« Le développement au service de la population du Nord »
Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs du Canada (ACPE)
Congrès et exposition commerciale de 2014
Palais des congrès du Toronto métropolitain
135, rue King est
Toronto (Ontario)
Le 3 mars 2014
10 h 35
Priorité au discours prononcé
Merci pour cette aimable présentation, et merci à vous, mesdames et messieurs, de me donner l'occasion de prendre la parole devant le Congrès mondial pour les personnes, les entreprises et les organisations qui œuvrent dans le domaine de l'exploration minière.
L'Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs, l'ACPE, et le Canada ont une vision commune, à savoir que richesse économique et qualité de la vie vont de pair avec mise en valeur responsable et durable de nos ressources naturelles.
Je suis fière d'être une Canadienne du Nord – fière de vivre dans un pays de grande abondance. Une partie de cette richesse est exploitée depuis des générations, et une autre partie est sur le point de l'être. En tant que ministre de l'Agence canadienne de développement économique du Nord – communément appelée CanNor – je veux vous entretenir du but poursuivi par l'organisation : contribuer à édifier une économie forte, diversifiée, durable et dynamique pour tous les habitants du Nord. Et nous allons le faire d'une façon qui préservera le bien-être social et la santé environnementale du Nord.
Quarante pour cent de la masse terrestre du Canada se trouve dans les trois territoires. C'est une région qui regorge de métaux et de minéraux ainsi que de pétrole et de gaz naturel. C'est une région où la plupart des revendications territoriales ont été réglées, et où le développement peut aller de l'avant dans un climat de certitude et dans le cadre de solides partenariats avec les Autochtones.
Ces dernières années, la richesse en ressources du Nord a suscité beaucoup d'activité économique. Bien des Canadiens du Sud seraient surpris d'apprendre que le Nord enregistre, depuis plusieurs années, le PIB à la croissance la plus rapide du Canada. Bien que la chute récente des prix des produits entraîne un ralentissement de la croissance, le Conference Board du Canada relève dans un rapport que la croissance économique des territoires devrait dépasser facilement celle de la plupart des autres régions du Canada 1. Il est maintenant temps de parler d'avenir.
Quand je reviens chez moi au Nunavut, ou que je me rends dans des collectivités du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, j'entends des messages similaires en provenance de toutes les régions. Les résidants du Nord savent que l'exploitation minière et les autres industries d'extraction jouent un rôle important dans leur développement économique. Mais ils me disent également que cela doit être fait de la bonne façon.
Deux choses revêtent la plus grande importance dans leur esprit. Premièrement, tout développement doit se faire d'une manière respectueuse de l'environnement. Nous avons vécu en harmonie avec la terre, l'eau et les animaux pendant des générations. Nous continuerons de dépendre de cette harmonie pendant des générations encore.
Deuxièmement, les gens et les collectivités du Nord doivent profiter des avantages qui découlent du développement du Nord. Nous sommes à la recherche d'investissements dans les collectivités locales et de débouchés d'emploi. Nous avons une population jeune et en croissance. Par exemple, l'âge moyen au Nunavut est de 25 ans – voilà un solide bassin de main-d'œuvre potentielle qui peut profiter de ce développement. Nous ciblons des programmes de formation spécifiques pour aider les résidants du Nord à participer aux possibilités de développement.
Depuis 2006, le premier ministre Harper a placé le Nord bien haut dans l'échelle du programme d'action stratégique. La Stratégie pour le Nord de notre gouvernement a permis d'accomplir tant de choses. Elle compte quatre priorités, lesquelles ont trait à la souveraineté, la gouvernance, la protection de l'environnement et, aspect plus important encore pour ce Congrès, le développement social et économique. Mais ces priorités sont toutes interreliées.
Au fil des ans, le gouvernement a lancé de nombreuses initiatives pour appuyer la Stratégie, y compris la création de CanNor, dont l'un des mandats a trait au développement économique du Nord du Canada. Au nombre des priorités actuelles de l'Agence, mentionnons :
- Former une main-d'œuvre qualifiée et mobilisée;
- Promouvoir l'aménagement de nouvelles infrastructures;
- Renforcer la capacité de nos collectivités.
Depuis sa création en 2009, CanNor a investi près de 150 millions de dollars par l'entremise de ses divers programmes de contributions pour promouvoir les secteurs clés de l'économie nordique, du tourisme aux pêches en passant par la mise en valeur des ressources.
Le mois dernier, le ministre des Finances a renouvelé le programme Investissements stratégiques dans le développement économique du Nord en y injectant 40 millions de dollars sur une période de deux ans, à compter du 1er avril 2014, afin de contribuer à dynamiser l'économie nordique et d'aider les résidants du Nord à profiter de l'exploitation des ressources. Le 1er avril, nous lancerons également une version remaniée du Programme de développement économique des Autochtones, lequel visera à aider les entrepreneurs autochtones à saisir les possibilités d'affaires qui s'offrent à eux.
Dans le cadre de la Stratégie pour le Nord de notre gouvernement, nous avons déjà amorcé un certain nombre de projets d'infrastructure : la construction d'une route entre Inuvik et Tuktoyaktuk, la rénovation de la centrale hydroélectrique Mayo B au Yukon et de grands travaux d'amélioration à l'aéroport d'Iqaluit pour n'en nommer que trois. Dans le budget de 2014, le gouvernement du Canada a reconnu l'immense potentiel de développement du Nord et a annoncé qu'il collaborera avec les gouvernements territoriaux et les municipalités locales pour aménager les éléments d'infrastructure dont le Nord a tant besoin.
