Le 23 janvier 2015 - Montréal (Québec)
Sous réserve de modifications
Bonjour et merci de cette aimable présentation. Au nom du ministre du Développement international et de la Francophonie, Christian Paradis, je suis heureux d’être ici avec vous aujourd’hui.
Je salue l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) et le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), qui ont organisé conjointement ce forum international.
Dans le cadre de ce forum, nous nous posons deux questions : pourquoi le développement juste, équitable et durable ne pourrait-il pas profiter aux entreprises, et pourquoi le Sud a-t-il besoin de l’aide du Nord? Ces deux questions vont de pair avec l’approche adoptée par notre gouvernement à l’égard des solutions en matière de développement. En misant sur la participation accrue de nos partenaires non traditionnels et sur l’innovation continue, nous réussirons là où nous avons rencontré de grands défis par le passé.
Que vous représentiez le gouvernement, le milieu universitaire, la société civile ou le secteur privé, votre point de vue sur les difficultés persistantes que nous devons encore surmonter contribuera à alimenter les discussions au cours des prochains jours.
Si nous souhaitons obtenir des résultats encore plus efficaces, nous devons continuellement examiner nos approches à la lumière des nouvelles données et expériences, afin de trouver des solutions nouvelles et novatrices aux défis qui nous ralentissent depuis trop longtemps.
C’est pourquoi je suis impatient d’entendre le riche dialogue qui naîtra dans le cadre de ce forum.
Le Canada est fier des impressionnantes mesures qu’il a mises en œuvre pour changer le cours des choses dans la vie des personnes dans les pays en développement. Chaque année, dans le cadre du programme de partenariat volontaire, 5 000 Canadiens collaborent avec des partenaires à l’étranger pour réduire la pauvreté, promouvoir l’égalité entre les sexes et protéger les droits de la personne.
Ces volontaires donnent de leur temps pour améliorer l’accès à la justice, aux services de santé et à l’éducation; ils accroissent la viabilité de l’environnement; et ils favorisent la croissance économique durable.
En outre, ils sont en première ligne des efforts de développement international. Ils agissent comme des ambassadeurs pour le Canada en améliorant la vie des personnes vulnérables et des personnes dans le besoin avec compassion et dévouement.
J’ai travaillé dans une nation fragile pendant longtemps, et je peux vous confirmer que cela a changé mon point de vue. Mon expérience sur le terrain m’a montré à quel point des partenariats efficaces entre différents secteurs peuvent permettre d’obtenir des résultats de développement remarquables.
En mai dernier, Affaires étrangères, Commerce et Développement Canada a lancé un nouvel appel de propositions dans le cadre du Programme de coopération volontaire pour financer les activités des volontaires canadiens entre 2015 et 2020.
Grâce aux facultés d’adaptation et à la flexibilité des volontaires, les organisations d’envoi de volontaires mettent continuellement à l’essai de nouvelles idées novatrices en matière de développement.
C’est cette capacité d’examiner les nouvelles idées et de mettre à l’essai de nouveaux projets qui fait la force du secteur d’envoi de volontaires. Lorsque notre gouvernement a décidé d’inclure des partenaires de développement non traditionnels, c’est le secteur du volontariat qui a répondu en premier
Je suis heureux de voir que parmi les plus de 400 personnes qui se trouvent dans la salle aujourd’hui, il y a des représentants du secteur privé.
L’une des grandes innovations continuellement préconisées par le ministre Paradis est la nécessité de faire participer les partenaires non traditionnels aux activités de développement. La mise en commun de l’expérience et des connaissances de la société civile et du secteur privé présente un potentiel incroyable pour l’avenir du développement.
Nous ne parlons pas seulement de financement, mais aussi de partenariats où la société civile et le secteur privé marient leur expertise et leurs compétences uniques en vue de trouver des solutions durables à la pauvreté.
La concurrence inhérente au secteur privé encourage fortement l’innovation. Les entreprises doivent continuellement créer des produits, des services et de nouvelles technologies plus efficaces à moindre coût, ce qui engendre une forte propension à l’innovation.
C’est pourquoi le secteur privé devance souvent la société civile et les incubateurs financés par le gouvernement en matière d’innovation. Si nous voulons que le Canada soit perçu comme une nation novatrice en matière de développement, nous devons tirer des leçons de nos homologues du secteur privé.
