Merci beaucoup, Nick Noorani, d’agir comme maître de cérémonie pour la sixième remise annuelle du Prix Paul Yuzyk attribué pour l’excellence dans la promotion du multiculturalisme. Plus tôt aujourd’hui, j’ai tenu une conférence de presse avec Nick, l’un des intervenants les plus efficaces qui soit pour ce qui est de défendre les intérêts des immigrants et de favoriser la réussite de leur intégration, pour annoncer qu’il devenait président d’un groupe d’experts spécial que j’ai formé pour conseiller le gouvernement sur la façon dont nous pourrions mieux aider les nouveaux arrivants à faire reconnaître leurs titres de compétences et leurs qualifications de façon à ce qu’ils puissent travailler et réaliser leur potentiel. Nick, merci des services que vous rendez au Canada.
Mes amis, avant d’aller plus loin, j’ai pensé qu’il conviendrait d’abord de rappeler à notre mémoire les braves Canadiens dont les vies ont été si brutalement fauchées plus tôt cette semaine, particulièrement l’adjudant Patrice Vincent de Saint-Jean-sur-Richelieu et le caporal Nathan Cirillo. Puis-je vous inviter à vous lever pour observer un moment de silence en leur mémoire et en mémoire de tous ceux qui sont tombés?
(Moment de silence)
Donnez-leur le repos éternel, ô Seigneur, et que la lumière brille perpétuellement sur eux. Amen. Merci à vous tous. Vous comprendrez que pour des gens comme moi et le ministre Wong ainsi que notre ami Wai Young, le sénateur Martin, le service public a peut-être pris pour nous une signification légèrement différente ces derniers jours et notre patriotisme a gagné en profondeur. Notre amour pour ce pays s’est trouvé renforcé au moment où nous, Canadiens, affichons notre force de caractère et d’esprit face à une violence qui voudrait nous déchirer.
Nous renouvelons tous notre engagement de réagir face à ceux qui perturbent notre mode de vie, troublent notre paix et bafouent la primauté du droit. Nous nous réengageons à édifier une société fondée sur la paix et la suprématie du droit, une société caractérisée par le règlement pacifique et non violent des conflits, une société fondée sur le respect de la liberté de conscience et la liberté de religion, une tradition de liberté ordonnée qui remontent à plusieurs siècles.
Mes amis, voilà vraiment ce qui nous rassemble ici aujourd’hui. Ce soir ce qui nous rassemble est vraiment notre tradition de liberté réglée dans les brises de nos institutions parlementaires, de notre monarchie constitutionnelle, de notre tradition de primauté du droit et tout ça est incarné en partie dans la valeur de multiculturalisme au Canada.
De bien des façons, toutes ces valeurs fondatrices du Canada, soit la suprématie du droit par l’intermédiaire de nos institutions parlementaires, notre monarchie constitutionnelle et notre attachement à une tradition de liberté ordonnée, s’incarnent ensemble dans ce que nous appelons le multiculturalisme, et d’autres, le pluralisme. L’idée qui sous-tend tout cela est simplement que toute personne humaine possède une dignité inviolable et qu’une façon de vivre cette dignité est de donner aux gens la liberté d’exprimer leur conscience, leur foi et leurs convictions les plus profondément ancrées.
Ces convictions se manifestent notamment par la sensibilité culturelle des gens et par la façon dont ils se définissent eux-mêmes, ce qu’ils sont et d’où ils viennent. Voilà pourquoi ce pays a toujours d’une façon ou d’une autre invité les gens à célébrer le meilleur de ce qui entoure leurs origines, à demeurer fidèles au meilleur de ce qui constitue leur foi tout en étant des Canadiens à part entière, pleinement intégrés et respectueux de leurs voisins de toutes origines.
Voilà pourquoi nous attribuons ce prix d’excellence pour la promotion du multiculturalisme. C’est une valeur qui est enchâssée dans la loi et dans notre Constitution et à laquelle nous donnons une expression pratique tous les jours. Vous savez, le multiculturalisme lui-même n’est pas une idée que le Canada a inventée en 1982 au moment de l’adoption de la Charte des droits et libertés ou encore en 1988 au moment de l’adoption de la Loi sur le multiculturalisme. C’est quelque chose qui est vraiment ancré profondément dans notre ADN comme peuple, dans notre culture politique.