Et ce n'est pas tout. En matière d'infrastructures, les municipalités des territoires pourront établir leurs propres priorités. À compter du 1er avril, les Territoires du Nord-Ouest assumeront la gestion de leurs terres continentales et de leurs ressources naturelles. Nous avons investi dans le Nord de bien des façons, depuis la cartographie géologique jusqu'à un programme de formation expressément axé sur compétences que nécessite le secteur minier. Je le répète, le Nord est une priorité aux yeux de notre gouvernement, et cette priorité met à contribution bien des ministères et organismes.
Je vous ai donné un aperçu de CanNor, mais permettez-moi maintenant d'élargir la portée de la discussion.
En raison de l'énorme potentiel que présentent l'exploration et l'exploitation minières, non pas seulement pour les trois territoires, mais pour tout le Canada, il importe de bien établir le régime de réglementation. Ce régime doit protéger les écosystèmes et promouvoir les collectivités tout en étant efficace. Nous ne voulons pas que des projets valables voués à un avenir brillant s'empêtrent dans la bureaucratie. Voilà pourquoi, le Plan d'action économique de 2012 a simplifié les processus de réglementation.
Par exemple, la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale de 2012, ou LCEE 2012, qui s'applique principalement dans le Sud, représente une partie importante de l'Initiative de développement responsable des ressources du Plan d'action économique.
La LCEE 2012 a fixé des délais légaux pour la réalisation des évaluations environnementales. Et je peux vous dire qu'ils obtiennent l'effet désiré. Au lieu de devoir attendre des mois, les promoteurs obtiennent dans un délai de 45 jours la décision sur la nécessité de procéder à une évaluation environnementale fédérale.
Les évaluations environnementales elles-mêmes se déroulent selon le calendrier prévu, c'est-à-dire dans un délai maximal de 365 jours dans le cas d'une évaluation faite aux termes de la LCEE, et de 24 mois dans le cas d'une évaluation faite par une commission indépendante.
Nous nous employons également à diminuer les chevauchements avec les évaluations provinciales. En vertu de la LCEE 2012, une évaluation environnementale provinciale peut remplacer le processus fédéral. Nous avons déjà six projets qui font l'objet d'une évaluation environnementale de substitution en Colombie-Britannique. Quatre de ces projets sont des mines.
Le développement responsable des ressources est également synonyme de renforcement de la protection environnementale. Après une évaluation environnementale, je peux maintenant imposer à des promoteurs des conditions juridiquement contraignantes dans un énoncé de décision. Ce pouvoir n'existait pas dans l'ancienne loi.
Enfin, le développement responsable des ressources englobe également l'amélioration des consultations avec les groupes autochtones qui pourraient être touchés par les projets proposés. La LCEE coordonne ces consultations d'une manière respectueuse, sensible et conforme à l'honneur de la Couronne.
J'aimerais élargir encore la portée de la discussion pour vous parler de la vaste région circumpolaire, laquelle englobe l'Arctique canadien ainsi que les régions nordiques de sept États voisins qui sont les partenaires du Canada au Conseil de l'Arctique.
J'ai eu l'honneur d'être nommée ministre du Conseil de l'Arctique par notre premier ministre. En mai 2013, le Canada a accédé à la présidence du Conseil de l'Arctique pour une période de deux ans. Notre thème général est « Le développement au service de la population du Nord. » Nous mettons l'accent sur l'exploitation responsable des ressources, la navigation sécuritaire dans l'Arctique et la viabilité des collectivités circumpolaires.
Sous la présidence du Canada, le Conseil de l'Arctique s'emploie à faciliter la création d'un forum d'affaires circumpolaire, appelé le Conseil économique de l'Arctique. Il favorisera le développement des affaires dans l'Arctique et mettra en contact les industriels et les hommes d'affaires autochtones et non autochtones. De cette façon, nous formons des partenariats d'un bout à l'autre de l'Arctique. Les intérêts de ce nouveau forum correspondent à ceux de bien des compagnies qui se trouvent là. Pensez à la façon dont vous pouvez participer. Voilà qui peut vous ouvrir de nouvelles perspectives dans la région circumpolaire.
Mesdames et messieurs, l'industrie des métaux et des mines a peut-être connu un ralentissement mondial, mais je crois que nous sommes à la veille d'une nouvelle ère de prospérité et de développement. Avant le récent effondrement des prix, le Nord du Canada était en bonne voie de devenir une destination de calibre mondiale pour l'investissement dans la mise en valeur des ressources. Et nous savons que cette région attirera encore plus d'investissements quand les prix des produits monteront à nouveau, car la demande visant nos abondantes ressources continuera sans aucun doute de croître.
Toutefois, notre qualité de vie au Canada et plus particulièrement dans le Nord, voire notre avenir, dépend de la présence de filets dans l'eau, d'acier dans les parcours de piégeage et de pelles dans le sol. Il faut des routes, des ports et des pistes d'atterrissage. Il faut des connaissances, la connaissance des façons traditionnelles de faire et, aussi, celle de la de la technologie qui relie nos collectivités, peu importe leur éloignement, au reste du monde.
Mais plus important encore, je crois que l'édification d'un avenir prospère repose sur des partenariats solides. Ce sont des conférences comme celle de l'ACPE qui aident à promouvoir ces liens et ces partenariats. Je vous souhaite à tous une conférence bien réussie.
Qujannamiik. Merci!