Berlin (Allemagne) - 27 mars 2014
Madame la Chancelière, permettez-moi de commencer en vous remerciant de l’accueil chaleureux que vous m’avez réservé, ainsi qu’à toute la délégation canadienne.
Comme je l’ai souligné plus tôt, cette visite est la cinquième que j’effectue en Allemagne à titre de Premier ministre.
Je vous suis toujours très reconnaissant de votre hospitalité et de l’hospitalité dont l’ensemble de la population allemande fait preuve à notre égard.
Par ailleurs, je suis toujours heureux de saisir toutes les occasions d’échanger des points de vue avec vous, ce que nous faisons maintenant depuis plus de huit ans et que nous avons notamment fait durant votre visite bilatérale à Ottawa au mois d’août 2012, qui était la première visite d’un Chancelier allemand en plus d’une décennie.
J’ai toujours attaché de l’importance à nos conversations, et celle d’aujourd’hui ne fait pas exception.
Nous avons échangé nos points de vue sur un certain nombre d’enjeux bilatéraux et internationaux, y compris les graves développements qui ont eu lieu en Ukraine au cours des dernières semaines.
Et nous sommes unis dans le point de vue selon lequel les actions du Président Poutine constituent une violation claire et inacceptable de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
Les actions du Président Poutine contreviennent également aux obligations de la Russie en vertu de la Charte de l’ONU ainsi qu’à ses ententes, ses propres ententes relatives au respect des frontières de l’Ukraine.
Nous demeurons unis aussi dans l’idée que seuls les Ukrainiens ont le droit de choisir leur propre avenir et que leur choix sera considéré comme légitime seulement s’il est fait en l’absence de force et de crainte, le contraire de la vérité en Crimée.
Ce point de vue est à l’image de nos valeurs communes : la liberté, la démocratie et la primauté du droit.
Ce sont des valeurs que nous défendons ensemble depuis longtemps sur la scène mondiale, en tant que partenaires du G7, du G20, de l’ONU et de l’OSCE, de l’OTAN, pour n’en nommer que quelques-uns.
Mais nos liens sont beaucoup plus profonds; en fait, ce sont des liens familiaux.
En effet, on compte au Canada plus de trois millions de personnes d’origine allemande.
Cela représente près de dix pour cent de toute notre population.
Et comme vous le savez, je suis ici en Allemagne aujourd’hui, comme Madame la Chancelière l’a souligné, avec les représentants d’un grand nombre de sociétés canadiennes et d’organisations qui représentent des milliers d’entreprises canadiennes.
Ils sont ici parce que les échanges commerciaux engendrent la prospérité, et ils sont ici parce que l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne créera des possibilités que nous n’avons même pas encore imaginées.
Ces gens d’affaires sont ici parce que le commerce avec l’Allemagne est un élément vital de l’économie canadienne.
Notre relation commerciale, déjà solide et diversifiée, couvre les échanges commerciaux, l’investissement, de même que la recherche et le développement, qui sont tous des éléments ayant été soulevés lors de la visite de la Chancelière au Canada.
L’Allemagne constitue le huitième marché d’exportation de marchandises en importance pour le Canada.
Elle figure au quatrième rang des fournisseurs d’importations du Canada, en plus d’être notre cinquième partenaire en importance en matière de commerce et de services.
Les entreprises allemandes ont investi plus de 11 milliards de dollars au Canada.
En contrepartie, l’investissement direct des sociétés canadiennes en Allemagne s’élève à plus de sept milliards de dollars et, avec le libre-échange, ces chiffres augmenteront encore davantage.
C’est pourquoi notre gouvernement a lancé le plus ambitieux programme de négociations commerciales de l’histoire du Canada.
Nous avons augmenté le nombre de pays avec lesquels le Canada commerce librement de 5 à 43, dans les Amériques, en Asie et, bien sûr, en Europe.
Le cadre commercial Canada-Union Européenne est une bonne nouvelle pour nos deux pays, le Canada et l’Allemagne.
Chaque région du Canada profitera de l’augmentation des échanges commerciaux avec l’Allemagne, comme pratiquement tous les secteurs de notre économie.
L’aérospatiale, la machinerie, l’agriculture, les produits de consommation, l’automobile, le secteur des produits alimentaires et des boissons, pour ne nommer que ceux-là.
Alors, permettez‑moi de conclure en vous remerciant personnellement, Angela, pour vos efforts visant à faire de l’Accord de libre-échange entre le Canada et l’UE une réalité.
Nous avons parlé de certains des avantages pour nos deux pays.
Pour les sociétés allemandes, permettez-moi de souligner le fait que lorsque cet accord entrera en vigueur, les sociétés allemandes établies au Canada seront en mesure d’avoir accès non seulement au marché de l’Union européenne, mais également à celui de l’ALENA.
Et c’est là une position particulièrement avantageuse.
Angela, je sais que votre détermination inébranlable à faire en sorte que cet accord soit conclu s’est avérée déterminante dans cette réussite.
Alors nous vous en sommes reconnaissants, et nos deux pays en seront plus forts.
Merci.