N’oublions pas que le développement économique durable est la seule solution définitive à la pauvreté.
Les donateurs ne peuvent pas financer indéfiniment les mesures de réduction de la pauvreté dans les pays en développement. Il arrive un moment où ces pays doivent prendre leur destin en main et encourager une croissance économique durable.
Les revenus générés par la croissance économique reposant sur le secteur privé permettent aux gouvernements de pays en développement d’assurer un avenir prometteur à leurs citoyens sans aide de l’extérieur.
Pour atteindre cet objectif, des acteurs robustes et novateurs de la société civile doivent conclure des partenariats avec le gouvernement et le secteur privé, afin d’instaurer des conditions économiques propices.
C’est aussi pour cette raison que le Canada cherche à mettre à contribution les capitaux du secteur privé dans le domaine du développement.
Le secteur privé a un rôle clé à jouer dans la solution globale à la pauvreté, tant sur le plan de l’exécution que sur celui du financement de projets produisant des résultats de développement. Ce n’est une surprise pour personne.
Toutefois, le véritable enjeu est de trouver la manière de regrouper les ressources publiques et privées, d’harmoniser les attentes et de structurer le partenariat.
C’est pour cette raison que mon collègue, le ministre Paradis, a été ravi de devenir le premier président de l’Initiative de refonte du financement du développement.
Il s’agit d’un projet international conjoint regroupant le Forum économique mondial et le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
Dans le cadre de cette initiative, le Canada s’emploie à augmenter les investissements étrangers et canadiens et à s’en servir pour accélérer les progrès sociaux et économiques.
Il vise à promouvoir et à appliquer à plus grande échelle des partenariats efficaces de financement mixte et à trouver des modèles de financement public-privé novateurs.
Un exemple d’un tel modèle est le Nouveau partenariat pour l’investissement d’impact durable dans les marchés frontière, parrainé par Sarona Asset Management.
Nous sommes favorables à ce partenariat, qui nous donne l’occasion d’avoir recours à des approches novatrices pour mettre à profit les capitaux privés, le savoir-faire et les réseaux.
L’objectif est d’accélérer la croissance des petites et moyennes entreprises dans les marchés émergents au moyen de capitaux privés.
Notre gouvernement est résolu à renforcer son engagement auprès de ses partenaires du secteur privé pour contribuer à réduire la pauvreté dans le monde.
Cette participation comprend la mise à contribution d’acteurs du secteur privé local, canadien, international et multinational, dans le cadre de la croissance qui se produit sous l’impulsion du secteur privé dans les pays en développement.
De plus, grâce aux relations de longue date que nous entretenons avec nos partenaires du Sud, les personnes les plus vulnérables dans les pays en développement peuvent exprimer leurs préoccupations.
Une société civile dynamique permet aux personnes de participer à la prise de décisions qui les touchent, ce qui favorise l’épanouissement des collectivités.
La croissance économique durable se mesure en liberté – la liberté des obstacles structurels qui empêchent la population de participer à l’économie officielle. Ces personnes doivent être protégées par des gouvernements qui assurent et respectent la primauté du droit.
Et nous croyons qu’investir dans les personnes et que réunir une main-d’œuvre compétente et instruite est un élément clé du développement durable.
C’est pourquoi je suis aussi ravi d’annoncer qu’une contribution de 5,7 millions de dollars sera versée à un projet du CECI au Burkina Faso, lequel profitera à plus de 5 000 femmes et, indirectement, à 15 000 femmes qui travaillent à l’étuvage du riz.
Il s’agit d’une méthode d’usinage du riz qui lui permet de conserver 80 p. 100 de sa valeur nutritive et d’améliorer sa capacité de stockage. En améliorant la productivité et la compétitivité de la chaîne de valeur du riz, les femmes qui produisent, transforment, négocient et transportent le riz seront toutes en mesure d’accroître leurs revenus.
C’est un excellent exemple de la manière dont la société civile peut collaborer avec le secteur privé pour accroître les retombées économiques dans les pays en développement.
Ce forum nous donne l’occasion de faire connaître nos idées et de comprendre différentes perspectives et approches. Nous pouvons travailler ensemble à atteindre notre but ultime : un monde où chaque famille peut répondre à ses besoins et améliorer la qualité de vie de ses enfants.
Je vous remercie tous de votre participation et de votre précieuse contribution.
Merci.