Belledune (Nouveau-Brunswick)
Le 18 août 2014
La version prononcée fait foi.
Introduction
Je vous remercie de cet accueil chaleureux.
Je suis heureuse de revenir auprès de l’Association. Votre conférence de l’an dernier à Nanaimo a été l’une des premières grandes activités auxquelles j’ai participé à titre de ministre, et c’est avec plaisir que je retrouve ici autant de visages familiers.
Et quoi de mieux que de nous revoir à Belledune, dans une région côtière près de ma ville natale.
Peu importe l’endroit où tout a commencé pour moi, la fonction de ministre des Transports du Canada est synonyme de défis et de réalisations partout au pays.
Cela dit, en m’inspirant du thème de cette année, « Larguons les amarres! », j’aimerais vous parler des dernières nouveautés dans le domaine des transports au Canada.
Elles représentent certains des plus grands défis auxquels nous faisons face et montrent comment nous nous y prenons pour les relever.
Ces nouveautés prouvent aussi que les transports sont liés au programme commercial de notre pays, que ce soit par notre politique et notre réglementation, par notre infrastructure, par les personnes qui exploitent nos réseaux de transport ou encore par les efforts que nous faisons pour protéger les gens et l’environnement.
Transports et commerce au Canada
La plus grande partie de notre travail repose sur le fait que le Canada est une nation commerçante. Voilà pourquoi les transports font partie intégrante de notre croissance économique et de notre prospérité.
Nous pouvons profiter des avantages économiques du commerce international, mais pour ce faire, nous devons suivre les changements qui s’opèrent dans le monde et nous assurer que nos réseaux de transport sont en mesure de répondre à la demande mondiale.
Autrement dit, il faut que notre infrastructure physique soit à la hauteur. Il faut aussi planifier nos actions de façon stratégique et renforcer nos relations avec nos partenaires des secteurs public et privé, autant au Canada qu’à l’étranger.
Pour ce faire, notre gouvernement a conclu des accords de libre-échange avec dix pays en moins de sept ans, et il est en train de négocier avec trente autres.
Comme vous le savez peut-être, le premier ministre Harper a annoncé, l’an dernier, un accord de principe historique avec l’Union européenne, donnant ainsi accès au Canada à un marché de plus de 500 millions de consommateurs. Les derniers détails techniques ont été réglés tout récemment pour finaliser le tout.
L’Accord économique et commercial global est ainsi l’initiative de commerce et d’investissement la plus ambitieuse du Canada jusqu’à maintenant. Sa portée est plus large et ses objectifs vont plus loin que ceux de l’Accord de libre-échange nord-américain.
Une fois en vigueur, l’accord avec l’Union européenne touchera pratiquement tous les secteurs et les aspects des échanges commerciaux entre le Canada et l'Union européenne, notamment les transports.
En mars dernier, le premier ministre a aussi annoncé un accord commercial important avec la Corée, une première entre le Canada et un pays de l’Asie. La Corée du Sud joue un grand rôle dans l’économie et représente un marché prometteur pour le Canada. Elle sert en plus de porte d’entrée pour la région dynamique de l’Asie Pacifique.
Portes d’entrée, frontières et corridors
Pour appliquer notre ambitieux programme commercial, nous soutenons ces accords en prenant des initiatives de transport ici au Canada.
Par exemple, nous avons lancé en 2006 l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique, et avons investi 1,4 milliard de dollars dans des projets relatifs à la Porte de l’Asie-Pacifique en partenariat avec les quatre provinces de l’Ouest, avec des municipalités et avec le secteur privé.
Depuis 2007, nous avons annoncé 39 investissements dans les infrastructures stratégiques de neuf provinces, et ce, grâce au Fonds pour les portes d’entrée et les passages frontaliers, dont la valeur s’élève à 2,1 milliards de dollars.
Il s’agit notamment d’investissements dans la Porte et le Corridor de commerce de l’Atlantique, où nous mettons sur pied un système multimodal intégré, afin de renforcer les réseaux de transport dans les régions de l’Atlantique et du centre du pays.
