Le 16 janvier 2015 - Montréal, Québec
Sous réserve de modifications
Bonjour.
Merci Samantha [Burton] pour ces bons mots.
Et merci à Ingénieurs Sans Frontières de m'avoir invité à prendre la parole aujourd'hui.
C’est un privilège pour moi de vous accueillir à Montréal à l'occasion de ce Congrès national, au cours duquel vous consacrerez temps et efforts au développement international.
L’objectif d’Ingénieurs Sans Frontières est de donner naissance à des innovations systémiques qui ont le potentiel de transformer les systèmes et d’accélérer le développement.
C’est là un objectif ambitieux, mais plus atteignable que jamais.
À aucune autre période de l'histoire le monde n'a été en mesure d'en faire autant pour nous rapprocher de notre objectif, soit de vivre dans un monde sans pauvreté.
Sans faim.
Et sans les problèmes de santé qui empêchent un si grand nombre de personnes d'exploiter leur plein potentiel.
En effet, la créativité — et les avancées sur le plan des découvertes et des connaissances scientifiques — permet lentement de combler l'écart entre notre monde actuel et celui que nous souhaitons bâtir.
Je suis d’accord avec Muhammad Yunus, lauréat du prix Nobel de la paix en 2006, quand il déclare que râce à des capacités technologiques sans précédent, ainsi qu'à une créativité humaine sans limites, nous avons le potentiel immense de résoudre des problèmes insurmontables comme la pauvreté, le chômage, la maladie et la détérioration de l'environnement. Notre défi consiste à traduire cet extraordinaire potentiel en changements significatifs.
Bref, si la technologie et le génie humain ont un pouvoir pratiquement sans limite, le principal défi est la transformation de ce potentiel en changement concret et significatif.
En vous réunissant comme vous le faites aujourd’hui, ou en lançant un Laboratoire d’innovation, vous contribuez à relever ce défi.
Je crois également que mon ministère peut jouer un plus grand rôle à cet égard.
Notre connaissance des enjeux de développement est indéniable, vu notre vaste expérience sur le terrain.
Je crois toutefois que nous devons grandement accroître notre capacité d’intégrer les innovations scientifiques et technologiques dans nos activités de développement.
C'est pourquoi je suis heureux d’annoncer que notre gouvernement entend créer un groupe d'experts qui s'efforcera de répondre exactement à cet objectif.
Après avoir examiné les nombreux aspects du rôle de la science et de la technologie dans le développement international, le mandat du Groupe de travail sera de fournir des conseils sur les réformes qui permettraient à notre ministère de devenir un leader mondial dans ce domaine.
Le groupe de travail examinera les activités d’aide au développement du Canada qui ont profité, ou qui auraient pu profiter, de l’accès à de solides capacités scientifiques et technologiques au Canada ou ailleurs dans le monde.
Il recommandera au MAECD des façons de renforcer ses capacités à Ottawa et sur le terrain afin qu’il puisse reconnaître les possibilités d’intégrer efficacement les considérations relatives aux S et T dans les programmes de développement, et d’en tirer profit.
De plus, il cernera les possibilités de soutenir le renforcement de la capacité dans ce domaine dans les pays en développement.
De plus, je m’attends à ce que les membres du Groupe de travail recommandent au MAECD des façons d’exercer son leadership pour améliorer la coordination interorganismes des activités liées aux S et T dans le secteur du développement.
Le Canada peut faire mieux en matière d’application des sciences et de la technologie dans le secteur du développement.
Compte tenu de l’expertise du Canada en S et T, il doit agir comme chef de file mondial dans ce domaine.
Il est temps de faire les rapprochements qui s’imposent.
J’espère que ce groupe de travail saura nous indiquer la façon de faire la plus efficace possible.
Comme bon nombre d’entre vous le savent, l’aide internationale a beaucoup changé depuis que le Canada s’est lancé officiellement dans le développement international, à la fin des années 1960.
Aujourd’hui, les pays en développement sont de plus en plus des moteurs de la croissance mondiale et ils utilisent le développement économique, le commerce et l’investissement pour alimenter leurs propres progrès.
L’aide au développement n’a plus autant d’importance que d’autres ressources, et l’investissement direct étranger est maintenant cinq fois supérieur à l’aide dans les pays en développement.
Par ailleurs, les transferts de fonds représentent à peu près trois fois la valeur de l’aide au développement officielle.
De plus, le nombre des acteurs qui interviennent dans le développement a considérablement augmenté.
Le développement est devenu un projet mondial dans lequel des partenaires de nombreux secteurs travaillent ensemble pour répondre aux besoins des personnes pauvres à l’échelle planétaire.
C’était auparavant un domaine réservé aux organismes publics d’aide au développement, aux organismes de bienfaisance et aux organisations internationales.
Au centre de nos efforts, il y a la volonté d’établir de nouveaux partenariats et d’innover.
Il s’agit d’un engagement à l’égard d’un développement intelligent qui s’adapte à l’évolution constante du paysage du développement.
Pour cela, il faut travailler autrement.
Il faut trouver de nouveaux partenaires.
Comme le secteur privé.
Or, le manque d’accès à du financement est l’une des grandes difficultés auxquelles se heurtent les entreprises privées dans les pays en développement, où le secteur privé fournit neuf emplois sur dix.
D’autres pays donateurs ont pris des mesures pour optimiser l’investissement privé dans le développement, à l’aide de mécanismes de financement du développement (MFD), qui constituent leur forme d’appui la plus visible.
Les MFD offrent des outils sur mesure au secteur privé — comme des prêts, des capitaux, des garanties et de l’assistance technique — qui permettent aux entreprises qui exercent des activités dans les pays en développement de surmonter les difficultés particulières associées au financement.
Comme vous le savez, le Canada est le seul pays du G7 qui n’en a pas et je crois que l’établissement d’un MFD viendrait combler un grand vide dans notre boîte à outils pour le développement.
Le principal objectif de ce nouveau mécanisme serait de rehausser les efforts du Canada pour réduire la pauvreté par l’intermédiaire de partenariats d’investissement avec le secteur privé.
Toutefois, cela bénéficierait au Canada en aidant les entreprises canadiennes à sceller des ententes et cerner de nouveaux débouchés dans les marchés difficiles.
Je réalise, par contre, que je suis en train d’essayer de convaincre des personnes déjà converties.
Je sais qu’Ingénieurs Sans Frontières a réalisé un travail formidable pour faire connaître cette lacune, tout comme la Chambre de commerce du Canada.
Cela démontre une fois de plus le rôle clé que vous jouez dans le monde du développement et, surtout, l’efficacité de votre approche.
Le développement est un domaine dont l’évolution constante oblige à rester ouvert à des idées qui dépassent les cadres traditionnels auxquels nous sommes habitués.
Le progrès naît de notre capacité d’innover.
De chercher de nouvelles solutions.
Et de notre capacité de réaliser que ce que nous jugeons impossible aujourd’hui pourrait être possible demain.
Cette salle est pleine de bonnes idées, venant d’esprits vifs et de penseurs de premier plan tous tournés vers le même objectif : l’élimination de la pauvreté à l’échelle mondiale.
Peu importe d’où vous venez, votre point de vue unique sur les nombreux défis du développement alimentera la discussion et le débat pendant les prochains jours.
Je vous encourage donc à oser, une fois de plus.
À voir grand.
Afin que votre créativité puisse à nouveau ébranler les systèmes qui permettent à la pauvreté de subsister.
Merci.