyens efficaces de régler ce problème, car il se rapporte aussi à la sécurité des chauffeurs et au rôle que le camionnage joue dans notre économie.
En outre, l’accès efficient aux postes frontaliers terrestres des États-Unis continue de faire problème.
C’est pourquoi nous améliorons l’infrastructure, la technologie et la sécurité à la frontière grâce au Plan d’action canado-américain Par-delà la frontière.
C’est aussi pourquoi le gouvernement fédéral investit environ 127 millions de dollars à quatre postes frontaliers canadiens pour y accroître le trafic commercial, y réduire les délais d’attente et y renforcer la sécurité.
En terminant, je souligne encore une fois que j’apprécie à quel point l’industrie du transport routier contribue à la croissance économique du Canada.
Je fais par ailleurs une dernière observation : pour que l’industrie continue d’apporter une contribution de ce genre, nous devons tous faire de notre mieux pour atteindre l’objectif primordial de n’importe quel secteur des transports : veiller à ce que les camionneurs reviennent chez eux sains et saufs.
Je continuerai de collaborer avec tous mes collègues travaillant dans les autres gouvernements, dans l’entreprise et dans des groupes tels que celui-ci pour renforcer la sécurité, l’efficience et le sens de la responsabilité environnementale dans l’industrie du camionnage.
J’applaudis en outre à tous les efforts que vous faites pour trouver de nouveaux moyens de vous adapter à l’évolution des choses et pour faire en sorte que votre industrie continue à favoriser la prospérité du Canada dans l’avenir.
Je vous remercie de m’avoir invitée aujourd’hui.