Ottawa (Ontario) - 30 juillet 2014
Nous, les leaders du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis, ainsi que le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne, sommes unis pour exprimer nos préoccupations profondes relativement aux actions que poursuit la Russie en vue de miner la souveraineté de l’Ukraine, son intégrité territoriale et son indépendance. Nous condamnons encore une fois l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et les gestes posés en vue de déstabiliser l’Est de l’Ukraine. Ces gestes sont inacceptables et violent le droit international.
Nous condamnons l’écrasement tragique du vol 17 de la Malaysia Airlines ayant entraîné la mort de 298 innocentes personnes civiles. Nous exigeons la tenue d’une enquête internationale immédiate, complète, transparente et sans entraves. Nous exhortons toutes les parties à établir, maintenir et respecter pleinement un cessez-le-feu tel qu’exigé par la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations unies afin que les enquêteurs puissent faire leur travail et récupérer le corps de toutes les victimes ainsi que leur possessions personnelles.
Ce terrible incident aurait dû marquer un tournant dans ce conflit, provoquant la Russie de suspendre son soutien aux groupes armés qui agissent dans l’illégalité en Ukraine, de sécuriser sa frontière avec ce pays et mettre fin au trafic croissant d’armement, d’équipement et de militants à la frontière, et ce, afin d’obtenir rapidement des résultats concrets en vue d’une désescalade.
Il est toutefois regrettable que la Russie n’ait pas changé de position. Nous avons donc annoncé l’imposition coordonnée de sanctions additionnelles contre la Russie cette semaine, y compris à l’égard d’entreprises spécifiques qui poursuivent des activités dans des secteurs clés de l’économie russe. Nous croyons qu’il est essentiel de démontrer aux leaders russes qu’ils doivent cesser de soutenir les séparatistes de l’Est de l’Ukraine et jouer un rôle concret afin de créer les conditions nécessaires à la poursuite d’une démarche politique.
Nous sommes toujours convaincus qu’il doit y avoir une solution politique au conflit actuel qui produit un nombre croissant de victimes civiles. Nous exhortons à un règlement pacifique de la crise en Ukraine et soulignons la nécessité de mettre en œuvre immédiatement le plan de paix mis de l’avant par le président Porochenko. À cette fin, nous incitons toutes les parties à appliquer un cessez-le-feu rapide, réel et durable, fondé sur la Déclaration de Berlin du 2 juillet, dans le but de maintenir l’intégrité du territoire ukrainien. Nous demandons à la Russie d’assurer un contrôle frontalier efficace, y compris avec l’appui des observateurs de l’OSCE, et d’exercer son influence sur les groupes séparatistes. Nous appuyons l’OSCE et la Commission Trilatérale en tant que principaux intervenants pour l’établissement des conditions d’un cessez-le-feu.
La Russie peut toujours choisir la voie de la désescalade qui mènerait à l’enlèvement de ces sanctions. Dans le cas contraire, nous sommes prêts à intensifier le coût des gestes négatifs qu’elle pourrait poser.