Le 18 septembre 2014 – Toronto, Ontario
Sous réserve de modifications
Merci Pierre Boivin pour votre aimable présentation.
Et merci de m’avoir invité aujourd’hui.
C’est un honneur de pouvoir prendre la parole à l’occasion de ce premier Sommet des affaires Canada-Afrique.
Et j’espère pouvoir assister à plusieurs autres de ces sommets au fur et à mesure que se resserreront nos relations avec l’Afrique.
Le Conseil canadien pour l’Afrique est l’un des principaux organismes canadiens voués au développement économique de l’Afrique.
Notre gouvernement attache également une grande importance à cet objectif.
Ainsi qu’à d’autres grands objectifs concernant l’avenir de l’Afrique.
Nous constatons que dans l’ensemble, le continent africain se porte beaucoup mieux depuis quelques années.
De nombreux pays affichent des taux de croissance économique élevés.
Ces taux ont mené à une croissance massive de la classe moyenne et à la réduction de la pauvreté.
Toutefois, trop de personnes ne profitent pas encore de cette croissance.
Vous m’avez certainement entendu dire que le développement de l’Afrique ne se résume pas qu’à la seule question fondamentale de la croissance économique.
C’est également une question de développement social.
C’est une question d’emploi, d’amélioration de l’enseignement et de formation.
Il s’agit de donner aux mères et aux enfants un meilleur accès aux services de soins de santé – une priorité pour le Canada.
Et il s’agit également d’augmenter les revenus et la transparence, afin que tout le monde puisse en profiter.
Comme chefs de file de l’industrie, du gouvernement et du milieu universitaire, voilà le défi que nous devons relever.
Nous devons relire les objectifs du développement.
Créer des emplois et produire des recettes qui peuvent être réinvesties dans les services de base dont la population a besoin.
Non seulement améliorer les collectivités dans lesquelles les entreprises font des affaires.
Mais aussi accroître au maximum les gains et leur permettre de durer longtemps après le départ des entreprises.
Il y a plusieurs chemins vers la prospérité.
Comme ministre, je fais du développement une priorité.
Mais le développement n’est qu’une pièce du casse-tête.
Et il ne peut pas tout faire.
Les autres pièces comportent la primauté du droit, le respect des droits de la personne et le commerce.
L’allocution de mon collègue Ed Fast plus tôt aujourd’hui est une excellente illustration de cette réalité.
Le Plan d’action sur les marchés mondiaux du Canada et notre solide plan de développement sont les deux côtés d’une même pièce.
Prenons l’Afrique comme exemple.
Il y a vingt ans, une Afrique prospère aurait été considérée comme une simple utopie.
Aujourd’hui, pourtant, l’Afrique déborde d’espoir.
Beaucoup d’observateurs s’accordent pour dire que l’Afrique est un continent qui connaît une progression.
Je dirais pour ma part que l’Afrique est en pleine croissance.
En partie parce qu’un nombre croissant d’économies africaines se tournent vers le commerce et l’investissement.
Qu’elles voient comme le moteur de la croissance, de la création d’emplois et de la réduction de la pauvreté.
Nous assistons à la création de carrefours régionaux du commerce et de l’investissement dans des pays comme :
- l’Afrique du Sud,
- le Ghana,
- le Nigéria,
- la Tanzanie,
- le Sénégal.
Et le Canada est fier de participer à cette réussite.
Nous sommes conscients du gigantesque potentiel économique de l’Afrique.
En partie parce qu’il est le reflet du nôtre.
Le Canada a une longue tradition d’exploitation des ressources naturelles pour assurer sa croissance économique.
Nos minerais, nos métaux et nos ressources énergétiques nous ont aidés à construire une économie nationale solide et durable.
Ils nous ont permis de construire des routes et de déployer des réseaux de communication et de transport de l’énergie.
Ils nous ont aidés à mettre au point des technologies propres.
Et à créer des centaines de milliers d’emplois.
Ici comme à l’étranger.
Aujourd’hui, le Canada est un chef de file mondial du secteur minier.
Nous avons les capitaux, les technologies et les compétences entrepreneuriales pour aider les pays africains à croître.
C’est dans cette optique que nous avons créé l’Institut canadien international pour les industries extractives et le développement.
C’est également pourquoi nous appuyons l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives.
Notre gouvernement a également ciblé 12 pays de l’Afrique subsaharienne comme marchés prioritaires dans son Plan d’action sur les marchés mondiaux.
Il s’agit du plan directeur du Canada pour créer des emplois et assurer la croissance économique grâce au commerce et à l’investissement.
Nous avons ratifié et conclu des Accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers – des APIE – avec 15 pays d’Afrique, ou nous sommes en train de les négocier.
Dans la même veine, Exportation et développement Canada ouvrira l’an prochain son premier bureau en Afrique, à Johannesburg.
Le Canada collabore avec l’Afrique pour aider le continent à réaliser son plein potentiel économique.
L’an dernier, notre commerce bilatéral de marchandises avec l’Afrique a dépassé les 13 milliards de dollars.
Ce montant représente une importante injection de capitaux dans l’économie.
Il nous reste maintenant à exploiter les retombées de ces solides relations commerciales pour qu’elles profitent à ceux qui en ont le plus besoin :
Les chômeurs et les chômeuses.
Les enfants sans instruction.
Les femmes enceintes sans accès aux soins médicaux.