En 1759, quand les Britanniques ont conquis la Nouvelle-France, ils ont pris une décision remarquablement éclairée. Ils ont invité les Canadiens français à conserver leur langue, leur religion, leur système juridique, leurs traditions, leurs coutumes et les institutions de la société civile. Ils n’ont pas cherché à conquérir ces gens, mais plutôt à implanter un régime de loyauté à une seule couronne sous lequel bien des gens différents pourraient vivre de façons différentes.
Bien que l’histoire des peuples autochtones du Canada ait été, bien sûr, marquée de nombreux moments tragiques et injustes, il est également vrai que, comparativement au traitement subi par ces peuples dans bien des parties du monde, le Canada a bien des fois adopté une attitude pacifique marquée de respect pour la sagesse de nos Autochtones et de nos Premières Nations. Voilà qui a fait partie de notre histoire tout au long de son parcours.
Un grand historien canadien, Desmond Morton, professeur à l’Université McGill, a écrit un jour que [traduction] « le Canada était constitué de perdants de l’histoire ». Voilà un jugement qui semble un peu dur, mais pensons-y juste un instant. Pensons, par exemple aux Premières Nations, des perdants de l’histoire pourrait-on faire valoir, aux Canadiens français en 1759, des perdants de l’histoire de leur point de vue.
Les gens qui ont fondé le Canada anglais, le Haut-Canada, et une grande partie du Canada Atlantique étaient des loyalistes de l’Empire-Uni qui ont perdu la Guerre de l’Indépendance américaine. Ils sont arrivés avec les loyalistes noirs d’origine, autres perdants de l’histoire, qui fuyaient l’esclavage. Ils ont été suivis des esclaves en fuite qui ont suivi l’étoile Polaire en direction du Canada, la terre de liberté. Ils ont été gagnants en venant au Canada, mais ils sont arrivés ici comme esclaves.
Pensons à toutes les vagues d’immigrants qui se sont succédé par la suite, les Juifs qui ont échappé aux pogroms et à l’antisémitisme de l’Europe de l’Est et qui sont arrivés ici avant la guerre avec rien d’autre qu’une tradition d’éducation, une foi profonde et une éthique du travail étonnante. Pensons aux Juifs qui sont arrivés après la guerre comme survivants de l’holocauste.
Pensons aux Ukrainiens qui sont arrivés à la suite du génocide par la famine de 1932, le Holodomor, ou encore aux réfugiés tchèques qui sont arrivés suite à l’invasion soviétique de Prague en 1968, aux Hongrois qui sont venus, y compris toute la faculté de génie forestier de l’Université de Budapest qui a été évacuée par la voie des airs à Vancouver en 1956, suite à l’invasion soviétique.
Pensons aux Vietnamiens, réfugiés de la mer indochinois, quelque 60 000 d’entre eux qui, vague après vague, sont arrivés ici en 1979 et 1980. Pensons aux Écossais des Hautes-Terres qui ont fondé le Cap-Breton et à mes propres ancêtres, les émigrés irlandais de la famine causée par la maladie de la pomme de terre.
La raison pour laquelle je raconte cette histoire, la raison pour laquelle j’aborde l’histoire du Canada dans cette perspective, n’est pas pour sombrer dans un genre de victimologie à connotation sombre, au contraire. Le point que je veux faire ressortir est que tous ces gens sont venus d’horizons marqués par l’adversité, mais sont arrivés dans ce pays portés par l’espoir et la possibilité d’un recommencement.
La raison pour laquelle ce pays fonctionne, la raison pour laquelle le Canada est considéré comme un modèle et un signe d’espoir aux yeux du monde tient au fait que nous attirons des gens de toutes les parties de ce monde, de toute confession et de toute origine ethnique et religieuse. Nous attirons des gens parce qu’ils veulent construire quelque chose de nouveau ensemble.
Tout en respectant leur passé, leurs traditions et la sagesse de leurs ancêtres en voulant dans la plupart des cas demeurer fidèles aux croyances de leurs familles et de leurs ancêtres, ils veulent également construire quelque chose de nouveau, mais sans ployer sous le fardeau des éléments négatifs de leurs propres histoires.
