Archivé - Allocution de l’honorable Joe Oliver, ministre des Finances, dans le cadre d’un dîner au Canadian Club of Toronto

Le 7 avril 2014
Toronto (Ontario)

Le texte prononcé fait foi

Merci beaucoup, Gordon (Raman), et bon après-midi, mesdames et messieurs.

Je suis très heureux d’avoir le privilège de prendre la parole devant les membres du Canadian Club of Toronto à l’occasion de ma première allocution publique à titre de ministre des Finances.

Votre club constitue depuis plus d’un siècle une tribune d’affaires publiques de premier plan. Comme son énoncé de mission l’indique clairement, votre organisme constitue un levier de premier ordre permettant de mobiliser la population canadienne face aux enjeux les plus importants.

C’était un grand honneur pour moi d’avoir été nommé par le Premier ministre à ce poste où je dois m’occuper de nombreux enjeux qui sont de première importance pour les Canadiennes et les Canadiens.

D’abord, entre amis, permettez-moi de vous raconter comment les choses se sont passées. J’étais à l’aéroport Pearson, à bord d’un avion qui était sur le point de s’envoler pour Vancouver, lorsque mon BlackBerry a sonné, ce qui n’est pas vraiment inhabituel.

C’était un courriel de mon personnel indiquant que le Premier ministre souhaitait me parler sans toutefois préciser de quoi il s’agissait, ce qui est inhabituel. Quelques secondes plus tard, j’ai reçu un autre courriel – de mon épouse cette fois – me disant que le Premier ministre voulait me parler.

Bon. J’ai compris. C’est alors que l’avion a décollé. J’avais donc cinq heures devant moi pour réfléchir à ce que cela pouvait vouloir dire.

C’était peut-être une bonne nouvelle… ou pas.

Quant à la suite, vous la connaissez. J’aimerais maintenant vous faire part de mes priorités et des principes qui orienteront mes actions dans ce nouveau portefeuille.

Parlons clairement : en qualité de ministre des Finances, ma grande priorité sera de créer des emplois et d’assurer la croissance économique d’un bout à l’autre du pays.

Je poursuivrai la démarche inscrite dans notre Plan d’action économique qui, au départ, constituait notre réponse à la crise financière mondiale de 2008. Bien que cette crise ait pris naissance à l’étranger, elle a provoqué une chute de la demande de nos biens et services qui a eu une incidence substantielle sur notre économie.

Lorsque la récession a frappé, nous avons réagi en mettant en œuvre l’un des plans de stimulation économique les plus vastes et les plus efficaces au monde.

Notamment, nous avons répondu en effectuant des investissements sans précédent dans l’infrastructure, en incitant les entreprises à investir et en aidant les employeurs à éviter les mises à pied.

Nous avons aussi effectué d’importants investissements dans la formation professionnelle, et nous sommes venus en aide aux travailleurs qui avaient perdu leur emploi.

Par suite de ces mesures, le Canada s’est mieux tiré d’affaire que la plupart des autres économies du G-7 pendant ces années difficiles. Pour cela, nous pouvons remercier le Premier ministre ainsi que mon prédécesseur, Jim Flaherty.

Depuis la récession, le Canada affiche le meilleur bilan de création d’emplois parmi les pays du Groupe des Sept (G-7) – devant les États-Unis, devant le Royaume-Uni, et devant l’Allemagne. En fait, l’économie canadienne a créé plus de 1 million d’emplois au net depuis 2009.

Il s’agit de bons emplois solides :

De plus, le revenu après impôt des ménages canadiens a augmenté de 10 % et leur valeur nette s’est accrue de 45 % depuis que nous formons le gouvernement.

Vendredi dernier, Statistique Canada a annoncé que l’économie canadienne avait créé près de 43 000 nouveaux emplois en mars, dont les trois quarts sont occupés par des jeunes, et que notre taux de chômage avait reculé à moins de 7 %.

La croissance économique se traduit par davantage d’emplois, par des revenus plus élevés et par de nouvelles possibilités. Bref, elle mène à la prospérité à long terme des familles canadiennes.

De plus, une économie forte, dynamique et croissante génère des revenus fiscaux sans que l’on doive hausser les taux d’imposition.

Ces revenus servent à financer d’importants programmes sociaux comme les soins de santé, l’éducation, les prestations de retraite et les mesures de soutien financier destinées aux familles. Chacun de nous compte sur ces programmes qui aident à faire la grandeur de notre pays. Et en fin de compte, l’économie, c’est une question de gens, de leur niveau de vie et de leur qualité de vie.

