Le 9 Octobre 2014 – Washington, D.C.
Sous réserve de modifications
Amis et distingués invités, je suis heureux de vous souhaiter la bienvenue à la conférence d’aujourd’hui sur les principaux moteurs du programme de développement.
C’est un plaisir d’être ici avec vous aujourd’hui et d’être en présence d’autant d’intervenants clés du domaine des politiques et du secteur privé. Un programme très captivant nous attend.
J’aimerais également remercier le Service canadien du renseignement de sécurité de nous accueillir dans ses tout nouveaux locaux.
Il m’importe aussi, surtout, de le remercier de sa collaboration avec le gouvernement du Canada pour faire de cette conférence une réussite.
Avant de passer à notre premier groupe d’experts, j’aimerais dire quelques mots sur la contribution du Canada au développement au cours des dernières années.
À l’heure actuelle, plus de 1,1 milliard de personnes dans le monde vivent encore dans une pauvreté extrême et essaient de survivre avec moins de 1,25 $ par jour.
Aider ces personnes à survivre au jour le jour est une tâche complexe qui nous oblige à redéfinir notre démarche en matière d’aide internationale.
Le Canada est depuis longtemps à l’avant-garde du développement international.
Pour moi, cela signifie dépasser les limites qui ont traditionnellement défini comment se faisait le développement.
Au centre de nos efforts, il y a la volonté d’établir de nouveaux partenariats et d’innover constamment.
Il s’agit d’un engagement à l’égard d’un développement intelligent qui s’adapte à l’évolution constante du paysage du développement.
C’est dans cet esprit que le Canada est heureux d’organiser l’événement d’aujourd’hui avec le SCRS.
Comme beaucoup d’entre vous le savent, l’aide internationale n’est plus ce qu’elle était.
En effet, beaucoup de choses ont changé depuis que le Canada s’est lancé officiellement dans le développement international, à la fin des années 1960.
Aujourd’hui, les pays en développement sont de plus en plus des moteurs de la croissance mondiale, et ils utilisent le développement économique, le commerce et l’investissement pour alimenter leur propre progrès.
L’aide au développement n’a plus autant d’importance que d’autres ressources, et l’investissement direct étranger dans les pays en développement est maintenant cinq fois supérieur à l’aide au développement.
L’éradication de la pauvreté extrême et la promotion de la prospérité mondiale représentent les deux côtés d’une même médaille.
Les pays partenaires en Afrique, par exemple, disent depuis longtemps qu’ils ont besoin de plus que d’une aide au développement.
Ils ont besoin d’un accès aux connaissances et aux compétences qui peuvent les aider à mobiliser leurs propres ressources et leurs propres capacités.
Ils veulent des investissements du secteur privé afin de pouvoir réinvestir les fonds publics dans la santé et le bien-être de leurs propres citoyens.
Je crois que le Canada est particulièrement bien placé pour aider les pays en développement à relever ces défis, tant sur le plan institutionnel qu’économique.
Le Canada a mieux résisté à la crise financière mondiale que la majorité de nos partenaires commerciaux, grâce aux solides politiques économiques de notre gouvernement.
Aujourd’hui, le Canada affiche le meilleur bilan en matière d’emploi parmi les pays développés : près de 1,1 million d’emplois ont été créés depuis la récession.
L’expérience canadienne peut certainement s’avérer un atout pour plusieurs pays en développement.
Le Canada a été l’un des premiers donateurs à promouvoir le rôle central de la croissance économique durable dans le développement international, et cela reste une priorité.
Plus récemment, quand notre gouvernement a procédé à la fusion d’Affaires étrangères et Commerce international Canada et de l’Agence canadienne de développement international, son but était de tirer pleinement profit du potentiel de l’interrelation entre la politique étrangère, le développement et le commerce.
Nous commençons à en récolter les fruits aujourd’hui.
Nous croyons que cette cohérence donnera plus de poids à nos efforts, et ce, à tous les niveaux.
En tant que ministre de la Francophonie, je peux maintenant attester que la fusion a eu des effets positifs dans ce domaine.
Par exemple, avec ses partenaires, le Canada dirige actuellement des travaux qui visent à faire en sorte que la Francophonie se dote d’une stratégie économique.
La réorganisation du Ministère permet au Canada de mettre de l’avant une stratégie qui tient compte des divers degrés de développement des pays de la Francophonie, tout en faisant en sorte que le commerce et le développement soient sur un pied d’égalité.
