DATE :
20 février 2014, 14 h
ENDROIT :
Collège Aurora, Trade and Technology Centre, 4507 50th Avenue, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
SUJET :
Discours du ministre de l’Emploi et du Développement social et ministre du Multiculturalisme, Jason Kenney, à propos des récents changements apportés à l’assurance-emploi dans le Nord.
Honorable Jason Kenney : Merci beaucoup. Merci beaucoup pour ce chaleureux accueil. On m’a dit qu’il faisait plutôt chaud à Yellowknife aujourd’hui, mais comme j’ai grandi en Saskatchewan, c’est comme une belle et froide journée d’hiver pour moi. Je suis très content d’être ici. Je remercie tous les gens du Collège Aurora pour leur accueil chaleureux et pour l’excellent travail qu’ils font pour enseigner aux gens de la région, principalement aux jeunes des Territoires, les compétences requises pour réussir et réaliser leur plein potentiel. C’est un très grand plaisir d’être parmi vous au nom du gouvernement du Canada, qui est un important partenaire de financement et qui appuie une bonne partie du travail que vous réalisez, surtout dans le cadre du centre de formation minière.
Je suis ici, car nous faisons beaucoup de choses intéressantes, mais surtout, nous nous concentrons sur les énormes possibilités économiques qui s’offrent aux habitants du Nord. Vous savez que, dans l’ensemble du Nord canadien, nous envisageons des investissements de centaines de milliards de dollars dans les activités minières, les matières premières, les ressources et les infrastructures qui y sont reliées, ce qui représente en tout la possibilité de créer des centaines de milliers d’emplois au cours de la prochaine décennie. De nombreux employeurs et de nombreuses entreprises nous disent que leur principal problème est de trouver la main-d’œuvre pour les postes disponibles.
Évidemment, ici dans les Territoires du Nord-Ouest, le secteur minier est déjà très fort, et il devrait croître davantage avec d’autres investissements miniers au cours des prochaines années, ce qui laisse entendre que l’aménagement de chaque nouvelle mine nécessitera l’embauche de quelques centaines voire de milliers de travailleurs qualifiés, puis de centaines d’autres pour son exploitation à long terme. Et nous voulons nous assurer que l’économie du Nord est une économie à laquelle les habitants du Nord participent pleinement, qu’ils gagnent bien leur vie, prennent soin de leur famille et qu’ils redonnent à leur communauté.
Nous ne voulons pas développer une économie qui consiste à emmener par avion des gens pour faire le travail et à les renvoyer chez eux par avion une fois le travail terminé. Bien entendu, nous devrons toujours avoir recours à cette façon de faire, simplement en raison du peu de population dans le Nord, mais nous voulons autant que possible que les gens sans emploi ou sous-employés soient les premiers choisis pour occuper les emplois qui seront créés dans le futur. En fait, nous prévoyons qu’en 2015, l’économie du territoire aura progressé de près de 3 %, puis de 8 % d’ici 2016 quand certains nouveaux développements miniers se mettront en branle.
Tout ceci s’ajoute à d’autres importants investissements que nous réalisons dans le Nord pour soutenir l’économie locale, notamment la route ouverte à l’année entre Tuktoyaktuk et Inuvik et l’exploitation de l’énorme potentiel du shale de Canol dans la partie centrale de la vallée du Mackenzie, qui sont deux exemples de projets qui sauront stimuler l’économie pendant de nombreuses années.
Cependant, votre région demeure relativement peu peuplée, avec seulement 43 000 habitants, ce qui signifie que certaines compétences se font rares. Par exemple, votre ministre responsable de l’énergie et des mines, David Ramsay, a déclaré l’été dernier que votre territoire aurait besoin de 3 000 nouveaux travailleurs pour réaliser les projets prévus des 8 à 10 prochaines années. Comme je l’ai déjà mentionné, le Canada fait face à une pénurie jamais vue dans bien des régions et de nombreuses industries. Nous faisons tout notre possible en collaboration avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest pour remédier à cette pénurie.
Une des mesures est le grand soutien du gouvernement fédéral offert à la Mine Training Society. Je discutais justement avec mon homologue Jackson Lafferty et le premier ministre McLeod de l’excellent travail de la Mine Training Society. Comme vous le savez, en août dernier, le premier ministre Harper a annoncé un financement de 5,8 millions de dollars attribué par le gouvernement fédéral à la Mine Training Society, et je crois que cela s’ajoute aux 30 millions que nous avions déjà investis au cours des dernières années.
