Toronto (Ontario)
26 septembre 2014
Merci beaucoup !
Merci beaucoup à tous.
Excellences, chers amis, monsieur le Président Van Rompuy, monsieur le Président Barroso, collègues du Parlement du Canada, membres du corps diplomatique, nos très nombreux autres invités distingués d’Europe et du Canada, mesdames et messieurs, bonsoir.
Vous savez, je pensais aujourd’hui au grand pas en avant que nous avons fait, au sommet Canada-Union européenne que nous venons de conclure, ainsi qu’à notre partenariat stratégique – le partenariat stratégique exhaustif que nous avons signé le mois dernier, et quelques réflexions me sont venues au sujet de la relation entre le Canada et l’Europe.
Naturellement, par rapport aux pays d’Europe, le Canada est un pays très jeune.
Notre confédération n’a pas encore 150 ans, mais on peut dire que les liens tissés entre nous remontent à mille ans, à l’époque où les Vikings sont arrivés sur nos rives.
Puis, il y a eu des pêcheurs, des explorateurs et des marchands, de nationalités très diverses, plus particulièrement des Français et des Britanniques, mais au fil des décennies, il y en a eu de littéralement tous les pays européens.
Aujourd’hui, malgré un grand changement de l’immigration pendant les deux dernières générations, encore plus des trois quarts des citoyens canadiens peuvent retracer une origine européenne.
Et la France et la Grande-Bretagne sont les mère-patries de nos institutions fondamentales de nos deux langues nationales et de notre culture pancanadienne.
Mais ce soir, nous célébrons une nouvelle ère dans cette relation particulière, avec l’annonce que j’ai faite aujourd’hui de la présentation du texte final, en anglais et en français, de l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne.
Bien sûr, j’en ai longuement parlé aujourd’hui, mais encore une fois, il serait difficile d’exagérer l’importance de cet accord pour notre pays.
Cet accord ouvre la voie à un commerce beaucoup plus étendu, à une plus grande prospérité, à des amitiés plus profondes, comme en témoigne aussi, comme je l’ai dit, notre nouvel accord de partenariat stratégique.
Cette réalisation historique, chers amis, nous la devons à beaucoup de gens qui y ont participé et qui méritent notre reconnaissance, surtout mes amis dirigeants de l’Europe qui sont ici aujourd’hui.
Permettez-moi tout d’abord de mentionner Herman Van Rompuy.
Herman, à titre de Président du Conseil européen, en fait, de premier président permanent, ainsi que de Premier ministre de Belgique auparavant, vous vous êtes depuis longtemps consacré à l’unité et à la prospérité de toute l’Europe, aux bonnes relations qu’elle entretient partout dans le monde, y compris au Canada, et je sais que vous avez constamment et sans équivoque défendu cet accord. Donc, merci pour tout, merci pour tout ce que vous avez fait.
Naturellement, nous félicitons aussi le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
La négociation de cet accord relève de la Commission et c’est avec José Manuel que j’ai travaillé de plus près à ce projet.
En fait, José Manuel, je me rappelle bien comment vous et moi avons commencé cette aventure, avec le même espoir et le même optimisme, il y a environ cinq ans, à Prague.
Votre engagement depuis – pendant les hauts et les bas, littéralement – parce qu’il faut le dire, il y a eu de bons et de moins bons jours.
Mais malgré les hauts et les bas, votre engagement n’a pas vacillé.
Après une carrière distinguée au service de votre pays, à titre de Premier ministre du Portugal, et depuis une décennie, au service de toute l’Europe, nous croyons bien, avec un parti pris bien canadien, que cet accord est pour vous un couronnement, alors félicitations.
Laissez-moi aussi dire à Herman et à José Manuel, car je sais que vous quitterez tous deux bientôt vos fonctions.
Voici ce que je veux dire, et je suis heureux d’avoir l’occasion de le dire ici, dans notre pays : quel plaisir j’ai eu à travailler avec vous deux au cours des dernières années.
Nous avons connu un monde aux prises avec des difficultés économiques et d’autres problèmes graves d’envergure planétaire, vraiment sans précédent.
Mais à travers toutes ces difficultés, vous avez toujours parlé avec la voix de la raison, du calme, de l’expérience et avec un jugement sûr.
Les autres dirigeants vous regretteront – et sans rien enlever à vos successeurs – l’Europe vous regrettera et je veux tout simplement vous offrir, à titre personnel, mes meilleurs vœux pour vos futurs projets.
Encore quelques mots de reconnaissance, chers amis, le soutien constant des provinces et des territoires du Canada tout au long des négociations était aussi essentiel pour obtenir ce résultat positif.
Je tiens à les adresser à tous les membres responsables du commerce dans les provinces et les territoires, ainsi qu’à leurs équipes de négociation, qui sont représentées ici aujourd’hui.
Je tiens à leur adresser une reconnaissance particulière parce que je sais que mon collègue, ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, est aussi ici et qu’il a été un promoteur tout à fait exceptionnel de cet accord, dès le début.
À Jean, à tous les premiers ministres passés ou actuels, une bonne main d’applaudissements, pour les féliciter aussi.
Naturellement, je m’en voudrais de ne pas souligner le travail de notre propre ministre, qui a parcouru le monde entier, à plusieurs reprises, pour élargir notre réseau de relations commerciales jusqu’au point où il fait l’envie de tous les pays qui se disent des pays commerçants.
