Toronto, Ontario
Le 23 janvier 2015
Merci beaucoup Robert. Quelle aimable présentation faite par une personne que j’admire beaucoup! C’est spécial pour moi d’être ici. Vous savez combien de temps il nous a fallu pour organiser cette rencontre? Sept mois. Je voulais être là pour votre 100e anniversaire, mais je l’ai manqué. Ils ne m’ont pas laissé sortir d’Ottawa. Je ne voulais surtout pas annuler, parce qu’il aurait fallu encore deux ans pour que je puisse venir ici me joindre à vous.
Je suis aussi un fier Rotarien. C’est très spécial pour moi d’avoir autant d’amis ici, des amis de la Société Churchill, de True Patriot Love et des Forces armées canadiennes. Ce sont des amis parce que nous partageons les mêmes passions. Nous partageons la même passion pour notre démocratie parlementaire, pour le service et pour le pays. J’apprécie énormément que des amis aient pris le temps de se joindre à moi et à mon épouse Rebecca, qui m’accompagne dans mon parcours dans la fonction publique depuis deux ans déjà. Sans son amour et son soutien, je serais perdu, alors je suis bien content de la voir ici.
Comme Robert l’a mentionné, je devais parler de mon rôle de député et de Rotarien et comment le Club Rotary m’a toujours attiré en tant qu’ancien officier militaire qui cherche à servir au mieux l’intérêt de ma propre communauté. J’allais parler du Club Rotary de Courtice et de son important travail. J’allais parler de ma citation préférée de Paul Harris qui dit « On peut accomplir de grandes choses, quand les bonnes personnes travaillent ensemble. »
Je crois que ça décrit bien le travail du Club Rotary non seulement au Canada, mais dans le monde entier. Il exerce un véritable leadership au niveau local. Plusieurs douzaines de Rotariens étaient présents à la réunion de fondation des Nations Unies. La Société du timbre de Pâques est un organisme de charité créé par des Rotariens et le Club Rotary a été au premier plan de la lutte pour éradiquer la polio, qui n’est que la deuxième maladie à être éradiquée de la face de la terre.
En tant que groupe, le Club Rotary a joué un rôle de leader auprès de l’Organisation mondiale de la santé, de la Fondation Gates et de plus en plus auprès de notre gouvernement ces dernières années. En tant que Rotariens, vous devez être très fiers de ces réalisations impressionnantes. Comme ministre des Anciens Combattants avec l’ensemble des vétérans et des Forces canadiennes, nous avons pu voir votre geste merveilleux en 2011, alors que des boîtes de coquelicots ont été volées à divers endroits à Toronto.
Le Club Rotary de Toronto est intervenu avec un don de 5000 $ pour combler la perte dans le fonds de la vente des coquelicots. N’allez pas croire que ces gestes passent inaperçus, au contraire. En fait, le Club Rotary incarne de plusieurs façons les mêmes principes qui amènent des gens à s’engager dans les Forces armées canadiennes : l’idéal de servir.
Je crois que rien n’illustre mieux l’idéal de servir que de revêtir l’uniforme de votre pays et d’affronter le danger. Nous avons des vétérans formidables qui l’ont fait pour le pays et pour la liberté au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Fred Strickland, qui a fait partie de la Deuxième force aérienne tactique, est ici parmi nous. Il est Rotarien depuis des décennies et il continue de partager l’idéal de servir. George Richardson, qui a été pilote d’escadron de chasse, a joint les rangs du Club Rotary après la guerre, et continue de partager l’idéal de servir.
Je vais m’inspirer de ce que Gerry a fait plus tôt parce qu’il y a plusieurs de vétérans dans la salle, mais cette fois je vais inclure les familles dans la salle, parce qu’elles aussi servent leur pays. J’ai vu mon ami Alex Brown qui est ici quelque part; son fils commandait un régiment de Réserve dans le sud-ouest de l’Ontario, Chris Brown; je suis fier de le compter parmi mes amis.
J’aimerais demander à toutes les personnes dans la salle dont un membre de leur famille : enfant, conjoint, partenaire, a servi dans les forces armées, de se lever s’il vous plaît. Maintenant, j’aimerais que tous ceux qui ont servi dans les forces armées se lèvent en même temps. Restez debout un instant. Je vous remercie vous et vos familles de votre service. Je suis là pour vous servir, vétérans et familles, comme ministre des Anciens Combattants.