Cependant, même si l’économie canadienne se porte relativement bien, nous savons qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

Trop de Canadiens n’arrivent pas à trouver un emploi.

Des travailleurs craignent de perdre leur poste. Des pensionnés s’inquiètent à propos de leur situation financière. Des familles sont préoccupées par la hausse du coût de la vie et se demandent comment elles vont parvenir à joindre les deux bouts. Des parents s’inquiètent pour leurs enfants et leur avenir.

Je suis sensible à ces préoccupations. Et notre gouvernement s’attaque de front à ces défis.

Nous savons que l’économie mondiale a profondément changé et que le Canada doit s’adapter.

C’est pourquoi, il y a quelques années, l’orientation de notre plan est passée des mesures de stimulation à court terme à une démarche plus exhaustive, de portée plus générale, pour nous assurer de pouvoir soutenir la concurrence des économies émergentes du XXIe siècle.

Le Premier ministre a ainsi formulé l’enjeu devant les membres du Forum économique mondial en janvier 2012 :

« Les pays occidentaux ont le choix de créer les conditions propices à la croissance et à la prospérité ou de risquer le déclin économique à long terme. Le choix du Canada sera, de façon claire et sans détour, de prendre en main et de maîtriser notre avenir, d’être un modèle de confiance, de croissance et de prospérité pour le XXIe siècle. »

Depuis ce moment, nous n’avons cessé de mettre en œuvre notre plan axé sur l’emploi, la croissance et la prospérité à long terme.

Notre plan repose sur plusieurs piliers.

D’abord et avant tout, maintenir des impôts bas et créer un climat propice aux affaires. Les entreprises créent des emplois, et leur expansion engendre plus d’emplois encore.

Nous faisons partie d’une économie mondiale concurrentielle. Notre concurrence pour les emplois, les investissements et les travailleurs ne se limite plus aux États-Unis et à l’Europe; nous devons aussi livrer concurrence à la Chine, à l’Inde, au Brésil et à d’autres pays en développement. Afin que nos entreprises prennent de l’expansion et qu’elles soient prospères, il faut que nos taux d’imposition soient compétitifs et que notre climat des affaires soit stable et accueillant.

Dans les faits, on ne peut parvenir à la prospérité grâce à l’imposition. Nous nous garderons bien d’imiter les nombreux gouvernements qui ont suivi ce sentier menant au déclin économique.

Notre plan fonctionne. Les coûts fiscaux globaux des entreprises au Canada sont maintenant les plus bas du G-7, et ils sont inférieurs de plus de 40 % à ceux des États-Unis. En 2013, le Canada a bondi du sixième au deuxième rang dans le palmarès des meilleurs endroits pour faire des affaires établi par Bloomberg.

Le deuxième pilier du plan, c’est de jumeler les Canadiens aux emplois disponibles. Certains secteurs de l’économie et certaines régions du pays sont aux prises avec des pénuries d’emplois qualifiés alors que trop de Canadiens sont encore au chômage.

Notre gouvernement est intervenu en créant la Subvention canadienne pour l’emploi, un moyen innovateur de donner de la formation qui aboutira à des emplois garantis.

Nous avons amélioré le régime d’assurance-emploi afin que les prestataires obtiennent des renseignements plus à jour à propos des emplois disponibles dans leur région.

Nous remanions le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour nous assurer que les emplois disponibles soient d’abord offerts aux Canadiens, et que les employeurs qui embauchent des travailleurs étrangers temporaires aient élaboré un plan de transition à une main-d’œuvre canadienne.

Troisièmement, nous ouvrons de nouveaux marchés d’exportation. Le Canada est un grand pays commerçant doté d’une population relativement faible. Plus de la moitié de notre activité économique repose sur notre capacité d’exporter nos biens et nos services. Un emploi canadien sur cinq est lié au commerce.

Afin de maintenir la croissance de notre économie, nous devons ouvrir de nouveaux marchés pour nos produits.

Il y a environ six mois, le Premier ministre a annoncé la conclusion d’une entente de principe au sujet d’un accord économique et commercial global avec l’Union européenne, la première économie de la planète. La portée de cet accord est plus vaste et ses visées plus larges que l’étaient celles de l’Accord de libre-échange nord-américain.

Le mois dernier, le Premier ministre a également annoncé la conclusion des négociations avec la République de Corée en vue du premier accord de libre-échange entre le Canada et un pays d’Asie.

