Archivé - Allocution de l’honorable Joe Oliver, ministre des Finances, dans le cadre d’un déjeuner organisé par l’Economic Club of Canada

Le 25 avril 2014
Calgary (Alberta)

Le texte prononcé fait foi

Bonjour Mesdames et Messieurs, et merci beaucoup, Russ, pour cette chaleureuse présentation. Depuis plus de dix ans, l’Economic Club of Canada joue un rôle important afin de mieux mettre en lumière les enjeux déterminants pour notre pays. Je suis particulièrement heureux de me retrouver ici à Calgary, entre amis.

J’aimerais notamment saluer deux de mes collègues : il s’agit de Rona Ambrose, ministre de la Santé et députée d’Edmonton-Spruce Grove, et de Deepak Obhrai, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères et pour les Droits internationaux de la personne, qui est député de Calgary-Est. Mes deux collègues accomplissent un travail important en représentant leur circonscription à Calgary, en Alberta et dans l’ensemble du pays. Ils méritent notre reconnaissance.

Je tiens à dire d’entrée de jeu que j’ai confiance à l’égard du vaste potentiel économique de l’Alberta et de l’esprit innovateur qui caractérise cette province, ce que j’ai pu constater directement lorsque j’ai occupé le poste de ministre des Ressources naturelles; d’ailleurs, je transmets ce message aux quatre coins du globe, car l’Alberta a un rôle crucial à jouer pour assurer la prospérité du Canada à l’avenir. Vous suscitez beaucoup d’attention sur la scène internationale. De plus, vous illustrez bien ce que l’on peut réaliser en travaillant fort, en faisant preuve d’ingéniosité et en exploitant les richesses naturelles par des moyens nouveaux, novateurs et viables. Et cela ne se limite évidemment pas aux ressources naturelles.

Je souhaite parler aujourd’hui de la situation économique et financière de l’Alberta et du Canada, de notre résilience budgétaire et du plan que nous mettons de l’avant pour faire en sorte que l’on demeure un chef de file à l’échelle internationale, et ce, dans le contexte d’une économie mondiale incertaine. Ce thème pourrait ne pas sembler être particulièrement excitant aux yeux de certaines personnes. En effet, il sera surtout question de travail acharné, d’ingéniosité, d’impôts et de taxes peu élevés, de discipline budgétaire, et de réflexion s’inscrivant dans une perspective à long terme. Toutefois, ce dont il est question, c’est d’un pays où l’on travaille, et où les entreprises, les familles et les collectivités prospèrent. Si le Canada attire des gens de partout sur la planète, c’est en raison de la qualité de vie et des vastes possibilités que l’on y retrouve.

Le fait est que les facteurs fondamentaux financiers du Canada sont solides et viables, ce que l’on doit au leadership de notre premier ministre, Stephen Harper, ainsi qu’à mon prédécesseur, feu Jim Flaherty, qui nous a quittés beaucoup trop tôt.

La conjoncture mondiale était bien différente lorsque notre gouvernement est entré en fonction, en 2006. Les marchés étaient en pleine expansion. La croissance économique était vigoureuse. Toutefois, des nuages pointaient à l’horizon; notre gouvernement en a pris conscience et a fait les préparatifs nécessaires longtemps avant que les problèmes ne surgissent.

Nous avons réduit la dette fédérale. Nous avons allégé le fardeau fiscal des familles et des entreprises qui créent des emplois. Nous avons également établi un plan ambitieux pour renouveler les infrastructures vieillissantes à l’échelle du Canada. En 2009, au cœur de la Grande Récession, notre gouvernement a agi sans tarder. Il a posé des gestes déterminants, mais sans tomber dans l’excès, et ses résultats ont été meilleurs que ceux de la plupart des autres pays.

Nous avons instauré le Plan d’action économique, qui a servi à financer des milliers de projets portant sur des infrastructures essentielles, comme la construction de routes, de ponts et de passages frontaliers, sans oublier les infrastructures axées sur le savoir, comme les laboratoires de recherche, les universités et les collèges ainsi que l’accès Internet à large bande dans les régions rurales.

Si vous considérez un instant notre situation actuelle, vous constaterez que ces mesures donnent des résultats :

Nous faisons actuellement partie d’un petit groupe de pays qui bénéficient d’une cote de crédit AAA assortie de perspectives stables; c’est donc dire que les agences ne s’inquiètent pas de la possibilité d’un recul, ce qui nous place dans une situation plus avantageuse que celle des États-Unis.