Cet engagement envers le développement international, nous l’avons démontré dès les premiers jours de notre gouvernement.
Dans le budget de 2006, notre gouvernement a réaffirmé l’engagement du Canada à doubler l’aide internationale pour la porter à 5 milliards de dollars en 2010-2011.
Cependant, il nous est aussi apparu évident que pour donner un nouvel élan à notre aide internationale, nous devions apporter des changements aux politiques et aux pratiques en place.
L’aide du Canada était alors trop éparpillée, entre de trop nombreux pays et sous de trop nombreuses thématiques.
Cette situation avait d’ailleurs été notée dans un rapport critique de l’OCDE sur les politiques d’aide du Canada.
C’est pourquoi nous avons adopté, en 2007, un plan d’action pour assurer l’efficacité de l’aide.
Nous avons décidé de concentrer notre énergie et nos efforts sur le plan géographique et en fonction de thématiques où le Canada pourrait jouer un rôle de premier plan.
Selon moi, le meilleur exemple de cette réussite est notre position de chef de file dans le domaine de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants depuis 2010.
Avant que le premier ministre Harper n’attire l’attention de la planète sur cet enjeu déterminant qu’est la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, nous avions du mal à réduire la mortalité infantile et maternelle.
Grâce à l’Initiative de Muskoka et à l’action mondiale qu’elle suscite, les taux de mortalité maternelle diminuent et le nombre d’enfants qui peuvent célébrer leur cinquième anniversaire s’accroît par millions.
En fait, je suis fier de dire que le premier ministre Harper a renforcé cette priorité en mai, au sommet mondial Sauvons chaque femme, chaque enfant, qui a eu lieu à Toronto.
Lors de cette rencontre, des chefs de gouvernement, des leaders de l’industrie et des représentants d’organisations de la société civile se sont réunis pour parvenir à un consensus quant aux efforts internationaux à déployer pour réduire le nombre de décès évitables de mères, de nouveau-nés et d’enfants de moins de cinq ans dans les pays en développement, et ce, en une génération.
Ce sommet a permis de confirmer que nous sommes sur la bonne voie.
Que sauver chaque femme et chaque enfant est à notre portée.
Et qu’il est essentiel de redoubler d’efforts si nous voulons atteindre nos objectifs.
Il a aussi permis de confirmer que le dossier doit demeurer au cœur du programme de développement mondial de l’après-2015.
À Toronto, le premier ministre a annoncé que le Canada versera 3,5 milliards de dollars sur cinq ans pour améliorer l’état de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.
Cet engagement renforcera la dynamique qui permettra de sauver des millions de bébés, d’enfants et de mères, et de les aider à grandir et à s’épanouir.
Nous avons déjà vu des résultats il y a deux semaines, à New York, lorsque le président Kim de la Banque mondiale et d’autres dirigeants, y compris le premier ministre Harper, ont annoncé la création du Mécanisme de financement global à l’appui de l’initiative Chaque femme, chaque enfant.
En tant que partenaire fondateur, le Canada allouera 200 millions de dollars au Mécanisme, dans le cadre de son engagement de 3,5 milliards annoncé lors du sommet de Toronto.
Intégré à la Banque mondiale, le Mécanisme fournira l’architecture financière essentielle pour mobiliser les capitaux nécessaires à l’élargissement des services de santé offerts aux mères et aux enfants. Le Mécanisme établira notamment une plateforme multi-donateurs pour aider les pays en développement à mettre sur pied ou à renforcer leurs systèmes d'enregistrement des déclarations d’état civil et des statistiques de l’état civil.
Le développement est devenu une entreprise mondiale dans laquelle des partenaires de nombreux secteurs coopèrent pour répondre aux besoins des pauvres du monde.
Autrefois, cela était un domaine réservé aux organismes publics d’aide au développement, aux organismes de bienfaisance et aux organisations internationales.
Le Canada fait avancer ses priorités en matière de développement en travaillant étroitement avec une multitude de partenaires.
Il n’existe pas de type de partenaires qui, à lui seul, pourrait nous permettre de surmonter tous les défis.
Chaque acteur a sa raison d’être.
Comme je l’ai dit plus tôt, nous savons que la croissance économique durable constitue le moteur pour réduire la pauvreté et que le secteur privé est le moteur de la croissance économique.
