Ottawa, Ontario
Le 18 août 2014
Seul le texte prononcé fait foi
Introduction
Bonjour, Mesdames et Messieurs. Merci mille fois au Dr (Louis Hugo) Francescutti et au Dr (Chris) Simpson de m'avoir invitée à m'adresser à vous aujourd'hui.
J'aimerais particulièrement remercier le Dr Francescutti non seulement pour le leadership dont il a fait preuve à l'AMC au cours des 12 derniers mois, mais également pour ses innombrables réalisations à titre d'urgentologue, d'enseignant et de défenseur de la santé et de la sécurité au Canada.
Hugo, nous avons, vous et moi, une relation formidable, et pas seulement parce que nous sommes des Albertains tous les deux.
Je me souviens que la première fois où nous nous sommes parlé, notre entretien a duré plus d'une heure. Vous m'avez parlé de votre expérience en salle d'urgence, du nombre de patients que vous voyiez tout en sachant que beaucoup d'entre eux n'auraient jamais dû se retrouver à l'hôpital, parce que leurs blessures étaient évitables.
Lorsque les statistiques nous ont révélé que les coûts directs et indirects des blessures intentionnelles et non intentionnelles au Canada étaient estimés à près de 20 milliards de dollars en 2009, sans mentionner les milliers de Canadiens touchés, j'ai su que nous étions sur une piste intéressante!
Nous étions tous les deux d'accord pour dire qu'il fallait un changement de paradigme en ce qui concerne notre façon de penser collective à l'égard de la prévention des blessures, que ce soit en portant un casque pour faire du vélo ou en évitant de regarder son téléphone cellulaire en conduisant; nous avons convenu que le moment était venu d'amorcer un changement de culture.
Lors de ce tout premier appel, vous avez accaparé mon attention au sujet de la prévention des blessures, ce qui m'a amenée à connaître Parachute, un organisme important qui a pour seul mandat de prévenir les blessures au Canada. Le reste appartient à l'histoire… d'une certaine façon.
Notre gouvernement a présenté les grandes lignes de son programme d'avenir dans le discours du Trône de l'an dernier.
Dans la vision de notre gouvernement pour l'avenir, nous nous sommes engagés à collaborer avec des organismes de prévention des blessures comme Parachute afin de réduire le taux de blessures au pays.
Vous êtes, peut-être sans le réaliser, responsables, en grande partie, de l'intégration de la prévention des blessures à la politique de notre gouvernement, et je vous applaudis!
J'aimerais également féliciter le Dr Simpson, et même si nous n'encourageons pas la même équipe de hockey, je suis sûre que nous serons en mesure d'accomplir de grandes choses ensemble au cours de la prochaine année.
Nous avons eu l'occasion de discuter la semaine dernière et je crois que nous sommes d'accord, nous aussi. Dr Simpson, le travail que vous avez accompli sur le plan des temps d'attente dans ce pays n'est pas passé inaperçu et je crois qu'il a fait une différence pour les patients d'un bout à l'autre du Canada.
Lorsque j'étais parmi vous l'année dernière, je vous ai promis d'avoir l'esprit ouvert et de garder ma porte ouverte.
Et aujourd'hui, je suis devant vous, après avoir voyagé aux quatre coins du pays et rencontré des centaines, littéralement des milliers, de personnes et de groupes de défense et de promotion de la santé.
Je m'adresse à vous remplie de fierté à l'égard du système de santé du Canada, de notre réputation mondiale et des incroyables personnes en première ligne, comme vous.
J'ai même eu l'occasion de me familiariser, de première main, avec les défis qui entourent la prestation des services de santé dans un hôpital urbain très achalandé. J'ai eu la chance d'être invitée à passer une journée au Centre de santé de St-Joseph, à Toronto, à titre de médecin résidente.
Cette expérience de vie dans la peau d'une travailleuse de la santé m'a permis de constater directement l'excellent travail qui est accompli quotidiennement par nos médecins, notre personnel infirmier et nos professionnels de la santé.