Par exemple, nous avons récemment annoncé un investissement d’environ 185 000 $ dans le projet de bouée SmartATLANTIC à Saint John, et ce, grâce au Fonds pour les portes d’entrée et les passages frontaliers. Ce projet contribuera à accroître l’efficacité et la sécurité du transport maritime dans la baie de Fundy, et à y améliorer la gestion de l’environnement.
Ces initiatives illustrent les mesures que prend le gouvernement pour réaliser son programme commercial ambitieux en renforçant les transports maritimes et les réseaux qui les alimentent.
Nous avons également montré à quel point la collaboration, l’engagement et les partenariats public-privé sont des moteurs puissants pour atteindre un objectif commun.
Nous continuons aussi à contribuer au bien-être de l’économie de tout le pays en renforçant les chaînes d’approvisionnement et en tirant le maximum des occasions commerciales qui se présentent dans les marchés internationaux importants, comme ceux de l’Asie, de l’Europe et de l’Amérique du Nord et du Sud.
Conditions nécessaires à la compétitivité des ports
Nous plaçons au cœur de nos plans le besoin de créer les bonnes conditions pour avoir un réseau de transport efficace, compétitif et durable, qui permet la circulation des personnes et des produits au Canada.
Et, dans cette optique, les mesures que nous prenons soutiennent le rôle important de nos ports au sein de ce réseau.
Nos mesures ne servent pas uniquement à encourager l’investissement dans les produits canadiens. Le gouvernement en place est aussi déterminé à créer les bonnes conditions pour que nos ports soient compétitifs. Ainsi, il appuie le programme commercial dont nous sommes si fiers.
D’ailleurs, je suis heureuse de vous annoncer que j’ai approuvé des changements qui permettront à l’ensemble des administrations portuaires canadiennes de conclure des contrats de location à long terme et d’utiliser les terrains qu’elles gèrent de manière à générer des revenus pour financer les plans des ports.
Ces changements s’inscrivent dans un engagement pris depuis longtemps, qui vise à garantir l’uniformité des contrats de location de toutes les administrations portuaires canadiennes et non pas d’un certain nombre d’entre elles seulement.
Examen de la Loi sur les transports au Canada
En plus de nous pencher sur des éléments précis comme la location, nous faisons avancer l’ensemble des dossiers liés aux transports.
Par exemple, il y a deux mois, j’ai lancé un examen de la Loi sur les transports au Canada, présidé par David Emerson, que beaucoup d’entre vous connaissent.
Il y a environ treize ans que nous avions fait un examen de la législation s’appliquant aux transports au Canada, et le monde a bien changé depuis. Nous devons nous assurer que notre réseau de transport appuie efficacement la compétitivité du Canada sur la scène mondiale, ses échanges commerciaux et sa prospérité.
Cet examen est une occasion de passer en revue notre législation et nos politiques-cadres, pour les mettre à jour et veiller à ce que leurs mesures concordent avec notre époque.
En faisant cet examen, nous nous demanderons comment nous pouvons nous assurer que le réseau national est assez souple et qu’il a la capacité de répondre à la demande à moyen et à long termes.
En ce qui a trait particulièrement aux ports, l’examen de la Loi sur les transports au Canada sera l’occasion de revoir les modèles de gouvernance et de prestation de services des administrations portuaires canadiennes, et de trouver des façons de les améliorer.
Je suis persuadée que les représentants des ports collaboreront avec l’Association des administrations portuaires canadiennes, les intervenants concernés et le Comité d’examen de la Loi sur les transports au Canada, afin de trouver des moyens de travailler tous ensemble dans ce dossier.
Et je suis certaine que cet examen donnera lieu à des recommandations rigoureuses qui aideront le Canada à définir ses plans pour l’avenir des transports.
Modifications à la réglementation sur la sûreté maritime
Comme certains d’entre vous le savent certainement, Transports Canada a publié en juillet le Règlement modifiant le Règlement sur la sûreté du transport maritime. Les modifications qu’il introduits vont accroître la sûreté maritime et rendre la règlementation plus claire et uniforme pour les exploitants maritimes.
