Pond Inlet (Nunavut) - 25 août 2014
Le 19 mai 1845, le Navire de Sa Majesté (NSM) Erebus et le Navire de Sa Majesté Terror de la Marine royale ont quitté Greenhithe, en Angleterre, pour entreprendre en grandes pompes une expédition dans l’Arctique à la recherche du passage du Nord‑Ouest. Sous le commandement de sir John Franklin et du capitaine Francis Rawdon Crozier, commandant adjoint, les deux navires de l’expédition prennent la mer avec à leur bord un équipage de 134 officiers et marins. Les NSM Erebus et Terror, navires de 372 et de 325 tonnes respectivement, étaient à l’origine des navires bombardiers qu’on avait convertis et qui avaient tous deux déjà servi lors de missions d’exploration polaire. Le NSM Terror avait par ailleurs servi durant la guerre de 1812. Il s’agissait de navires robustes qu’on avait solidement renforcés en vue de la navigation dans les glaces. Ils étaient équipés des plus récents systèmes de propulsion à hélice à vapeur auxiliaire, installés expressément pour l’expédition, et transportaient des provisions largement suffisantes pour un voyage pouvant durer jusqu’à trois ans. Sir John Franklin avait l’ordre de traverser le passage, puis de rentrer immédiatement en Angleterre par le Pacifique. L’expédition devait également servir à effectuer diverses études zoologiques, botaniques, magnétiques et géologiques.
Les derniers Européens à être entrés en contact avec les NSM Erebus et Terror furent les membres d’équipage de deux baleiniers, l’Enterprise et le Prince of Wales. Lors de cette rencontre fortuite, survenue en août 1845, les capitaines des deux baleiniers ont discuté avec les chefs d’expédition et ont appris que Franklin attendait les conditions favorables pour traverser la baie de Baffin jusqu’au détroit de Lancaster. Toutefois, après être entrée dans l’archipel arctique plus tard au cours de la saison et avoir connu un succès initial, l’expédition prometteuse a rapidement commencé à rencontrer des déboires. En effet, personne, à l’exception de quelques Inuits rencontrés occasionnellement, ne verra plus jamais vivants les membres de l’équipage des deux navires.
La disparition de l’expédition de Franklin a donné lieu à de vastes manœuvres de recherche dans l’Arctique, mais les circonstances générales entourant le sort de l’expédition ne furent élucidées qu’en 1859, lorsque le lieutenant William Hobson du yacht à vapeur Fox, un navire affrété en privé par l’indomptable lady Jane Franklin, a trouvé un sombre message laissé dans un cairn à Victory Point, sur l’île King William.
Le message révèle que les deux navires se sont retrouvés prisonniers des glaces vers la fin de 1846 et qu’ils le sont demeurés pendant environ un an et demi. Il indique que Franklin est décédé le 11 juin 1847, et que 23 autres membres de l’équipage ont péri comme lui, dans des circonstances inconnues. Le 22 avril 1848, les 105 derniers survivants abandonnèrent les navires en manifestant leur intention de marcher en direction de la rivière Back. Tous les membres d’équipage des deux navires périrent, et les HMS Erebus et Terror se perdirent dans les glaces. Bien que le message révèle en gros l’endroit où se trouvent les deux navires au moment de leur abandon, aucune des deux épaves n’a encore été retrouvée.
En 1992, les épaves disparues ont été déclarées lieux historiques nationaux par le gouvernement du Canada. Cette désignation a été faite en raison du lien entre les deux navires et la dernière expédition de Franklin, et du rôle de ces derniers dans l’histoire de l’exploration du Nord canadien et l’édification du Canada en tant que nation.
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