Ce fut une occasion formidable pour m'entretenir non seulement avec les travailleurs de première ligne, mais également avec les patients et leur famille dans un milieu hospitalier fort achalandé. On m'a même donné un téléavertisseur!
Et même si les 12 derniers mois ont été une expérience incroyable, j'aimerais également souligner les grands défis auxquels nous sommes confrontés.
Nous en avons surmonté quelques-uns ensemble, mais il nous en reste d'autres à relever.
J'aimerais aborder quelques défis et réalisations aujourd'hui, mais permettez-moi d'abord de vous dire qu'en apprenant à connaître des professionnels de la santé comme vous, ce qui m'a le plus impressionnée, c'est la façon disciplinée, pratique et scientifique avec laquelle vous abordez votre travail.
Vous êtes formés - et peut-être prédisposés de naissance - pour diagnostiquer des problèmes et pour trouver des solutions.
Vous exercez cette discipline avec autant de vigueur tant pour traiter les patients que pour régler les problèmes administratifs au sein de notre vaste système public de soins de santé.
Je sais que la médecine est à la fois un art et une science où l'humanité et l'empathie sont aussi importantes pour prodiguer un traitement efficace que les connaissances et le savoir-faire.
En fin de compte, pour des responsables des orientations politiques comme moi, ce sont la science médicale et les preuves fondées sur des données qui doivent guider nos décisions qui touchent à la réglementation du secteur de la santé et à l'affectation des ressources.
Je suis donc très reconnaissante pour la rétroaction que nous recevons des organisations comme l'AMC : elle est invariablement ancrée dans des faits et dans le raisonnement, le fondement nécessaire pour une politique publique saine.
En travaillant ensemble, nous avons accompli de réels progrès au cours de la dernière année dans l'amélioration de la santé et de la sécurité publiques.
Cela n'aura jamais été aussi vrai qu'en décembre dernier, lorsque j'ai présenté la « loi Vanessa », un projet de loi qui porte le nom de la fille de mon collègue.
Terrence Young a perdu tragiquement Vanessa, qui est décédée d'une crise cardiaque en prenant un médicament d'ordonnance qui a été, par la suite, jugé dangereux et retiré du marché.
Les Canadiens méritent de pouvoir prendre leurs médicaments en toute confiance.
En tant que gouvernement, nous devons avoir le pouvoir de rappeler un médicament et de le retirer des tablettes des magasins lorsqu'il n'est pas sûr.
La loi Vanessa nous permettra justement de le faire, sans devoir attendre qu'une entreprise agisse.
Pour la toute première fois, les établissements de soins de santé doivent signaler les effets indésirables des médicaments.
Nous serons en mesure d'imposer des sanctions, qui pourront atteindre jusqu'à 5 millions de dollars par jour, ou même des peines d'emprisonnement, pour les produits dangereux.
Et nous pourrons contraindre les sociétés pharmaceutiques à réviser leurs étiquettes de manière à ce qu'elles indiquent clairement les risques pour la santé, y compris des mises à jour pour les avertissements relatifs à la santé qui concernent les enfants, et leur demander de faire des essais plus poussés sur un produit, notamment lorsque des problèmes sont décelés auprès de certaines populations vulnérables comme les enfants.
J'espère que la « loi Vanessa » recevra bientôt la sanction royale, car je suis sûre qu'elle fera une différence en protégeant les Canadiens.
J'aimerais remercier l'AMC pour sa contribution à la loi Vanessa.
Votre contribution à également été cruciale pour Santé Canada lorsque nous avons lancé le cadre et le plan d'action pour l'ouverture et la transparence en matière de réglementation.
Sous la conduite du premier ministre Stephen Harper, nous nous sommes efforcés de rendre notre gouvernement et nos ministères plus transparents.
