Ottawa (Ontario) 12 février 2014
Le 19 février 2014, le Premier ministre Stephen Harper se joindra à Enrique Peña Nieto, Président du Mexique, et à Barack Obama, Président des États Unis, pour le septième Sommet des dirigeants nord-américains à Toluca, au Mexique. Le thème de cette année est la compétitivité nord-américaine.
Le Sommet de Toluca misera sur la profonde et solide collaboration qui unit le Canada, les É.-U. et le Mexique depuis quelques années. Les sommets précédents ont eu lieu à Washington, D.C. (avril 2012), à Guadalajara, au Mexique (août 2009), à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane (avril 2008), à Montebello, au Québec (août 2007), à Cancún, au Mexique (mars 2006) et à Waco, au Texas (mars 2005).
Au précédent sommet tenu à Washington D.C., les trois dirigeants ont annoncé un plan élargi de préparation nord-américaine à une pandémie et un nouveau dialogue entre l’Amérique du Nord et l’Amérique centrale sur la sécurité pour combattre le crime organisé transnational. Ils ont discuté de la poursuite de leur coopération au niveau de la gestion des frontières, de la rationalisation de la réglementation, de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales et de l’avancement du dossier de l’énergie propre. Les dirigeants ont également parlé de dossiers spécifiques de l’hémisphère en vue du Sommet des Amériques, qui avait lieu au cours du même mois, en Colombie.
Tous les trois pays nord-américains partagent les valeurs de la démocratie, le respect de la règle de droit, des pratiques économiques de libre marché, une géographie commune et un environnement où les intérêts en matière de sécurité, d’économie et de qualité de vie convergent. La coopération dans le contexte nord-américain est pratique et axée sur l’obtention de résultats.
Priorités du Sommet de 2014
Au Sommet de Toluca, les trois dirigeants se concentreront sur la compétitivité économique, l’énergie et l’environnement, la coopération en matière de défense et de sécurité, ainsi que sur des dossiers régionaux et de politique étrangère mondiale.
Compétitivité économique nord-américaine
Dans un monde qui se caractérise par une concurrence mondiale de plus en plus vive, les entreprises nord-américaines sont très intégrées et reliées par diverses chaînes de valeur mondiales, beaucoup d’échanges commerciaux se faisant au sein de différentes divisions d’une même entreprise et pas seulement entre des entreprises.
En 1993, avant la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le commerce trilatéral avec la région nord-américaine s’élevait à 289 milliards de dollars américains. En 2012, le commerce trilatéral de marchandises atteignait presque 1,1 mille milliards $US (1,1 billion $US) – presque quatre fois plus. Le 20e anniversaire de l’ALENA donne une occasion de prolonger la réussite de l’Accord, de mettre en commun les résultats de nos travaux bilatéraux respectifs et d’explorer des initiatives trilatérales spécifiques.
Même si l’ALENA a procuré au Canada, aux É.-U. et au Mexique d’importants avantages concurrentiels, il reste beaucoup de domaines où une plus grande coordination pourrait donner d’importants avantages supplémentaires. Même de petites améliorations dans des domaines comme la facilitation du passage de la frontière et la coopération en matière de normalisation et de réglementation promettent de rehausser les flux commerciaux entre les trois pays.
Énergie et environnement
Le continent est un chef de file mondial de la production pétrolière et gazière non traditionnelle. On estime que d’ici 2030, l’Amérique du Nord sera en mesure de combler tous ses propres besoins de pétrole et de gaz naturel.
En ce qui concerne l’énergie, les trois pays ont des intérêts communs dans beaucoup de domaines, y compris les suivants : construction et entretien d’une infrastructure énergétique sûre et moderne pour soutenir l’intégration du système énergétique, ainsi que pour avancer sur la voie de la sécurité énergétique nord-américaine; développement responsable de la production pétrolière et gazière non traditionnelle, en veillant à ce que le potentiel de ces ressources se réalise de façon à en atténuer l’impact environnemental, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre; et modernisation de l’utilisation et de l’efficience de l’énergie, qui pourrait consister à harmoniser les normes de rendement éco-énergétiques.
