Bonjour,
C'est un honneur de me trouver à cette conférence, entouré de représentants du monde entier. Je suis très heureux que la University of Windsor accueille cette conférence, qui a lieu au Canada pour la toute première fois.
Pour ceux d'entre vous qui en sont à leur première visite en sol canadien, je suis sûr que vous êtes très au fait, surtout après les Olympiques de 2014, de l'amour des Canadiens pour le hockey! Étant donné ce passe-temps ou cette obsession nationale (soyons sérieux, quelle autre activité voudriez-vous pratiquer dans un climat comme le nôtre), j'espère que vous me permettrez d'utiliser ce sport pour illustrer l'innovation dans la fabrication.
Jadis, les bâtons de hockey étaient faits de bois et, alors qu'ils étaient solides et assez durables, ils ne fournissaient pas la flexibilité nécessaire pour glisser la rondelle entre les jambières de gardiens de but tels que Carey Price ou Roberto Luongo. Alors les fabricants ont commencé à utiliser différents matériaux, comme la fibre de verre. Ces avancées dans les matériaux composites et dans la conception ont permis de créer des bâtons de hockey plus légers; la vitesse et le contrôle de la rondelle ont été améliorées; et, surtout, la vitesse avec laquelle une rondelle peut être lancée au filet est devenue renversante.
Malheureusement, trop souvent, et cela nous déçoit, les bâtons frappent la rondelle au mauvais moment. Alors, un peu comme nous recherchons la médaille d'or ou la Coupe, les fabricants essaient constamment de chercher de nouveaux matériaux et procédés pour améliorer les produits, fournir de la variété aux consommateurs ou répondre à des besoins changeants.
Les fabricants doivent s'adapter et évoluer pour répondre à la demande, mais aussi pour être compétitifs dans l'économie mondiale d'aujourd'hui fondée sur le savoir.
Et, pour concurrencer les autres et gagner, comme les équipes olympiques de hockey masculin et féminin l'on fait à Sotchi cette année, il faut disposer du bon équipement et de bons joueurs.
Des conférences comme celle qui se déroule ici aujourd'hui, qui réunissent les bons joueurs de divers pays, diverses collectivités et divers secteurs, sont importantes car elles contribuent à stimuler le dialogue non seulement sur le pourquoi mais aussi sur la façon dont la fabrication peut évoluer afin de demeurer un catalyseur de prospérité économique.
Cela revêt une importance particulière pour le Canada et, en particulier, pour l'Ontario, car cette merveilleuse province où nous nous trouvons représente près de la moitié des ventes du secteur manufacturier à l'échelle nationale dans ce pays. Bien sûr, ceux d'entre nous qui habitent ici savent que la force de l'Ontario dans le secteur manufacturier réside dans les industries des véhicules automobiles, des aliments et des boissons, des produits du pétrole et du charbon, ainsi que dans les industries de fabrication de produits chimiques, y compris les produits pharmaceutiques.
Ce que nous savons aussi c'est que la récession de 2009 a fortement frappé le secteur manufacturier de façon particulière. À son sommet en 2004, le secteur manufacturier employait plus de deux millions de Canadiens, avec près de la moitié d'entre eux située en Ontario. Aujourd'hui, le secteur emploie un peu plus de 1,7 millions de personne au plan national, ce qui représente 11 pour cent de notre PIB et dirige la moitié de l'ensemble des activités de R-D au Canada.
Nos résultats économiques s'améliorent comme cela a été noté il y a quelques semaines dans le rapport mensuel de Statistique Canada. Les ventes nationales dans le secteur de la fabrication ont augmenté de 1,4 pour cent pour atteindre 51,2 milliards en février. Ce niveau de vente est le plus élevé que nous avons vu depuis juillet 2008, juste avant que la dernière récession ne débute.
Et tandis que sept provinces ont affiché de plus hautes ventes en février, le plus grande partie des résultats s'est concentrée en Ontario. En Ontario, les ventes ont augmenté de 2,9 pour cent pour atteindre 23,3 milliards en février, près de la moitié de toutes les ventes manufacturières au Canada.
Tandis que les niveaux d'emploi ne sont pas aux niveaux d'avant la récession, le secteur manufacturier est encore un grand créateur de prospérité et de possibilités. De s'attendre à ce que retrouvions tous les emplois dans le secteur manufacturier serait irréaliste. Mais nous pouvons nous attendre à ce que les emplois qui seront créés représenteront un meilleur salaire et une meilleure qualité. Cela est simplement une indication du changement au sein du secteur vers des façons plus novatrices et plus efficaces de faire les choses. Cela demande parfois moins de travailleurs sur le plancher d'usine, mais plus de matière grise et d'habiletés derrière l'équipement et la technologie adoptés.