Nous croyons que les Canadiens ont le droit de savoir comment l'argent des contribuables est dépensé et d'avoir accès à l'information, surtout lorsqu'il s'agit de leur santé.
Les Canadiens méritent de pouvoir faire confiance aux produits de consommation, aux produits pharmaceutiques et aux instruments médicaux sur lesquels ils comptent.
Maintenant, avec un clic de souris, un parent, un patient ou un professionnel de la santé préoccupé peut se rendre sur le site Web de Santé Canada afin d'obtenir plus de renseignements.
Lorsque nous avons lancé le cadre, nous avons affiché le premier résumé d'un examen d'innocuité pour un traitement contre l'acné, Diane-35. Et nous n'en sommes pas restés là.
Le produit Diane-35 avait transformé la vie d'un nombre important de jeunes femmes. Nous avons également collaboré avec l'Association des pharmaciens du Canada, l'Association canadienne de dermatologie et l'Institut pour l'utilisation sécuritaire des médicaments afin de dresser une liste de contrôle pour guider les professionnels de la santé au moment de décider de prescrire le produit Diane-35 .
La liste de contrôle permet de renforcer les précautions et les avertissements existants et de renseigner les Canadiens ainsi que leur communauté de soins de santé sur les risques.
Avec votre aide et votre soutien, nous suivons également le problème grandissant de l'abus de médicaments d'ordonnance.
Il s'agit d'un enjeu de santé et de sécurité publiques important pour de nombreuses communautés et familles canadiennes.
Les statistiques parlent d'elles-mêmes.
Permettez-moi de vous donner quelques exemples.
L'Enquête de surveillance canadienne de la consommation d'alcool et de drogues (ESCAD) de 2012 indique que près d'un million de jeunes âgés de 15 à 24 ans avaient déclaré avoir pris des médicaments d'ordonnance au cours des 12 derniers mois.
La même enquête montre qu'environ 410 000 Canadiens avaient déclaré qu'ils consommaient de façon excessive des médicaments d'ordonnance comme des analgésiques (Demerol et OxyContin), des stimulants (Ritalin et Adderall) ainsi que des tranquillisants et des sédatifs (Valium, Ativan et Xanax) à base d'opioïdes.
Un rapport de l'Ontario a révélé dernièrement que le taux annuel de décès liés aux opioïdes a bondi de 242 % entre 1991 et 2010.
Comme nous le savons, le Canada est maintenant le deuxième plus grand consommateur d'opioïdes sur ordonnance par habitant (devancé uniquement par les États-Unis) selon l'Organe international de contrôle des stupéfiants en 2013. À l'échelle mondiale, l'Amérique du Nord consomme environ 80 % des opioïdes de la planète.
Bien honnêtement, ces chiffres sont effrayants, inacceptables et la raison pour laquelle notre gouvernement prend des mesures.
En janvier, j'ai accueilli conjointement un symposium dans le cadre duquel des responsables des différents ordres de gouvernement ainsi que des médecins, des pharmaciens, des représentants des Premières Nations, des responsables de l'application de la loi, des spécialistes des toxicomanies et des représentants de l'AMC ont discuté des moyens que nous pouvons prendre ensemble pour nous attaquer à ce problème.
Depuis ce temps, nous avons fait plusieurs investissements et pris des mesures concrètes, notamment en affectant 45 millions de dollars, puisés dans le budget de cette année, pour étendre la Stratégie nationale antidrogue dans le but d'inclure l'abus de médicaments d'ordonnance.
Dernièrement, nous avons également lancé un appel de propositions afin d'examiner de nouveaux moyens d'améliorer les pratiques de prescription pour les opioïdes et les autres médicaments qui présentent un risque élevé d'abus ou d'accoutumance.
