Chicago (Illinois)
Le 25 avril 2014
Le discours prononcé fait foi
Introduction
Je vous remercie de m’avoir invitée à me joindre à vous aujourd’hui. Je suis très heureuse d’être ici pour célébrer le 20e anniversaire de l’Accord de libre-échange nord-américain ou l’ALENA.
Cet anniversaire représente un important jalon. Il met en valeur notre capacité de travailler ensemble pour éliminer les obstacles au commerce et faciliter la circulation transfrontalière des biens et des services.
L’ALENA a été une réussite sur tous les plans en servant notamment de fondement solide pour renforcer les relations bilatérales et trilatérales en Amérique du Nord. Ces relations sont essentielles à notre avenir collectif.
En tant que ministre des Transports et ancienne présidente et chef de la direction de l’Administration portuaire de Toronto, j’apprécie d’avoir la chance de vous rencontrer et de discuter de la façon dont, tous ensemble, nous pouvons accroître le commerce, à la fois sur ce continent et sur les marchés aux quatre coins du monde.
Bilan économique du gouvernement du Canada
Le gouvernement du Canada est résolu à établir des réseaux de transport sûrs, sécuritaires, respectueux de l’environnement et efficaces qui favorisent le commerce mondial et la croissance économique.
Nous avons un bilan économique impressionnant qui le prouve.
Notre historique de prudence financière et de saine gestion économique a été reconnu à l’échelle internationale. L’OCDE, le FMI et Bloomberg ont classé le Canada comme étant l’un des meilleurs pays du monde où faire des affaires.
ALENA
Nos relations commerciales sur le continent contribuent grandement à cette réussite.
Avant l’entrée en vigueur de l’ALENA, le commerce en Amérique du Nord était évalué à 288 milliards de dollars (américains). En 2011, la valeur de nos échanges commerciaux de marchandises trilatéraux avait plus que triplé – dépassant un trillion de dollars (américains).
En 2012, la valeur des échanges commerciaux bilatéraux de biens et de services entre le Canada et les États-Unis dépassait 742 milliards de dollars (américains), soit environ 2 milliards de dollars (américains) par jour.
Les relations commerciales entre le Canada et le Mexique se sont également renforcées dans le cadre de l’ALENA. Le Mexique est le troisième partenaire commercial du Canada en importance et, entre 1993 et 2012, le commerce bilatéral de marchandises a été multiplié par presque sept.
De plus, en 2012, le Mexique a été classé comme la cinquième destination en importance des exportations canadiennes de marchandises Et depuis l’entrée en vigueur de l’ALENA, l’investissement direct canadien dans ce pays est passé de plus de 540 millions de dollars en 1993 à près de 5 milliards de dollars en 2012.
Autres accords commerciaux
Le Canada, les États-Unis et le Mexique renforcent leur relation trilatérale sur la scène internationale et avec des partenaires asiatiques dans le cadre des négociations du Parenariat transpacifique et de l’Accord sur le commerce des services, en cours de négociation à Genève.
Et nous négocions individuellement des ententes bilatérales et régionales avec des partenaires non partie à l’ALENA.
En effet, le Canada suit un programme commercial bilatéral ambitieux. Nous avons conclu des accords de libre-échange avec dix pays et nous en négocions avec 30 autres.
À la fin de l’année dernière, notre gouvernement a annoncé la conclusion d’une entente de principe historique avec l’Union européenne, qui regroupe 28 États, permettant ainsi au Canada d’avoir accès à un marché de plus de 500 millions de consommateurs.
Et, le mois dernier, le premier ministre Stephen Harper a annoncé un important accord commercial avec la Corée.
Le rôle du transport dans ce cadre axé sur le marché
Afin de réaliser le potentiel de notre programme commercial, le gouvernement du Canada a adopté des cadres de transport axes sur le marché pour favoriser la compétitivité et l’efficience.
Et ils donnent des résultats.
