Le 5 novembre 2014
Toronto, Ontario
Le texte prononcé fait foi.
Bonjour et bon matin!
Je voudrais d’abord vous remercier de m’avoir offert l’occasion de prendre part au symposium d’Advocis.
Je considère que la relation entre l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, appelée souvent l’A-C-F-C, et la collectivité des conseillers financiers canadiens est une relation de collaboration, dans laquelle les deux organisations partagent plusieurs objectifs communs touchant les Canadiens en tant que consommateurs de produits financiers.
Aujourd’hui, j’aimerais vous exposer mon point de vue sur cette collaboration et sur le rôle de l’ACFC. Et je le ferai à titre de chef de file du gouvernement du Canada dans le renforcement des connaissances des consommateurs en matière de littératie financière, d’organisme de réglementation et de promoteur de l’équité dans les transactions financières.
Mais avant, permettez-moi de vous présenter l’ACFC.
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Cela est bien mieux que de dresser une longue liste de tout ce que nous faisons pour combler notre mandat en matière d’éducation et de protection des consommateurs, non?
En fin de compte, l’Agence veille à ce que les gens reçoivent les bons renseignements et qu’ils aient la possibilité d’acquérir les compétences et la confiance nécessaires pour prendre des décisions financières éclairées.
L’univers de la finance est de plus en plus complexe. C’est là une réalité. Nous voyons un flux constant de nouveaux produits et de nouveaux services financiers qui émergent sur le marché canadien, et nous continuons à être éblouis par la technologie qui soutient ces produits. Qui aurait pu deviner, il y a dix ans, le nombre de paiements mobiles qui sont actuellement effectués?
Il existe aussi une autre réalité dans le monde d’aujourd’hui, et c’est que les consommateurs sont assaillis par tout un vocabulaire qui n’existait peut-être pas il y a 25 ans. Prenez, par exemple, les dépôts électroniques, les transferts électroniques, le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), la marge de crédit hypothécaire, le régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) et le régime enregistré d’épargne-études (REEE). Même les termes financiers les plus couramment utilisés comme « crédit », « budgétisation », « épargne » peuvent être très abstraits pour certains. Moi-même, j’ai de la difficulté à comprendre ce que l’on dit sur le prix des obligations au bulletin de nouvelles qui passe en soirée. Je me demande combien d’auditeurs comprennent le marché des obligations.
Et nous ne parlerons même pas de l’industrie émergente de la cryptomonnaie – des monnaies créées par des personnes souvent inconnues et avec lesquelles des transactions sont effectuées sans la participation d’une institution financière, sans règlement et sans obligation de fournir votre nom réel. La vérité est que de plus en plus de commerçants acceptent les monnaies numériques, comme le bitcoin. Cela devient, par conséquent, une question concernant les consommateurs.
Et cela peut engendrer des difficultés pour vous, les professionnels de l’industrie. Mais le défi que doit relever le consommateur, soit de comprendre ce monde financier complexe, peut être beaucoup plus grand. C’est pourquoi, ensemble, nous pouvons faire toute une différence.
Je trouve étonnant qu’il y ait autant de personnes qui cherchent à économiser quelques dollars sur des achats pour la maison ou des vêtements, alors qu’elles sont si peu informées du rendement de leur compte REER ou du taux d’intérêt réel qui s’applique à leur carte de crédit, ou encore qu’elles ne comprennent pas ces concepts. Et je suis convaincue que vous, en tant que conseillers financiers, vous voyez cela tous les jours.
Je ne veux pas donner un cours magistral sur l’économie comportementale, ici ce matin, mais je tiens à souligner le principe qui sous-tend nos actions au chapitre de la littératie financière – c’est-à-dire que les gens prennent souvent des décisions financières tout en n’ayant que très peu de connaissances.
Le gouvernement du Canada reconnaît l’importance vitale de la littératie financière, non seulement pour les citoyens, mais pour l’économie du pays dans son ensemble. Par conséquent, comprendre les principales fonctions de l’argent est aujourd’hui une habileté nécessaire à la vie quotidienne.
Et cela n’a certainement pas échappé à l’un des plus grands champions de la littératie financière au Canada, l’ancien ministre des Finances, Jim Flaherty.