J'ai également annoncé que j'examinais des moyens que nous pourrions prendre pour réglementer les propriétés d'inviolabilité afin d'aider à éviter que des médicaments comme OxyContin ne soient écrasés et reniflés ou injectés.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'annoncer que nous avons mis en place des modifications pour les étiquettes afin d'améliorer l'utilisation sûre et adéquate des opioïdes à libération contrôlée, comme OxyContin.
Les changements comprennent un libellé normalisé qui décrit plus clairement les risques et les préoccupations pour la sécurité associés aux médicaments de ce genre. La nouvelle étiquette a été modifiée de manière à retirer la mention douleurs « modérées » et à clarifier que les médicaments de ce genre devraient être utilisés uniquement pour calmer des douleurs aiguës.
Ce n'est là qu'une des mesures que notre gouvernement prend pour lutter contre l'abus de médicaments d'ordonnance.
Il y a trop de personnes qui abusent des médicaments d'ordonnance. Trop de personnes qui en souffrent et qui en meurent.
Nous devons trouver des solutions pratiques qui préviendront l'abus tout en gardant ces médicaments accessibles pour les patients qui en ont vraiment besoin.
L'innovation
L'année dernière, j'ai parlé, devant cette assemblée, de deux de mes priorités personnelles : la violence familiale et l'innovation.
Premièrement, parlons de violence familiale.
Je tiens à répéter ce que j'ai dit l'an dernier, et à titre de personne qui a longtemps milité pour la prévention de la violence familiale, je considère qu'il s'agit fondamentalement d'un problème de santé publique.
J'aimerais vous rappeler les statistiques que j'avais communiquées l'an dernier :
- Environ 7,4 milliards de dollars : C'est le coût annuel estimatif uniquement pour la violence conjugale;
- Une facture de 6 milliards de dollars : Cela comprend les coûts de soins de santé pour les traitements médicaux et les services de psychologie;
- Un total de 329 : C'est le nombre d'enquêtes que la police de Calgary a mené à elle seule sur des cas de violence envers les enfants en 2012.
Malheureusement, je suis devant vous aujourd'hui et ces statistiques n'ont pas changé et il reste encore beaucoup de travail à faire.
J'aimerais toutefois remercier l'AMC et d'autres groupes comme l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies, le Collège des médecins de famille, la Société canadienne de pédiatrie, la Commission de la santé mentale du Canada, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, l'Association canadienne de psychologie, l'Association des psychiatres du Canada ainsi que plusieurs autres intervenants d'avoir assisté à une table ronde, au mois de mars, au Sheldon Kennedy Child Advocacy Centre.
Après mon passage au Centre, nous avons tenu une réunion inédite et chargée d'émotion au cours de laquelle nous nous sommes tous engagés à nous attaquer de front à ce problème. J'espère que j'aurai l'occasion d'échanger davantage avec vous au cours des prochains mois sur ce dossier.
Passons maintenant à l'innovation.
La médecine a toujours attiré les innovateurs. Les grands progrès que nous avons réalisés au cours du siècle dernier pour prévenir et guérir des maladies sont vraiment incroyables.
Mais un bon gouvernement est un gouvernement qui est à l'écoute des spécialistes et des innovateurs et qui applique leurs conseils.
Et l'AMC et ses membres constituent une source extraordinaire d'idées et de pratiques novatrices.
Votre participation à l'initiative « Choisir avec soin » en est un bel exemple.
Entamer des conversations avec les patients sur les tests inutiles fait partie, de toute évidence, d'une bonne pratique de la médecine.
Avec toutes les nouvelles technologies à notre disposition, on comprend facilement que les patients qui sont dans des situations menaçantes pour leur santé veuillent essayer tous les outils de diagnostic.
La plupart d'entre eux fixeront toutefois leur choix de façon rationnelle s'ils sont bien renseignés sur les outils qui sont nécessaires et pertinents et sur les outils qui sont inutilement onéreux et potentiellement nuisibles.
D'un point de vue administratif, cette démarche constitue la meilleure forme d'innovation, car elle permet de diminuer les dépenses et les efforts inutiles et de réorienter les ressources vers des résultats positifs sur la santé.
