Ottawa (Ontario)
23 octobre 2014
Le Premier ministre Stephen Harper a aujourd'hui prononcé le discours suivant à la Chambre des communes au sujet des attaques perpétrées dans la capitale nationale :
« Merci, chers collègues.
« Monsieur le Président, j'aimerais commencer aujourd'hui en reconnaissant et en remerciant le chef de l'opposition ainsi que l'honorable député de Papineau pour leurs aimables paroles et leurs mots encourageants hier soir.
« Monsieur le Président, dans notre système, dans notre pays, nous sommes des opposants, mais nous ne sommes jamais des ennemis.
« Nous sommes des Canadiens, tous et toutes.
« Nous sommes peut-être de différents côtés de la Chambre, mais lorsque nous faisons face aux attaques perpétrées contre le pays que nous aimons et contre toutes les valeurs que nous défendons, je sais que nous serons toujours solidaires.
« Monsieur le Président, aujourd'hui plus que jamais, je suis bien heureux de voir tous mes collègues de tous les partis en bonne santé et en bonne forme.
« Si vous me le permettez, Monsieur le Président, par votre entremise, j'aimerais en profiter pour donner un petit conseil à mes collègues.
« Je pense que mon poste et que ma chevelure de plus en plus grise me donnent le droit de le faire de temps à autre. Je veux simplement dire que chacun d'entre nous, ici, occupe un poste extrêmement exigeant et stressant.
« Mais le stress que beaucoup d'entre vous ont vécu hier allait bien au-delà de celui nous aurions tous pu nous attendre à ressentir.
« J'aimerais simplement dire qu'au moment où nous reprenons notre travail, et j'aborderai ce sujet dans quelques instants, j'inviterais toutes les personnes ici présentes à prendre soin de leur santé.
« Faites en sorte de trouver du temps pour vous détendre au cours des prochains jours. Aussi, si certains parmi vous – car nous ne sommes pas tous en parfaite santé – si certains d'entre vous ressentez un stress physique excessif en raison de ce qui s'est produit hier, je vous prie de prendre le temps d'aller consulter un médecin pour vérifier si tout va bien.
« J'aimerais également dire aux Canadiens et aux Canadiennes – nous avons entendu beaucoup de commentaires de la part des Canadiens hier.
« Nous sommes tous habitués aux commentaires que nous expriment très régulièrement les Canadiens.
« La plupart sous forme de coup de massue, dont certains sont mérités.
« Mais cette fois-ci, Monsieur le Président, je crois que nous avons tous ressenti l'immense vague de chaleur, d'affection et de bons vœux venue de gens des quatre coins du pays, et nous les en remercions, de la part de nous tous ici.
« Je tiens également à vous transmettre tous les bons vœux que j'ai entendus personnellement, non seulement de la part de Canadiens, mais aussi de nos amis de l'extérieur du pays.
« J'ai parlé au Président Obama, au Premier ministre Abbott, au Premier ministre Nétanyahou, et le Premier ministre Cameron a fait une déclaration.
« Des manifestations de sympathie sont venues du monde entier.
« Je pense que nous tous, comme Canadiens, avons été touchés par le formidable geste qui a été posé hier durant le match de hockey des Penguins de Pittsburgh.
« Alors merci à nos amis des États-Unis et du monde entier.
« Bien sûr, Monsieur le Président, nous sommes parfaitement conscients du fait qu'aujourd'hui n'est pas une belle journée pour tout le monde.
« Plus particulièrement, il s'agit d'une journée extrêmement triste pour les familles, les proches, les amis et les collègues de Nathan Cirillo et de Patrice Vincent.
« Nous avons tous vu des photos de ces charmants hommes.
« Nous avons tous vu les photos de ces beaux hommes, comme dirait Don Cherry, et nous sommes de tout cœur avec eux.
« Nous avons beaucoup de chance d'avoir parmi nous des gens comme cela.
« Depuis ces dernières décennies, vous le savez, partout dans le monde, nous voyons des endroits qui sombrent dans la sauvagerie, et il y a des gens qui, chaque jour de leur vie, protègent ce pays, nous protègent tous, et nous voulons évidemment exprimer notre gratitude envers ces deux militaires et envers leurs familles, mais également envers tous ceux et celles qui accomplissent ce dangereux travail.
« Monsieur le Président, j'ai parlé de la condition dans laquelle se trouve une grande partie du monde, et je crois que pour nous tous, qui avons la chance de vivre dans un pays comme celui-ci, il est difficile de saisir, de comprendre, de concevoir comment il peut y avoir des gens tellement pleins de hargne, qui font partie d'un mouvement qui souhaite tant de violence, qui détestent tant la modernité, qui haïssent tellement le progrès qu'ils décident de chasser des travailleurs de la santé hors de leurs communautés et de leur faire du mal... Il est difficile de comprendre comment ils peuvent réduire des femmes à l'esclavage, torturer des enfants.