Les obligations du gouvernement du Canada font toujours partie des investissements les plus prisés au monde.

Il est toujours gratifiant de faire valoir les points forts économiques du Canada, mais nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos lauriers. Ni la chance, ni les bonnes intentions ne suffiront à perpétuer l’avantage dont nous jouissons aujourd’hui. Dans le contexte actuel marqué par une grande volatilité et par la fragilité de l’économie mondiale, rien ne saurait remplacer la prise de mesures résolues et le travail acharné. Les risques qui nous guettent ont beau trouver leur origine par delà nos frontières, ils pourraient néanmoins avoir de graves conséquences pour l’économie canadienne.

Comme l’ont montré les réunions du G-20 et du FMI auxquelles j’ai assisté à Washington plus tôt au cours du mois, l’économie mondiale demeure fragile. Dans la zone euro, la croissance et l’inflation sont faibles, les économies émergentes doivent composer avec la volatilité, et un nouveau risque géopolitique est apparu en Ukraine. En raison de ces facteurs, la faiblesse des marchés d’exportation et la baisse des prix des produits de base ont freiné notre économie. Le message est sans équivoque : pour pouvoir demeurer concurrentiel dans un monde aussi incertain, il faut s’en tenir aux stratégies qui ont fait leurs preuves et aux plans qui donnent des résultats.

Voici un exemple de situation où nous pouvons faire davantage. L’immense majorité des marchés de capitaux sont nationaux et internationaux, et non interprovinciaux. Cela explique pourquoi tous les autres pays développés de la planète – à l’exception du Canada – se sont dotés d’un organisme de réglementation des valeurs mobilières ayant compétence à l’échelle nationale. Au cours de ma carrière dans les domaines des banques d’investissement et de la réglementation des valeurs mobilières, j’ai été aux premières loges pour constater l’inefficience d’un système canadien où l’on retrouve 13 organismes de réglementation provinciaux et territoriaux. Cette situation se traduit par des coûts plus élevés, par de l’incertitude en matière de réglementation, par un contrôle d’exécution plus restreint et par une surveillance inégale des risques systémiques.

La Cour suprême du Canada a fourni une feuille de route concernant la façon de procéder, en conformité avec notre Constitution, pour réaliser des progrès en matière de réglementation des valeurs mobilières, ou en d’autres termes, pour que les administrations publiques délèguent volontairement à un organisme unique leur compétence en matière de réglementation des valeurs mobilières.

En septembre dernier, les gouvernements de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Canada ont signé une entente de principe en vue de créer un tel organisme coopératif de réglementation. Nous espérons que d’autres provinces accepteront bientôt d’adhérer à cette initiative importante, et le gouvernement du Canada entend bien faire sa part pour faciliter leur participation.

J’ai eu hier l’occasion de discuter de cette question avec le premier ministre Hancock et le ministre Horner. J’ai souligné le fait que, si l’Alberta décidait de participer, elle jouerait un rôle important au chapitre de l’élaboration des politiques et de la gouvernance; notamment, on retrouverait à Calgary un bureau qui remplirait la fonction de centre d’excellence pour les sociétés pétrolières et gazières.

Je crois que, dans la pratique, la province de l’Alberta pourrait devenir un décideur plus important en matière de réglementation des marchés de capitaux canadiens qu’il ne l’est actuellement. Je n’irai pas jusqu’à prétendre que mes interlocuteurs ont été aussitôt convaincus, mais nous avons tout de même eu une bonne discussion.

En février, notre gouvernement a présenté le volet le plus récent du Plan d’action économique du Canada, qui est axé sur la création d’emplois et la croissance économique tout en gardant le cap sur la réalisation d’un excédent en 2015. Le plan comporte cinq piliers :

Considérons le premier de ces piliers, qui consiste à maintenir les impôts et les taxes à un niveau peu élevé et à créer un climat propice aux affaires.

Notre gouvernement est convaincu de la pertinence de réduire les impôts et les taxes. Il s’agit de l’une des priorités de notre stratégie économique depuis que nous sommes entrés en fonction, et nous avons joint le geste à la parole. Nous avons accordé des allègements fiscaux totalisant plus de 60 milliards de dollars aux entreprises créatrices d’emplois au cours des cinq dernières années.

Ces mesures fiscales ont comporté notamment la réduction du taux général fédéral d’imposition du revenu des sociétés, qui est passé de 22 % en 2007 à 15 % en 2012, de même que la prolongation, jusqu’en 2015, de la déduction pour amortissement accéléré temporaire à l’égard des machines et du matériel de fabrication et de transformation.