Voilà l’histoire du Canada; il ne s’agit pas de victimologie, mais de l’histoire de gens qui se sont butés à l’adversité, l’ont surmontée et ont persévéré et qui ont construit une des sociétés les plus magnifiques et généreuses du monde.
Voilà pourquoi je suis si honoré de servir depuis maintenant sept ans comme votre ministre du Multiculturalisme. Voilà pourquoi je me réjouis autant du fait que le Canada soit considéré comme le modèle mondial du pluralisme. Voilà pourquoi Son Altesse l’Aga Khan a fait du Canada le foyer de son Centre mondial du pluralisme en collaboration avec notre gouvernement afin de faire connaître au reste du monde tout particulièrement le modèle canadien de l’unité dans la diversité.
À propos, en parlant de ces immigrants qui ont fondé le Canada anglais, les loyalistes de l’Empire-Uni qui ont enclenché la Guerre de l’Indépendance américaine, vous savez quelle était leur devise en venant ici? L’unité dans la diversité, et c’est de cela qu’il s’agit. Il ne s’agit pas de créer des ghettos ou des enclaves ethniques. Il ne s’agit pas de recréer de petites versions des cultures d’origine de ces gens.
Il s’agit de conserver une fierté et un respect positifs à l’endroit de la tradition et de la sagesse de nos ancêtres, notre liberté de croyance et de conscience tout en partageant ces choses avec tout un chacun et en étant des Canadiens à part entière ancrés dans nos valeurs démocratiques. Voilà pourquoi, en ma qualité de ministre du Multiculturalisme, j’ai cru important pour nous de remonter profondément aux racines de ce qu’est notre multiculturalisme, de la façon dont il a été fondé et de ce qu’il signifie.
Parfois, je pense que le multiculturalisme fait l’objet d’un discours superficiel et facile. Parfois, j’entends des hommes et femmes politiques parler simplement de diversité comme étant une fin en soi et dire que la diversité est notre plus grande force. Permettez-moi de faire une mise en garde par rapport à cette façon de voir. Je ne crois pas que la diversité en soi est une force. Je pense qu’elle ne fonctionne que s’il y a unité dans notre diversité. C’est ce que nous entendons par notre multiculturalisme.
Voilà pourquoi nous avons créé ce prix en 2009 pour reconnaître des Canadiens spéciaux qui ont transcendé le sens habituel du devoir civique pour donner une expression pratique à cette valeur canadienne. Voilà pourquoi nous l’avons baptisé en l’honneur de Paul Yuzyk, un homme peu connu et qui est vraiment le père du multiculturalisme canadien.
En 1965, le gouvernement fédéral de l’époque a nommé une Commission royale sur « le bilinguisme et le biculturalisme ».
Le premier ministre de cette époque a créé une commission royale sur le biculturalisme et bilinguisme, mais le sénateur Yuzyk il faut dire que le sénateur Yuzyk était l’enfant, le fils de pionniers ukrainiens qui comme tellement d’autres se sont établis sur les grandes prairies en Saskatchewan. Paul Yuzyk a fait ses études, un doctorat de l’Université du Manitoba avant d’être nommé au Sénat par le premier ministre John Diefenbaker.
Paul Yuzyk était le fils de fermiers ukrainiens qui ont immigré et se sont établis dans les grandes prairies dénudées, alors qu’ils ne possédaient absolument rien; ils se sont implantés dans la partie la plus nouvelle du Nouveau Monde, mais ont réussi à tirer leur subsistance d’une terre parfois inhospitalière dans un climat difficile.
C’étaient des gens qui avaient de l’endurance, de vrais Canadiens. Comme bien des enfants d’immigrants, sans doute que Paul Yuzyk quittait la maison chaque jour pour se rendre à la petite école rurale à classe unique des Prairies et que ses parents, comme tous les parents d’immigrants font toujours, lui demandaient comment s’était passée sa journée à l’école et s’assuraient qu’il avait fait ses devoirs, des parents qui probablement ne savaient ni lire ni écrire l’anglais, mais s’assuraient que lui allait maîtriser cette langue. Cela ne semble-t-il pas familier à tant de familles?