Tout compte fait, nous avons signé des accords commerciaux et d’investissement avec plus de 30 pays depuis 2006. Ces accords créeront de nouvelles possibilités pour les entreprises et les travailleurs de toutes les régions du Canada.

Quatrièmement, nous développons nos ressources naturelles de manière responsable. Depuis les premiers jours du Canada, notre économie s’appuie sur les abondantes ressources naturelles du pays.

Le secteur des ressources naturelles emploie directement et indirectement 1,8 million de Canadiens. Bon nombre des emplois de ce secteur sont spécialisés et bien payés. L’exploitation de nos ressources naturelles génère chaque année pour plus de 30 milliards de dollars de revenus qui permettent aux gouvernements de financer les soins de santé, l’éducation et les autres programmes sociaux qui sont devenus chers au cœur des Canadiens et sur lesquels ils comptent.

Le Canada a le bonheur de jouir d’une grande abondance de ressources naturelles qui suffisent à alimenter notre économie croissante et à fournir de l’énergie et d’autres ressources pour répondre à une forte demande internationale pour les générations à venir.

Or, pour que les Canadiens profitent pleinement des ressources naturelles de leur pays, nous devons diversifier nos marchés pour y inclure les économies émergentes de l’Asie-Pacifique.

Cependant, l’insuffisance de nos infrastructures risque de laisser ces ressources sans débouchés alors que la demande mondiale pour l’énergie du Canada explose. Voilà pourquoi nous sommes déterminés à ce nos ressources puissent se rendre aux marchés.

Cinquièmement, nous investissons dans la recherche, l’innovation et la technologie de calibre mondial. Certains ignorent que nous nous classons au premier rang du G-7 pour l’investissement dans la recherche de niveau postsecondaire.

Nous savons que l’investissement dans les sciences et la technologie aide les entreprises canadiennes à demeurer compétitives tout en créant des emplois bien rémunérés.

Notre défi consiste à mettre en marché le fruit des travaux en laboratoire. Si nous voulons demeurer compétitifs au sein de l’économie mondiale, nous devons commercialiser les idées brillantes de nos scientifiques et de nos ingénieurs.

C’est pourquoi, depuis 2006, nous avons investi des milliards de dollars pour soutenir des entreprises innovatrices au Canada à l’aide d’initiatives comme le Plan d’action sur le capital de risque, le Fonds d’innovation pour le secteur de l’automobile, Technologies du développement durable Canada, l’Initiative stratégique pour l’aérospatiale et la défense et un Conseil national de recherches transformé.

D’autre part, nous avons investi de façon substantielle dans la recherche postsecondaire, notamment par l’entremise du nouveau fonds d’excellence en recherche « Apogée Canada » annoncé dans le budget de 2014.

En outre, dans le cadre du nouveau plan Chantiers Canada annoncé plus tôt cette année, notre gouvernement investira plus de 53 milliards de dollars dans l’infrastructure de l’ensemble du pays au cours des dix prochaines années.

De ces fonds fédéraux, la part réservée à l’Ontario s’élève à environ 11 milliards de dollars, dont un montant important destiné à cette ville de Toronto.

Ainsi, des impôts bas, le jumelage des Canadiens aux emplois disponibles, l’ouverture de nouveaux marchés, le soutien aux entreprises, et l’investissement dans la recherche, la technologie et l’innovation sont les piliers de notre Plan d’action économique.

Cette semaine, je participerai aux réunions des ministres des Finances du G-20 et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

J’aurai l’honneur de m’y présenter à titre de ministre des Finances d’un pays dont les facteurs économiques fondamentaux font l’envie de tous.

Tant le FMI que l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoient que la croissance de l’économie canadienne sera l’une des plus fortes économies du G-7 sur la période couvrant cette année et l’an prochain.

Notre pays a la plus faible dette nette de tous les pays développés. La dette nette du Canada représente le tiers de l’économie nationale, soit la moitié de la moyenne des pays du G-7.

Notre cote de crédit est excellente. Nous sommes l’un des rares pays jouissant d’une cote AAA, ce qui nous permet de verser moins d’intérêt sur notre dette.

Et ce qui est d’une importance critique, nous équilibrerons le budget l’an prochain.

Les Canadiens comprennent ce qui se produit lorsque leurs dépenses sont supérieures à leurs revenus. Ils s’endettent alors et se retrouvent avec des frais d’intérêt qui minent leur capacité de répondre à leurs besoins essentiels et d’épargner en prévision de la retraite. La plupart des gens savent aussi que les budgets publics ne s’équilibrent pas d’eux-mêmes, pas plus que les budgets des familles.