Des défis demeurent, comme cela a été mis en lumière par une étude récente du Boston Consulting Group diffusée vendredi dernier et notant des préoccupations face à la compétitivité du Canada en matière de coûts.
Mesdames et Messieurs, le gouvernement du Canada est engagé à aider ce secteur à s'adapter et à croître dans ce qui est en train de devenir rapidement une économie basée sur la connaissance, et où la concurrence est mondiale. Et nous nous sommes engagés à accroître la collaboration entre le gouvernement, le milieu de la recherche et les entreprises afin de combler l'écart entre les nouvelles idées et le marché.
Nous possédons tous les bons joueurs dans la région, c'est simplement une question de les faire converger tous ensemble.
L'Ontario possède plus de 30 000 établissements de fabrication.
En plus de ses forces principales de fabrication telles que celles présentes dans le secteur automobile et dans le secteur des aliments et boissons, l'Ontario a aussi une industrie des technologies de l'information et des communications bien établie. Celle-ci est concentrée dans la région de l'Ontario, que l'on appelle le Triangle technologique du Canada.
Nous disposons d'établissements d'enseignement supérieur de calibre mondial, comme la University of Windsor, où nous sommes réunis aujourd'hui.
En fait, la Dre Hoda ElMaraghy, présidente de cette conférence, est titulaire de la chaire de recherche sur les systèmes de fabrication du Canada et effectue un excellent travail de pointe sur les systèmes de fabrication intelligents. Je tiens à prendre quelques instants pour la féliciter, car elle a remporté le Prix ambassadeur en génie 2014, présenté par Partenaires en recherche, pour son travail exceptionnel de recherche et d'activités de visibilité au fil des ans.
Étant donné ses attributs, notre région a la capacité de renforcer continuellement l'innovation en matière de fabrication, mais seulement si nous travaillons tous de concert afin de traduire des connaissances et des idées novatrices de différents domaines de connaissances spécialisées en produits commerciaux. Aussi, cela nous mènera au développement et à l'adaptation de nouvelles technologies et techniques de fabrication à la fine pointe.
Partout dans le monde, les gouvernements prennent des mesures afin d'appuyer le secteur manufacturier et le guider dans le 21e siècle. Il s'agit d'une réponse à une tendance à long terme de lente croissance du secteur manufacturier, par rapport à d'autres secteurs économiques, que l'on a notamment remarquée en Allemagne, au Japon, aux États-Unis et au Canada depuis les quelques dernières décennies.
Je sais que depuis plusieurs années, l'Allemagne a tiré profit des instituts et unités de recherche Fraunhofer qui ont élaboré plusieurs nouveaux produits, qui sont devenus le moteur de la réussite du secteur manufacturier de ce pays. De plus, le président Obama a annoncé la création d'un réseau d'instituts d'innovation en matière de fabrication, dans un effort pour réunir l'industrie et le monde universitaire des États-Unis.
Ici au Canada, notre gouvernement appuie le secteur manufacturier grâce à un certain nombre de politiques publiques et d'investissements ciblés.
J'aimerais commencer par souligner ce que notre gouvernement fait dans l'ensemble à travers le pays pour aider à encourager un environnement d'innovation et de compétitivité, ce qui par la suite viendra appuyer notre secteur manufacturier.
Depuis 2006, notre gouvernement a réduit les impôts et les taxes, éliminé les fardeaux réglementaires non nécessaires et amélioré les conditions pour l'investissement commercial. Nous avons éliminé tous les droits de douane applicable au matériel et à l'outillage et aux intrants manufacturiers, de sorte que le Canada est désormais une zone libre de droits de douane pour les fabricants industriels : une première dans l'histoire du G-20.
De plus, le Canada détient la plus forte croissance pour ce qui est des emplois dans le G-7. Depuis janvier 2006, le nombre d'emplois au Canada a augmenté de plus de 1,1 millions. Nous avons le ratio de dette par rapport au PIB le plus bas. Et nous devrions retourner à un budget équilibré cette année. D'autres niveaux de gouvernement doivent aussi faire leur part pour ce qui est de leurs champs de compétence.