En 2007, reconnaissant la nécessité d’améliorer les connaissances financières et la prise de décision des consommateurs, le gouvernement du Canada a élargi le mandat de l’ACFC, soit la protection et l’éducation des consommateurs, pour y inclure officiellement la littératie financière. Il a alors affecté des fonds à l’Agence pour qu’elle élabore un programme de littératie financière pour les jeunes.
Puis, dans son budget de 2008, le gouvernement a accordé un financement permanent à l’ACFC pour soutenir les efforts déployés pour améliorer la littératie financière au Canada, non seulement chez les jeunes, mais aussi pour l’ensemble de la population canadienne.
Mais soyons clairs : notre objectif n’est pas d’amener les gens à comprendre le marché des obligations. Toutefois, les consommateurs de produits et de services financiers devraient connaître le rendement de leurs épargnes, le coût réel de leur dette et la composition de leur portefeuille REER.
Cette conversation sur la littératie financière d’aujourd’hui arrive au bon moment puisque novembre est le Mois de la littératie financière. Cette année, le thème est « Collaborer pour améliorer la littératie financière ». Je suis particulièrement heureuse de rencontrer des personnes comme vous qui peuvent faire une différence pour augmenter le niveau de connaissances des questions financières.
L’Enquête canadienne sur les capacités financières de 2009 servira de référence pour nos initiatives en matière de littératie financière.
Cette enquête a permis de recueillir des renseignements auprès de 15 000 adultes canadiens. Elle comprenait entre autres une évaluation des cinq éléments suivants :
- tenir une comptabilité;
- prévoir pour l’avenir;
- se tenir au courant des produits et des services offerts;
- choisir des produits financiers, comme des fonds communs de placement et des polices d’assurance;
- joindre les deux bouts.
Les résultats de l’enquête ont révélé que 40 % des Canadiens présentaient des lacunes dans au moins trois de ces cinq éléments.
Dans l’une des questions, on demandait aux répondants où ils obtenaient leurs conseils financiers. La réponse ne vous surprendra pas : les deux principales sources de conseils financiers au Canada étaient les banques (41 %) ainsi que les conseillers et les planificateurs financiers (39 %). Et les sources de conseils qui ont eu la plus grande influence sur leurs décisions d’investissement étaient des amis bien informés (43 %) et des conseillers financiers (54 %). Par conséquent, vos avis et vos conseils ont une influence considérable sur les consommateurs canadiens. Le fait que vous jouissez d’une grande crédibilité auprès des Canadiens est tout à votre honneur.
L’enquête de 2009 a soulevé des préoccupations sur la question de la préparation financière et, en général, seulement 25 % des Canadiens affichaient un niveau de confiance élevé pour les cinq éléments évalués.
- Les résultats de l’enquête ont également indiqué que près de la moitié des Canadiens n’ont pas entrepris la première étape de la gestion de leurs finances personnelles, soit établir un budget pour leur ménage.
- En outre, plus de la moitié des Canadiens âgés de 18 à 29 ans ainsi que la majorité des personnes de plus de 70 ans n’ont pas de budget.
- Près d’un tiers des Canadiens ont du mal à payer leurs factures et à respecter leurs engagements financiers.
- Parmi les Canadiens qui prévoient acheter une maison, 48 % ont épargné moins de 5 % du coût, tandis que 67 % ont épargné moins de 10 % du coût.
L’enquête démontre que les Canadiens présentent des lacunes en matière de connaissances financières.
- Parmi les Canadiens qui prévoyaient acheter une maison, 52 % ne s’attendaient pas à avoir des frais à payer autres que le versement initial.
- Seulement 40 % des Canadiens ont déclaré avoir une bonne idée du montant d’argent qu’ils devaient épargner pour maintenir le niveau de vie désiré à la retraite.
Nous ne sommes pas la seule organisation à avoir observé cela.
Vers la même époque, l’Institut canadien des comptables agréés a également constaté que :
- près de la moitié de tous les Canadiens reportent des soldes de cartes de crédit d’un mois à l’autre, comparativement à un tiers, il y a quelques années;
- moins de la moitié des Canadiens économisent un montant suffisant de leur chèque de paie pour avoir un revenu de retraite convenable;
- près de la moitié des Canadiens auraient du mal à faire les paiements mensuels sur leurs prêts hypothécaires et autres dettes si les taux d’intérêt devaient augmenter de manière significative − ce qui arrivera tôt ou tard.
