Le 22 septembre 2014 - New York, États-Unis
Sous réserve de modifications
Je vous remercie pour cette occasion de vous adresser quelques mots.
Je tiens d’abord à rendre hommage au leadership du ministre des Affaires étrangères Brende — à la fois pour la gestion norvégienne de ce forum et pour avoir encouragé les bailleurs de fonds à se réunir en Égypte le mois prochain.
Depuis notre dernière rencontre, un autre conflit a éclaté qui a fait trop de morts et a éclipsé les progrès accomplis au cours de l’année précédente.
Il a creusé davantage le fossé entre les parties et a éclipsé les progrès accomplis au cours de la dernière série d’entretiens.
Le président Abbas a critiqué à juste titre le Hamas d’avoir prolongé le conflit inutilement.
La dévastation à Gaza est considérable.
En réponse, le Canada a accru son aide humanitaire.
Il est bien sûr nécessaire de reconstruire la bande de Gaza, dont les infrastructures essentielles, les industries et les habitations un peu partout sur le territoire ont subi des dommages importants.
Toutefois, nous devons nous assurer que l’aide à la reconstruction ne sera pas détournée au profit d’un usage malveillant.
Un bon moyen de réduire ce risque serait de créer un cadre de responsabilisation entre l’Autorité palestinienne et la communauté internationale.
Reconstruire la gouvernance de la bande de Gaza est tout aussi important que sa reconstruction physique.
Pour y parvenir, nous devrions poursuivre simultanément deux approches qui se renforcent mutuellement.
Tout d’abord, nous devrions renforcer le pouvoir de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza et aider les Palestiniens modérés à se faire entendre.
Deuxièmement, nous devrions assurer le renforcement de l’Autorité palestinienne par son rôle dans la reconstruction de la bande de Gaza.
Il est urgent de stabiliser la situation financière et d’améliorer la viabilité économique de l’Autorité palestinienne.
La réalité d’aujourd’hui est que la croissance économique est en baisse et que le chômage est à la hausse, à la fois en Cisjordanie et à Gaza.
La poursuite du développement économique en Cisjordanie et la production de richesses mue par le secteur privé permettraient d’assurer la sécurité financière de l’Autorité palestinienne... et assurerait qu’elle puisse se concentrer sur la gouvernance, tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza.
Le Canada est déterminé à faire sa part.
Au cours de sa visite officielle en Cisjordanie en janvier, le premier ministre Stephen Harper a annoncé l’octroi de 66 millions de dollars supplémentaires pour soutenir la Cisjordanie et Gaza.
Il s’agissait d’un ajout au montant de 300 millions de dollars qui avait déjà été alloué au cours des cinq dernières années.
Je ne vais pas vous énumérer tous les programmes aujourd’hui, mais je suis heureux de dire que l’aide au développement que le Canada a fournie a donné des résultats importants.
Nous avons également approfondi notre engagement envers le secteur privé palestinien.
Et nous avons été ravis d’accueillir au Canada, plus tôt cette année, une première mission commerciale palestinienne, couronnée de succès.
Malheureusement, les événements de l’été ont mis en évidence que la croissance économique et le développement ne peuvent constituer qu’une partie d’une solution durable à ce conflit.
En Cisjordanie, le Canada continue d’apporter une contribution substantielle aux secteurs de la sécurité et de la justice.
Toutefois, ce renforcement des capacités a des limites, alors que subsistent d’importants obstacles physiques et psychologiques à la paix.
Comme je le disais en juin à la suite de l’annonce du nouveau gouvernement palestinien, il est temps que le président Abbas respecte sa promesse de démilitarisation.
Cela signifie désarmer le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens œuvrant à Gaza, y compris ce mandataire iranien qu’est le Jihad islamique palestinien.
Cela signifie supprimer les stocks existants.
Et cela signifie que les combattants du Hamas déposent leurs armes et embrassent le processus de paix, en acceptant d’abord les trois conditions posées par le Quatuor, mais que le Hamas rejette toujours.
En fin de compte, bien que la violence passe par les armes, elle réside dans l’esprit et le cœur de ceux qui les utilisent.
Trop souvent, ces esprits et ces cœurs sont nourris par la propagande, et tous les dirigeants de la bande de Gaza et de la Cisjordanie ont la responsabilité de contrer cette incitation à la violence.
Il faut de nouveau convaincre les Israéliens et les Palestiniens que la paix est non seulement possible, mais souhaitable.
Il y a encore trop de méfiance.
À cet égard, le Canada demande instamment de reconsidérer la décision présumée d’exclure Israël de la conférence du Caire.
Comme nous le savons tous, de nouvelles approches sont nécessaires.
Le Canada exhorte toutes les parties à remettre en question les vieux préjugés afin d’atteindre nos objectifs.
Les négociations directes constituent la meilleure voie à suivre pour réaliser un État palestinien durable et prospère cohabitant en paix et en sécurité avec Israël.
Commençons dès maintenant à reconstruire cette voie.