Nous avons également offert plus de 11 milliards de dollars en nouvelles ressources, afin d'appuyer la recherche pure et appliquée, le développement de talent, l'infrastructure de recherche et les activités novatrices dans le secteur privé, notamment l'harmonisation plus efficace du soutien fédéral en matière de recherche avec les besoins organisationnels.
À titre d'ancien ministre d'État chargé des Sciences et de la Technologie, j'ai confié à un groupe d'experts le mandat d'examiner le soutien du gouvernement fédéral en matière de R-D pour l'innovation dans le secteur privé, afin d'accroître nos répercussions dans cet important domaine. Notre gouvernement y a répondu en partie en réorientant le Conseil national de recherche du Canada (ou CNRC) en tant qu'organisation de technologie de recherche. Le CNRC offre à l'industrie canadienne un accès à la recherche et au développement stratégiques, des services techniques et une infrastructure scientifique spécialisée dont elle a besoin pour réussir.
Notre gouvernement possède également un certain nombre d'incitatifs fiscaux visant à aider les manufacturiers.
Le premier est un programme qui incite les entreprises canadiennes à effectuer de la R-D au Canada en leur accordant des crédits d'impôt. Il s'agit du Programme de la recherche scientifique et du développement expérimental.
Le deuxième est la déduction pour amortissement accéléré pour l'équipement de fabrication et de traitement. Cela contribue à réduire le coût total réel de l'investissement dans le matériel et l'outillage qui accroissent la productivité, en accroissant le taux auquel les entreprises pourraient soustraire l'amortissement de cet équipement à même leur revenu imposé.
Et finalement, le dernier que je tiens à mentionner est le Fonds d'innovation pour le secteur de l'automobile. Ce fonds fait la promotion de l'innovation et de la recherche dans le secteur automobile du Canada, ce qui, comme je l'ai mentionné précédemment, est crucial ici en Ontario et surtout à Windsor. Je sais que vous entendrez parler de M. Michael Bastian de la Ford Motor Company plus tard ce matin. Ford du Canada Limitée est l'un des bénéficiaires du fonds pour le projet Northern Star, qui contribuera à transformer l'usine de montage d'Oakville en une installation de fabrication mondiale d'avant-garde, ce qui en fera l'une des usines les plus sophistiquées de Ford de par le monde.
Mesdames et Messieurs, étant donné que vous êtes un public d'envergure internationale et qu'un emploi sur cinq au Canada est lié aux exportations, je tiens seulement à souligner les efforts que déploie notre gouvernement afin d'établir des relations commerciales avec des marchés étrangers qui présentent le potentiel le plus élevé pour les exportateurs canadiens.
En moins de sept ans, le Canada a conclu des accords de libre-échange avec neuf pays et il en négocie avec 30 autres. L'accord de principe historique avec l'Union européenne, formée de 28 pays, annoncé en octobre 2013 par le premier ministre Stephen Harper, constitue l'une des principales réalisations de cet effort. Pour les exportateurs canadiens, un marché clé de 500 millions de personnes s'est ouvert, générant une activité économique annuelle de près de 17 mille milliards de dollars.
Et maintenant j'aimerais vous parler de quelques investissements dans le secteur manufacturier du Sud de l'Ontario dont je suis particulièrement fier à titre de ministre d'État responsable de l'Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l'Ontario, ou FedDev Ontario.
J'ai indiqué précédemment que les entreprises du secteur de la fabrication au Canada mènent plus d'activités de R-D que celles des autres secteurs. En comparaison toutefois, les entreprises canadiennes en général consacrent beaucoup moins de temps à des activités de R-D que leurs homologues ailleurs dans le monde. C'est pourquoi FedDev Ontario a investi dans des centres qui permettent à l'industrie et aux chercheurs de s'allier afin d'innover.
FedDev Ontario a fourni 13,7 millions de dollars à l'université Western pour un projet de 37 millions de dollars visant à créer deux centres axés sur l'industrie des matériaux composites, soit le Fraunhofer Project Centre et le Western AMP (Advanced Manufacturing Park) Accelerator. Cet investissement de FedDev Ontario a contribué à la création d'un environnement de production pleine grandeur destiné à l'élaboration, à la mise à l'essai et à la validation de matériaux légers et de processus de fabrication avancés.
Le Fraunhofer Project Centre représente un partenariat entre les trois niveaux de gouvernements, une université canadienne et Fraunhofer, l'une des organisations de recherche et de développement les plus importantes d'Europe. Nous sommes honorés qu'une organisation de renommée mondiale nous aide à mettre sur pied une plateforme pour les entreprises créant des matériaux légers, qui peuvent être utilisés dans un éventail d'industries, comme celles de l'automobile, de l'aérospatiale ou de l'énergie renouvelable, entre autres.