Le Canada est maintenant le pays du G-7 offrant le plus faible taux global d’imposition des nouveaux investissements des entreprises. Des analyses indépendantes confirment la compétitivité du régime d’imposition des sociétés du Canada. L’édition de 2012 de la publication Choix concurrentiels de la société KPMG concluait que le fardeau fiscal total des entreprises au Canada est le plus faible des pays du G-7 et de plus de 40 % moins élevé qu’aux États-Unis.

Par ailleurs, depuis 2006, notre gouvernement a adopté d’importants allègements fiscaux pour les familles et les particuliers canadiens. Une famille moyenne de quatre personnes paie près de 3 400 $ de moins en impôts et en taxes. De plus, par suite des mesures que nous avons prises, les aînés profitent d’allègements fiscaux ciblés additionnels d’environ 2,8 milliards de dollars. Conjuguée à nos mesures d’allègement fiscal de portée générale, cette mesure se traduit par des économies de plus de 3 000 $ pour un couple d’aînés moyen.

Selon une étude publiée dans le New York Times, le revenu médian après impôt au Canada n’a jamais été aussi élevé, et il est supérieur à celui enregistré dans tous les autres pays comparables étudiés, dont les États-Unis, la France, l’Australie et le Royaume-Uni.

Grâce à nos efforts pour qu’ils conservent une plus grande partie de l’argent qu’ils ont gagné, les particuliers et les familles disposent de plus de marge de manœuvre et d’un plus large éventail de choix pour décider de ce qui leur convient le mieux; du même coup, nous avons contribué à bâtir une assise solide pour soutenir la croissance économique future, la création de plus d’emplois et un niveau de vie plus élevé pour les Canadiennes et les Canadiens.

Comme je l’ai déjà mentionné, lorsque l’équilibre budgétaire sera rétabli, notre priorité consistera à alléger le fardeau fiscal des familles canadiennes qui travaillent fort.

Je vais maintenant dire quelques mots sur un sujet qui a occupé mes pensées pendant près de trois ans, c’est-à-dire la promotion et la défense de nos richesses naturelles. Toutes les personnes présentes ici sont bien conscientes de l’importance du secteur des ressources naturelles pour l’économie canadienne – ce secteur représente 18 % de notre PIB, fournit directement ou indirectement de l’emploi à 1,8 million de personnes, est à l’origine de plus de la moitié de nos exportations et engendre des recettes de 30 milliards de dollars pour les administrations publiques.

Certains des projets technologiques les plus importants au monde sont associés aux sables bitumineux, qui génèrent environ 275 000 emplois au pays et font un apport de 48 milliards de dollars au PIB; ces chiffres pourraient atteindre en moyenne 630 000 emplois et 113 milliards de dollars par année d’ici 2035.

Vous comprendrez donc que nous sommes très déçus de la décision du gouvernement américain de différer de nouveau la décision relative à l’oléoduc Keystone XL, qui constitue peut-être le projet de ressources naturelles ayant été le plus scruté de toute l’histoire de l’humanité. Ce projet peut créer des milliers d’emplois des deux côtés de la frontière et engendrer des milliards de dollars en retombées économiques et en recettes gouvernementales, ce qui pourra servir à appuyer des programmes sociaux essentiels, comme les soins de santé, le logement et l’éducation. Il pourrait aussi permettre de hausser la sécurité énergétique à l’échelle de l’Amérique du Nord en remplaçant le pétrole vénézuélien par du pétrole brut canadien produisant les mêmes émissions de carbone, sans même mentionner le fait de compter sur un fournisseur fiable qui respecte ses contrats et qui ne menacera pas de fermer les valves.

Des études scientifiques indépendantes et approfondies menées par l’Office national de l’énergie et par le département d’État américain ont abouti à des conclusions favorables. De plus, une forte majorité d’Américains appuient le projet, de même que la plupart des sénateurs et des membres du Congrès, et l’ensemble des gouverneurs des États qui seront traversés par l’oléoduc.

Mais malgré tout cela, un groupe influent et bien financé d’Américains cible le projet Keystone dans le cadre d’une campagne de dénigrement des sables bitumineux et des combustibles fossiles. Pourtant, sur la base des faits, le groupe se trompe de cible. Les sables bitumineux ne sont associés qu’à une fraction minuscule, à peine un millième, des émissions planétaires de gaz à effet de serre. C’est trente fois moins que les émissions attribuables aux centrales électriques américaines au charbon. En outre, les États-Unis commencent à exploiter massivement le gaz de schiste et le pétrole de réservoirs étanches, ce qui accroît la compétitivité du pays, alimente la croissance de son économie et modifie la situation géopolitique qui sous-tend le marché mondial de l’énergie.