Les provinces et les territoires se sont tous ralliés à la cause de l'innovation dans le secteur des soins de santé, en particulier par l'entremise du Groupe de travail sur l'innovation en matière de santé du Conseil de la fédération.
J'aimerais féliciter les provinces et les territoires pour le travail accompli en reconnaissant que l'innovation est essentielle pour améliorer la qualité et la rentabilité des soins.
Au fédéral, nous encourageons également l'innovation sous toutes ses formes.
Par l'entremise des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), nous nous employons à créer une base de connaissances aussi vaste que précieuse.
Nous investissons également dans la recherche qui se traduit par de meilleurs soins au chevet des patients dans le cadre de notre Stratégie de recherche axée sur le patient ou la SRAP.
J'ai parlé brièvement de la SRAP l'an dernier et, cette année, je suis fière de dire que nous nous sommes associés à d'autres provinces et que nous avons augmenté le financement pour cette initiative de recherche dans notre dernier budget.
À la lumière du vieillissement de la population et du fardeau croissant des maladies chroniques, nous savons cependant aussi que nous devons accélérer le rythme de l'innovation.
C'est la raison pour laquelle j'ai nommé, en juin, un Groupe consultatif sur l'innovation des soins de santé.
J'ai demandé aux membres du Groupe de déterminer les domaines d'innovation les plus prometteurs tant ici, au Canada, que sur la scène internationale, et de me conseiller sur les moyens que le gouvernement fédéral peut prendre pour mieux soutenir l'innovation.
Le Groupe est dirigé par le Dr David Naylor, que vous êtes nombreux à connaître. Vous reconnaîtrez peut-être également le Dr Cy Frank, un grand chercheur canadien.
Les six autres membres, qui proviennent de différents milieux, constituent un effectif de réserve considérable pour aborder cet enjeu.
Au cours des 10 prochains mois, ils mobiliseront les provinces et les territoires ainsi que les intervenants et les Canadiens, en cherchant des secteurs d'innovation et en donnant des conseils sur les moyens que le gouvernement fédéral peut prendre pour accélérer les progrès.
Le Groupe doit rencontrer officiellement les intervenants cet automne et mobiliser les provinces et les territoires de façon continue.
Je sais que vous êtes nombreux dans cette salle à avoir des idées sur les moyens à prendre pour faire les choses différemment et pour mieux améliorer la rentabilité et la qualité des soins de santé.
Le Groupe est impatient d'entendre les points de vue et les idées de l'AMC et des médecins d'un bout à l'autre du pays.
Veuillez rester à l'affût de plus amples renseignements sur la façon dont le Groupe consultatif consultera les intervenants.
La prévention et le vieillissement de la population
L'innovation dans les stratégies conçues pour prévenir les maladies et vieillir en santé est absolument indispensable à la durabilité de notre système de soins de santé.
Je reviens tout juste de ma randonnée annuelle dans les Rocheuses avec Laureen Harper et quelques amis.
Nous avons parcouru plus de 70 kilomètres dans l'arrière-pays et, comme l'année dernière, je vous invite tous, si vous en avez le temps, à prendre une pause-santé en faisant de la randonnée, ici même, dans les collines de la Gatineau.
J'ai toutefois un parti pris : elles ne se comparent pas aux merveilleuses Rocheuses.
Je crois fermement que nous devons mettre en pratique ce que nous prêchons.
Il s'agit notamment de mener une vie active, de manger sainement et de ne pas fumer!
Je crois que la prévention est essentielle pour ce qui est des modes de vie sains.
Le traitement des maladies chroniques accapare 67 % de l'ensemble des coûts de soins de santé directs. En fait, deux Canadiens sur cinq âgés de plus de 12 ans sont atteints d'au moins une maladie chronique, notamment d'un cancer, du diabète ou d'une cardiopathie.
