Le 21 août 2014 – Mississauga, Ontario
Sous réserve de modifications
Bonjour à tous et merci d’être parmi nous.
Nous sommes ici aujourd’hui pour parler d’une initiative mondiale qui est le fruit du leadership exercé par le Canada.
En 2010, le Canada a été l’hôte du Sommet du G8 dans le cadre duquel le premier ministre a lancé l’Initiative de Muskoka.
Cette initiative met la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants à l’avant-plan des efforts de développement de la communauté internationale.
Cette initiative a reçu un appui mondial et a suscité des engagements de 7,3 milliards de dollars de la part de gouvernements et d’organisations non gouvernementales.
Elle a également mobilisé les Canadiens et les Canadiennes.
Comme pays, nous avons pris position et déclaré que nous ne pouvions pas rester inactifs alors que des femmes et des enfants partout dans le monde souffrent et meurent de causes en grande partie évitables.
Nous avons fait d’importants progrès depuis 1990.
Beaucoup plus de femmes survivent à la grossesse et à l’accouchement, et beaucoup plus d’enfants célèbrent leur cinquième anniversaire.
Mais il nous reste encore beaucoup à faire si nous voulons atteindre notre objectif ultime, soit éliminer les décès évitables des femmes et des enfants.
C’est pourquoi le premier ministre a organisé le Sommet « Sauver chaque femme, chaque enfant » à Toronto en mai dernier, au cours duquel, une fois encore, le Canada a attiré l’attention du monde sur ce dossier de grande importance.
Nous avons convié des experts et des représentants de gouvernements, d’organisations multilatérales, du secteur privé et de la société civile à faire le point pour déterminer ce qu’il nous reste à faire et comment nous pouvons assurer l’épanouissement de toutes les mères et de tous les enfants du monde.
Comme le premier ministre l’a annoncé pendant le sommet, le Canada affectera 3,5 milliards de dollars pour appuyer cet objectif.
Ce qui me frappe le plus à ce propos, c’est le contraste incroyable qui existe entre la vie dans le monde en développement et la vie ici au Canada.
Une mère au Canada n’est pas différente d’une mère en Haïti, au Nigeria ou en Tanzanie, son objectif premier étant de veiller à la santé et à la sécurité de ses enfants.
Or, la grossesse et la maternité sont très différentes dans le monde développé et le monde en développement.
Pour les familles canadiennes, il est tout simplement inimaginable qu’une femme puisse, en 2014, risquer de perdre la vie en la donnant.
Et il est inconcevable que des nourrissons et des enfants puissent encore mourir de sous-alimentation et de maladies comme la poliomyélite ou la tuberculose.
Pour la plupart des Canadiens et des Canadiennes, l’accès à des soins de santé de qualité est un acquis.
Ces soins sont là quand nous en avons besoin, parce que cela est d’une importance vitale.
Et il ne s’agit pas ici simplement d’une question de santé; il s’agit d’une question de développement et d’une question humaine.
En outre, c’est une question qui a désespérément besoin qu’on s’y attarde, parce qu’aucune mère ne devrait perdre la vie en la donnant et qu’aucun enfant ne devrait mourir avant d’avoir eu la chance de vivre.
Lorsqu’une mère survit, l’espoir survit.
Le potentiel survit.
Tout comme la promesse d’un avenir meilleur et la possibilité de mener une vie saine et enrichissante.
Les mères et leurs enfants sont au centre de leur collectivité.
Et lorsqu’ils s’épanouissent, des collectivités entières s’épanouissent avec eux et des économies entières prospèrent.
Voilà pourquoi la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants est la priorité absolue du Canada en matière de développement.
Il est essentiel d’avoir des données actuelles et fiables pour que ce dossier important puisse progresser.
Le premier ministre Harper l’a reconnu lorsque, l’automne dernier, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, il a demandé à ce que les activités soient davantage axées sur le renforcement des systèmes d’établissement des statistiques de l’état civil et d’enregistrement des faits d’état civil.
Pour vraiment réussir la planification en matière de santé et de nutrition, il faut savoir quels sont les médicaments, les soins et les services indispensables et où ceux-ci doivent être fournis.
Nous avons besoin de renseignements récents et fiables afin de savoir si nos efforts portent leurs fruits et de déterminer dans quel domaine nous pouvons vraiment améliorer la situation.