Grâce à la cession de ports clés et à la privatisation de compagnies ferroviaires et de transporteurs aériens, la productivité du secteur des transports au Canada a connu une croissance de plus de 31 pour cent de 1986 à 2008.
Cette croissance a été rendue possible grâce au travail acharné des ports, des terminaux, des voies ferrées et d’autres transporteurs et organismes gouvernementaux du Canada.
Nous améliorons constamment l’efficacité, la fiabilité et la sûreté de la chaîne d’approvisionnement afin de demeurer compétitifs dans le monde en constante évolution du commerce mondial.
Investissements dans l’infrastructure
De manière tout aussi importante, notre gouvernement a investi stratégiquement dans l’infrastructure du transport du Canada et a adopté une approche « de porte d’entrée » à l’égard du transport et du commerce.
En 2006, nous avons lancé l’initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique. Cette initiative appuie l’infrastructure de transport stratégique sur notre côte Ouest, y compris les principales routes et passages intermodaux, les principaux passages frontaliers et les grands ports canadiens.
À ce jour, nous avons investi 1,4 milliard de dollars dans les projets de la Porte de l’Asie-Pacifique, en partenariat avec les quatre provinces de l’Ouest, les municipalités et le secteur privé.
Cela a abouti à un investissement général de plus de 3,5 milliards de dollars.
Nous croyons fermement qu’il faut appuyer le financement du secteur privé pour accroître la rentabilité des investissements des contribuables.
De plus, depuis 2007, nous avons annoncé 39 investissements stratégiques dans l’infrastructure de neuf provinces dans le cadre du Fonds pour les portes d’entrée et les passages frontaliers de 2,1 milliards de dollars.
Cela comprend les investissements dans l’initiative de la Porte et du Corridor de commerce de l’Atlantique, un système de transport multimodal complètement intégré.
Ce système offre aux ports en eau profonde des réseaux routiers et ferroviaires efficaces et fiables avec accès aux marchés américains. De plus, il fournit aux aéroports un accès au transport aérien de marchandises à destination et en provenance des marchés internationaux.
D’autres investissements ont profité aux Grands Lacs et à la Voie maritime du Saint-Laurent : un actif économique majeur pour nos deux pays et pour la compétitivité des expéditeurs et des propriétaires de navires.
La Voie maritime est source de plus de 200 000 emplois au Canada et aux États-Unis, ainsi que de 35 milliards de dollars en revenus opérationnels.
Entre 2009 et 2013, les volumes du trafic dans les Grands Lacs et la Voie maritime du Saint-Laurent ont augmenté de près de 30 pour cent.
Ils ont en fait dépassé les niveaux précédant la récession dans la section de la Voie maritime située entre Montréal et le Lac Ontario.
Notre nouveau plan Chantiers Canada annoncé récemment pousse encore plus loin les investissements dans l’infrastructure sans précédents de notre gouvernement.
Les principaux actifs de transport seront admissibles à un financement dans le cadre du volet des infrastructures nationales de 4 milliards de dollars du plan, qui est réservé aux projets d’importance nationale.
Cette mesure tient compte du fait que, dans l’environnement hautement concurrentiel d’aujourd’hui, nous avons besoin d’améliorations constantes dans la capacité des transports. Nous voulons également encourager les partenariats avec le secteur privé et les investissements de ce dernier dans les transports et les infrastructures afin de demeurer concurrentiels.
Passage international de la rivière Detroit
Le Canada envisage d’aller de l’avant, en collaboration avec les États-Unis, avec d’autres investissements clés dans l’infrastructure comme le Passage international de la rivière Detroit, maintenant connu comme le nouveau passage commercial international.
Le corridor Windsor-Detroit est le passage frontalier commercial terrestre le plus achalandé en Amérique du Nord, accueillant près de 30 pour cent des échanges commerciaux transfrontaliers entre le Canada et les États-Unis.
La grande majorité de ces échanges commerciaux bilatéraux traversent un pont à quatre voies de 85 ans.