(Applaudissements)
Je fais cela pour montrer que sans la force de l’unité familiale, le vétéran ne peut être fort. Je vais souvent en parler au cours de mon mandat comme ministre des Anciens Combattants. Je veux mentionner aussi que nous sommes à un jour du 50e anniversaire de la mort de Winston Churchill, sans doute un des plus éminents parlementaires de tous les temps. Il a lutté pour protéger les libertés dont nous jouissons aujourd’hui et les Canadiens ont combattu avec leurs alliés dans ce but.
En présence de représentants de la Société Churchill ici, je ne manquerai pas d’inclure quelques citations célèbres de Churchill dans mon discours. J’en utiliserai une maintenant parce que cette phrase illustre bien les possibilités et les défis à relever en tant que ministre des Anciens Combattants. Un jour, Churchill a dit : « Il ne sert à rien de dire que nous avons fait de notre mieux. Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire. »
En tant que ministre des Anciens Combattants, ce qui est nécessaire, c’est d’écouter et d’élaborer un plan. Aujourd’hui, je vais partager avec vous quelques réflexions après mes premières semaines passées à rencontrer et écouter des vétérans et des défenseurs de leurs droits de partout au pays.
C’est un honneur pour moi de vous parler aujourd’hui, non seulement comme membre de cette belle organisation, mais aussi en tant que ministre des Anciens Combattants, des problèmes auxquels sont confrontés les hommes et les femmes qui ont servi notre pays et ceux et celles qui le servent encore.
Je vais continuer sur le thème de l’idéal de servir. À bien des égards, c’est ce qui m’a poussé à m’enrôler dans l’armée à l’âge de 18 ans. Je voulais servir mon pays. Je n’étais pas certain de ce que je voulais faire dans l’armée et j’ai étudié au collège militaire pour le découvrir, mais ce dont j’étais certain, c’est que je voulais servir une plus grande cause que ce que je faisais alors comme étudiant à l’école de Bowmanville en Ontario.
La chose la plus étonnante que j’aie pu constater dans mes rencontres avec les gens au cours de mes trois premières semaines comme ministre, c’est la passion indéfectible de servir. Nous pouvons la voir chez Frank et George qui sont ici avec moi aujourd’hui, tous les deux de la force aérienne. C’est bon de voir la force aérienne si bien représentée ici. À Esquimalt, j’ai rencontré un jeune caporal-chef nommé Bruno, un plongeur-démineur qui a quitté les forces armées il y a quelques années. Il est en train de réintégrer la vie civile et il donne déjà de son temps pour aider les combattants blessés dans un programme à l’intention des familles touchées par un problème de santé mentale. Il a à peine quitté l’uniforme qu’il est déjà en train d’aider d’autres vétérans et des familles de militaires. J’ai été ébahi de voir ce dévouement tout au cours de ma visite.
À l’hôpital Sunnybrook dans cette ville, j’ai rencontré Fraser Holman. Il est venu à ma rencontre, il savait que j’étais le nouveau ministre. Il portait un sarrau de bénévole. Il était à Sunnybrook pour faire du bénévolat auprès de nos vétérans de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Je n’ai su que plus tard qu’il était major-général à la retraite, ancien pilote de chasse et ancien commandant d’escadre de pilotes de chasse. Maintenant, le « haut gradé » porte un sarrau de bénévole et fait ce qu’il a à faire pour servir les vétérans : l’idéal de servir.
Pour mon mandat en tant que ministre des Anciens Combattants, et je suis content de voir John McCallum ici, un de mes prédécesseurs au Ministère, je me suis fixé comme objectif d’établir un dialogue éclairé et respectueux sur les possibilités qui s’offrent à nos vétérans et les difficultés qu’ils doivent surmonter. Ces dernières années, ce dialogue n’a pas toujours été présent et ça n’aide pas les vétérans.