Je suis très heureux d’être présent ici aujourd’hui au Collège Aurora pour célébrer un évènement marquant pour la Mine Training Society. L’organisme a été fondé sous forme de partenariat entre l’industrie, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et le gouvernement du Canada. Sa mission est d’aider les habitants du Nord et les Autochtones en particulier à dénicher un emploi de longue durée dans l’industrie minière. En collaboration avec le Collège Aurora, la Mine Training Society enseigne les métiers miniers, et on a atteint ici une marque importante. Mille personnes ont obtenu leur diplôme après avoir suivi vos programmes et elles ont trouvé un emploi. Aujourd’hui, nous avons la millième personne avec nous : Conan Zoe. Toutes mes félicitations, Conan. (Applaudissements) Je ne sais pas comment vous avez fait pour tirer le numéro gagnant, mais bravo!
Conan, on m’a dit que vous êtes membre de la Première nation Tlicho et que vous habitez ici à Yellowknife. En mars dernier, vous avez été retenu parmi les 11 personnes inscrites au programme de mineur de fond commandité par la Mine Training Society et offert par le Collège Aurora. En août, Conan s’est fait offrir un poste de formation aux mines de diamants Diavik et a obtenu son certificat de mineur de fond de niveau 1. En janvier, Diavik l’a embauché à plein temps. Toutes mes félicitations, Conan. Bravo! Nous sommes très fiers de vous. (Applaudissements)
J’ai dit que j’aurais dû apporter un chèque de mille dollars pour souligner la millième personne, mais je ne l’ai pas fait. Je suis désolé.
Nous avons aussi d’autres bonnes nouvelles. Il y a quelques heures, en compagnie du premier ministre et du ministre Lafferty à l’Assemblée législative, j’ai annoncé que nous allons investir afin d’aider les personnes handicapées habitant dans le Nord à obtenir une formation à l’emploi afin qu’elles puissent pleinement faire partie de la population active. Et je voudrais vous annoncer également que nous allons aider des travailleurs âgés qui doivent se recycler à réintégrer la population active.
Je suis donc très heureux d’annoncer, en collaboration avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, un financement de plus de 280 000 $ remis au gouvernement tlicho. Ce projet, qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative ciblée pour les travailleurs âgés, aidera 16 travailleurs âgés sans emploi à acquérir les compétences nécessaires pour occuper un emploi dans l’industrie du tourisme Behchoko. Ai-je prononcé correctement? Behchoko, désolé.
L’annonce d’aujourd’hui vient à point nommé, puisque le budget que nous avons dévoilé la semaine dernière assure le renouvellement de l’Initiative ciblée pour les travailleurs âgés pour une période de trois ans. Il s’agit d’un programme qui s’adresse à ceux et celles qui ont occupé le même emploi pendant la plus grande partie de leur vie et qui, pour une raison ou une autre, par exemple parce que leur employeur met fin à ses activités, se retrouvent sans emploi à l’âge de quarante ou cinquante ans et qu’ils doivent réorienter leur carrière. Ce programme leur vient en aide dans ce processus.
Et nous avons d’autres bonnes nouvelles aussi. Je voulais vous en parler à vous, parce que je sais que le Collège Aurora enseigne à un grand nombre d’étudiants inscrits à des programmes d’apprentissage de métiers spécialisés. Vous serez donc heureux d’apprendre que dans le cadre de notre budget dévoilé la semaine dernière, nous avons lancé un nouveau programme de prêts pour les programmes d’apprentissage qui permettra aux étudiants d’obtenir un prêt sans intérêts pour financer leur formation par modules.
Vous savez comment ça se passe : de nombreux étudiants et apprentis doivent prendre congé de leur emploi, souvent sans salaire, parfois en comptant seulement sur leurs prestations d’assurance-emploi, durant une formation par modules de 8 ou 10 semaines pour chacune des 3 ou 4 années d’études de leur programme de formation. C’est peut-être une des principales raisons pour lesquelles au Canada, le taux d’achèvement est peu élevé dans plusieurs de ces programmes d’apprentissage. Environ la moitié des apprentis canadiens vont jusqu’au bout de leur programme de formation et obtiennent leur certificat de compagnon. Nous croyons qu’une des raisons est que cela représente un gros coût de renonciation pour les jeunes qui font gagnent bien leur vie en tant qu’apprenti en milieu de travail, et vous savez comment c’est. Les dépenses des travailleurs augmentent en fonction de leur salaire. Alors ils vivent leur vie, prennent soin de leur famille ou dépensent l’argent qu’ils ont et puis on leur demande soudainement de revenir au Collège Aurora ou de partir dans le Sud pour terminer leur quatrième année d’un programme d’apprentissage d’un métier spécialisé. Souvent, ils sont forcés d’abandonner leur source de revenus, se retrouvent avec 2 000 $ de prestations d’assurance-emploi par mois, et ce n’est pas suffisant pour prendre soin de leur famille.
Nous tentons donc d’offrir à ces gens un soutien pour qu’ils puissent continuer à payer leurs factures. C’est pourquoi nous allons pour la première fois donner aux apprentis la possibilité de profiter du Programme canadien de prêts aux étudiants en recevant des prêts sans intérêts qui pourront les aider à payer leurs frais de subsistance pendant qu’ils terminent leur programme d’apprentissage.