Ce dernier point soulève de graves préoccupations. Il reflète deux faiblesses :
- le taux d’épargne des particuliers au Canada, qui connaît une baisse depuis 1982;
- le niveau élevé d’endettement de nombreux Canadiens.
Un record, en fait.
Entre avril et juin de cette année, selon Statistique Canada, le niveau moyen d’endettement des ménages par rapport au revenu disponible était de 163,6 %. Cela signifie que les Canadiens doivent quelque chose comme 1,64 $ pour chaque dollar qu’ils gagnent.
Cet endettement provient de sources telles que les marges de crédit, les prêts automobiles et les cartes de crédit.
Qu’arrivera-t-il lorsque les taux d’intérêt commenceront à grimper de nouveau?
Les Canadiens seront-ils en mesure de rembourser leurs dettes?
L’avenir pourrait être chaotique pour plusieurs. Notre rôle de renforcement des compétences en littératie financière est donc plus important que jamais.
Les données de l’Enquête canadienne sur les capacités financières ont constitué notre point de départ. Rappelons-nous qu’en 2009, la crise économique de 2008 battait encore son plein. Ainsi, en guise de réponse, le gouvernement fédéral a lancé le « Plan d’action économique » dans le but d’investir dans les entreprises et les particuliers pour favoriser la croissance et la prospérité.
C’est dans l’esprit du Plan d’action économique que le gouvernement fédéral a annoncé la création du Groupe de travail sur la littératie financière. Le Groupe de travail a reçu comme mandat de fournir des conseils et des recommandations au ministre des Finances sur une stratégie nationale visant à renforcer la littératie financière des Canadiens.
Le rapport du Groupe de travail, déposé en 2011, a conclu que la littératie financière était essentielle à la prospérité et au bien-être financier des Canadiens. Je sais que l’on n’a pas à diviser l’atome pour en arriver à cette conclusion, mais cela doit être clairement dit. Et voici comment cela est formulé dans le rapport :
« La littératie financière, c’est le fait de disposer des connaissances, des compétences et de la confiance en soi nécessaires pour prendre des décisions financières responsables.
Les connaissances consistent en la compréhension des questions financières personnelles et celles qui ont une ampleur plus générale.
Les compétences consistent en la capacité d’appliquer les connaissances financières dans la vie de tous les jours.
La confiance en soi évoque l’assurance avec laquelle on prend des décisions importantes.
Et les décisions financières responsables font allusion à la capacité de l’individu de se servir des connaissances, des compétences et de la confiance en soi qu’il a acquises pour faire des choix qui conviennent à sa situation. »
Dans ce rapport, 30 recommandations ont été formulées, et nous y donnons actuellement suite. En avril de cette année, le gouvernement a nommé Jane Rooney au poste de première chef du développement de la littératie financière du Canada.
L’objectif essentiel de son mandat est de collaborer avec les intervenants d’un bout à l’autre du pays et d’assurer la coordination d’activités qui visent à renforcer la littératie financière des Canadiens. Cela nécessite une collaboration étroite avec les particuliers et les organisations qui s’intéressent à la littératie financière, comme vous.
L’élaboration d’une stratégie nationale pour la littératie financière au Canada figure en tête des priorités de la chef du développement de la littératie financière.
Cette dernière a mis en place un comité directeur national sur la littératie financière. Les membres de ce comité joueront un rôle important, en fournissant des commentaires et des conseils sur la mise en œuvre de la stratégie nationale et en assurant une coordination efficace entre les secteurs public, privé et sans but lucratif, et cela, dans le but de faire progresser la stratégie au sein de leur secteur respectif. Un des membres de ce comité est M. Cary List, président et directeur général du Financial Planning Standards Council.
Les travaux liés à la stratégie nationale se font par étapes, étant donné que nous avons tous, en tant que personne, des besoins différents en matière de littératie financière à différentes étapes de notre vie. La stratégie aborde les besoins particuliers des groupes prioritaires du Canada. Pour chaque étape, des consultations publiques ont été menées dans l’ensemble du pays, ou le seront.