Le gouvernement du Canada est préoccupé par la vulnérabilité du commerce et les emplois connexes dans les deux pays.
Afin d’assurer la continuité de ces échanges commerciaux essentiels, le gouvernement du Canada s’est engagé à payer pour presque tous les travaux de construction d’un nouveau passage. Le pont à lui seul coûtera environ 1 milliard de dollars.
Le Canada, en partenariat avec le Michigan, travaille fort afin de préparer le projet pour la construction.
Le président Obama a délivré un permis présidentiel pour le pont en 2013 et tout ce qui manque maintenant, c’est l’engagement du gouvernement des États-Unis pour construire une esplanade douanière à Detroit.
Le Canada attend toujours une décision du gouvernement des États-Unis pour payer cette nouvelle installation.
Il s’agit d’un investissement relativement modeste, soit environ 250 millions de dollars par rapport au coût total du projet, qui s’élève à 4 milliards de dollars.
Cet obstacle final nuit à ce projet d’une importance vitale.
Le Canada et les É.-U. ont une longue expérience de collaboration et de partenariat dans les secteurs d’intérêt mutuel. En tant que partenaires, nous savons que nous pouvons résoudre les quelques défis qui empêchent de faire de ce projet une réalité.
Taxe d’entretien des ports
La capacité des États-Unis et du Canada de faciliter le mouvement transfrontalier sécuritaire et efficace de produits permet de favoriser la concurrence de notre économie intégrée.
Nous travaillons activement sur cela pour faire progresser le Plan d’action Par-delà la frontière.
Le Canada favorise une approche ouverte, transparente et axée sur le marché pour notre plus importante relation de commerce bilatérale.
Nous ne devrions pas compromettre notre compétitivité partagée et nos chaînes d’approvisionnement intégrées en retardant d’importants projets comme le passage frontalier Detroit-Windsor ou en imposant de nouveaux frais frontaliers pour les conteneurs qui transitent par le Canada ou le Mexique à destination des États-Unis.
Le Canada fait concurrence sur un terrain de jeu équitable. Nos ports sont indépendants, autonomes et autofinancés.
L’imposition de nouvelles taxes aurait un effet négatif sur le commerce, la croissance et les emplois – une répercussion qui serait ressentie dans toute l’Amérique du Nord et qui ne serait dans l’intérêt de personne.
Sécurité ferroviaire
En plus de l’énorme contribution que les transports peuvent apporter pour améliorer le commerce nord-américain, il existe une énorme responsabilité.
J’ai passé la majorité de cette semaine à traiter de ce sujet.
Plusieurs d’entre vous ont probablement entendu parler du tragique déraillement de train et de l’explosion l’été dernier à Lac-Mégantic, Québec, qui a causé le décès de 47 personnes.
Cet incident a entraîné une enquête par le Bureau de la sécurité des transports du Canada et, il y a deux jours, le gouvernement du Canada a répondu aux recommandations initiales qui ont découlé de cette enquête.
Nous avons annoncé trois principales mesures au sujet du transport par train des marchandises dangereuses.
Premièrement, nous procéderons immédiatement à la mise hors service des wagons-citernes les moins résistants aux impacts pour ce qui est du transport des marchandises dangereuses et nous moderniserons les wagons-citernes utilisés pour transporter le pétrole brut et l’éthanol. Nous exigerons que tous les wagons-citernes DOT-111 fabriqués avant la publication de la norme de janvier 2014 qui sont utilisés pour le transport de pétrole brut et d’éthanol soient retirés du service ou modernisés d’ici trois ans.
Deuxièmement, pour nous assurer que nous sommes mieux préparés en cas d’accident ferroviaire, le gouvernement du Canada exigera que les expéditeurs ferroviaires élaborent des plans d’intervention d’urgence pour les liquides inflammables à risque élevé.
En cas d’accident mettant en cause des quantités importantes de marchandises dangereuses, ces plans donneront aux premiers répondants un accès, en temps opportun, aux ressources et à l’aide dont ils ont besoin.