Aujourd’hui, je suis heureuse d’annoncer que le Canada versera 1,5 million de dollars à l’UNICEF pour aider le gouvernement du Guatemala à réaliser un sondage national sur la santé des mères et des enfants.
Le Guatemala se classe en sixième position sur le plan de la malnutrition chronique dans le monde.
La malnutrition touche de manière disproportionnée les mères et les enfants, qui sont souvent parmi les membres les plus pauvres et les plus marginalisés de la société.
En fait, au Guatemala, près de la moitié des enfants souffrent de malnutrition chronique.
Le sondage national permettra d’obtenir des données actuelles, fiables et exactes sur la santé des mères et des enfants et sur la sécurité alimentaire pour que le gouvernement du Guatemala et les donateurs puissent concevoir des programmes meilleurs et mieux ciblés en matière de santé et de nutrition à l’intention des mères et des enfants.
Le dernier sondage de ce type réalisé dans le pays l’a été en 2009.
Il a influé de manière déterminante sur le gouvernement guatémaltèque qui a fait de la sécurité des aliments et de la nutrition l’une des trois principales priorités nationales.
Le nouveau sondage indiquera les progrès réalisés depuis 2009 et dressera un tableau des plus complets de la situation à ce jour, que ce soit en matière de contenu ou de couverture.
Le sondage sera axé sur la collecte de données et de chiffres dans les domaines suivants :
- Taux de natalité;
- État de la sécurité en matière de nourriture et de nutrition;
- Mortalité des enfants de moins de cinq ans;
- Vaccination des enfants;
- Soins médicaux prénatals.
Les décideurs seront informés par les conclusions du sondage qui leur fourniront des analyses essentielles mises à jour.
Ces conclusions orienteront les interventions du gouvernement, de la société civile et des donateurs dans les domaines où le besoin est le plus grand et permettront d’établir des plans plus rentables.
Enfin, elles contribueront à la Stratégie d’engagement dans les Amériques du gouvernement du Canada, qui vise à créer un hémisphère plus prospère, plus sûr et plus démocratique.
Notre engagement dans ce domaine, tout comme notre engagement dans de nombreux autres projets, renforcera l’effort mené à l’échelle mondiale pour sauver des millions de vies.
Le Sommet de Toronto a permis de réaffirmer que nous sommes sur la bonne voie.
Que sauver chaque femme et chaque enfant est à portée de la main.
Et qu’il est essentiel que nous redoublions d’efforts si nous voulons atteindre nos objectifs.
Nous devons appliquer à grande échelle les mesures qui fonctionnent, nous concentrer sur les résultats et bâtir nos programmes sur une solide assise de responsabilisation.
Nous devons mettre davantage l’accent sur la survie des nouveau-nés, multiplier nos efforts en matière de nutrition, accélérer les progrès liés à la santé des mères, renforcer les systèmes d’établissement des statistiques de l’état civil et d’enregistrement des faits d’état civil, et chercher des partenariats et des outils de financement nouveaux et novateurs.
Nous devons préserver nos acquis, mais plus encore, nous devons aller plus loin en ce qui touche un certain nombre de questions fondamentales.
Nous connaissons les symptômes.
Nous avons diagnostiqué le problème.
Et nous avons des solutions à portée de la main.
La dernière étape de cette aventure sera la plus difficile, mais elle sera aussi la plus importante et la plus gratifiante.
Les occasions de nouer un dialogue – comme celle que nous avons ici aujourd’hui – sont des jalons importants sur le chemin qui mène à l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants partout dans le monde.
Ensemble, nous envisagerons de nouvelles solutions et trouverons de nouveaux partenaires.
Et nous ferons en sorte que notre investissement de 3,5 milliards de dollars produise des résultats pour les mères et les enfants dans le monde entier.
Ces consultations contribueront directement aux efforts déployés par le Canada pour prévenir les décès évitables chez les mères et les enfants.
Sauver chaque femme et chaque enfant est un objectif à notre portée.
Mais nous devons tous travailler ensemble : les organisations non gouvernementales, les gouvernements, le secteur privé, et les citoyens.
Sur ce, je vous remercie d’être ici aujourd’hui et j’attends avec impatience vos réflexions.