« Comment ils peuvent tuer, et veulent tuer, tous ceux qui ne leur ressemblent pas ou qui pensent différemment d'eux.
« Dans un sens, Monsieur le Président, cela nous est incompréhensible, mais c'est très réel. C'est la lutte dans laquelle nous sommes engagés, et dans laquelle nous devons mettre à profit nos valeurs les plus nobles et faire preuve du plus haut degré d'unité et de détermination.
« Ce sont là nos armes ultimes et indispensables, et c'est ce à quoi ces gens seront confrontés.
« Monsieur le Président, au sujet des événements d'hier et pendant les jours récents, plusieurs questions demeurent et seront toutes répondues pendant le cours des enquêtes policières de sécurité.
« Mais je peux dire la chose suivante à la Chambre aujourd'hui : le but de ces deux attaques était de créer la peur et la panique dans notre pays ainsi qu'interrompre les affaires du gouvernement.
« Eh bien, chers députés comme je l'ai dit hier, les Canadiens ne se laisseront pas intimider.
« Nous serons vigilants et nous n'allons pas nous laisser vaincre par la peur.
« Nous allons être prudents, mais nous n'allons pas paniquer.
« Et pour ce qui est du travail du gouvernement, nous sommes ici, fidèles au poste, dans notre Chambre, au cœur même de notre démocratie et au travail.
« Monsieur le Président, cette Chambre, dans toute sa diversité de peuples et d'opinions, incarne l'esprit du Canada.
« Le Canada ne cédera jamais devant le terrorisme, la Chambre des communes non plus.
« Nous poursuivons.
« Nous allons voir aux affaires du pays et nous allons nous montrer dignes de la confiance de la population.
« Mais, Monsieur le Président, comme je l'ai dit et comme je le dis depuis longtemps, nous vivons dans un monde dangereux.
« Le terrorisme nous touche depuis un certain temps et il a été dangereusement présent à quelques occasions.
« Je veux parler par exemple, je veux rappeler à nos députés des incidents comme les 18 de Toronto, la conspiration qui a visé Via Rail en 2013, et je pourrais donner d'autres exemples, dont beaucoup que la plupart des gens ne sauront jamais.
« C'est pourquoi, sachant que la sécurité du Canada est la responsabilité primordiale du gouvernement, nous avons, au fil des ans, adopté des lois comme la Loi sur la lutte contre le terrorisme et la Loi renforçant la citoyenneté canadienne, pour mieux protéger les Canadiens et sécuriser les institutions.
« La semaine dernière, notre gouvernement a proposé de modifier la loi en vertu de laquelle fonctionne le Service canadien de renseignement de sécurité.
« Et comme vous le savez, Monsieur le Président, au cours des dernières semaines, j'ai dit qu'il fallait donner plus de poids à nos lois et plus de pouvoirs à la police en ce qui concerne les opérations de surveillance, l'attention et les arrestations.
« Ces lois et ces pouvoirs doivent être beaucoup renforcés et je vous assure, M. le Président, que les travaux déjà en cours seront accélérés.
« En conclusion, Monsieur le Président, nous savons tous que les deux attentats terroristes commis cette semaine l'ont été par des citoyens canadiens, de jeunes hommes qui sont nés et qui ont grandi dans notre pays pacifique et c'est troublant.
« Je partage cette inquiétude et me demande quelle faiblesse d'esprit pourrait faire en sorte qu'une personne rejette une nationalité que tellement de gens dans tellement de pays s'efforcent de mériter pour leurs enfants.
« Nous nous pencherons sur cette question un autre jour.
« Pour le moment, ne vous y trompez pas, même au moment où les courageux hommes et femmes de nos Forces armées s'en vont combattre les terroristes sur leur propre terrain, nous sommes tout autant déterminés à leur livrer bataille ici.
« Nous vivons des moments dangereux, oui, mais la mission de notre pays et le travail du Parlement continuent.
« Et le travail continue aussi dans toute la ville.
« Permettez-moi de dire en terminant ma reconnaissance pour tous les héros d'hier.
« Tout d'abord, j'en connais tant – je peux certainement mentionner mon personnel, au 24 Sussex – M. Roger Charbonneau, les chefs, Tim et Tina, qui ont été debout toute la nuit.
« Mais je connais des gens qui, pour nous tous partout au Canada et ici à Ottawa, ont travaillé jour et nuit pour rendre la situation plus facile.
« Les représentants officiels qui s'affairaient au travail pour réagir à la situation, les premiers intervenants et les citoyens qui se sont mis en danger lorsque les événements sont survenus.
« Naturellement, Monsieur le Président et pour conclure, plus particulièrement les hommes et les femmes de nos services de sécurité, la Gendarmerie royale du Canada, les Forces armées canadiennes, la police de la Ville d'Ottawa et tout spécialement, Monsieur le Président, je m'en voudrais de ne pas terminer en soulignant le travail des forces de sécurité ici, au Parlement, et l'excellent travail de notre sergent d'armes. »