Ce texte d’opinion a été publié dans The Hindu, le 14 octobre 2014 (en anglais seulement).
par John Baird, ministre des Affaires étrangères
Le film présenté à l’ouverture du Festival international du film de Toronto (TIFF) le mois dernier a captivé l’imagination des Canadiens de toutes les couches de la société. Le long-métrage Mary Kom raconte l’histoire d’une jeune villageoise passionnée et résolue, originaire de Maripur et incarnée par l’actrice Priyanka Chopra, qui contre toute attente sera couronnée cinq fois championne mondiale de boxe.
Il ne faut pas s’étonner de la forte présence de Bollywood au TIFF. Ses films sont régulièrement à l’affiche de cinémas partout au Canada, notamment parce que plus de un million de Canadiens sont d’origine indienne. Ces relations sont de nature personnelle. La communauté indo-canadienne contribue énormément à notre société multiculturelle et aux activités économiques, universitaires et politiques de notre pays. Cette communauté a aussi apporté avec elle au Canada un riche héritage culturel indien.
L’amitié de longue date entre nos deux pays nous est précieuse. En visitant Delhi cette semaine, j’ai de nouveau compris que cette amitié se fonde également sur des valeurs communes. Nous accordons une grande importance à la liberté, au pluralisme, au respect des droits de la personne et à la primauté du droit. Dans nos deux pays, la démocratie parlementaire s’inspire du modèle britannique, et peut connaître aussi bien des gouvernements majoritaires que minoritaires. Nous croyons que tous les membres de la société ont un rôle à jouer et le droit de déterminer leur avenir.
Bien sûr, l’avenir a ses racines dans nos jeunes. Le Canada est fier d’accueillir de nombreux étudiants indiens dans ses universités et collèges. Ces étudiants prennent part à un échange de connaissances, et leurs contributions et innovations sont de calibre mondial. Notre investissement commun dans cette génération favorise l’adoption de moyens nouveaux et créatifs d’améliorer notre monde. Cela comprend des partenariats pour l’assainissement du Gange, cet historique fleuve sacré. Cela comprend des partenariats potentiels autour de questions aussi diverses que les eaux de l’Asie, l’assurance de la liberté d’Internet et la coopération aérospatiale.
Cependant, ce potentiel sera toujours limité si les possibilités offertes à la moitié d’une génération sont moindres que celles procurées à l’autre. Comme quelqu’un m’a déjà dit, « on ne peut pas courir sur une seule jambe ». Cela a été un thème central de la Journée internationale de la fille, samedi dernier. Le premier ministre Modi est résolu à améliorer l’accès des filles à l’éducation et à procurer aux femmes l’égalité des chances. Le Canada sait gré à l’Inde de son leadership sur ce plan, et il souhaite ardemment collaborer à l’atteinte des objectifs fixés à cet égard. Dans le même sens, j’aimerais féliciter M. Kailash Satyarthi, corécipiendaire du prix Nobel de la paix cette année, pour les efforts inlassables qu’il déploie en faveur des droits des enfants.
Nous pouvons travailler ensemble dans un domaine en particulier : mettre fin à la pratique des mariages précoces et forcés. Cette pratique très répandue menace la vie et l’avenir des filles et des jeunes femmes partout dans le monde et elle les prive de leurs droits, entrave leur accès à l’éducation et compromet gravement leur santé. Elle nuit en outre au développement. Quand les filles ne peuvent pas réaliser leur plein potentiel, tous en souffrent : les filles, leurs communautés et l’ensemble de la société.
Nous sommes encouragés par le mouvement international grandissant en faveur du règlement de cette question, y compris les efforts prometteurs déployés en Inde par l’intermédiaire des programmes des gouvernements des États du pays, tels qu’Apni Beti, Apna Dhan, qui ont entraîné des progrès concrets dans le dossier des mariages d’enfants, dans l’Haryana. Des efforts internationaux sont requis pour mettre fin à cette pratique, et non seulement de la part des gouvernements, mais aussi de la société civile, des dirigeants des collectivités et des chefs religieux, des hommes et des garçons et, bien sûr, des femmes et des filles elles-mêmes.
Ma visite a aussi une dimension commerciale. On sent vraiment que l’économie indienne bouge, et je salue particulièrement les efforts renouvelés de développement économique dans l’État du Jammu-et-Cachemire, malgré les constantes menaces terroristes et les désastres naturels. Mon collègue Ed Fast, ministre du Commerce international, dirige une délégation commerciale ici, cette semaine. Le Canada est un pays commerçant : en effet, 60 p. 100 de son produit intérieur brut (PIB) et un emploi sur cinq sont liés aux exportations. Bien que les partenariats commerciaux traditionnels du Canada aient été conclus avec les États-Unis et l’Europe, notre pays sert de plus en plus de pont entre l’Asie et ces pays. Il se situe au centre d’un diagramme de Venn particulier, faisant voir le commerce avec l’Amérique du Nord d’un côté, par l’intermédiaire de l’ALENA, et le commerce avec l’Europe de l’autre, avec le nouvel Accord économique et commercial global Canada-Union européenne. De surcroît, nos côtes du Pacifique et de l’Atlantique sont réputées être des ports fiables pour la stabilité des énergies, qui continueront de générer des débouchés économiques en Inde.
Les débouchés commerciaux nous rappellent que nos deux pays dépendent d’une société internationale interconnectée et interdépendante. À l’échelle mondiale, la prospérité et le commerce dépendent en fin de compte de la stabilité et de la sécurité; or, ces deux piliers sont plus fragiles en 2014 que dans le passé. À mon avis, la lutte contre le terrorisme est le plus grand défi auquel doit faire face notre génération. C’est pourquoi j’applaudis avec enthousiasme au leadership manifesté par le premier ministre Modi dans ce dossier, aux Nations Unies. J’ai hâte que nous travaillions ensemble pour relever nos défis communs liés à la sécurité internationale, et je rencontrerai aujourd’hui le conseiller national pour la sécurité, M. Ajit Doval, afin d’en discuter.
Je suis bien conscient du fait qu’en sa qualité de plus grande démocratie du monde située dans une région revêtant une grande importance stratégique, l’Inde joue déjà un rôle de chef de file dans tous ces dossiers. Par exemple, le Canada et l’Inde sont tous deux des acteurs clés lorsqu’il s’agit d’aider l’Afghanistan à se doter d’une société stable et démocratique. La mise sur pied d’un gouvernement d’unité nationale constitue une autre étape que ce pays doit franchir pour accroître sa sécurité, sa prospérité et son autonomie. Le Canada reconnaît le rôle important et constructif que l’Inde, à titre de leader régional, a assumé pour aider l’Afghanistan à s’intégrer dans la région et à renforcer sa sécurité et sa prospérité au profit de tous.
Qu’il s’agisse des valeurs, du commerce ou de la sécurité, je nourris de grands espoirs à l’égard des relations entre nos pays. J’ai bon espoir que le leadership dont le premier ministre Narendra Modi a déjà fait preuve saura paver la voie vers un avenir plus prospère. Si nous pouvons faire nôtre la ténacité à toute épreuve de Mary Kom, nous pourrons, j’en suis sûr, renforcer ces relations encore davantage au cours des années à venir.
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