Ces modifications visent à se conformer aux exigences obligatoires définies par l’Organisation maritime internationale, ainsi qu’à tenir compte des changements récents apportés à la Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille.
Ils permettront également aux gens de mer d’être plus vigilants et mieux préparés aux risques de sûreté.
Transports Canada a conduit une analyse des coûts et des avantages de ces modifications pour le secteur maritime.
Dans l’ensemble, il en ressort que les avantages surpassent de beaucoup les coûts, et ce, même si les modifications peuvent à court terme entraîner certains couts différentiels qui découlent le plus souvent de la formation renforcée sur la sûreté dispensée aux gens de mer.
Ce règlement modificatif va mieux harmoniser l’approche canadienne en matière de réglementation maritime avec celle des États-Unis. Il éliminera des chevauchements et des entraves commerciales, sans pour autant compromettre la sûreté maritime.
Il allègera le fardeau de la conformité à la réglementation et procurera aux exploitants une efficacité et une marge de manœuvre accrues.
Enfin, il réduira les lourdeurs administratives des entreprises pour leur permettre de concentrer leur énergie sur ce qu’elles savent faire le mieux : créer des emplois et favoriser la croissance économique.
Infrastructure
Ceci étant dit, le transport repose sur une mécanique au sens propre comme au sens figuré. En d’autres termes, nous avons besoin de réseaux physiques pour transporter des marchandises et des personnes de manière sûre, sécuritaire et efficace, qu’il s’agisse de routes, de voies ferrées, d’installations portuaires ou aéroportuaires.
Nous suivons donc l’orientation que nous nous sommes fixée dans le cadre des initiatives de portes d’entrée, et allons de l’avant dans la mise en place d’une infrastructure de calibre mondial sur laquelle reposera la productivité économique de notre pays.
Ceci explique pourquoi le gouvernement en place poursuit ses investissements sans précédent et injectera 70 milliards de dollars dans l’infrastructure publique au cours de la prochaine décennie.
Ce montant comprend le nouveau Plan Chantiers Canada de 53 milliards de dollars pour les infrastructures provinciales, territoriales et municipales.
Il s’agit là du plan d’infrastructure fédéral le plus important et le plus long de notre histoire avec des contributions qui vont renforcer la compétitivité mondiale du Canada.
Nous réalisons des projets d’infrastructure dans cette région et continuerons de le faire. Ces projets vont non seulement stimuler l’économie canadienne, mais aussi améliorer localement la circulation routière et ferroviaire, en plus de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Formation axée sur les compétences
Après avoir parlé de si nombreux investissements matériels, je ne peux passer sous silence un autre type d’investissement. Je veux parler de l’investissement humain, celui qui concerne les femmes et les hommes qui travaillent en première ligne dans les transports.
Dans tous les secteurs des transports, la mondialisation impose des changements technologiques à un rythme effréné.
Nous serons en mesure d’y répondre uniquement si les travailleurs du secteur des transports bénéficient d’une formation et d’un soutien pertinents, provenant de leur employeur, d’établissements d’enseignement ou du gouvernement.
Force est de constater que cet effort de formation et de soutien s’intensifie au Canada. À titre d’exemple, je voudrais citer le Centre de formation Waterfront de la British Columbia Maritime Employers Association dont j’ai assisté à l’inauguration l’automne dernier et qui forme des femmes et des hommes ayant choisi de faire carrière dans le domaine des transports maritimes.
Ce type de formation témoigne d’un virage conséquent : nous passons d’une main d’œuvre physiquement robuste qui exécute des travaux occasionnels et à court terme, à des effectifs plus diversifiés, composés de professionnels permanents et polyvalents qui choisissent des carrières dans le monde portuaire.
Le Canada doit veiller en permanence à disposer de suffisamment de personnes ayant les compétences et la formation appropriées pour soutenir les besoins d’un réseau de transport moderne.