L’établissement de partenariats avec le secteur privé est donc essentiel pour sortir les populations de la pauvreté et les mettre sur la voie de la prospérité.
Des emplois valorisants, une éducation et une formation de meilleure qualité, une santé renforcée et une nutrition améliorée pour les mères et les enfants sont autant d’éléments qui peuvent accroître les chances de vaincre la pauvreté.
Or, tous ces buts peuvent être atteints si le secteur privé s’associe davantage aux efforts de développement qui sont réalisés à l’échelle mondiale.
Depuis que je suis devenu ministre du Développement international, l’une de mes priorités a été de placer le Canada à l’avant-plan des efforts pour mobiliser les intervenants locaux, canadiens, internationaux et multinationaux du secteur privé.
C’est aussi pourquoi je suis fier d’avoir été nommé président du comité directeur de l’Initiative de refonte du financement du développement, ou IRFD.
L’IRFD est un projet international conjoint du Forum économique mondial et du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Elle a pour principal objectif d’élargir le bassin de capitaux étrangers et nationaux disponibles pour accélérer les progrès sociaux et économiques.
Ses principaux outils sont :
- déterminer et mettre à l’essai des modèles novateurs de financement public-privé;
- mettre en œuvre à plus grande échelle ces modèles de financement mixte.
Cela dit, je reconnais que nous avons des choses à améliorer sur ce front.
Le secteur privé canadien ne participe pas au développement selon ses pleines capacités.
Beaucoup expliquent la situation par l’absence d’un mécanisme canadien de financement.
Je prends la question au sérieux et je mène actuellement des consultations pour voir quel est le meilleur moyen de corriger la situation.
Beaucoup d’autres partenaires non traditionnels peuvent aider le Canada à relever le défi du développement.
Nul doute que l’innovation est essentielle à l’atteinte de résultats de développement.
La communauté scientifique et technologique canadienne constitue l’un de nos plus grands atouts.
Comme le Ministère œuvre depuis longtemps dans des pays en développement, il a une perspective assez unique du terrain.
Je veux que le Ministère établisse des liens entre l’écosystème canadien en matière de sciences et de technologie et les besoins du monde en développement.
Nous devons aussi considérer l’afflux de migrants internationaux qui a créé des diasporas ou des communautés d’expatriés, et dont les activités ont des incidences sur le développement.
Avec des transferts de près de 24 milliards en 2012, le Canada est la troisième source en importance d’envois de fonds vers les pays en développement.
Ces envois contribuent à réduire la pauvreté et à répondre aux besoins de base dans plusieurs pays en développement.
Cette importante contribution de la part de nos concitoyens doit être davantage reconnue. Nous ne pouvons nous passer de cette précieuse collaboration.
La diversification de nos partenariats est cruciale pour le succès futur de notre programme d’aide, et nombreuses sont les occasions de procéder à une telle diversification.
Mais le maintien de la qualité et de la force de nos partenariats avec la société civile, nos partenaires de plus longue date, est tout aussi important.
C’est pourquoi, comme ministre, j’ai mis beaucoup d’efforts à tisser des liens avec la société civile.
J’avais souvent entendu parler de la façon dont nos organisations partenaires représentent avec brio le Canada dans le monde.
Depuis que je suis ministre du Développement international, j’ai eu la chance de constater cela en direct.
Par leurs actions pour aider les populations pauvres et vulnérables, nos organisations partenaires véhiculent les valeurs canadiennes à l’échelle internationale.
Je sais qu’en travaillant avec nos partenaires traditionnels de la société civile, nous sommes en mesure d’avoir un effet important sur le développement.
En tant que nation, en tant que peuple, les Canadiennes et les Canadiens sont motivés par le désir d’aider ceux qui sont moins fortunés qu’eux.
Nous ne devons toutefois jamais perdre de vue que les citoyens s’attendent à ce que l’aide canadienne livre des résultats concrets.
Or, nous sommes aujourd’hui mieux outillés que jamais pour lutter contre la pauvreté et pour investir nos fonds destinés à l’aide au développement là où ils auront le plus grand impact.
Le Canada donnera le ton en mettant l’accent sur l’incidence de ses activités.
En développant des solutions novatrices capables de changer des vies.
J’espère que la conférence d’aujourd’hui contribuera à la mise au point de telles innovations, au Canada et partout dans le monde.
Merci.