Aujourd'hui, un adulte sur quatre souffre d'obésité au Canada et le tiers de tous les enfants ont déjà de l'embonpoint ou sont déjà obèses.
C'est pourquoi notre gouvernement investit des millions de dollars chaque année dans des projets qui visent à diminuer les facteurs de risque qui sont à la base de la plupart des maladies chroniques. Ces projets consistent notamment à collaborer avec le Partenariat canadien contre le cancer afin de lancer « Jeu d'échange » dans le but d'inciter les Canadiens à se lever de leur canapé et à jouer!
Je suis également extrêmement ravie et honorée d'avoir été nommée ambassadrice de la FIFA. En plus d'aimer le soccer, je considère que nous avons tous, dans cette salle, la responsabilité, en tant que modèles, d'encourager les plus jeunes à être plus actifs et en forme!
La saine alimentation est évidemment aussi essentielle à un mode de vie sain, et c'est pourquoi nous dirigeons aussi de multiples initiatives de saine alimentation.
Nous savons que les parents ont de la difficulté à prendre des décisions éclairées pour leur famille.
J'ai donc commencé, cette année, à consulter les Canadiens afin d'entendre leurs points de vue sur ce que nous pouvons faire pour améliorer les étiquettes des aliments.
Il y a à peine quelques semaines, j'ai eu le plaisir de proposer de nouvelles modifications sur les étiquettes des aliments. Des changements qui font du Canada un chef de file mondial de l'étiquetage des aliments et des changements qui aideront mieux les parents!
Les modifications proposées visent le format du tableau de la valeur nutritive, la liste des ingrédients et la liste des éléments nutritifs qui doit figurer dans le tableau ainsi que la valeur quotidienne.
Nous proposons également de donner des lignes directrices aux acteurs de l'industrie afin que les portions qui sont affichées dans le tableau de la valeur nutritive soient plus uniformes entre les produits semblables.
Et le SUCRE - qui n'est pas aussi doux qu'il en a l'air.
Pour la première fois, les parents et les consommateurs pourront se faire une idée claire de la quantité de sucre qui est ajoutée dans les aliments. Les sucres seront également regroupés et les étiquettes sont plus faciles à lire.
Nous avons aussi ajouté un pourcentage de la valeur quotidienne pour le sucre afin de nous assurer que les consommateurs soient en mesure de repérer les aliments qui en contiennent beaucoup.
Je suis consciente que ces mesures sont vigoureuses et mes enfants m'ont dit, à la maison, que j'ai tué Cookie Monster. Blague à part, nous avons entendu des parents des quatre coins du pays nous dire qu'ils sont préoccupés et qu'ils veulent plus d'information, alors nous avons agi en conséquence!
Entre-temps, depuis notre dernière rencontre, l'Agence canadienne d'inspection des aliments s'est jointe au portefeuille de la Santé à l'intérieur duquel nous avons créé Aliments sains et salubres pour les Canadiens - un cadre d'application, qui encourage des choix alimentaires plus sains, qui améliore l'innocuité des aliments et qui protège les Canadiens contre les produits dangereux qui arrivent sur le marché.
Nous voulons non seulement que les Canadiens puissent faire des choix alimentaires éclairés, mais nous voulons aussi que les parents puissent faire pleinement confiance à la salubrité des aliments qui se trouvent dans leurs garde-manger et sur leurs tables.
J'aimerais terminer, en faisant remarquer à toutes les personnes dans cette salle, y compris aux représentants des médias, que nous avons un point en commun :
Nous vieillissons tous!
Et sur ce, j'aimerais féliciter l'AMC d'avoir mobilisé les Canadiens d'un bout à l'autre du pays en tenant des séances de discussion ouvertes et en faisant des soins en fin de vie une question prioritaire.
C'est difficile d'en parler pour la plupart des gens, mais pour les professionnels de la santé, cela fait partie du métier.
