Tokyo, Japon
Le 6 novembre 2014
Je vous remercie, monsieur le président.
Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui et d’avoir l’occasion de rencontrer des gens qui renforcent les liens déjà solides qui unissent nos deux pays.
Nous sommes réunis aujourd’hui à un tournant du développement du marché mondial de l’énergie.
En 2035, les besoins de la planète auront augmenté d’un tiers.
C’est dans les pays hors OCDE que s’enregistrera la presque totalité de cette croissance. Face à cette demande, le gaz naturel liquéfié jouera un rôle essentiel.
À la demande croissante d’énergie se conjugue l’importance toujours plus grande de la sécurité énergétique, comme l’illustrent les événements récents en Europe et ailleurs.
Le Canada, avec ses ressources abondantes et les vastes connaissances qu’il possède en ce domaine, a une grande responsabilité sur la scène internationale, à titre de fournisseur d’énergie à la fois fiable, sûr et responsable.
Le potentiel offert par le GNL du Canada
Le message que je vous livre aujourd’hui est donc simple : le Canada est prêt à se hisser au rang des grands exportateurs de gaz naturel liquéfié. Avec le Japon, avec le monde entier comme destinataires.
Et voici pourquoi.
En premier lieu, le Canada est le cinquième producteur mondial de gaz naturel. On estime que ses ressources récupérables pourraient atteindre 44 billions de mètres cubes, soit suffisamment pour maintenir notre production actuelle pendant plus de 300 ans.
En deuxième lieu, notre pays fait d’importants progrès vers la commercialisation de son gaz naturel liquéfié.
Pas moins de 18 terminaux sont projetés sur notre côte ouest et notre côte est. Ils représentent une capacité d’exportation annuelle de 288 millions de tonnes.
En troisième lieu, et c’est là un facteur non moins important, le Canada offre des avantages sans pareils dans le marché fort concurrentiel du gaz naturel liquéfié.
Considérons, par exemple, le transport maritime, un élément qui a son importance dans la fixation des prix : la proximité du Canada avec le Japon est un avantage.
La durée de transport entre le Canada et l’Asie est notablement plus courte que pour bon nombre de producteurs de gaz naturel liquéfié établis, ce qui inclut les terminaux que l’on projette d’établir dans le golfe du Mexique.
Notre plus grand avantage concurrentiel, ce sont les immenses gisements de gaz de schiste et de pétrole de réservoir étanche situés sur la côte ouest du Canada.
Nous pouvons fournir de vastes quantités de gaz naturel liquéfié à destination exclusive de terminaux d’exportation ou de clients particuliers.
Le partenariat Canada-Japon
Le Canada est ouvert aux affaires et ouvert à l’investissement étranger. En fait, des entreprises japonaises sont déjà présentes dans l’exploitation des nouveaux gaz et les projets d’exportation de gaz naturel liquéfié. La société Japan Petroleum Exploration, la société INPEX, la société Mitsubishi, toutes ont des projets d’exploitation des nouveaux gaz en Colombie-Britannique. Nous nous réjouissons de la confiance que manifestent ces entreprises et nous nous félicitons de leur présence.
En outre, quatre entreprises japonaises sont associées à quatre projets de terminaux de gaz naturel liquéfié au Canada.
En octobre 2013, le Canada et le Japon ont adopté une déclaration de coopération touchant le pétrole et le gaz, dans laquelle nos deux pays ont affirmé leur intérêt réciproque à faciliter le commerce et les investissements dans tout l’éventail du secteur des hydrocarbures, gaz naturel liquéfié compris.
Cette déclaration fournit un cadre de travail pour l’avancement de nos intérêts complémentaires et nous permettra de pousser plus loin le dialogue sur nos orientations respectives ainsi que les contacts entre hauts fonctionnaires et ministres de nos deux pays.
Le Canada et le Japon négocient actuellement un accord de partenariat économique. Le premier ministre Abe et le premier ministre Harper savent tous deux ce que représente cette négociation pour nos pays sur le plan économique.