Finalement, nous présenterons des exigences encore plus strictes pour les trains transportant des marchandises dangereuses afin de protéger les collectivités le long des lignes de chemin de fer.
Nous exigeons aussi que les compagnies de chemin de fer ralentissent immédiatement les trains transportant des marchandises dangereuses et mettent en œuvres d’autres pratiques opérationnelles clés.
L’avenir du commerce et du transport en Amérique du Nord
Pour ce qui est de l’avenir, le transport continuera de jouer un rôle clé en ce qui a trait au commerce libre sur ce continent.
L’ALENA s’est révélé une base solide sur laquelle bâtir notre prospérité future et a eu un effet extrêmement favorable sur nos économies.
Il a offert de nouvelles possibilités d’exportation, stimulé l’établissement d’entreprises concurrentielles à l’échelle internationale et aidé à attirer d’importants investisseurs étrangers.
La collaboration grâce à l’ALENA a créé une Amérique du Nord où les entreprises canadiennes, américaines et mexicaines peuvent faire plus que simplement vendre des produits entre elles.
Nos entreprises collaborent de plus en plus.
Plus de la moitié des exportations manufacturières vers les États-Unis sont des exportations de produits intermédiaires.
Cette collaboration entre nos nations a été soulignée en février dernier lorsque le premier ministre Harper s’est joint aux présidents Obama et Peña Nieto au Sommet des leaders nord-américains à Toluca, Mexique.
Les leaders ont fait remarquer que notre engagement en tant que région envers le reste du monde a une incidence directe sur la compétitivité de nos économies et la prospérité de nos sociétés.
Ils ont accepté de continuer de collaborer étroitement sur des enjeux liés au commerce international afin de renforcer nos chaînes d’approvisionnement intégrées.
Ils ont aussi accepté de faire ensemble la promotion du commerce et des investissements dans les secteurs où l’intégration de nos chaînes de production représente un avantage distinct à l’échelle mondiale.
De plus, les leaders se sont engagés à élaborer un plan de transport nord-américain.
Cela commencera par un plan régional de transport des marchandises et puis nous nous fonderons sur les initiatives entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Nous prévoyons aussi de simplifier les procédures en plus d’harmoniser les exigences en matière de données relatives aux frontières pour les négociants et les visiteurs afin d’établir un programme de voyageurs dignes de confiance pour toute l’Amérique du Nord.
Nos gouvernements tireront profit des mécanismes frontaliers bilatéraux existants pour améliorer la sécurité du mouvement des marchandises en Amérique du Nord et ils feront la promotion des échanges en matière de corridors logistiques et de développement régional.
Conclusion
Nous prenons cette mesure, en matière de transport et dans plusieurs autres secteurs, parce qu’il y a de nombreux domaines prometteurs qui mettent en cause les échanges entre nos nations.
De telles occasions pourraient renforcer nos effectifs futurs.
Elles pourraient faire la promotion de stratégies communes afin de traiter des enjeux comme l’énergie, l’infrastructure, le commerce et le développement des ressources.
Elles pourraient aussi nous inciter à poursuivre notre collaboration – en tant que voisins de plus en plus intégrés – afin de faire obstacle aux menaces mondiales comme le terrorisme et de protéger notre infrastructure critique partagée.
Au bout du compte, nous avons les mêmes objectifs : l’augmentation du commerce, la croissance économique et la création d’emplois.
Nous avons aussi la responsabilité de nous assurer que les collectivités et les familles de notre pays se trouvent dans un continent qui est sécuritaire, sûr et durable.
L’ALENA a grandement contribué à ces buts et il continuera de le faire.
La collaboration qu’il appuie fait de l’Amérique du Nord la région la plus compétitive et la plus dynamique au monde.
Je suis impatiente de travailler avec des partenaires, comme vous tous ici, qui veulent que cet avenir devienne réalité.
Merci.