Le 25 novembre 2014 - Rabat, Maroc
Sous réserve de modifications
Bonjour à tous.
Je remercie chaleureusement l’École de Gouvernance et d’Économie de l’Université Mohammed VI Polytechnique pour cet accueil.
Au cours de cette visite, je tenais à échanger avec des représentants des forces vives qui contribuent à la dynamique économique et à la création de richesse au Maroc.
Je suis heureux de m’adresser à vous aujourd’hui, alors que nous nous préparons à participer au Sommet de la Francophonie à Dakar, au Sénégal, demain.
L’occasion est excellente de venir vous parler de croissance économique durable et de réduction de la pauvreté.
Ces questions seront justement à l’honneur au Sommet.
Nous allons franchir cette année un jalon important dans l’évolution de l’Organisation internationale de la Francophonie, avec l’adoption de la Stratégie économique de la Francophonie.
Cette stratégie met à l’avant-plan le développement économique durable.
Pour les États membres, il s’agit d’une étape déterminante et d’un mouvement de solidarité.
La stratégie contribuera à rendre le climat des affaires plus attrayant au sein de la Francophonie dans les prochaines années.
Cela facilitera les investissements et les échanges commerciaux pour les entrepreneurs.
Comme vous le savez, des investissements accrus et des entreprises prospères favorisent la création d’emplois.
Des emplois qui amélioreront la vie des citoyens et de leurs familles, en plus de générer des revenus dont les gouvernements ont besoin pour investir dans le bien-être de leurs populations.
Aujourd’hui, les pays en développement sont de plus en plus des moteurs de la croissance mondiale, et ils utilisent le développement économique, le commerce et l’investissement pour alimenter leur propre progrès.
En matière d’aide au développement, les paradigmes ont beaucoup changé durant les dernières années.
Nous sommes passés d’une logique d’assistance à une dynamique plus positive de création d’occasions et de richesse.
Des solutions novatrices aux défis du développement sont apparues, sous la forme de nouveaux partenariats gagnants.
Le secteur privé, la société civile et les citoyens sont maintenant engagés avec les organisations publiques dans la mise en œuvre d’actions concrètes pour réduire la pauvreté.
C’est dans cet esprit de prospérité partagée que le Canada continue de faire de la croissance économique durable l’une des priorités de sa politique étrangère.
C’est aussi dans ce même esprit de prospérité partagée que se sont tissés des liens profonds entre le Maroc et le Canada.
L’année 2012 a marqué le 50e anniversaire de nos relations bilatérales.
Des relations sociales et culturelles solides.
Des relations commerciales dynamiques.
De telle sorte qu’environ 72 000 Canadiens sont d’origine marocaine, ce qui en fait la deuxième plus grande diaspora nord-africaine au Canada.
Chaque année, près de 3 000 jeunes Marocains viennent étudier dans des collèges et universités du Canada, traditionnellement au Québec et de plus en plus dans les autres provinces et territoires.
De nombreux partenariats existent entre nos établissements d’enseignement.
C’est le cas pour votre université avec l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal, l’Université d’Ottawa, Queens University et Quest University.
Nous partageons des valeurs de tolérance et de modération et nous collaborons dans la promotion de la sécurité régionale et internationale.
Nos deux pays représentent aussi l’un pour l’autre des marchés d’exportation importants.
Nos activités commerciales sont diversifiées et complémentaires.
L’an dernier, nos échanges bilatéraux de marchandises totalisaient 635,2 millions de dollars canadiens.
D’ailleurs, le Canada se félicite de l’ouverture prochaine de l’usine de Bombardier Aéronautique à Nouaceur et de l’apport de cette entreprise au développement de l’industrie aérospatiale marocaine.
Et nous pourrions en faire davantage.
Davantage pour nos entreprises, nos investisseurs et nos citoyens.
C’est pourquoi en 2011, le premier ministre Stephen Harper et le premier ministre Abbas El Fassi ont annoncé le lancement de négociations en vue de conclure un accord de libre-échange entre le Canada et le Maroc.