La première étape était axée sur les aînés et les personnes qui approchent cette étape de la vie. En tant que conseillers financiers, vous êtes sans doute confrontés à des situations où les personnes ne sont pas prêtes financièrement pour la retraite. Le concept de la retraite a bien changé au cours des dernières décennies – y compris l’espérance de vie et les avantages disponibles.
Le défi consiste à offrir aux Canadiens des renseignements et des conseils financiers suffisamment à l’avance pour qu’ils puissent se préparer adéquatement à la retraite et qu’ils vivent bien cette époque de leur vie.
Nous avons récemment mené des consultations partout au pays et nous avons obtenu des commentaires d’un grand nombre de personnes et d’organisations. La première série de résultats, ceux qui concernent les aînés, a été publiée en octobre.
Les résultats sont fort révélateurs au sujet des aînés et donnent un aperçu des défis auxquels ces derniers sont confrontés.
Nous avons reçu de précieux conseils du public et des intervenants sur la façon d’aider les aînés à améliorer leurs compétences dans ces domaines. Voici quelques commentaires :
- La population d’aînés est diversifiée. Cela suppose que nous devons communiquer différemment avec les différents groupes d’aînés.
- Il existe un besoin de communications claires et simples.
- Les décisions prises et les comportements adoptés tôt dans la vie ont une incidence significative sur les aînées et sur leur bien-être financier. Cela montre que la stratégie doit mettre l’accent sur une approche qui encourage l’éducation continue en matière de littératie financière.
- Les coûts des services de santé aux aînés ne sont pas bien compris, et cette question doit être traitée.
- Enfin, dans un certain nombre de propositions, on a mentionné que les produits et les services financiers offerts aux personnes à revenu faible et modeste étaient plus limités qu’ils ne devraient l’être, en particulier dans le domaine de la planification financière.
La stratégie pour la littératie financière des aînés est maintenant disponible sur le site Web de l’ACFC à sinformercestpayant.gc.ca.
Nous avons lancé notre processus de consultation pour la prochaine étape de la stratégie, qui a porté sur les groupes prioritaires, tels les Canadiens à faible revenu, les Autochtones, les nouveaux arrivants, les femmes et les personnes vivant avec un handicap.
Une de nos priorités est de mobiliser les principaux intervenants des secteurs des finances personnelles – y compris des personnes dans le domaine des services bancaires, de l’assurance, de l’immobilier et, bien entendu, des conseillers financiers.
La stratégie nationale globale cernera les secteurs où les professionnels peuvent contribuer le plus efficacement possible à l’éducation financière des Canadiens. Nous chercherons donc à obtenir leur engagement dans des actions concrètes pour faire avancer nos objectifs communs. La stratégie globale devrait être publiée en 2015.
La littératie financière est une question d’intérêt national, est une question qui ne peut être réglée que par la collaboration. Lorsque vous rencontrerez des gens, vous vous assurez qu’ils comprennent bien leurs objectifs financiers de même que leur tolérance au risque dans le but de leur offrir des produits et des services appropriés. Vous pouvez cependant élargir votre rôle au-delà de la prestation de conseils financiers, en aidant ces gens à être mieux informés et plus avertis.
Par conséquent, vous leur permettez de gérer leur argent de façon plus judicieuse, de réduire le montant de leur dette et d’augmenter leurs économies à long terme. En leur fournissant des conseils financiers et en partageant votre compréhension du monde financier, vous aidez non seulement les gens à atteindre leurs objectifs à long terme, mais vous ajoutez de la valeur à votre service.
Le Groupe de travail 2010 a recommandé que le gouvernement du Canada mette à la disposition des Canadiens un site Web dédié à la littératie financière afin d’accroître la sensibilisation du public.
En réponse à cette recommandation, l’ACFC a mis au point une base de données sur les ressources en littératie financière, un portail central pour tous les renseignements liés à la littératie financière. Je vous invite à visiter la section « littératie financière » du site Web de l’ACFC à sinformercestpayant.gc.ca. Cette base de données comprend, entre autres, des liens vers des ressources, un outil permettant aux propriétaires de ces ressources de les répertorier dans le site Web de l’ACFC ainsi qu’une interface à l’usage du grand public pour trouver des renseignements sur la littératie financière.