Parlons de certains problèmes que nous rencontrons et des solutions pour en régler quelques-uns. Parlons aussi du travail formidable qui se fait et il se fait vraiment un travail formidable, des histoires personnelles, des gens qui sont au ministère des Anciens Combattants et qui aident le Canada à devenir un leader dans le soutien aux familles de vétérans et aux familles de militaires. Le Canada est en train de devenir un leader dans les enjeux liés aux problèmes croissants de santé mentale.
Mais il ne faut pas seulement se concentrer sur les problèmes. Il faut aussi mentionner ce que nous faisons de bien et en parler de manière responsable. Tous nos efforts doivent être axés sur les soins, la compassion et le respect. Même s’il y a des divergences entre les politiciens, entre les vétérans ou entre les organisations de défense des droits, entendons-nous pour travailler dans le respect et la compassion pour ceux qui ont servi notre pays.
Comme l’a dit Churchill, nous devons réussir à faire ce qui est nécessaire.
Je vais aborder trois thèmes généraux aujourd’hui. Je voudrais poser la question : Qu’est-ce qui est nécessaire?
Après mes trois premières semaines de voyage à l’écoute des vétérans de partout au pays, qu’est-ce qui est nécessaire, selon ce que j’ai pu voir?
Nous avons besoin d’une approche centrée sur les vétérans dans tout ce que nous faisons, qu’il s’agisse des politiques, de la planification ou des programmes. Les vétérans et leurs familles doivent être au cœur de tout ce que nous faisons; c’est pourquoi j’ai demandé aux familles de se lever.
Il ne s’agit pas seulement de l’employé de première ligne dans un bureau ou au téléphone, je parle des conseillers en matière de politiques, de tout le personnel à l’Île-du-Prince- Édouard où se trouve l’administration centrale du Ministère, ou à Ottawa dans mon bureau de ministre; les vétérans seront au centre de tout ce que nous faisons. La question doit être : Comment est-ce que cela aidera le vétéran ou sa famille? Est-ce qu’on peut simplifier le processus pour le vétéran ou sa famille? Peut-on diminuer le temps d’attente pour le vétéran et sa famille?
Axer notre action sur les vétérans signifie qu’il faut être en mesure de répondre à de nouveaux besoins, surtout en santé mentale. J’ai été étonné par un fait lorsque j’en ai entendu parler pendant les trois dernières semaines : au cours des cinq dernières années, il y a eu une augmentation de 100 % des blessures de stress opérationnel, y compris l’état de stress post-traumatique qui est le plus connu, bien qu’il y ait diverses formes de blessures opérationnelles liées au service.
Parlons-en de façon rationnelle comme d’un défi à relever. Nous devons être en mesure de répondre à ces nouveaux besoins. Nous nous sommes efforcés d’y arriver. D’ici la fin de cette année, nous aurons un réseau d’environ 24 cliniques spécialisées dans le traitement des blessures liées au stress opérationnel pour aider à répondre à ce besoin croissant. Ce ne sera peut-être pas suffisant, mais nous avançons dans cette direction et, compte tenu des ressources, nous adaptons nos programmes pour soutenir nos vétérans.
Il nous faut discuter rationnellement de cette question car la première clinique pour traumatisme lié au stress opérationnel n’a été mise en place par le gouvernement de M. McCallum qu’en 2002. Les Forces canadiennes ont eu de la difficulté à faire face à ce problème au cours des deux dernières décennies mais elles font maintenant d’énormes progrès. Le ministère des Anciens Combattants collabore étroitement avec les Forces canadiennes dans ce domaine.
Certains de nos programmes sont les plus avancés au monde pour aider le vétéran à améliorer sa situation, soit pour reprendre ses fonctions ou faire la transition vers une carrière civile; il n’y a pas de meilleur exemple que l’histoire de Chris Linford et sa femme Catherine. La semaine dernière à Victoria, je me suis joint à l’organisme Wounded Warriors pour le lancement de leur programme « Couples Overcoming PTSD Every Day ».
Chris Linford a servi avec Roméo Dallaire et d’autres Canadiens au Rwanda. Il a souffert d’un ESPT. Demandez-lui. Lorsqu’il a finalement demandé de l’aide, il a reçu des soins de première classe. Il s’est remis et a été réaffecté en Afghanistan. Il n’a pas perdu son emploi. Il n’est pas resté coincé dans cette situation pendant des années. Il a eu accès aux programmes et ça a marché.