C’est naturellement de notre ministre du Commerce international, l’honorable Ed Fast, qu’il s’agit.
Il faut agiter la main parce qu’ici, avec la lumière de ces projecteurs, je ne vois presque personne.
Alors Ed, quelle semaine : vous avez signé l’accord commercial avec la Corée lundi et maintenant cet accord majeur avec l’Europe vendredi, n’hésitez pas à prendre congé cette fin de semaine.
Cet accomplissement n’aurait pas non plus été possible sans le soutien et le travail acharné de l’homologue d’Ed auprès de l’Union européenne, Karel De Gucht, donc merci monsieur le Commissaire De Gucht, pour votre travail.
Naturellement, je tiens aussi à souligner le travail de nombreux fonctionnaires et à les féliciter – nous ne sommes que la pointe d’une très grande pyramide – les nombreux fonctionnaires qui ont travaillé à fond pendant longtemps pour parvenir à ce résultat, surtout notre négociateur en chef, Steve Verheul, et toute son équipe.
Applaudissons-les bien fort.
Enfin, je manquerais à mon devoir si je ne remerciais pas également les chefs d’entreprise.
Les chefs d’entreprise du Canada et d’Europe ont offert leur soutien inébranlable pendant tout le processus et beaucoup repose encore sur eux.
Je veux vous dire à quel point j’ai été vraiment fasciné, John, par l’annonce, aujourd’hui de la coalition extrêmement étendue qui a été constituée pour faire avancer ce dossier.
Et je pense, comme l’a particulièrement dit José Manuel, qu’il est important de ne pas renoncer au combat.
Nous devons continuer à insister.
Vous savez, chers amis, dans un dossier aussi complexe, il peut toujours y avoir des cahots sur la route, il est toujours possible que l’information passe mal, qu’il y ait des querelles fédérales-provinciales, des distractions causées par des questions moins importantes, donc je suis content que vous continuiez à promouvoir ce dossier.
Je peux aussi vous dire que le gouvernement continuera à travailler avec vous au niveau de la promotion et à faire nos débuts en Europe avec des missions commerciales, pour faire les liens nécessaires, afin que tout fonctionne bien, parce qu’il ne s’agit pas simplement d’adopter l’accord et de le mettre en œuvre, il faut aussi obtenir des résultats.
C’est sur vous – vous et le milieu des affaires – que repose en fin de compte ce projet, alors merci pour ce que vous avez fait jusqu’à maintenant.
Félicitations et la meilleure des chances pour l’avenir.
Chers amis, le splendide résultat que nous célébrons ce soir se prépare depuis de nombreuses années, mais je crois aussi qu’il résistera à l’épreuve du temps.
L’accord Canada-UE donne aux exportateurs canadiens un accès privilégié au plus grand marché du monde.
Pour les Canadiens et pour les Européens, il signifie des emplois, des emplois, des emplois, et il représente la prospérité.
Cela signifie que les familles canadiennes et européennes auront accès à un plus grand nombre de choix et à des prix plus bas.
Parce que dès que cet accord, dès que cet accord aura été mis en œuvre, 98 p. 100 des tarifs douaniers seront éliminés, dans les deux sens.
Alors, une autre réflexion : chers amis, dans trois ans, les Canadiens et les Canadiennes pourront célébrer ensemble le 150e anniversaire de notre Confédération.
Un arrangement politique, mais en effet aussi notre premier accord commercial.
Cet anniversaire nous permettra de célébrer une expérience politique et économique qui fait aujourd’hui l’envie du monde entier de reconnaître aussi notre performance en ayant traversé avec succès une période de turbulence économique mondiale et de nous tourner vers l’avenir avec une nouvelle confiance.
Grâce en grande partie aux liens économiques que nous avons forgés avec des partenaires sur presque tous les continents.
Le commerce a vraiment été, au cours de notre histoire et encore aujourd’hui, une source vitale pour notre pays.
Il en est ainsi depuis les premiers débuts de l’histoire connue du Canada.
Aujourd’hui dans notre pays, un emploi sur cinq dépend du commerce.
Sur cette base, nous avons maintenant conclu l’accord commercial le plus vaste et le plus complet que nous ayons jamais négocié – en triplant le nombre de pays avec qui nous commerçons librement – qui représentent en tout plus de la moitié du marché mondial.
En outre, cet accord est la réalisation d’un objectif de très longue date pour notre pays.
Cet objectif a été naturellement d’étendre nos échanges commerciaux au-delà des États-Unis.
Tout particulièrement, notre objectif le plus critique, que nous avons depuis quatre décennies à cet égard, a été d’étendre largement nos échanges commerciaux avec l’Europe, parce que l’Europe est un continent dont les populations partagent avec les Canadiens un engagement envers la liberté, la démocratie, la dignité humaine pour tous – tous de bons éléments dans le monde – une grande force pour le progrès, pas seulement sur ce continent, mais à l’échelle de toute la race humaine.
Chers amis, c’est ce que nous avons maintenant accompli et c’est donc une très bonne journée.
Merci encore à tous.
Et je ne saurais mieux conclure que ne l’a fait Herman.
Vive le Canada ! Vive l’Union européenne !