Il a poursuivi des études de doctorat à l’Université du Manitoba pour devenir un érudit de haute distinction et une voix suscitant le respect chez les différentes et diverses communautés culturelles du Canada, ce qui a amené le très honorable John Diefenbaker à le nommer au Sénat en 1962. En 1965, quand le premier ministre Pearson a créé la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, le sénateur Paul Yuzyk s’est levé et a prononcé un discours célèbre au Sénat canadien, déclarant alors que le biculturalisme n’était pas une façon adéquate de décrire le Canada.
Il a déclaré qu’il avait du respect pour ce qu’il a appelé les deux nations fondatrices du Canada, les Français et les Britanniques et, bien entendu, les Premières Nations qui les ont précédés. Il a également dit qu’il éprouvait un profond respect pour les institutions qu’ils avaient créées et les deux langues officielles du Canada. Il a toutefois ajouté que, s’agissant de culture, nous devions reconnaître qu’il existait une troisième force dans la société canadienne qui ne puisait ses origines ni dans le patrimoine britannique ni dans le patrimoine français.
Les Canadiens qui constituent cette troisième force, y compris ses parents d’origine ukrainienne, méritent pleinement d’être encouragés et reconnus comme membres à part entière de la société canadienne. Il a par conséquent dit qu’au lieu de qualifier le Canada de société biculturelle, nous devrions le qualifier de société multiculturelle. C’était la première fois que ce mot était cité, voire prononcé, au Parlement du Canada.
Le multiculturalisme est alors devenu une politique dans les années 1970 et par la suite constitutionnalisé pour enfin devenir une loi du Parlement sous l’égide de mon prédécesseur, Gerry Weiner. La raison pour laquelle nous avons donné le nom de Paul Yuzyk à ce prix était pour rappeler sa vision fondatrice. Son idée du multiculturalisme n’était pas du relativisme culturel. Cela ne voulait pas dire que toutes les pratiques culturelles ou toutes les valeurs culturelles ont le même droit de cité au Canada. Il aurait été sidéré à l’idée que de traiter les femmes comme des biens au lieu de personnes soit en quelque sorte justifiable au Canada tout simplement parce que quelqu’un appelle cela une valeur ou une pratique culturelle.
Il aurait été sidéré à l’idée que des gens puissent s’appuyer sur des convictions religieuses pour croire que la violence est justifiée dans notre société libre. Il aurait dit, et c’est effectivement ce qu’il a fait, que notre multiculturalisme repose sur nos valeurs démocratiques fondamentales et la primauté du droit. Paul Yuzyk nous indique vraiment la bonne direction au moment où nous nous posons certaines questions suite aux événements survenus plus tôt cette semaine.
Nous avons institué ce prix en 2009, prix pour lequel nous souhaitons recevoir des mises en candidature de partout au pays. Habituellement, nous en recevons des centaines. Nous avons un comité consultatif d’experts qui ramène la liste à trois finalistes qui sont recommandés, et le ministre prend la décision finale en veillant à ce que son choix s’inscrive dans une perspective appropriée de diversité au cours de la vie du prix, sur les plans géographique et linguistique à l’échelle du pays et à tous les égards.
Le titulaire du prix est invité à désigner un organisme de bienfaisance de son choix pour recevoir un don de 20 000 $ au nom du gouvernement du Canada. Je suis heureux d’annoncer que nous apportons un changement au programme à compter de 2015. Pour la ronde de mises en candidature de l’an prochain, nous créerons deux nouvelles catégories, une pour les jeunes et une catégorie distincte pour les organisations. Ce qui signifie qu’en 2015, nous présenterons le Prix Paul Yuzyk à des lauréats de ces trois catégories.
Pourquoi ne pas élargir un peu plus l’affection que nous accordons à une personne dans la catégorie « Ensemble des réalisations » ou « Réalisation exceptionnelle » pour remettre le prix à un jeune âgé de moins de 25 ans qui s’est démarqué et un troisième prix à une organisation exceptionnelle. Préparez vos mises en candidature pour l’an prochain.