L’équilibre budgétaire découle d’une saine gestion des finances publiques qui crée un climat d’affaires stable, ce qui mène à davantage d’investissements, à de nouveaux emplois et à une plus forte croissance.

Pour l’exercice financier en cours, nous avons projeté un déficit de 2,9 milliards de dollars et un coussin d’urgence de 3 milliards. Pour le prochain exercice, nous anticipons un excédent de plus de 6 milliards en plus du coussin.

Les Canadiens devraient être fiers de cette réalisation exceptionnelle.

Des exemples frappants des quatre coins du monde – de Detroit à la Grèce – nous montrent les conséquences désastreuses des gouvernements qui dépensent plus d’argent qu’ils n’en perçoivent.

Nous avons maintenant réduit les dépenses de programmes directes pour une troisième année de suite, ce que peu de gouvernements ont fait au cours des dernières décennies.

Notre engagement en matière d’équilibre budgétaire et de saine gestion des finances publiques protège d’importants programmes sociaux. De fait, il nous permet d’accroître le financement destiné aux soins de santé, à l’éducation et aux revenus de retraite.

Ces résultats ne se produisent pas d’eux-mêmes. À titre d’exemple, le budget fédéral a été équilibré dans les années 1990 en réduisant le financement versé aux provinces pour les soins de santé et l’éducation.

Au cours de la prochaine année, nous entendrons une foule de suggestions provenant de toutes les régions du pays et de toutes les couches de la société.

Je serai heureux de prendre connaissance de ces idées, et j’encourage la tenue de cette discussion. Mais je tiens à préciser deux choses avant que ces discussions commencent :

Premièrement, notre gouvernement n’engagera pas de nouvelles dépenses imprudentes qui feront augmenter les impôts ou la dette, ou les deux.

Nous avons déployé trop d’efforts pour rétablir l’équilibre budgétaire. Il n’est donc pas question de le gaspiller. Il ne faut donc pas s’attendre à un programme de stimulation économique de grande envergure.

Deuxièmement, lorsque l’équilibre budgétaire sera rétabli, notre priorité consistera à alléger le fardeau fiscal des familles canadiennes qui travaillent sans relâche.

C’est l’engagement que nous avons pris lors de la dernière campagne électorale, c’est la voie que nous avons suivie et c’est ce que nous allons continuer de faire.

Notre gouvernement n’a cessé d’alléger la fiscalité en réduisant les taxes de vente, l’impôt sur le revenu et les charges fiscales des entreprises.

Grâce au solide bilan du gouvernement du Canada en matière d’allègements fiscaux, une famille canadienne moyenne de quatre personnes paiera environ 3 400 $ de moins en impôts et en taxes en 2014.

De plus, par suite des mesures que nous avons prises, les aînés profitent d’allègements fiscaux ciblés additionnels d’environ 2,8 milliards de dollars, ce qui se traduit par une économie de 2 300 $ pour un couple d’aînés.

Une petite entreprise dont le revenu imposable est de 500 000 $ économisera plus de 28 000 $ d’impôt cette année et pourra réinvestir cette somme afin de prendre de l’expansion et de prospérer.

Nous continuons de croire que le fardeau fiscal des familles canadiennes est trop élevé.

Les familles canadiennes sont le pilier de nos collectivités et de notre pays. Lorsqu’elles sont prospères, cela rejaillit sur le Canada tout entier.

C’est pourquoi nous allégerons le fardeau fiscal des familles canadiennes lorsque le budget aura été équilibré.

En terminant, permettez-moi de répéter que l’économie canadienne est vigoureuse et qu’elle se renforce.

Ma priorité consiste à assurer la croissance de l’économie et à créer des emplois.

Grâce au travail acharné de notre gouvernement, nous équilibrerons le budget l’an prochain.

Cela nous permettra de tenir notre engagement d’alléger le fardeau fiscal des familles canadiennes, de manière à ce qu’une plus grande part de l’argent qu’elles gagnent reste entre leurs mains au lieu d’être versée au gouvernement.

Cette année et l’an prochain, je me déplacerai partout au pays, tout comme mes collègues, pour écouter la population canadienne et examiner ses suggestions pour améliorer encore davantage notre pays qui est le meilleur au monde.

Je vous remercie de votre attention.

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