Le 25 novembre 2014 - La violence envers les femmes et les filles constitue une grave violation des droits de la personne et pose par surcroît un obstacle de taille à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la paix dans la société et au développement durable. La violence sexuelle et sexiste empêche les femmes et les filles de réaliser leur plein potentiel et d’apporter une contribution à leur collectivité et à leur pays. Sur les plans physique, psychologique, économique et social, les coûts associés à la violence à l’égard des femmes sont dévastateurs : les filles abandonnent l’école, des maladies comme le VIH/sida se propagent plus facilement, un nombre plus élevé de femmes et d’enfants meurent en vain et la pauvreté augmente. Nous vivons dans un monde où, selon l’Organisation mondiale de la Santé, une femme sur trois sera victime d’une agression physique ou sexuelle au cours de son existence.
À différentes étapes de la vie, les femmes et les filles risquent de subir diverses formes de violence : mariage précoce et forcé, mutilation génitale, prostitution forcée et traite, violence physique et psychologique, abus sexuels, violence sexuelle et viol. Dans les collectivités fragiles et touchées par un conflit et où l’extrémisme et le terrorisme s’exacerbent, les femmes et les filles sont très vulnérables puisque la violence sexuelle et sexiste y sert couramment de tactique de guerre.
Nous savons que la violence envers les femmes repose sur des formes de discrimination incessantes et qui se recoupent, de même que sur le statut social inégal des femmes et des hommes et des filles et des garçons. Or, nous savons aussi que les femmes et les filles sont de puissants agents de changement. Lorsque les femmes et les filles jouissent de moyens d’action et que les inégalités entre les sexes sont aplanies, les gens vivent plus en sécurité et plus en santé, les possibilités de développement se multiplient et tous en profitent. Nous savons également que les filles instruites sont moins susceptibles de se marier à un jeune âge, de subir de la violence conjugale et de vivre dans la pauvreté. La promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes a un effet multiplicateur sur l’avancement de tous nos objectifs de développement.
C’est pourquoi le gouvernement Harper adopte une approche globale en matière de promotion et de protection des droits fondamentaux des femmes et des filles qui cadre avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes des Nations Unies. Par ailleurs, l’égalité entre les sexes fait partie intégrante des programmes de développement international et des activités d’aide humanitaire du Canada, car nous savons que la violence sexuelle et sexiste est liée en fin de compte à la condition de la femme dans la société.
En République démocratique du Congo, où la violence sexuelle est répandue, le Canada a financé une approche globale à l’égard de la lutte contre cette forme de violence. Depuis 2006, plus de 60 000 survivants de violence sexuelle et sexiste ont obtenu des soins de santé et une aide psychosociale, 15 000 survivants ont fait l’acquisition de compétences pour pouvoir gagner leur vie de façon décente, 5 000 survivants ont reçu une aide juridique et des centaines d’agresseurs ont été déclarés coupables. Sur la base de ces résultats, le Canada s’emploie à élargir l’accès à la justice dans les régions mal desservies, à mettre en place des mécanismes adéquats pour enquêter sur les crimes sexuels et poursuivre en justice les responsables, et renforcer la capacité et l’indépendance de l’appareil judiciaire afin que les agresseurs soient traduits en justice.
Notre gouvernement appuie également une initiative du Fonds des Nations Unies pour la population visant à prévenir la violence sexuelle et sexiste lors de crises humanitaires et de situations d’urgence. Ce projet offre une formation sur les soins axés sur les victimes et cherche à améliorer la qualité des services dont les femmes ont besoin pour survivre à la violence sexuelle et l’accès des femmes à ceux-ci.
La violence envers les femmes et les filles n’est pas inévitable. En favorisant l’égalité entre les sexes et en autonomisant les femmes et les filles, nous pouvons, avec persévérance et grâce à des efforts collectifs, éliminer la discrimination et la violence à l’égard des femmes. Ainsi, les femmes et les filles pourront jouir pleinement de leurs droits fondamentaux, nous réaliserons des progrès en faveur du développement durable et nous consoliderons la paix et la sécurité dans le monde.
Christian Paradis
Ministre du Développement international et de la Francophonie