Ainsi donc, le Canada s’emploie à renforcer ses liens avec le Japon dans un bon nombre de secteurs et il est toujours à l’affut des moyens de soutenir des entreprises communes à nos deux pays, ce qui est la raison d’être de ma présence dans votre pays cette semaine.
L’appui des populations concernées
Alors même que nous misons sur l’exploitation du gaz naturel liquéfié, nous reconnaissons que l’exportation de nos ressources exige un solide appui de nos propres populations.
Nous savons bien qu’il nous faut rechercher cet appui et bâtir des liens de confiance avec les collectivités autochtones pour que les projets d’exploitation des ressources puissent se réaliser en temps opportun.
Chez nous, des populations autochtones vivent à proximité de tous les grands projets d’exportation d’énergie.
Notre gouvernement a donc pris des mesures concrètes pour rechercher la participation autochtone dans tous les aspects de l’exploitation des ressources – aussi bien en ce qui concerne les emplois et les possibilités d’affaires que sur le plan de la protection de l’environnement.
Nous avons aussi comme autre grande priorité de disposer de la main-d’œuvre spécialisée nécessaire à l’extraction des ressources.
À ce sujet, nous avons conclu récemment un accord avec la Colombie-Britannique en vue de l’établissement d’un fonds de formation conjoint pour nos travailleurs.
Les facteurs économiques fondamentaux
Bien sûr, pour qu’un pays soit compétitif aujourd’hui, il faut que les facteurs économiques fondamentaux soient réunis. Or, c’est précisément ce à quoi nous avons vu dès le départ : c’est-à-dire que nous avons abaissé les impôts, nous avons réduit les lourdeurs administratives, nous avons mené une politique budgétaire prudente et nous avons gagné l’accès à de nouveaux marchés grâce à des accords de libre-échange.
De plus, nous avons modernisé l’examen réglementaire des grands projets en éliminant les chevauchements et en fournissant aux investisseurs des délais d’exécution prévisibles et précis. Et cela, sans compromettre le dialogue avec le public, non plus que la performance environnementale.
Ainsi, le Canada signifie clairement son intention d’agrandir et d’améliorer ses équipements d’exportation.
Selon les analystes – la revue The Economist (section dite Intelligence Unit), Forbes et Bloomberg –, de tous les pays du G20 le Canada est le meilleur endroit pour les affaires.
Le Canada affiche l’un des meilleurs bilans du G7 pour la création d’emplois depuis 2009 et son ratio de la dette nette au PIB est le moins élevé du G7.
Le Canada sait qu’il doit impérativement diversifier ses marchés de l’énergie et travaille en étroite collaboration avec les provinces pour que ses abondantes ressources naturelles soient exploitées de façon responsable.
En fait, le Canada a réduit presque de moitié le taux d’imposition sur les nouveaux investissements depuis 2006, lequel est passé de 33 à 17,5 %.
Selon la société KPMG, le taux d’imposition des entreprises au Canada est le moins élevé des pays du G7 et est de 46 % inférieur à celui des États-Unis. Notre taux global d’imposition sur les nouveaux investissements est dans l’ensemble de 13 % inférieur à la moyenne de l’OCDE.
Par rapport à l’Australie ainsi qu’aux États américains avec lesquels nous sommes en concurrence, nous ferons en sorte que notre taux d’imposition pour les projets concernant le gaz naturel liquéfié demeure compétitif.
Conclusion
En conclusion, vous voyez que le Canada progresse sans relâche et que tous les éléments sont en place pour qu’il devienne l’un des grands pays exportateurs de gaz naturel liquéfié.
J’ai eu des entretiens productifs au cours de ma visite dans votre pays et je compte en avoir d’autres dès cet après-midi.
Le Canada se réjouit du resserrement de ses liens stratégiques avec le Japon afin que puisse être tiré le maximum du potentiel qu’offre son gaz naturel liquéfié.
Je vous remercie.