Le 23 septembre 2014 - New York, États-Unis
Sous réserve de modifications
J’aimerais d’abord remercier le ministre Lidegaard et le gouvernement danois d’avoir organisé la présente réunion.
Le Danemark a joué un rôle de premier plan dans le renforcement des mesures prises au niveau international pour lutter contre l’extrémisme violent.
Le Danemark et le Burkina Faso ont accompli un excellent travail dans le cadre de la lutte contre la propagation de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Je tiens aussi à remercier le Global Center on Cooperative Security d’avoir organisé cette réunion.
La semaine dernière, j’étais à Paris avec le ministre Lidegaard et d’autres parmi vous afin de discuter de la situation en Iraq.
À Paris, les représentants de 29 pays et organisations ont convenu que la campagne de terreur menée par l’EIIL présente une menace, non seulement pour l’Iraq, la Syrie et la région dans son ensemble, mais aussi pour la sécurité mondiale.
Malheureusement, la plupart de nos pays ont déjà été témoins de la barbarie sanglante de groupes extrémistes.
En fait, quelques jours avant la conférence tenue à Paris, nous avons appris qu’un travailleur humanitaire du Royaume-Uni a été décapité par un autre citoyen du Royaume-Uni en Iraq.
Dimanche dernier a marqué le premier anniversaire de l’attentat perpétré par Al-Shabaab au centre commercial Westgate à Nairobi.
Bien que cette attaque soit survenue à l’autre bout du monde, elle m’a touché personnellement.
Deux Canadiens se trouvaient parmi les victimes, dont une diplomate rattachée à notre haut-commissariat au Kenya.
Ces actes d’une grande brutalité soulignent la nature mondiale de la menace que font peser les groupes d’extrémistes.
Notre sécurité est inextricablement liée à celle des autres pays.
De la Syrie à la Somalie, l’extrémisme violent mène au terrorisme.
Malheureusement, ce n’est pas différent dans les pays occidentaux.
Le Canada, comme d’autres pays prônant la liberté, a vu certains de ses propres citoyens partir à l’étranger pour participer à des activités terroristes.
Nous savons que plus de 30 personnes ayant des liens avec le Canada ont pris part à des activités liées au terrorisme en Iraq et en Syrie.
Afin de remédier à ce phénomène, le Canada s’est engagé à faire une contribution de plusieurs millions de dollars pour appuyer les mesures prises à l’échelle régionale afin de limiter le passage de combattants étrangers en Iraq et en Syrie.
Toutefois, l’extrémisme violent ne peut être éradiqué du jour au lendemain.
La triste réalité, c’est qu’il s’agit du plus grand défi de notre génération.
Lorsque d’autres pays manquent de ressources pour prévenir des activités terroristes ou pour y réagir, la sécurité de tous est menacée.
L’extrémisme violent ne mène pas seulement au terrorisme. Il freine le développement économique, ce qui favorise encore plus l’insécurité.
Cette spirale est aussi dangereuse que tragique.
L’extrémisme tire parti du chaos qui existe dans les zones non gouvernées. Des menaces à long terme comme celle-ci nécessitent des solutions à long terme.
C’est pourquoi le Canada a investi des milliards de dollars dans la sécurité alimentaire, la croissance économique durable et la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, et ce, dans les secteurs où les populations vulnérables ont davantage besoin d’un sentiment de dignité et de nouvelles possibilités.
Nos contributions à la sécurité mondiale incluent l’octroi de 66 millions de dollars pour renforcer les capacités antiterroristes dans le monde, du Sahel à la Corne de l’Afrique.
Par ailleurs, le Canada s’est réjoui du lancement du centre Hedayah, centre international d’excellence pour la lutte contre l’extrémisme violent, basé aux Émirats arabes unis.
Cependant, au bout du compte, l’extrémisme possède toujours des racines locales.
Ces groupes extrémistes, par leur propagande violente, profitent des griefs et des conflits locaux.
Ils se servent de ces conflits pour fomenter l’instabilité dans des collectivités du monde entier.
Toute réponse concrète à la radicalisation doit provenir de ces collectivités.
À cet égard, le gouvernement canadien organise régulièrement des séances de sensibilisation dans l’ensemble du pays afin de favoriser les discussions sur l’extrémisme.
Pour bon nombre de gens, il est difficile de parler de la présence de l’extrémisme violent dans leur propre communauté. Il est toutefois essentiel de prévenir l’enracinement de la radicalisation.
Les mesures précoces, qu’elles soient d’intervention ou d’application de la loi, sont tout aussi importantes.
Les organismes de sécurité canadiens ont réussi à découvrir et à interrompre des complots terroristes qui auraient eu des conséquences dévastatrices.
Le terrorisme est le grand péril menaçant notre génération. Il s’agit du résultat effrayant de l’adhésion de membres de nos collectivités à des idéologies extrémistes.
La communauté internationale doit s’unir pour détruire ce fléau. Nous devons défendre les principes qui ont fait de nos pays de grandes nations, prospères et libres.
Merci.