Ottawa (Ontario)
3 novembre 2014
Merci beaucoup, chers collègues.
Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs du Sénat, distingués invités, Monsieur le Président de la République française, hier j'ai eu le plaisir de vous accueillir chez moi en Alberta.
Aujourd'hui je suis très honoré, nous sommes tous honorés de pouvoir vous souhaiter la bienvenue dans notre Parlement.
Avant d'accéder aux plus hautes fonctions de votre pays, vous avez vous-même vécu la vie parlementaire pendant près de 20 ans.
Nous sommes donc très touchés par votre présence parmi nous ce matin.
Depuis votre élection à la présidence en 2012, j'ai pour ma part eu maintes occasions d'apprécier toute votre sagesse et votre courage au cœur d'une période durant laquelle l'économie mondiale était sérieusement ébranlée.
Comme vous le savez, nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Mais votre présence ici, Monsieur le Président, en compagnie d'une vaste et importante délégation commerciale, ainsi que la récente conclusion de l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, montrent au monde entier notre détermination commune à aller de l'avant en favorisant la création d'emplois, la croissance et la prospérité pour nos citoyens.
Je trouve rassurant aussi de savoir que nos pays, pendant des circonstances difficiles dans le monde, ont su donner l'exemple d'une collaboration éclairée fondée sur le partage de valeurs communes.
Nos entretiens à Banff ont d'ailleurs confirmé que le Canada et la France, sur la scène internationale, partagent les mêmes attachements au multilatéralisme, à la démocratie, aux droits de la personne et à la bonne gouvernance.
Nous avons également pu confirmer la vitalité du programme de coopération renforcée que nous avons mis au point l'an dernier et qui touche l'économie, la défense, le dialogue politique, la culture, le domaine universitaire et le domaine scientifique.
Il existe aussi entre nous une heureuse concordance sur les grands enjeux de sécurité internationale sur lesquels la France et vous, Monsieur le Président, exercez un leadership mondial.
Les événements dramatiques qui se sont déroulés à quelques pas d'ici il y a moins de deux semaines nous ont rappelé que même nos institutions démocratiques les plus sacrées ne sont pas à l'abri de la folie meurtrière inspirée par des mouvements terroristes.
Votre pays aussi a été cruellement éprouvé récemment par le meurtre insensé d'un de vos ressortissants en Algérie, que nous avons déploré et dénoncé.
Je suis donc heureux que nous ayons eu l'occasion hier de réaffirmer notre volonté et de revoir notre stratégie d'éradiquer les foyers les plus virulents du fléau terroriste, en particulier sur le territoire irakien, où nos forces aériennes respectives sont engagées.
En plus de la menace djihadiste dans plusieurs pays, nous avons abordé le sujet de l'agression éhontée des troupes de Vladimir Poutine en Ukraine ainsi que des urgences posées par les changements climatiques et l'éclosion terrifiante du virus de l'Ebola en Afrique de l'Ouest, des défis sur lesquels nous nous sommes engagés à travailler ensemble.
Bien entendu, Monsieur le Président, cela ne fera que renforcer la longue et fière histoire de collaboration entre le Canada et la France à l'égard des valeurs communes et de la lutte contre les grandes menaces pour notre civilisation.
Il y a à peine quatre mois, nous étions sur une plage en Normandie avec plus de 20 autres dirigeants pour souligner le 70e anniversaire de débarquement allié, qui a marqué le début de la fin de l'oppression nazie en Europe.
Pour nous les Canadiens, cet anniversaire, ainsi que le centenaire du début de la Première Guerre mondiale que nous célébrons cette année, nous rappellent avec grande fierté qu'un jeune pays n'a pas hésité, à deux reprises, de venir à l'aide du vieux continent d'où est originaire la majorité de sa population.
Plus récemment, nous avons aussi participé au Sommet du G-7 à Bruxelles, et ensuite à la réunion de l'OTAN au pays de Galles.
Ces récentes réunions – l'une qui s'inspirait de notre collaboration historique et les deux autres qui concernaient les défis du présent et de l'avenir – démontrent clairement, à mon avis, que les relations qui unissent le Canada et la France existent depuis longtemps et ont une grande portée.
Monsieur le Président, aux yeux de la vieille Europe, le Canada peut sembler un jeune pays. Pourtant, la France et le Canada ont fait connaissance il y a près de cinq siècles quand le marin Jacques Cartier a abordé nos rivages.
C'est lui qui a donné le nom de Canada à ses terres encore inconnues des Européens.
Et depuis ce temps, la grande aventure de la langue française en terre d'Amérique se poursuit.
Je peux vous assurer, Monsieur le Président, que tous les francophones canadiens ressentent pour leur langue, leur culture et leurs institutions la même fierté et le même espoir que ce que vos ancêtres ont apporté ici.
Et tous les Canadiens et Canadiennes aujourd'hui vous sont reconnaissants du témoignage d'amitié et de solidarité que vous nous rendez par votre visite.
J'ai maintenant le privilège de vous inviter à cette tribune, chers amis, M. le Président François Hollande.