Ces personnes pourraient constituer les bases d’une économie prospère.
Si elles sont employées, instruites et en bonne santé.
C’est pourquoi le Canada se consacre à sauver la vie des mères et des enfants.
La santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) est notre priorité absolue en matière de développement.
Grâce au leadership du premier ministre Stephen Harper, sous l’égide de l’Initiative de Muskoka et l’action mondiale qu’elle a suscitée, les taux de mortalité maternelle diminuent et des millions d’enfants supplémentaires célèbrent leur cinquième anniversaire.
En mai dernier, à l’occasion du Sommet sur la SMNE, le premier ministre Stephen Harper a annoncé que le Canada verserait 3,5 milliards de dollars pour contrer le nombre de décès évitables de mères et d’enfants dans les pays en développement.
Il s’agit en partie du résultat de politiques qui se complètent pour sauver des vies.
Des politiques qui s’épaulent pour créer une croissance économique à long terme durable.
Je crois sincèrement que la croissance économique est le point de passage vers l’emploi.
Vers la santé.
Et vers un avenir meilleur.
Il s’agit de l’outil ultime pour réduire la pauvreté.
C’est la raison pour laquelle le Canada collabore avec le secteur privé pour faire avancer nos objectifs de développement.
Parce que vous connaissez vos entreprises.
Parce que vous avez les compétences techniques.
Parce que vous êtes présents sur le terrain.
Et parce que vous lancez des initiatives concrètes.
Pour un bon nombre d’entre vous ici aujourd’hui, que vous en soyez conscient ou non, votre entreprise occupe une place de plus en plus importante dans le développement international.
Nous savons qu’un secteur extractif administré de façon éthique a le pouvoir de transformer des pays.
Nous savons qu’une croissance économique durable, mue par le secteur privé, a le pouvoir de briser le cycle de la pauvreté.
Et nous savons que le Canada et les entreprises canadiennes ont les connaissances requises pour jouer un grand rôle sur le continent africain.
Les pays d’Afrique ont clairement exprimé leurs priorités et leurs besoins.
Et le Canada dispose des capitaux, des technologies et des compétences entrepreneuriales nécessaires pour contribuer à la mise en œuvre de leur vision.
C’est pourquoi j’ai le plaisir d’annoncer que notre gouvernement versera 309,3 millions de dollars pour soutenir la croissance de petites et moyennes entreprises, améliorer le développement de la chaîne des valeurs et accroître la richesse par le truchement de la Banque africaine de développement.
Ce fonds fournira aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables du continent africain des subventions et des prêts à faible taux d’intérêt.
En fournissant des subventions et des prêts, les fonds internationaux comme celui-ci se démarquent de la notion « d’aide » qui avait cours dans les années 1970.
Ils sont souples.
Ils sont mieux adaptés au monde d’aujourd’hui.
Et au soutien que recherchent les pays en développement.
Plus tôt aujourd’hui, j’ai également annoncé que le Canada apportera une contribution de 12,5 millions de dollars au renforcement de l’éducation dans le domaine minier en Éthiopie.
Ce financement permettra d’offrir une formation technique professionnelle à la main-d'œuvre locale et de préparer des diplômés – des femmes et des hommes – à occuper des emplois dans le secteur extractif.
Il leur permettra de faire carrière dans des secteurs de pointe comme la géologie et le génie minier.
Pour le Canada, il s’agit d’autonomisation et de renforcement des capacités et non seulement d’une contribution.
L’Afrique n’a pas besoin qu’on lui fasse la charité, l’Afrique a besoin du commerce.
En multipliant nos outils, nous augmentons au maximum nos chances de succès.
Le Canada restructure ses programmes de développement.
Nous collaborons avec un plus grand nombre d’intervenants.
Nous examinons toutes les possibilités.
Nous favorisons l’innovation.
Pour briser les derniers obstacles persistants à l’éradication de la pauvreté dans le monde.
Pour atteindre ces objectifs, le Canada doit diversifier sa trousse nationale d’outils.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’espérer que les fonds internationaux adopteront des approches porteuses d’avenir.
Nous devons créer nos propres mécanismes novateurs de financement.
Des mécanismes canadiens de financement du développement.
Des mécanismes qui soutiennent une croissance mue par le secteur privé.
Qui débouchent sur des solutions durables.
Et qui créent des emplois et de la richesse dans les deux hémisphères.
Les entreprises canadiennes qui investissent sont des modèles de pratiques exemplaires.
Elles adoptent des stratégies, des technologies et des instruments financiers novateurs pour renforcer les capacités locales.
Et générer des profits pour les collectivités.
Leur présence s’avère très positive pour les pays où elles sont établies.
Et peut-être encore plus, pour leur population.
Je crois que nos gouvernements, nos entreprises privées et nos institutions universitaires participent tous au développement de l’Afrique.
Que nous aidons les pays à passer du rôle de partenaires de développement à celui de partenaires commerciaux.
Des partenaires autonomes.
Maîtres de leur avenir.
Et capables de répondre aux besoins de leur population.
Le commerce comme le développement sont les clés de ce casse-tête complexe.
Et le travail que nous faisons pour aider l’Afrique est un exemple concret des interactions entre le commerce et le développement.
J’espère continuer à travailler avec vous et avec le Conseil canadien pour l’Afrique, afin de propulser le Canada et l’Afrique vers un avenir meilleur.
Je vous remercie de votre attention.