Il a non seulement retrouvé son emploi; il a été réaffecté en Afghanistan. Comme de nombreux vétérans avec qui j’ai discuté, il ne fait plus partie des forces armées. Qu’est-ce qu’il veut faire? Il veut maintenant aider ses frères et sœurs d’armes et leurs familles. Chris et Catherine ont lancé un programme qui aide les familles à faire face aux blessures de stress opérationnel et leurs répercussions sur l’unité familiale.
Le second thème général sur lequel j’ai beaucoup appris est l’intégration. J’ai une vision pour le Ministère d’une intégration harmonieuse avec les Forces canadiennes. Il y a présentement 700 000 vétérans au Canada, issus de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre de Corée, des opérations de l’OTAN, des missions de l’ONU, de la guerre froide, de l’Afghanistan, mais il y aura 80 000 vétérans de plus dans l’avenir. Qui sont ces futurs vétérans? Ce sont les hommes et les femmes présentement dans les Forces armées canadiennes.
Depuis 50 ans, le ministère de la Défense nationale et le ministère des Anciens Combattants fonctionnent comme deux unités différentes, sans reconnaître que les hommes et les femmes qui portent l’uniforme maintenant dans la Force régulière et la Réserve sont les vétérans du futur. Cette semaine, une de mes réunions avec des intervenants s’est tenue à Shearwater, mon ancienne base : la 12e Escadre de la BFC Shearwater… il s’agissait d’une rencontre avec des dirigeants en uniforme des Forces canadiennes.
On m’a posé comme première question : Pourquoi est-ce que j’étais là en tant que ministre des Anciens Combattants. J’ai répondu : parce que vous serez un vétéran dans 2, 5, 10 ou 15 ans. Le simple fait qu’un haut gradé me pose cette question montre à quel point nous devons améliorer l’intégration des services, assurer une meilleure compréhension des prestations. Le commandant m’a dit que trois militaires l’avaient rencontré au cours des dernières années pour exprimer leur désir de quitter le service. Dans un des cas, il s’agissait d’un problème médical; dans un autre cas, l’épouse avait un meilleur emploi dans une autre province. Il m’a dit qu’il ne savait pas quoi leur dire. Après avoir quitté les Forces, l’ex-militaire doit s’informer auprès du ministère des Anciens Combattants. Nous devons faire en sorte que tout se passe sans heurts. Je veux voir le jour où un militaire reçoit son premier briefing sur le ministère des Anciens Combattants au cours de sa formation de base.
Tout au long de leur carrière, les militaires, surtout les hauts gradés, doivent connaître les services offerts par le ministère des Anciens Combattants et être capables d’en parler de façon responsable aux hommes et aux femmes sous leurs ordres.
Nous ne voulons pas voir des gens qui ont passé 30 ans ni même trois ans en uniforme, tomber dans un gouffre parce qu’ils ignorent tout du ministère des Anciens Combattants parce qu’on ne leur en a pas parlé quand ils étaient en uniforme. Dans la phase de transition, le vétéran se pose de nombreuses questions au sujet de sa santé, sa famille et sa carrière : Où vais-je déménager avec ma famille? Quel sera mon prochain emploi? Ai-je besoin de soins médicaux? La transition sera plus facile s’il peut prendre toutes ces décisions alors qu’il est encore en uniforme.
Ils n’attendent pas de ranger leur uniforme avant de discuter avec leur partenaire de l’endroit où ils iront vivre. Ces décisions doivent être prises des années à l’avance. Il faut le reconnaître et faire en sorte que les Forces canadiennes et le ministère des Anciens Combattants permettent la fluidité des échanges sur les services, les prestations et la transition.
Si la transition se fait bien, nous aurons réussi. J’ai un ami dans cette salle, Ihor Kozak, et il m’en voudra beaucoup de parler de lui ici. Ihor a été nommé parmi les 25 meilleurs immigrants canadiens il y a plusieurs années. Il a gagné ce prix parce qu’il portait l’uniforme au service du Canada à peine sept ans après être arrivé d’Ukraine. C’est assez impressionnant.