Le Canada, les É.-U. et le Mexique réussissent depuis longtemps à coopérer dans les dossiers environnementaux. Cette coopération consiste à tenter de préserver les ressources naturelles et les écosystèmes, ainsi qu’à relever les défis mondiaux du changement climatique.
Le 20e anniversaire de l’ALENA et de l’Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l’environnement (ANACE) donne une occasion idéale de réfléchir aux réussites de la Commission de coopération environnementale (CCE) et de poursuivre ce qu’elle a accompli. La CCE est une organisation établie par l’ANACE pour soutenir la coopération des partenaires de l’ALENA visant à régler des problèmes environnementaux suscitant des préoccupations à l’échelle continentale. La ministre Aglukkaq est la présidente du CCE en 2014. En outre, les trois pays nord-américains sont les cofondateurs de la Coalition pour le climat et l’air pur et ils relèvent le défi du changement climatique en soutenant des travaux conjoints pour faire avancer la technologie de l’énergie propre, grâce à des mécanismes comme le Dialogue États-Unis-Canada sur l’énergie propre, le Partenariat Canada-Mexique et le cadre bilatéral États-Unis-Mexique en matière d’énergie propre et de changement climatique.
Défense et sécurité
Au mois de mars 2012, le Canada a été l’hôte de la réunion inaugurale des ministres nord-américains de la Défense (MNAD). Les réunions des MNAD donnent une occasion de discuter des difficultés continentales et régionales liées à la défense et à la sécurité, ainsi que d’explorer des possibilités de collaboration dans des forums hémisphériques sur la défense. Depuis la réunion inaugurale, une évaluation continentale de la menace a été réalisée. Un exercice sur table trilatéral d’aide humanitaire et d’intervention après catastrophe est prévu pour le mois de mars 2014 au Mexique.
Le Canada, le Mexique et les États-Unis ont pris l’engagement de coopérer davantage en matière de sécurité en Amérique centrale. À cette fin, le Canada aide à renforcer dans la région des institutions qui préservent la liberté, les droits de la personne, la démocratie et la règle de droit, grâce à des programmes de développement des capacités et d’engagement diplomatique. Depuis 2008, il a fourni un peu plus de 70 millions de dollars en assistance pour la sécurité en Amérique centrale.
Au sommet des dirigeants nord-américains 2012, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont convenu d’entamer un Dialogue sur la sécurité nord-américaine avec l’Amérique centrale. Les États-Unis ont tenu une première rencontre réussie dans le cadre de ce Dialogue, à Washington, le 30 avril, 2013, qui portait essentiellement sur le narcotrafic, la manière de régler le problème du précurseur chimique en Amérique centrale et les bonnes pratiques pour prévenir la criminalité et la violence. Dans le cadre d’un suivi, le Guatemala, soutenu par les É.-U., a été l’hôte d’une réunion d’experts techniques sur les produits chimiques précurseurs au mois de septembre 2013. Les pays d’Amérique centrale, la République dominicaine, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont participé à cette réunion.
Dossiers régionaux et de politique étrangère mondiale
Le Sommet des dirigeants nord-américains à Toluca donnera aux trois pays l’occasion d’explorer quel serait le meilleur moyen de coopérer face aux difficultés de l’hémisphère en matière d’économie et de sécurité, particulièrement en ce qui concerne l’Amérique centrale et les pays caribéens. Ces travaux s’inscriront dans le prolongement des efforts de lutte contre le crime organisé transnational et soutiendront les partenaires de l’hémisphère au niveau du renforcement des institutions et du développement des capacités en vue de la stabilité et de la croissance, notamment grâce à la diffusion du savoir-faire en matière de démocratie, de droits de la personne et de la règle de droit.
Au-delà des Amériques, les trois dirigeants échangeront leurs points de vue sur des développements mondiaux, particulièrement au Moyen-Orient. Ils réitéreront aussi l’importance de coopérer au sein de nombreux forums internationaux, comme les Nations Unies, le G20 et le Sommet sur la sécurité nucléaire.