C’est important d’un point de vue pratique, mais c’est également important d’un point de vue symbolique, si vous voulez, car cela envoie le message que les apprentis ont autant de valeur que les étudiants universitaires. Nous devrions encourager les gens à opter pour les métiers spécialisés et les programmes d’apprentissage, et nous ne devrions pas traiter ces programmes comme des formations de second ordre. Il s’agit de programmes d’éducation de premier ordre et de première classe que les gens suivent pour occuper de très bons emplois qui dans bien des cas sont plus payants que les emplois obtenus avec des diplômés universitaires. Nous désirons donc féliciter et soutenir les jeunes qui optent pour un métier spécialisé, comme les nombreux étudiants ici au Collège Aurora. C’est ce que le programme de prêts aux apprentis nous permettra de faire.
Et j’ai d’autres choses à vous dire. Oui, tout à fait. (Applaudissements) Parmi les autres aspects positifs de cette décision de soutenir les apprentis, notons le lancement de la Subvention incitative aux apprentis. Je crois qu’il s’agit d’une subvention de 4 000 $ offerte pour ceux et celles qui amorcent un programme d’apprentissage. La Subvention à l’achèvement de la formation d’apprenti s’obtient à la fin de leur formation et à l’obtention de leur certificat de compagnon. Et il y a le crédit d’impôt pour le coût des outils des gens de métier, qui aide à absorber le coût d’investissement pour l’acquisition d’outils pour les nouveaux mécaniciens et autres gens de métier.
Nous demandons désormais aux employeurs qui doivent libérer un employé durant sa formation par modules de continuer à investir en eux. Nous voulons que ces travailleurs reviennent. Nous voulons que les employeurs investissent plus dans la formation. Ainsi, si un apprenti inscrit avec nous amorce sa formation par modules et reçoit des prestations d’assurance-emploi, l’employeur peut continuer à lui verser jusqu’à 95 % de son salaire normal sans qu’il perde un cent d’assurance-emploi.
Toutes ces mesures illustrent bien le fait que nous soutenons les apprentis et les métiers, et c’est ce qui compte.
Et puisque l’on parle de l’assurance-emploi, je dois mentionner un autre changement que nous venons d’annoncer. Ici, dans le Nord, pendant environ 40 ans, nous avons prétendu que le taux de chômage se situait à 25 % dans l’ensemble des trois territoires aux fins du calcul des prestations d’assurance-emploi. Mais vous savez tous que cela ne reflète pas la réalité. Ici à Yellowknife, selon Statistique Canada, le taux de chômage est de 4 %, pas de 25 %. Bien sûr, il est plus élevé dans les régions rurales et les communautés de plus petite taille. Nous avons donc élaboré une politique qui permettra de créer, aux fins du programme d’assurance-emploi, deux régions distinctes. L’une sera la capitale : Yellowknife. L’autre sera constituée du reste du territoire. Nous faisons la même chose pour Whitehorse et le Yukon, et Iqaluit et le Nunavut.
L’idée est d’avoir un programme d’assurance-emploi qui reflète bien la réalité. Cela signifie que nous tiendrons donc compte d’un taux de chômage de 4 % à Yellowknife au lieu d’un taux fictif de 25 %, tandis que dans le reste du territoire, où le taux est autour de 12 %, je crois, les habitants des régions rurales, eux, ne seraient pas touchés en général.
Ainsi, nous encourageons les gens des villes à agir, à chercher activement un emploi, car ce ne sont pas les emplois qui manquent en milieu urbain. Je crois que c’est très positif. Cela montre notre confiance en la croissance de l’économie de cette région. Et le Collège Aurora joue un rôle clé là-dedans.
Pour terminer, je voudrais vous remercier de croire autant en votre territoire. Je sais que l’un des défis du Nord est d’attirer et de retenir des gens. Les employeurs me mettent beaucoup de pression pour avoir le droit de faire appel au Programme des travailleurs étrangers temporaires afin de pourvoir leurs postes. Je leur explique toujours que ce programme est offert à titre de dernier recours. Avant de vous tourner vers l’étranger, vous devez faire tout ce que vous pouvez pour recruter, former et investir dans la population locale et dans la population canadienne dans son ensemble. Les employeurs doivent, encore plus qu’ils ne le font déjà, tendre la main aux habitants du Nord d’abord pour occuper les emplois disponibles et particulièrement, j’espère, aux communautés autochtones qui ont historiquement connu des taux de chômage inacceptables.
Une fois encore, merci à vous tous du Collège Aurora pour votre accueil chaleureux. Toutes mes félicitations à Conan. J’espère que vous servirez d’exemple à ceux qui suivront vos pas. Merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse. (Applaudissements)
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