Il a été décoré deux fois pour son service en Afghanistan; après avoir été ingénieur de soutien au Camp Mirage et y avoir effectué d’autres services, il a réussi sa transition vers une carrière d’ingénieur en aéronautique. Il est maintenant un vétéran et je suis au service de mon ami Ihor. Sa transition a été un succès, probablement sans l’aide du gouvernement.
La semaine dernière, j’ai rencontré un vétéran qui m’a dit qu’il avait appris que notre gouvernement avait investi plusieurs centaines de dollars pour des services d’aide à la rédaction d’un c.v. et d’aide professionnelle lorsqu’il allait quitter le service actif, mais il ne l’a appris que deux jours avant de partir. Il avait déjà trouvé un travail, mais aurait aimé savoir qu’il avait droit à de l’aide huit mois plus tôt. Je crois que ce deuxième pilier est essentiel : celui d’une collaboration harmonieuse avec les Forces canadiennes.
Vous allez voir que nous allons changer notre vocabulaire. Notre médecin sera désormais notre médecin-chef. Nous allons commencer à apprendre les termes et à utiliser le même langage. Dans l’avenir, je vais m’adresser aux hommes et aux femmes sur les bases militaires pour qu’ils puissent partager les connaissances avec leurs pairs et leurs subordonnés sur ce que sera leur transition pour devenir un vétéran.
Le troisième thème principal que je veux aborder suite à ce que j’ai appris et entendu au cours de ma tournée des dernières semaines, est le besoin de créer une culture d’excellence. Cela concerne le service. Le ministère des Anciens Combattants a un budget d’environ 4 milliards de dollars. C’est un ministère unique où 90 % du budget est investi dans des programmes de soutien pour nos vétérans.
Je crois que les Canadiens doivent être fiers de cela. Quatre-vingt-dix pour cent du budget va directement au soutien et c’est notre priorité d’essayer d’en donner plus au vétéran, à sa famille, aux premières lignes, dans les secteurs où il y a des besoins croissants comme celui de la santé mentale.
Comme nous sommes tellement axés sur le service, nous devons mettre en place une culture d’excellence.
Souvenez-vous du premier thème. Si notre action est centrée sur le vétéran et si toutes nos décisions portent sur la façon d’aider le vétéran et sa famille, nous n’atteindrons peut-être jamais la perfection du service, mais nous nous efforcerons toujours d’atteindre l’excellence. Les cliniques spécialisées pour les blessures de stress opérationnel que nous sommes en train d’ouvrir partout au pays, répondent-elles aux besoins?
Avons-nous besoin d’une équipe d’intervention choc? Est-il possible de travailler plus efficacement avec les Forces canadiennes en partageant des psychologues et psychiatres qui nous font cruellement défaut et qui sont déjà en nombre insuffisant dans la population civile? Les hôpitaux du Réseau universitaire de santé manquent probablement de ces professionnels très recherchés. Si les Forces canadiennes en manquent et que le ministère des Anciens Combattants en manque, peut-on travailler ensemble pour combler ces lacunes?
Nous devons aussi reconnaître qu’il nous faut relever un défi que le Canada n’a pas rencontré en 50 ans, soit depuis la guerre de Corée. Nous avons des vétérans qui ont subi des blessures graves autant sur le plan physique que mental au cours de leur service pendant les 12 ans de la guerre en Afghanistan. Le Canada compte des vétérans traditionnels. Nous avons aussi des vétérans d’Afghanistan, des vétérans de la guerre froide et ils sont tous différents.
Nous devons relever le défi de l’excellence en servant des vétérans dont l’âge varie de 29 à 89 ans. Il n’y a rien de plus désolant que ce qui est arrivé à Ernest Côté. Vous avez vu comment ce vétéran âgé de 101 ans a été sauvagement attaqué pendant les Fêtes. J’ai rencontré Ernest sur la plage Juno lors de ma visite avec le contingent de l’anniversaire en juin dernier et Ernest est une source d’inspiration pour nous tous.
Il a laissé sa marchette en haut de la plage et à 101 ans, ce vétéran a marché sur le rivage où il est débarqué avec ses compagnons il y a 70 ans. C’était extraordinaire à voir, les gens pleuraient. Les attentes d’Ernest en termes de service, sont-elles les mêmes que celles d’Ihor? Non. Nous devons en tenir compte. Nous avons des vétérans comme mon ami Jody Mitic qui a perdu ses deux jambes en Afghanistan, mais qui a presque gagné l’Amazing Race Canada; il donne des conférences et encourage les gens sur la voie de la guérison.
