Allocution de Nathalie Bondil, vice-présidente du conseil d’administration
Conseil des arts du Canada
Assemblée publique annuelle
150, rue Elgin, Ottawa
20 janvier 2015
Bonjour et bienvenue à tous.
Au nom de tous ici présents, j’aimerais d’abord et avant tout remercier Natasha pour son inspirante prestation. Je suis ravie que notre assemblée publique soit dorénavant l’occasion de mettre en valeur très concrètement la création et l’expression artistique que nous défendons et soutenons : bravo pour cette nouvelle initiative.
L’assemblée d’aujourd’hui portera sur ce qu’a réalisé le Conseil des arts du Canada au cours de la dernière année — son impact — et sur ce qu’il envisage pour l’avenir — ses plans. Parler de l’impact, de l’incidence du Conseil, est une chose. L’expérimenter par le biais d’œuvres d’artistes talentueux comme Natasha Bakht est définitivement plus marquant.
Il s’agit de ma première assemblée publique annuelle à titre de vice-présidente du Conseil des arts. Dans mon travail quotidien de directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, je me dois de bien connaître et de réfléchir sur la collection, la présentation et le partage des œuvres des artistes. Au Conseil des arts, j’ai maintenant le privilège extraordinaire de travailler au sein d’un organisme qui soutient les artistes tout au long du processus de création, soit, par exemple, de la recherche à la création ou de la production à la tournée, pour ne donner que quelques exemples. C’est véritablement pour moi un honneur et un honneur que je ne tiens pas pour acquis.
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Gouvernance
Je veux souligner la chance qui m’est offerte de travailler avec un conseil d’administration engagé et dirigé par la présidence éclairée de Joe Rotman. Le Conseil des arts est une société d’État régie par un conseil d’administration composé de 11 membres qui proviennent de différentes régions du Canada.
La qualité du leadership collectif exercé par l’ensemble du C.A. bénéficie de la diversité des expertises de ses membres. L’année dernière, le conseil d’administration du Conseil des arts du Canada a reçu le premier prix d’excellence en gouvernance remis par la Canadian Society of Corporate Secretaries (CSCS) : Cette année, nous avons été finaliste pour un autre prix de la CSCS, dans la catégorie « pratiques exemplaires visant à accroître la diversité au sein d’un conseil d’administration ». Et ce n’est pas un hasard : un des points forts du milieu des arts au Canada est la diversité de ses artistes. Nous voulons que cette diversité se reflète et s’exprime jusqu’aux plus hautes instances du Conseil des arts, Merci à tous ces bénévoles qui forment le C.A.
J’aimerais vous présenter rapidement les membres du C.A. et je leur demanderais de se lever à l’appel de leur nom. Je vous prierais de ne pas applaudir avant la fin de la présentation des membres.
Je commence avec le président, Joseph L. Rotman, qui ne peut malheureusement être des nôtres aujourd’hui et qui vous prie de l’excuser. M. Rotman a amorcé un deuxième mandat à titre de président du conseil d’administration en 2013. M. Rotman est président de Roy-L Capital Corporation, une société familiale d’investissement de Toronto. Après avoir connu une carrière fructueuse en affaires, il a partagé son expérience et son savoir-faire en siégeant aux conseils d’administration de plusieurs organismes dans les secteurs des arts et des sciences de la vie. Il apporte au Conseil une compréhension approfondie et éclairée du rôle de la créativité, de l’empathie et de l’innovation et, par-dessus tout, de la valeur des partenariats. Joe croit fermement à la nécessité de transcender les frontières sectorielles pour composer avec les enjeux actuels.
Et maintenant, au nord, puis d’ouest en est…
- Brenda Stehelin, de Whitehorse, est une artiste et une femme d’affaires. Elle est descendante de la Première Nation Tlingit.
- Howard Jang, de Vancouver, assume depuis longtemps les fonctions d’agent d’artistes des arts de la scène. Il est actuellement directeur de la Woodward’s Cultural Unit de l’École d’art contemporain de l’Université Simon Fraser et il y enseigne les pratiques professionnelles.
- Beverley Foy, de Calgary, a mené une brillante carrière en qualité de comptable et de vérificatrice et elle siège aux conseils d’administration de plusieurs organismes culturels et communautaires de Calgary.
- Cheryl Sharfe, de Winnipeg, notre membre le plus récent, participe à sa première réunion officielle du conseil d’administration. Cheryl a commencé à travailler dans les services de santé et elle a opté, il y a 30 ans, pour une carrière dans le domaine des arts. Depuis, elle travaille et siège aux conseils d’administration de grands organismes artistiques de Winnipeg.
- Anna Porter, de Toronto, fondatrice de Key Porter Books, est une auteure primée de plusieurs œuvres non romanesques.
- Luc Larochelle, de Montréal, avocat à la retraite, est également poète maintes fois publié et collectionneur d’art averti.