Je tiens à ce que vous sachiez que notre gouvernement ne laissera jamais tomber l’Alberta et que nous ne renoncerons pas aux emplois canadiens. Nous continuerons de défendre le projet Keystone jusqu’à ce qu’il soit approuvé, et nous ferons aussi la promotion d’autres projets respectueux de l’environnement afin de servir l’intérêt national.

En ce qui concerne l’emploi, notre gouvernement met l’accent sur la formation des travailleurs de demain. Les étudiants qui fréquentent le système d’éducation du Canada représentent la plus importante source de nouvelle main-d’œuvre sur le marché du travail et il est essentiel de fournir à ces derniers les compétences qui s’imposent pour améliorer les perspectives économiques du pays.

Des employeurs et diverses organisations ont constaté l’existence d’un besoin criant concernant des gens de métier qualifiés. Il est ressorti d’un sondage auprès des employeurs que les postes relatifs aux métiers spécialisés figurent parmi les plus difficiles à pourvoir. C’est certainement le cas ici, car le manque de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande existante est particulièrement prononcé en Alberta et en Saskatchewan.

À mesure que les baby-boomers prendront leur retraite, la demande de travailleurs, en particulier les gens de métiers qualifiés et les apprentis, va inévitablement augmenter; toutefois, les apprentis doivent composer avec des coûts importants que l’on pense aux frais de scolarité, aux outils et au matériel dont ils ont besoin, à leurs frais de subsistance et à la rémunération dont ils se privent afin de suivre leur formation. C’est pourquoi notre Plan d’action économique prévoit la création du prêt canadien aux apprentis; il s’agit d’un prêt sans intérêt pouvant atteindre 4 000 $ par période de formation technique, qui est destiné aux apprentis inscrits à leur première formation dans un métier désigné Sceau rouge.

Bien que le taux d’obtention de diplômes d’études postsecondaires au Canada soit élevé, la transition des études vers un premier emploi peut évidemment être difficile, d’où notre décision de consacrer 40 millions de dollars afin d’appuyer plus de 3 000 stages dans des domaines en forte demande.

Encore plus important peut-être, notre gouvernement instaure la Subvention canadienne pour l’emploi, qui pourrait atteindre jusqu’à 15 000 $ par personne au titre des coûts de formation, ce qui comprend les droits de scolarité et le coût du matériel de formation. La part fédérale pourra atteindre 10 000 $, alors que les employeurs verseront une contribution équivalant en moyenne au tiers du coût total de la formation.

Ces investissements axés sur les compétences des Canadiens et sur les ressources de notre pays serviront à garantir la prospérité à long terme du Canada.

Pour conclure, je vais aborder le sujet de la gestion budgétaire responsable, qui est en quelque sorte le complément de la gestion responsable des ressources. Je tiens à parler de notre engagement à l’égard de l’équilibre budgétaire, qui constitue la pierre d’assise de notre Plan d’action économique et qui nous donnera les moyens d’assurer la prospérité du pays, de créer des possibilités d’emploi pour les Canadiens et de hausser notre niveau de vie.

Les budgets ne s’équilibrent pas d’eux-mêmes. Un tel résultat nécessite une planification et une rigueur budgétaires. Mais notre plan de rétablissement de l’équilibre n’est pas une fin en soi. Le retour à l’équilibre budgétaire et la réduction de la dette entraîneront de nombreux avantages qui vont bien au-delà d’un bilan comptable positif :

Dans un monde en rapide évolution, aider les citoyens et les entreprises du Canada constitue le premier devoir de notre gouvernement. C’est pourquoi, malgré les défis économiques mondiaux actuels, les Canadiens peuvent compter sur notre gouvernement pour veiller à leurs intérêts.

Somme toute, c’est l’ingéniosité, l’esprit d’entreprise et le travail acharné des Canadiens qui alimentent la croissance économique et qui rendent possible la qualité de vie qui existe dans les collectivités de tout le pays. C’est grâce à vous si, partout où je vais, les gens me disent à quel point le Canada est digne d’admiration et attire l’envie. Le gouvernement a comme rôle d’instaurer le climat propice à votre réussite et de protéger vos intérêts, puis de vous laisser la voie libre.

Merci de m’avoir écouté, et merci également de contribuer à la grandeur de notre pays.

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