Le 24 septembre 2014 - New York, New York
Sous réserve de modifications
Mesdames et Messieurs, bonjour.
Merci de votre présence.
En toute honnêteté, je considère le fait d’être réunis pour discuter de ce sujet comme une réussite en soi.
Il fut un temps où le financement du développement se limitait à l’aide publique au développement.
Un temps où le développement était considéré comme une chasse gardée des gouvernements.
Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les envois de fonds et les investissements privés devancent maintenant les montants de l’aide publique au développement.
De nouveaux donateurs s’ajoutent régulièrement.
Et la vision et la volonté de ces nouveaux acteurs transforment notre façon de voir le développement.
En tant que ministre du Développement international et de la Francophonie du Canada, j’ai été en mesure de constater les difficultés que nous devons affronter.
J’ai rencontré partout dans le monde des partenaires qui partagent le désir du Canada d’éradiquer la pauvreté mondiale.
Je me suis entretenu avec des organisations de la société civile, des ONG et des philanthropes.
Et je me suis assis avec de multiples représentants du secteur privé.
Chacun de ces acteurs a un rôle à jouer dans le développement.
Y compris ceux du secteur privé.
Ce sont les entreprises qui sont le moteur de la croissance économique.
Qui créent des emplois.
Et qui facilitent la distribution de la richesse.
En fin de compte, c’est le revenu créé par la croissance économique du secteur privé qui permet aux gouvernements d’offrir des services à leurs citoyens.
C’est pourquoi le Canada compte sur le capital du secteur privé pour investir dans des entreprises en pleine croissance.
Et pour créer des emplois dans les économies émergentes.
C’est aussi pourquoi je suis fier d’avoir été nommé président du comité directeur de l’Initiative de refonte du financement du développement, l’IRFD.
L’IRFD est un projet conjoint international regroupant le Forum économique mondial et le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Elle a pour principal objectif d’augmenter les investissements privés étrangers et canadiens en vue d’accélérer le progrès social et économique.
Ses principaux outils consistent :
- à déterminer et à mettre à l’essai des modèles novateurs de financement mixte public-privé;
- à mettre en œuvre à plus grande échelle ces modèles de financement mixte.
Depuis quelques années, on constate l’essor remarquable de ces approches fondées sur le marché à l’égard du développement.
Mais les besoins demeurent immenses.
Aussi, malgré une réserve de ressources accrue, nous devons débloquer des fonds supplémentaires et faire appel à une plus grande expertise.
Les gouvernements doivent jouer le rôle de catalyseur en fournissant de l’aide.
Mais ils ne disposent ni des ressources ni de l’expertise requises pour satisfaire ces besoins.
Le développement international dépend désormais de partenariats multilatéraux formés de diverses couches de la société.
Nous assistons à un important changement de paradigme.
Et le secteur privé est l’élément clé de cette équation.
Il possède les ressources, l’expertise et l’innovation requises pour créer des technologies, des produits et des services nouveaux et plus efficaces.
Et il est en mesure de le faire à moindre coût.
Le Canada a déjà pu constater de grandes réussites grâce à ce modèle.
Aussi, nous nous efforçons de mobiliser davantage d’investissements privés dans les pays en développement.
Nous nous concentrons sur des partenariats à valeur partagée qui proposent des solutions innovatrices aux défis que présente le développement.
Nous collaborons par exemple avec Sarona Asset Management afin de financer de petites et moyennes entreprises dans des marchés émergents.
Nous finançons Grands défis Canada afin de stimuler les idées audacieuses et de trouver des solutions innovantes aux défis tenaces en matière de santé mondiale.
Nous appuyons aussi Grassroots Business Fund, qui combine l’investissement en capital et le financement du soutien technique pour aider des entreprises.
Ce fonds génère actuellement 40 millions de dollars en revenu dont profitent 1,8 million de travailleurs dans le monde en développement.
Nos réalisations dépassent ce que nous avions cru possible voilà 10, et même 5 ans seulement.
Et nous continuerons d’en faire plus.
Nous travaillons à mettre en place un programme de subventions remboursables.
Ce programme serait un outil clé pour stimuler les investissements privés.
Surtout pour les initiatives à risque élevé qui ont des répercussions importantes.
Nous envisageons l’utilisation d’outils d’investissement garanti par l’État pour promouvoir les investissements à risque plus élevé.
Et nous faisons la promotion de meilleurs partenariats qui offrent des avantages partagés de chaque côté de la planète.
L’année prochaine sera importante pour le développement.
En effet, nous assisterons au lancement du Programme de développement pour l’après‑2015.
Et nous tiendrons à Addis-Abeba la troisième Conférence internationale sur le financement du développement.
Le comité directeur de l’Initiative de refonte du financement du développementet moi‑même sommes engagés à atteindre deux objectifs importants d’ici là.
Le premier consiste à créer un portefeuille de modèles de financement novateurs.
Et le second, à forger de nouveaux partenariats de financement mixte qui débouchent sur des projets concrets et des résultats de développement réels.
Nous souhaitons aller au-delà de l’exploration des modèles utilisés dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de l’infrastructure.
Et commencer à mobiliser davantage d’investissements privés pour financer la santé et l’éducation.
Ce ne sera pas facile.
Mais je pense que vous serez d’accord avec moi pour dire que les choses importantes le sont rarement.
Nous devons cesser de percevoir le développement comme de l’« aide » selon le modèle colonial des années 1970.
Nous devons remettre en question l’idée fausse voulant que le rendement financier soit incompatible avec les mesures aux répercussions sociales importantes.
Il faut plutôt définir un langage commun entre acteurs des secteurs public et privé.
Et nous efforcer de trouver le juste milieu entre stimuler l’investissement privé et subventionner à outrance ou entraîner une distorsion des marchés.
J’ai hâte d’entendre vos idées à ce sujet.
Le message que je veux vous transmettre est simple.
Nous souhaitons collaborer avec vous.
Certains considèrent la participation du secteur privé uniquement comme une affaire de croissance économique.
Pour moi, il s’agit plutôt d’une affaire de développement.
Et les deux reposent sur les mêmes thèmes.
C’est-à-dire la création d’emplois et la formation.
L’accès à l’éducation et à des perspectives d’avenir pour les enfants.
Un accès plus facile à des soins de santé de base pour les mères et les enfants, qui est une priorité du Canada.
Et l’assurance d’une distribution plus juste des revenus et de la richesse entre tous les individus, et non pas uniquement entre quelques privilégiés.
Voilà les objectifs fondamentaux en matière de développement.
Des objectifs que nous partageons tous.
Mais nous devons nous adapter, innover et évoluer si nous voulons atteindre nos buts.
Je vous remercie.