Le 17 octobre 2014 – Notre grande nation canadienne a été bâtie par des générations de familles qui ont lutté en temps de guerre et de paix pour défendre une société libre et ouverte, une société qui a offert à chacune et à chacun de nous l’occasion de progresser, peu importe sa race, sa religion ou son statut économique. Comme l’ont si bien résumé certains économistes, lauréats d’un prix Nobel : le développement, c’est la liberté. En augmentant les libertés personnelles des gens, nous éliminons les obstacles à l’innovation et à l’ingéniosité, et nous jetons les fondements de collectivités saines, de gouvernements responsables et du respect de la primauté du droit. Seule la mise en place de ces conditions nous permettra d’assurer une croissance économique durable et la réduction permanente de la pauvreté.
À l’échelle mondiale, pas moins de 2,4 milliards de personnes vivent avec moins de 2 $ par jour, et des millions de personnes sont touchées par les guerres et les conflits dans des pays comme la Syrie, l’Iraq et l’Ukraine ainsi que dans d’autres régions du monde. Ces chiffres sont élevés, et nous avons souvent du mal à les considérer de manière concrète. Toutefois, nous pouvons compatir à la détresse d’une mère qui tente de nourrir son enfant affamé ou d’un père qui doit laisser derrière lui tout ce qu’il possède pour sortir sa famille d’un pays dévasté par la guerre et l’amener dans un camp de réfugiés.
C'est pourquoi le Canada travaille avec les pays en développement, d'autres donateurs, des organisations non gouvernementales canadiennes, des institutions multilatérales et le secteur privé pour améliorer la vie des gens dans les pays en développement. Nous concentrons nos efforts sur des volets bien précis : accroître la sécurité alimentaire, assurer l'avenir des enfants et des jeunes, stimuler une croissance économique durable, assurer la sécurité et la stabilité, et faire progresser la démocratie. C’est ainsi que nous aidons cette mère à nourrir son enfant et que nous apportons notre soutien au camp de réfugiés où ce père a conduit sa famille.
Notre gouvernement croit en l’importance d’habiliter les familles tant au Canada qu’à l’étranger. Par conséquent, notre priorité absolue en matière de développement est l’amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Cela fait écho au travail que nous avons accompli au Canada pour rehausser la qualité de vie des familles en fournissant aux parents les possibilités et les moyens concrets d’améliorer la vie de leurs enfants.
Voilà pourquoi le premier ministre Harper a annoncé que le Canada fournirait 3,5 milliards de dollars d’ici à 2020 en vue de poursuivre ses travaux en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Cette initiative prend appui sur les investissements initiaux de 2,85 milliards de dollars effectués par le Canada depuis que le premier ministre a pris un engagement historique à l’égard de cette question en 2010, à l’occasion du Sommet du G8, à Muskoka. Le leadership dont a fait preuve le Canada dans ce dossier crucial a été loué par des organisations non gouvernementales, les Nations Unies et des dirigeants d’États de partout dans le monde.
La stratégie du Canada est simple. Tout d’abord, nous renforçons les systèmes de soins de santé pour les femmes et les enfants en augmentant le nombre de médecins et d’infirmières et en renforçant la capacité de l’administration locale de suivre les progrès grâce à l’amélioration de l’enregistrement des faits d'état civil et des statistiques de l'état civil. Ensuite, nous appuyons la nutrition en encourageant l’allaitement et en veillant à ce que les personnes visées reçoivent les micronutriments essentiels. Enfin, nous réduisons le fardeau des maladies en fournissant des vaccins.
Le gouvernement collabore avec plus de 70 partenaires canadiens dans 125 pays, et je tiens à souligner certains des résultats impressionnants obtenus jusqu’ici. Ainsi, tous les ans, 180 millions d'enfants de moins de cinq ans reçoivent deux doses de vitamine A, un nutriment essentiel pour le système immunitaire afin de protéger les gens contre la maladie. Plus de 1,9 million de femmes enceintes reçoivent des suppléments de fer et d’acide folique pour les aider à mieux vivre leur grossesse. Plus de 5,8 millions d’enfants reçoivent des vaccins vitaux. Et à l’heure actuelle, 75 000 travailleurs de la santé de plus qu’auparavant ont reçu une formation dans les pays en développement.
Il faut toutefois en faire plus. Selon les Nations Unies, depuis 1990, les décès maternels ont diminué de 45 %. Par contre, l’objectif fixé pour 2015 était de réduire les décès maternels de 75 %. Depuis la mise en œuvre de l’Initiative de Muskoka en 2010, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans a diminué de 6,9 millions à 6,3 millions en 2013. Nos efforts collectifs ont donc sauvé la vie de 600 000 enfants. Cependant, si les tendances actuelles persistent, le quatrième Objectif du Millénaire pour le développement, à savoir réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de 1990 à 2015, ne sera atteint qu’en 2026 à l'échelle mondiale. Nous devons soutenir l'effort mondial pour mettre fin aux décès évitables de mères et d’enfants.
C’est pourquoi la priorité absolue du Canada pour l’après-2015 est de maintenir un objectif distinct lié à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Notre nation, forte des familles qui la composent, est sensible aux difficultés qu’éprouvent les femmes et les enfants vivant dans la pauvreté. Les Canadiennes et les Canadiens peuvent être fiers du leadership dont fait montre leur gouvernement pour réduire le nombre tragique de décès évitables de mères, de nouveau-nés et d’enfants. Alors que nous lancerons prochainement le processus pour l’après-2015, je demande à tous les alliés du Canada au sein de la société civile et du secteur privé et à l’échelle du pays de joindre leurs efforts aux nôtres pour créer l’élan mondial qui nous permettra de lutter pour les femmes et les enfants afin de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.
Christian Paradis
Ministre du Développement international et de la Francophonie