Une telle entente – qui serait la première conclue entre le Canada et un pays africain – donnerait une grande visibilité à notre relation, et surtout, offrirait à nos opérateurs économiques un environnement stable et propice aux investissements.
Une prospérité accrue pour les Marocains et pour les Canadiens.
Le Maroc fait d’ailleurs partie des pays prioritaires identifiés dans le Plan d’action des marchés mondiaux du Canada.
En d’autres mots, votre pays fait partie des marchés émergents offrant le meilleur potentiel pour les intérêts commerciaux canadiens.
De plus, l’un des deux piliers de notre stratégie de développement au Maroc vise à appuyer la croissance économique durable par une meilleure gouvernance économique et un soutien aux petites et moyennes entreprises.
Nous appuyons particulièrement celles qui travaillent dans le domaine de l’exportation.
Ensemble, nous pouvons contribuer à la croissance économique durable de nos sociétés.
Une croissance positive pour nous tous.
À titre de ministre canadien du Développement international et de la Francophonie, la croissance économique durable est évidemment l’une de mes grandes priorités.
Lorsque je décris cette prospérité dont nous souhaitons faire profiter les populations les plus vulnérables dans le monde, je pense également aux jeunes.
Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, environ 3 milliards de personnes dans le monde sont des jeunes de moins de 25 ans.
Leurs talents, leur créativité et leur énergie représentent un potentiel de croissance économique immense.
Le Canada considère qu’il est d’une importance capitale d’aider les jeunes à obtenir un emploi intéressant et durable.
D’ailleurs, l’appui à l’employabilité des jeunes constitue le second pilier de notre stratégie de développement au Maroc.
Pour améliorer leurs chances de percer le marché du travail, nous devons les aider à acquérir des connaissances et des compétences dans des secteurs de l’économie qui présentent des occasions d’emploi.
C’est pourquoi j’ai le plaisir d’annoncer une contribution du Canada de l’ordre de huit millions de dollars à l’UNICEF pour la mise en œuvre d’un projet spécialement conçu pour les jeunes Marocains qui ont quitté l’école ou qui risquent de l’abandonner.
Pendant une période de quatre ans, ces jeunes plus vulnérables verront s’ouvrir leurs perspectives d’avenir.
Le projet comprend des activités d’orientation, de la formation et un accompagnement dans la transition entre l’école et le marché du travail.
Le projet prévoit aussi impliquer les communes et municipalités afin d’adapter l’offre locale de formation aux besoins locaux, et d’offrir des services pour les jeunes à la recherche d’emploi.
Des réseaux d’employeurs potentiels, entre autres, seront établis pour faciliter l’embauche des jeunes.
Il s’agit d’un projet de solidarité sociale et d’inclusion.
Bien encadrés, ces jeunes Marocains pourront aussi contribuer par leurs capacités à la croissance économique durable de leur pays, et transformer son avenir.
Comme je le disais plus tôt, l’éradication de la pauvreté extrême et la promotion de la prospérité mondiale représentent aujourd’hui les deux côtés d’une même médaille.
En effet, beaucoup de choses ont changé depuis que le Canada a décaissé ses premiers montants d’aide au développement au Maroc, en 1963.
À l’échelle mondiale, l’aide publique au développement n’a plus autant d’importance que d’autres ressources.
L’investissement direct étranger dans les pays en développement est maintenant cinq fois supérieur à l’aide au développement.
Les pays en développement ont aussi besoin de partenariats, et d’un accès à des connaissances et des compétences qui peuvent les aider à mobiliser leurs propres ressources et leurs propres capacités.
Le Canada reste engagé à appuyer la croissance économique durable comme levier au développement.
Car c’est ce qui engendre le véritable développement social et humain qui permettrait de lutter efficacement contre toutes les formes de pauvretés, en plus de réduire l’insécurité dans plusieurs régions du monde.
Je suis très optimiste quant à l’avenir des étudiants qui sont ici devant moi, et qui contribueront sans aucun doute à faire progresser leur société.
Le message que je vous ai transmis aujourd’hui est un message de réalisme et d’espoir pour l’avenir.
Je vous remercie.