J’ai par ailleurs bon espoir que ce virage verra une plus grande participation de femmes exercer des fonctions de direction dans le domaine des transports.
Ayant travaillé dans des domaines qui sont traditionnellement masculins, j’ai pleinement conscience des défis auxquels les femmes sont confrontées pour accéder à des postes de direction.
Les choses sont toutefois en train d’évoluer. Je connais par exemple trois femmes au Canada qui sont directrices générales d’administrations portuaires : je veux parler de Karen Oldfield à Halifax, de Sylvie Vachon à Montréal et de Donna Taylor à Oshawa.
J’espère qu’elles serviront d’exemples à d’autres femmes qui veulent occuper des postes de direction dans le domaine des transports.
Dans un pays aussi vaste que le Canada, les transports joueront toujours un rôle essentiel et exigeront des responsables dont les compétences et la détermination importent davantage que leur sexe.
Sécurité et respect de l’environnement dans les transports
En dernier lieu, je tiens à dire quelques mots sur notre engagement à l’égard de la sécurité et du respect de l’environnement dans les transports.
Les ressources naturelles, au nombre desquelles figurent les produits pétroliers, minéraliers, agricoles et forestiers, demeurent essentielles pour l’économie canadienne.
C’est parce que nous voulons les exploiter d’une manière responsable que Transports Canada défend des approches à la fois réglementaires et volontaires visant à réduire les émissions des sources de transport et à élaborer des solutions plus propres.
Nous collaborons par exemple avec l’industrie dans le cadre de nos initiatives en matière de transport propre, afin de créer dans les ports des technologies et des outils permettant de synchroniser l’arrivée des camions avec celle des porte-conteneurs. Cette coordination nous permet de réduire les embouteillages aux ports et de réduire les émissions.
Toujours dans les ports, et notamment dans celui d’Halifax au Canada atlantique, nous appuyons la mise au point de l’alimentation à quai, une technologie qui vise à réduire les émissions en permettant aux navires à quai de couper leurs moteurs et de se brancher au circuit électrique.
Je crois que vous avez tous entendu parler de la mise au point du Système de sécurité de classe mondiale pour les navires-citernes dont Transports Canada est responsable.
Afin de préserver le rôle déterminant du secteur maritime dans le programme commercial et économique du Canada à l’échelle mondiale, nous devons faire en sorte que les marchés mondiaux continuent à avoir confiance en notre capacité de transporter efficacement des marchandises, mais aussi de fonctionner en toute sécurité et dans le respect de l’environnement.
C’est la raison pour laquelle nous avons annoncé de nouvelles mesures pour renforcer notre système de sécurité pour les navires citernes.
Ces mesures doteront le Canada du régime d'intervention en cas de déversement le plus fiable et le plus complet au monde, régime qui reposera sur les piliers essentiels que sont la prévention, la préparation et l’intervention, ainsi que la responsabilité et l’indemnisation.
Conclusion
Comme je l’ai mentionné au début, nombre de nos initiatives en matière de transport ont trait au programme commercial du Canada et contribuent à maintenir nos liens avec une chaîne d’approvisionnement mondiale dont la portée dépasse les frontières de cette région, mais aussi celles de ce continent.
Un bon nombre de mesures que nous devons prendre pour planifier et réglementer le secteur des transports, mais aussi y investir, doivent tenir compte de ces facteurs complexes.
En tant qu’ancienne membre de l’Association des administrations portuaires canadiennes et ancienne présidente et directrice générale de l’Administration portuaire de Toronto, je sais d’expérience que les ports doivent améliorer continuellement l’efficacité, la fiabilité et la sûreté de la chaîne d’approvisionnement afin de demeurer concurrentiels dans le monde en constante évolution du commerce mondial.
À titre de ministre des Transports du Canada, je m’engage à aider le secteur du transport maritime à offrir un transport sûr, sécuritaire, efficace et respectueux de l’environnement pour l’avenir.
Merci de m’avoir donné l’occasion de vous expliquer comment notre travail bénéficie à nos collectivités et contribue à la prospérité économique de notre pays.