Bonjour à tous. Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler de mon rôle en tant que chef du développement de la littératie financière ainsi que de l’engagement du gouvernement du Canada à améliorer la littératie financière des Canadiens.
J’aimerais d’abord présenter les raisons qui expliquent pourquoi le Canada mise grandement sur la littératie financière, que nous définissons comme le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables. Je décrirai ensuite ce que je souhaite accomplir en tant que chef et les progrès qui ont été réalisés jusqu’à maintenant.
La crise financière de 2008 a accru l’importance des questions relatives à la littératie financière au Canada. Cette crise a été un tournant, un moment décisif qui nous a montré que, tout comme d’autres besoins, il était nécessaire de combler le manque de connaissances des consommateurs à l’égard des produits et services financiers et des pratiques de gestion personnelle.
En 2009, parmi les nombreuses mesures qu’il a prises pour faire face à cette période de turbulence financière, le gouvernement du Canada a créé le Groupe de travail sur la littératie financière et a réalisé l’Enquête canadienne sur les capacités financières de 2009.
Le rapport du Groupe de travail, déposé en 2011, a fourni un grand nombre de recommandations auxquelles le gouvernement a donné suite. En 2013, la Loi sur le chef du développement de la littératie financière a été adoptée et, en avril 2014, j’ai eu l’honneur d’être la première personne nommée à titre de chef du développement de la littératie financière du Canada, au sein de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
L’Agence de la consommation en matière financière du Canada, ou ACFC, est au cœur des efforts du Canada pour améliorer la littératie financière des Canadiens. Je voudrais prendre un moment pour vous présenter rapidement les activités de l’Agence.
Comme vous le savez peut-être, l’ACFC a été établie en 2001 avec un double mandat. En premier lieu, elle doit s’assurer que les institutions financières sous réglementation fédérale respectent les mesures de protection des consommateurs énoncées dans les lois. En second lieu, l’Agence doit promouvoir l’éducation financière et accroître la sensibilisation des consommateurs à l’égard de leurs droits et responsabilités.
Mon rôle, à titre de chef, comprend la collaboration avec tous les intervenants qui jouent un rôle actif dans le domaine de la littératie financière au Canada ainsi que la coordination de nos efforts. Il existe un grand nombre de groupes qui font de l’excellent travail, que ce soit dans le secteur public, le secteur privé ou encore le secteur sans but lucratif. Je travaille avec eux pour faire en sorte que les efforts soient coordonnés, que les ressources soient largement utilisées et connues, que les outils soient partagés et que l’incidence des programmes soit bien comprise, mesurée et communiquée à un large public. Nous menons aussi des activités de recherche afin de comprendre les facteurs qui influent sur le processus décisionnel.
Je voudrais vous parler maintenant de la raison pour laquelle nous travaillons actuellement à un autre projet : l’élaboration d’une stratégie nationale pour la littératie financière, qui sera publiée en 2015.
Les résultats de l’Enquête canadienne sur les capacités financières de 2009 que j’ai mentionnée précédemment ont permis de constater que, même si les Canadiens étaient en mesure de subvenir à leurs besoins, ils éprouvaient des difficultés pour ce qui est d’établir un budget, de planifier à long terme et de se tenir informés sur les nouveaux produits. En fait, seulement 25 pour cent des Canadiens ont obtenu une note élevée dans les cinq domaines de connaissance qui ont été évalués.
Une analyse des résultats de l’enquête a révélé qu’un plus grand nombre d’aînés, d’Autochtones, de nouveaux arrivants, de personnes à faible revenu et de personnes handicapées éprouvaient des difficultés dans les trois domaines mentionnés.
Par conséquent, ces groupes ont été désignés comme prioritaires et nous entreprenons actuellement des consultations pour cerner leurs besoins en matière de littératie financière.
Nous tenons aussi compte du fait que, depuis 2009, les consommateurs s’endettent davantage et qu’ils épargnent moins. Si les Canadiens ne gèrent pas bien leurs dettes et qu’ils ne planifient pas leur avenir financier, les hausses des taux d’intérêt pourraient leur causer des problèmes. Cette situation pourrait avoir une incidence sur l’économie dans son ensemble.
La recherche est une part importante de notre travail. Malgré toutes les ressources existantes dans le domaine, l’effet des programmes de littératie financière n’est pas toujours connu. De plus, certaines personnes s’interrogent à savoir si les connaissances peuvent réellement changer les comportements.
Nous devons collaborer en ce qui a trait à la recherche et à l’évaluation des programmes pour nous assurer que les initiatives de littératie financière ont une incidence sur les comportements.
À plus long terme, notre objectif est de constater une amélioration en matière de littératie financière, telle que mesurée par l’Enquête canadienne sur les capacités financières. Nous communiquerons certains résultats de la dernière enquête en novembre.
Nous avons recueilli des suggestions et des commentaires pour l’élaboration d’une stratégie nationale sur la littératie financière auprès d’un grand nombre de Canadiens, grâce à des consultations publiques en ligne et à des rencontres avec les intervenants. Deux séries de consultations ont déjà été tenues ―la première concernant les aînés et la seconde, les groupes prioritaires. Les consultations en ligne pour la deuxième série se poursuivront jusqu’au 10 décembre. Une troisième série de consultations commencera dans le cadre de notre conférence nationale sur la littératie financière, au début de novembre.
Les consultations ont déjà permis de recueillir d’excellents commentaires. Il y a dix jours, nous avons publié le document Renforcer la littératie financière des aînés, qui porte sur la première composante de la stratégie nationale. Lorsque nous aurons achevé les dernières consultations et que nous aurons analysé les résultats de l’Enquête canadienne sur les capacités financières de 2014, nous serons en mesure de finaliser et de publier la stratégie nationale exhaustive et d’en commencer la mise en œuvre en 2015.
Je n’accomplis pas ce travail seule. Je travaille avec 15 personnes influentes qui sont membres du Comité directeur national sur la littératie financière. Ces personnes proviennent d’une vaste gamme de secteurs et possèdent toutes une expérience en matière d’éducation financière. Elles agiront à titre de champions pour la stratégie et, dans de nombreux cas, elles lanceront ou surveilleront leurs propres initiatives visant à faire participer les Canadiens.
L’ACFC joue aussi un rôle important. L’Agence a très bien réussi à tirer parti du Mois de la littératie financière, en novembre, pour accroître la sensibilisation à l’égard des questions de littératie financière. Cette année, nous lançons la base de données canadienne sur la littératie financière, un guichet unique qui présente l’ensemble des outils et des ressources accessibles aux Canadiens, offerts par des organismes de tout le pays. Les groupes qui disposent de ressources, d’outils ou de programmes de littératie financière peuvent encore inscrire des renseignements dans la base de données.
Je voudrais conclure en disant que le travail que nous accomplissons au Canada répond en partie aux recommandations contenues dans les principes de haut niveau sur les stratégies nationales d’éducation financière du Réseau international sur l’éducation financière de l’OCDE ― des recommandations qui ont été approuvées par les dirigeants du G-20 au cours de leur sommet à Los Cabos ainsi que par les ministres des Finances de l’APEC dans leur Énoncé de politique de 2012.
Nous croyons que le Canada joue un rôle de premier plan dans ce domaine parmi les pays de l’OCDE et nous espérons obtenir des résultats positifs dans les années à venir pour ce qui est de maintenir le dynamisme et la stabilité de l’ensemble de l’économie canadienne.
Je vous remercie.