Années 1970
La carpe asiatique est introduite en Amérique du Nord. Les quatre espèces de carpe asiatique sont la carpe à grosse tête, la carpe argentée, la carpe de roseau et la carpe noire. Dans le sud des États-Unis, la plupart des carpes sont introduites pour être utilisées dans l'industrie aquacole. Au Canada, la carpe de roseau et la carpe à grosse tête sont importées et destinées à l’industrie de la pêche aux poissons qui serviront d’aliments vivants.
En raison d'inondations survenues dans le sud des États-Unis dans les années 1970 et après, des carpes asiatiques s'échappent des bassins de confinement et commencent à envahir les réseaux d'eau douce. S’adaptant rapidement à l'environnement naturel, deux espèces de carpe asiatique, la carpe à grosse tête et la carpe argentée (toutes deux comprises dans les carpes à grosse tête) entament leur migration vers le nord par le bassin du Mississippi.
Années 1990
Après une importante inondation dans l'Illinois et la décrue des eaux qui s'ensuit, on constate les premiers signes indiquant que la carpe asiatique est en train d'envahir ces environnements aquatiques. Parmi les nombreux poissons morts qui gisent sur les rives des rivières en décrue, la plupart sont des carpes asiatiques. Elles sont neuf fois plus nombreuses que les espèces locales.
2003 -2004
Le Canada participe à deux sommets sur la carpe asiatique organisés à Chicago en vue de proposer des stratégies pour prévenir l'introduction de carpes asiatiques dans le lac Michigan.
Pêches et Océans Canada réalise une évaluation scientifique des risques afin de déterminer la probabilité que la carpe asiatique puisse parvenir aux milieux aquatiques canadiens, y survivre, s’y reproduire, se propager et son incidence. Selon les conclusions de cette étude, le risque d'impact est élevé dans la plupart des régions du Canada, y compris le sud du bassin des Grands Lacs.
Le personnel scientifique de Pêches et Océans Canada commence à contribuer à l'élaboration du Plan américain de contrôle et de gestion de la carpe asiatique et à participer à un sous-groupe sur la prévention.
2005
À la lumière de l'évaluation des risques, l'Ontario modifie sa réglementation pour interdire la vente ou la possession de carpes asiatiques vivantes.
2008
Le Canada entreprend des contrôles frontaliers éclair des cargaisons entrant au pays par voie terrestre et aérienne à la recherche de poissons vivants, notamment de carpes asiatiques. Les experts de Pêches et Océans Canada travaillent avec les agents des services frontaliers pour leur fournir une formation, de l'équipement et des protocoles d'identification. Peu après, plusieurs cargaisons terrestres de carpes asiatiques vivantes sont interceptées par les agents des services frontaliers et par les responsables provinciaux des espèces sauvages, menant à des accusations et à des condamnations.
2009
Au cours de l'été, de l'ADN de carpes asiatiques est trouvé à 10 kilomètres du lac Michigan, ce qui indique que les carpes asiatiques sont beaucoup plus près des Grands Lacs que ce que l'on croyait auparavant. Le mécanisme de contrôle clé employé dans cette voie navigable consiste en une série d'obstacles électriques qu'il faut entretenir en permanence pour en assurer l'efficacité et le fonctionnement à plus long terme. Lors d'une mise hors service prévue pour un entretien de routine, le Canada fournit de l'équipement et de l'expertise pour contribuer aux efforts de confinement déployés en Illinois dans le but d'empêcher la migration des carpes asiatiques par le canal maritime et sanitaire de Chicago vers les Grands Lacs.
2010
La Colombie-Britannique interdit la possession et la vente de carpes asiatiques.
L’honorable Gail Shea, ministre des Pêches et des Océans, annonce le lancement d’une évaluation binationale du risque écologique posé par la carpe asiatique dans le bassin des Grands Lacs pour cerner les voies d’introduction probable de la carpe argentée et de la carpe à grosse tête, et déterminer les principales zones du bassin qui sont les plus vulnérables à l'invasion et son impact. Dirigée par Pêches et Océans Canada et coordonnée par la Commission des pêcheries des Grands Lacs, l'étude est rédigée par des experts canadiens et américains, puis est examinée par des pairs des deux pays.
2011
L’Ontario et le gouvernement du Canada mènent des simulations pour mettre à l’essai le cadre d’intervention rapide de la province et les systèmes de communication requis en cas d’introduction de la carpe asiatique en Ontario.
2012
L’honorable Keith Ashfield, ministre des Pêches et des Océans, annonce un nouveau financement fédéral considérable qui sera alloué sur cinq ans à quatre activités clés : la prévention, la détection et l’intervention rapides, la gestion et les mesures de lutte. Grâce à ce financement, Pêches et Océans Canada amorce l'élaboration d'un nouveau Programme sur la carpe asiatique.
Pêches et Océans Canada et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario deviennent officiellement membres du Asian Carp Regional Coordinating Committee dirigé par les États-Unis.
On termine l’Évaluation binationale des risques écologiques des carpes à grosse tête pour le bassin des Grands Lacs menée par Pêches et Océans Canada. Les résultats fournissent des conseils défendables du point de vue scientifique et examinés par des pairs pour déterminer les mesures les plus efficaces que les deux pays pourraient prendre afin d’atténuer le risque d’introduction de ces espèces dans les Grands Lacs.
2013
Pêches et Océans Canada confirme deux captures distinctes de carpes de roseau vivantes, toutes les deux dans la rivière Grand, près du lac Érié, dans la région de Dunnville, en Ontario. Pêches et Océans Canada et le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario prennent des mesures d'intervention. On confirme que les deux spécimens sont stériles, ce qui indique qu'ils s'étaient probablement évadés d'établissements aquacoles.
La même année, le United States Geological Survey publie un rapport démontrant la présence de carpe de roseau en mesure de se reproduire dans la rivière Sandusky, en Ohio, laquelle se déverse dans le lac Érié.
Pêches et Océans Canada amorce des travaux visant à évaluer le risque écologique de l'établissement de la carpe de roseau dans les Grands Lacs.
Les chercheurs de Pêches et Océans Canada à Burlington commencent également à élaborer et à mettre à l’essai de nouvelles méthodes pour contrôler les déplacements de poissons vivants à l’aide de barrières sonores et à pression d’eau. Des poissons indigènes qui ont un comportement semblable à celui de la carpe asiatique sont utilisés dans les essais.
2014
Aux États-Unis, l’Army Corps of Engineers soumet au Congrès un rapport décrivant les solutions pour empêcher la migration de la carpe asiatique et d’autres espèces envahissantes entre les bassins des Grands Lacs et du fleuve Mississippi. Ce rapport comprend un vaste éventail d’options et de technologies disponibles, ainsi que des estimations de coûts. Selon le rapport, toutes les répercussions sur le Canada, même celles qui sont relativement mineures, pourraient nécessiter des mesures de coordination avec le Canada.
L’Ontario propose sa Loi sur les espèces envahissantes pour soutenir la prévention, la détection et l’intervention rapides et l’éradication des espèces envahissantes dans la province.
Le Québec devient membre du Asian Carp Regional Coordinating Committee.
Pêches et Océans Canada termine la construction d'un nouveau laboratoire sur la carpe asiatique au Centre canadien des eaux intérieures à Burlington, en Ontario. Un second laboratoire de Pêches et Océans Canada situé à Winnipeg est amélioré pour pouvoir effectuer des analyses d'ADN environnemental.
Communiqué : Le gouvernement Harper ouvre un laboratoire sur la carpe asiatique