FedDev Ontario est également partenaire du McMaster Automotive Resource Centre, situé à Hamilton. Le Centre rend le secteur automobile plus concurrentiel en donnant aux entreprises accès à un matériel d'avant-garde et à des équipes d'experts internationaux, dans les domaines de la technologie des groupes motopropulseurs, des logiciels automobiles, du développement des matériaux et de l'infrastructure durable, entre autres. Les répercussions du projet signifient des possibilités d'emploi et de recherche à l'échelle locale, une collaboration avec plusieurs petites et moyennes entreprises et d'autres organisations du regroupement automobile, tant à l'échelle nationale qu'internationale. Cela signifiera également des technologies automobiles plus écologiques pour les Canadiens et le reste du monde à l'avenir.
De la même façon dont les entreprises canadiennes peuvent tirer profit d'un accès plus important à la R-D, elles peuvent également profiter des investissements dans un nouveau matériel ou un nouvel outillage, ainsi qu'un accès à des marchés étrangers. Les entreprises canadiennes sont généralement plus petites que celles d'autres pays; il est donc plus difficile pour elles d'effectuer elles-mêmes ces investissements.
À cet égard, j'aimerais vous parler de l'un de nos partenariats les plus réussis dans le secteur manufacturier. FedDev Ontario a établi un partenariat avec un organisme national qui représentant les manufacturiers, soit Manufacturiers et Exportateurs du Canada, ou MEC. Ce partenariat aide les manufacturiers exportateurs à commercialiser de nouvelles technologies, à pénétrer, non seulement de nouveaux marchés intérieurs et étrangers, mais aussi à investir dans des technologies vertes et durables, d'acheter des technologies ou des équipements nouveaux ou améliorés ainsi que de mettre en place des mesures visant à améliorer leur rendement. FedDev Ontario a octroyé plus de 38 millions de dollars à MEC, qui en retour a appuyé plus de 730 entreprises du Sud de l'Ontario à améliorer leur productivité manufacturière.
Finalement, je souhaite mentionner que FedDev Ontario exécute un certain nombre d'initiatives de financement susceptibles d'aider les manufacturiers. De façon plus précise, le Fonds pour la fabrication de pointe représente un investissement de 200 millions sur cinq ans afin de promouvoir la croissance, la productivité et la compétitivité à long terme du secteur manufacturier de l'Ontario. Notre gouvernement incite notre secteur manufacturier à entreprendre des projets révolutionnaires de transformation. Nous encouragerons les collaborations entre entreprises de fabrication et nos établissements d'enseignement postsecondaire, plus que compétents, afin de travailler de concert afin d'élaborer de nouvelles technologies et de nouveaux produits novateurs, pertinents pour le marché et qui génèrent des retombées économiques.
Je souhaite que nous commencions à voir un plus grand nombre de manufacturiers canadiens tirer parti des nouvelles technologies, comme la fabrication additive. Vous n'êtes pas sans savoir que l'impression tridimensionnelle est plus avantageuse que les techniques de fabrication traditionnelles. Plus particulièrement, son utilisation à des fins de prototypage rapide peut entraîner des économies de coûts et réduire le délai de commercialisation d'un produit, en réduisant le temps entre la conception et la mise à l'essai d'un produit. Ce sont les types de technologies qui aideront nos manufacturiers.
Comme vous pouvez le constater, notre gouvernement a investi dans l'innovation en matière de fabrication, ce qu'il continuera de faire, car elle mène à la productivité, aux exportations et aux revenus, et donc à une qualité de vie plus élevée pour les Canadiens.
Ici, en Ontario, avec toutes les grappes de la fabrication dont j'ai parlé, l'innovation contribuera à garder les entreprises de fabrication ouvertes. Elle les aidera à présenter des produits canadiens au reste du monde et à générer des retombées économiques positives pour les chaînes d'approvisionnement connexes.
Je vous remercie de m'avoir donné la possibilité de vous parler de l'aide visant à positionner le secteur manufacturier de l'Ontario en tant que catalyseur essentiel de la prospérité économique du Canada.
Lorsque vous poursuivrez votre dialogue ici, durant les prochains jours, sachez que le gouvernement du Canada est un partenaire engagé à faire progresser la fabrication et à aider ce secteur à réaliser son potentiel d'innovation.
Merci.