Nous continuons de surveiller l’évolution de la littératie financière au Canada. En nous appuyant sur les résultats de 2009 et en utilisant ces résultats comme point de référence, nous avons mené de nouveau l’Enquête canadienne sur les capacités financières et nous publierons les résultats dans le cadre de notre conférence nationale sur la littératie financière qui commence demain à Vancouver.
L’édition 2014 de l’enquête évalue les répondants sur les cinq mêmes éléments que ceux de l’enquête de 2009. Ces éléments constituent notre point de référence. Pour chaque élément, les fournisseurs de services financiers peuvent aider leurs clients à atteindre leurs objectifs en transmettant les messages suivants :
Vivre selon ses moyens : Bien que vous ne puissiez pas vous assurer que vos clients dépensent moins d’argent qu’ils n’en gagnent, vous pouvez leur fournir des suggestions pour les aider à économiser, et les informer de l’importance de rembourser leur dette chaque mois.
Tenir judicieusement un budget : Même si cela peut sembler assez simple, il est important d’expliquer à vos clients les avantages qu’il y a à économiser de l’argent et à établir un budget avec soin, et de leur signaler où ils peuvent se procurer des feuilles budgétaires ainsi que d’autres ressources budgétaires en ligne ou sur papier.
Prévoir pour l’avenir : Aidez vos clients à tirer pleinement parti des régimes de pension d’employeur, s’il y a lieu, à fournir un montant équivalent au régime d’épargne-retraite, à s’informer davantage sur les REER, les régimes d’épargne libres d’impôt et d’autres instruments d’épargne à long terme accessibles à tous les Canadiens, et à utiliser ces derniers.
Choisir avec soin des produits financiers : Ceci consiste à aider les clients à choisir des produits dont les coûts et les avantages sont adaptés à leur mode de vie et à leur niveau de revenu.
Se tenir au courant : Encouragez vos clients à chercher d’autres sources de renseignements, comme le site Web de l’ACFC et sa base de données sur les ressources en littératie financière, où ils trouveront une mine de ressources pour les aider à renforcer leurs connaissances en matière financière.
De plus en plus, la littératie financière est perçue comme un pilier de la protection des consommateurs qui permet le bon fonctionnement du marché et la stabilité économique. Depuis la création de l’ACFC, en 2001, l’éducation financière et l’étroite surveillance des institutions financières sous réglementation fédérale constituent le fondement même de nos efforts en matière de protection des consommateurs.
Comme vous le savez tous, l’ACFC ne réglemente pas les conseillers financiers. Mais cela ne veut pas dire que nous ne nous intéressons pas aux relations que vous entretenez avec vos clients. En fait, la protection et le bien-être de tous les consommateurs de services financiers canadiens nous tiennent à cœur, indépendamment du fait qu’ils fassent affaire avec une banque, une compagnie d’assurance ou une firme de courtage.
Notre rôle dans la protection des consommateurs consiste, entre autres, à superviser les lois, les engagements et les codes de conduite volontaires qui s’appliquent aux institutions financières sous réglementation fédérale. Bon nombre des règles et des engagements que nous surveillons sont fondés sur les principes de la divulgation claire.
Lorsque les consommateurs magasinent pour des produits financiers, ils doivent comprendre clairement les options qui s’offrent à eux. Ils doivent également connaître les caractéristiques et les avantages des produits, les limites ou les risques qui leur sont associés, de même que leurs coûts, à la fois avant d’acheter le produit et une fois qu’il est en leur possession. Ils doivent être en mesure de comparer les produits ou les services qu’ils envisagent de se procurer et comprendre les frais connexes, afin de prendre les décisions qui conviennent le mieux à leur situation.
À l’ACFC, nous sommes au courant des problèmes auxquels sont confrontés les consommateurs lorsqu’ils font face aux complexités du marché financier et lorsqu’ils effectuent leurs transactions financières quotidiennes.