Approximativement 6 % des Canadiens âgés de plus de 65 ans vivent avec l'Alzheimer ou une forme de démence et ce nombre devrait doubler d'ici 2031.
Le coût économique est fixé à 8,3 milliards de dollars par année, mais le coût pour les membres de la famille, les fournisseurs de soins et les collectivités est incommensurable.
Tandis que la population canadienne vieillit, nous devons mieux comprendre comment composer avec les maladies neurologiques.
Je suis très fière des IRSC et de leurs recherches sur la démence - ainsi que des investissements importants de notre gouvernement dans leurs travaux - qui se chiffrent à plus de 182 millions depuis 2006.
Et au printemps dernier, le premier ministre Stephen Harper s'est joint à La Fondation Neuro Canada et a annoncé un nouveau partenariat public-privé avec la famille Chagnon, qui soutient les projets de recherche novateurs afin d'aider à prévenir l'apparition de la maladie d'Alzheimer chez les Canadiens.
Au sommet du G8 sur la démence, qui s'est déroulé à Londres l'an dernier, j'ai annoncé que le Canada s'engageait à accueillir, conjointement avec la France, une rencontre de suivi mondiale sur la démence qui se tiendra à Ottawa le mois prochain; j'espère vous y voir en très grand nombre.
Notre gouvernement comprend les difficultés auxquelles les familles canadiennes sont confrontées lorsqu'elles sont appelées à prendre soin de leurs proches qui vieillissent.
C'est la raison pour laquelle nous tenons un rôle de premier plan lorsqu'il est question de maladies comme la démence et la raison pour laquelle nous continuons de collaborer avec les provinces et les territoires afin de trouver des moyens qui feront en sorte que les Canadiens reçoivent le niveau de soins le plus élevé.
Depuis 2006, par exemple, nous avons investi plus de 43 millions de dollars afin de soutenir la recherche sur les soins palliatifs. Nous avons également promis 6 millions de dollars pour soutenir des initiatives afin de diversifier les milieux de soins et d'élargir la formation pour les fournisseurs de soins palliatifs.
Cela dit, les travaux que nous réalisons au gouvernement ne seraient pas possibles sans des groupes, comme la Société Alzheimer, l'Association canadienne de soins palliatifs, la Fondation Pallium du Canada, et une multitude d'intervenants.
C'est sans parler des médecins, du personnel infirmier, des fournisseurs de soins à domicile et des travailleurs de première ligne qui s'efforcent, chaque jour, d'épauler les Canadiens qui prennent de l'âge.
J'ai hâte de poursuivre les discussions sur les soins aux aînés avec l'AMC et de travailler ensemble afin que nous puissions recevoir les meilleurs soins possibles au fur et à mesure que nous vieillirons.
Conclusion
Mesdames et Messieurs, les Canadiens attendent de leur gouvernement national qu'il joue un rôle majeur dans le maintien de notre système de santé de grande qualité.
Et je désire souligner aujourd'hui que notre gouvernement est à la table et que nous voulons nous assurer que les Canadiens obtiennent le niveau de soins le plus élevé.
C'est pourquoi, en plus de toutes les initiatives nationales, nous collaborons directement avec les provinces et les territoires sur les plans de l'innovation, des ressources humaines en santé, de l'abus des médicaments d'ordonnance et des efforts déployés pour la santé mentale.
Les soins de santé demeurent une priorité absolue pour tous les Canadiens; et ce n'est peut-être pas un hasard si un neurochirurgien est devenu récemment le premier ministre de la deuxième province en importance du Canada.
Donc voici : nous voulons tous la même chose - le meilleur système de santé du monde qui offre aux Canadiens des soins de santé de la plus grande qualité.
Continuons de cultiver la belle relation que nous avons tissée au cours des 12 derniers mois. Ma porte reste ouverte et, comme l'an dernier, je suis impatiente de faire de nombreuses rencontres aujourd'hui!
Merci!