Il a encore des obstacles à surmonter, mais il vient d’être élu conseiller de la ville d’Ottawa. Il a un handicap permanent mais n’a pas de limite permanente. Il veut avoir accès à ses prestations et au service sur un iPhone ou un BlackBerry. Je ne crois pas que mon ami Ernest Côté, à 101 ans, veuille utiliser un iPad. Il nous faut reconnaître certains défis que nous devons relever, faire un plan et viser l’excellence du service pour répondre aux besoins de ces vétérans dans la vingtaine et de ces vétérans octogénaires ou nonagénaires.
C’est un défi de taille. Certains de nos alliés sont aussi confrontés aux mêmes défis. On peut apprendre d’eux, reconnaître les secteurs où il faut intervenir et prendre les mesures nécessaires. On ne peut plus faire les choses de la même façon qu’en 1950, alors qu’a été créée la structure moderne du ministère des Anciens Combattants, ça ne suffit pas. Est-ce que nous voulons atteindre l’excellence du service et répondre aux besoins de tous les vétérans?
Ce sont nos principaux défis. La voie à suivre pour moi, est de travailler à régler les problèmes mais j’aurai besoin de l’aide de toutes les personnes dans cette salle et de tous les Canadiens pour établir ce dialogue informé et respectueux, parce que je crois que tous les Canadiens, tous les partis politiques, veulent appuyer les hommes et les femmes qui nous ont servis et ont protégé ce pays que nous aimons.
En tant que ministre, je suis aussi très à l’aise et je l’ai montré au cours de mes premières rencontres, de reconnaître les organismes comme Wounded Warriors ou True Patriot Love, ou les groupes comme Envoyez le compte et Treble Victor. Il y a une grande diversité de groupes de soutien aux vétérans.
S’ils arrivent à faire les choses mieux ou plus rapidement que le gouvernement, je vais les applaudir et les remercier, parce qu’ils s’efforcent de servir le vétéran et sa famille; je suis là pour appuyer leurs efforts. Nous pouvons apprendre du travail effectué par Wounded Warriors et d’autres groupes, adopter les méthodes qui fonctionnent et les proposer aux vétérans. Pourquoi penser que le gouvernement est seul à pouvoir servir nos vétérans?
Je vais avoir besoin de l’aide des Rotariens qui, comme je l’ai dit, partagent l’idéal de servir. Ce club en particulier, j’ai consulté votre liste d’orateurs invités au cours des derniers mois. Vous êtes au courant des enjeux. Le brigadier-général Chapman était ici. L’aumônier Robert Fead était ici la semaine dernière ou il y a deux semaines.
Il y a eu mon ami l’acteur R.H. Thomson, qui a aidé à donner le coup d’envoi des commémorations de la Première Guerre mondiale avec son travail incroyable de la Vigile 1914-1918, la Société Churchill a aussi travaillé avec R.H. Vous invitez des orateurs à venir raconter leur histoire. Nous devons non seulement écouter leurs témoignages, nous devons les applaudir et encourager les groupes qui sont là pour soutenir les familles de militaires, les vétérans et leurs familles.
Comme je l’ai dit, ce qui m’a le plus inspiré pendant ma tournée, a été de voir qu’au cœur de ces groupes, il y a des vétérans qui viennent à peine de laisser leur uniforme. Ils veulent continuer à vivre l’idéal de servir. Ils nous indiquent la voie à suivre. Ce sont là certains éléments sur lesquels nous devons travailler pour offrir les soins, la compassion et le respect à nos vétérans.
J’ai commencé et je vais continuer ce travail avec votre appui. Il n’y a pas de meilleure façon de terminer avec mes amis de la Société Churchill qui sont ici et de souligner le 50e anniversaire de la mort de Churchill demain, qu’avec une citation de Churchill bien sûr, ou en paraphrasant une citation de Churchill : je vais travailler fort et offrir sang, labeur, larmes et sueur pour appuyer nos vétérans.
Merci beaucoup.