- Que ce soit un propriétaire qui ne dispose pas des renseignements dont il a besoin pour faire un choix qui lui convient, par exemple s’il doit choisir entre une hypothèque subsidiaire ou une hypothèque conventionnelle.
- Que ce soit un jeune adulte qui reçoit sa première carte de crédit et qui ne comprend pas comment est calculé l’intérêt sur les avances de fonds ou qui ignore les frais de pénalité qui lui seront imposés pour un retard de paiement ou un solde impayé.
- Ou encore, que ce soit un parent qui a chargé des fonds sur une carte prépayée pour donner de l’argent de poche à son enfant, sans toutefois connaître l’existence de frais de tenue de compte susceptibles de réduire petit à petit le montant de la carte.
En tant qu’organisme de réglementation, il est important de continuer à répondre à ces questions. Le gouvernement du Canada a entrepris de nombreuses initiatives visant à améliorer la divulgation des produits et à accroître la sensibilisation des consommateurs, par exemple :
- dans le budget 2014, on a demandé aux banques de mieux informer les consommateurs des coûts et des risques associés à une hypothèque subsidiaire par rapport à ceux liés à une hypothèque conventionnelle, et de renseigner les emprunteurs de façon à leur permettre de mieux comprendre le produit;
- en septembre, huit grandes banques et l’Association des banquiers canadiens se sont engagées à fournir aux consommateurs des renseignements plus précis sur la garantie hypothécaire, afin que les consommateurs aient suffisamment de renseignements pour prendre des décisions éclairées lorsqu’ils magasinent pour un prêt hypothécaire;
- en mai dernier, le nouveau Règlement sur les produits de paiement prépayés est entré en vigueur. Ce règlement s’applique aux cartes prépayées portant l’identification d’un réseau. Les institutions financières doivent désormais fournir aux consommateurs des renseignements relatifs aux frais, dans un encadré informatif, sur l’emballage extérieur du produit avant qu’il n’achète le produit.
L’ACFC travaille de concert avec les institutions financières pour veiller à ce que leurs produits, leurs politiques et leurs pratiques soient conforment avec ces règles et ces engagements, et pour permettre ainsi aux consommateurs d’accroître leurs connaissances en matière financière pour, au bout du compte, faire les choix financiers qui leur conviennent.
On observe, entre autres, une nouvelle tendance selon laquelle les consommateurs ont de plus en plus recours aux services des prêteurs sur salaire dont les taux sont généralement bien plus élevés que ceux d’un prêteur conventionnel.
Ainsi, nous avons tous un rôle à jouer pour informer les consommateurs des autres options à leur disposition.
D’abord, ils doivent savoir que tous les chèques du gouvernement du Canada de moins de 1 500 dollars – que ce soit un chèque de pension ou un chèque d’aide sociale – peuvent être encaissés sans frais dans toute banque au pays. Il s’agit là d’une obligation des banques. Il n’existe donc aucune raison pour laquelle les consommateurs devraient payer pour ce service.
Toutefois, je sais fort bien que cette question comporte d’autres dimensions – entre autres l’intégration sociale et la santé mentale. Toutes ces questions doivent être abordées comme un tout. La promotion de la littératie financière et de conseils judicieux fait partie intégrante de la solution.
Je pourrais vous en dire bien long à ce sujet, mais j’aimerais résumer en disant que nous devons aider les personnes qui sont dans une situation précaire à gérer leurs affaires, de sorte qu’elles ne soient pas mal prises en cas d’urgence financière.
J’ai eu l’occasion de jeter un coup d’œil à vos renseignements publics, et je ne peux que conclure que nous partageons les mêmes objectifs fondamentaux en ce qui concerne les consommateurs. D’après ce que je lisais sur votre site Web, Advocis joue un rôle de premier plan dans la protection des consommateurs et la promotion d’un modèle de prestation de services et de produits financiers qui vise principalement à veiller aux intérêts des consommateurs. Il est rassurant de savoir que nous travaillons tous à réaliser un même objectif.
Mon message est donc le suivant : l’éducation des consommateurs et la littératie financière constituent des éléments clés du bien-être financier.
Pour le bien de tous, je me réjouis à la perspective d’une collaboration productive et fructueuse avec les conseillers financiers du Canada!
Je vous remercie.