Avec l’ajout de ces deux nouvelles catégories, nous serons en mesure de reconnaître le bon travail que font d’autres Canadiens exceptionnels pour aider à promouvoir l’unité dans la diversité dans notre pays. C’était là la première annonce.
Passons à la deuxième. J’ai le très grand plaisir de vous annoncer que le Prix Paul Yuzyk pour 2014 est remis cette année à mon ami, Tatay Tom Avendano, l’un des exemples les plus remarquables des valeurs du multiculturalisme, des valeurs du Canada prônées par Paul Yuzyk.
Vous savez tous que Tom a quitté les Philippines pour immigrer au Canada en 1982 et qu’en 2001 il a été l’un des principaux fondateurs de la Multicultural Helping House Society (MHHS).
La MHHS s’est depuis distinguée comme l’une des organisations les plus dynamiques favorisant l’établissement des immigrants. Il y en a bien d’autres aussi, tout particulièrement ici à Vancouver. Nous avons Charan (Gill), qui a fondé PICS et bien sûr nous avons S.U.C.C.E.S.S. et Mosaic.
Permettez-moi de sortir un peu de mon discours officiel pour vous dire que vous, vous l’avez l’affaire, ici en Colombie-Britannique. Vous faites bien les choses. À Toronto, toutes les communautés ethniques différentes mettent sur pied leurs petites organisations particulières qui ne se tournent jamais vers les autres; ce qui fait qu’il y a beaucoup de redondance et de recoupements. Ici, vous avez créé ces organisations. Elles ont émergé de la communauté sud-asiatique ou des Philippines, ou de la Chine, mais elles savaient qu’elles devaient être là pour tout un chacun. C’est cela l’idée du multiculturalisme.
Telle était la vision de Tom, c’est-à-dire de lancer des ponts vers chacun. Tom, je plaisantais avec certaines des femmes qui se trouvent ici au conseil, en disant qu’elles font tout le travail et qu’il en prend tout le crédit, n’est-ce pas Tatay? Il a une étonnante équipe de bénévoles, de donateurs et je sais que le gouvernement du Canada se réjouit de pouvoir appuyer abondamment l’excellent travail de la Multicultural Helping House. Le leadership qu’il prêche par l’exemple et la générosité d’esprit qu’il affiche en se voulant un porte-étendard vivant du multiculturalisme ont valu à Tom d’être vivement reconnu.
C’est ainsi qu’il a reçu la Médaille du jubilé d’or de Sa Majesté la reine Elizabeth II et qu’il a été invité à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général, par le gouverneur général, pour recevoir le prix des mains mêmes de Son Excellence et du premier ministre, figurant ainsi parmi les 60 personnes seulement à recevoir cet honneur au pays.
Il est toujours jeune à l’âge de 85 ans. Il ne montre aucun signe de ralentissement. L’an dernier justement, par exemple, la MHHS a ouvert un nouveau bureau à Manille, pour étendre ses services par-delà l’océan.
Tom continue d’être un formidable… c’est l’une des choses que j’aime à propos de la vision qu’entretiennent Tom et la Multicultural Helping House, à savoir la promotion de ce qu’ils appellent l’engagement civique et de ce que j’appelle, moi, la littéracie civique. Fondamentalement, cela veut tout simplement dire ceci : s’assurer que nos nouveaux citoyens canadiens comprennent leurs droits et responsabilités et qu’il ne leur suffit pas de profiter du Canada, mais de lui donner en retour.
C’est ce que Tatay enseigne à tous les nouveaux arrivants. Tom, c’est pour moi un grand honneur et un grand privilège de vous dire merci pour l’excellence de votre travail au nom du gouvernement du Canada et au nom du peuple canadien. Merci de votre persévérance, merci de toutes ces nuits que vous avez passées assis là à vous demander comment vous alliez faire pour payer le loyer du mois prochain.
Pour toutes les fois où vous vous êtes rendu dans les églises pour recruter des bénévoles, pour tous les nouveaux arrivants que peut-être vous avez dû réconforter, alors qu’ils étaient en larmes, nostalgiques de leurs familles, en chômage peut-être, ou incertains quant à leur avenir, merci. Merci Tom d’être la représentation très concrète et le visage vivant du multiculturalisme. Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse le Canada!