- Isabelle Hudon, également de Montréal, est chef de la direction, Financière Sun Life, Québec, et vice-présidente principale, Solutions Clients, Financière Sun Life Canada. Elle est bien connue pour son leadership comme femme d’affaires et championne de la culture.
- Barbara Burley, sous-ministre adjointe de la Nouvelle-Écosse à la retraite, est une bénévole active dans le secteur des arts et membre de la chorale de St. Andrews au Nouveau-Brunswick.
- David Mckay, également du Nouveau-Brunswick est un artiste des arts visuels et un membre de l’Académie royale des arts du Canada.
Mesdames et messieurs, je vous présente donc le conseil d’administration du Conseil des arts du Canada.
Comme vous le savez, l’année qui s’est écoulée en fut une de transition à la direction du Conseil des arts. En juin 2014, Robert Sirman a terminé son deuxième mandat à titre de directeur et chef de la direction. Au cours de ses 8 années à la direction, il a mené deux exercices de planification stratégique permettant au Conseil de renforcer sa réactivité. Il a enfin dirigé le déménagement du Conseil des arts dans ce nouveau bâtiment fonctionnel et accueillant : nous le remercions sincèrement pour ses accomplissements.
Cette transition s’effectue à la fois sous le sceau de la continuité et du renouvellement. En effet, notre nouveau directeur et chef de la direction, Simon Brault, a siégé comme vice-président du C.A. pendant 10 ans. En plus de sa profonde connaissance du Conseil, du milieu artistique et de ses enjeux, Simon Brault jouit, à juste titre, d’une réputation d’ardent défenseur de l’importance des arts dans la vie publique, de la nécessité d’engager nos sociétés envers les arts.
Au cours de ses 6 premiers mois à la barre du Conseil, Simon Brault et toute son équipe ont activement travaillé pour imaginer un nouveau modèle de financement plus clair, plus efficace et plus simple. Il a fait entendre la voix du Conseil, une voix chaleureuse, sur diverses tribunes à l’échelle du pays et il a aussi permis aux arts de faire partie de nombreuses discussions de haut niveau dans la sphère publique au Canada et sur la scène internationale.
Je connais personnellement Simon. Et je sais qu’il est un passionnément convaincu de l’importance des arts et porteur d’une vision claire. Il est non seulement un penseur, mais aussi un homme d’action. Nous croyons qu’il est le dirigeant idéal pour le Conseil en ce moment, alors que le Conseil s’apprête à célébrer son 60e anniversaire, en 2017. Simon a le mandat de prendre des mesures audacieuses pour accroître l’efficacité et l’impact des programmes du Conseil. Il exposera ses mesures plus en détail dans sa présentation.
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Un financement public des arts = un bon investissement pour les Canadiens
Pour ceux et celles d’entre vous qui ne sont pas au fait de l’histoire et du mandat du Conseil des arts du Canada, voici un bref survol. Le Conseil a été créé en 1957 en vertu d’une loi du Parlement fédéral. Il exerce ses activités de manière autonome du gouvernement fédéral et rend compte de ses activités au Parlement par le biais du ministère du Patrimoine canadien et des Langues officielles.
Depuis près de 60 ans, par l’entremise du Conseil des arts, les investissements du gouvernement dans les arts ont connu un excellent rendement. Les Canadiens sont fiers des réalisations et du rayonnement de leurs artistes professionnels. Et ils ont raison de l’être. Nos créateurs, interprètes, cinéastes, chorégraphes, musiciens et auteurs sont très présents aux échelles locale et internationale. En pourcentage de la population globale, c’est remarquable. L’excellence, l’innovation, la jeunesse caractérisent notre scène artistique, plurielle, diverse, dynamique, pluridisciplinaire. Les chiffres le prouvent depuis la création du Conseil. Je peux l’affirmer puisque, étant fièrement canadienne depuis 16 ans, mais d’origine française – donc je ne peux être taxée de chauvinisme! –, je reste stupéfaite par l’ouverture d’esprit et la créativité des scènes que je continue de découvrir chaque jour… C’est pourquoi, au Conseil, nous croyons qu’il est plus important que jamais de maintenir et de renouveler un engagement ferme pour que la créativité canadienne apporte sa pertinence à l’écho du monde complexe dans lequel nous vivons : l’art est un formidable outil pour nous aider à vivre ensemble.
J’aimerais ici préciser un peu ma pensée sur deux points, et cela, en puisant dans ma propre expérience. Premièrement, l’art est un langage puissant, profond et universel. Une image vaut mille mots. Nous avons constaté sa puissance au fil de l’actualité des derniers jours. Je suis persuadée que, dans nos sociétés qui valorisent davantage l’apprentissage des savoir-faire que les savoir-être, l’art nous permet de ne pas être considérés comme des robots ou des consommateurs. L’art parle le langage des émotions et nous permet ainsi de mieux comprendre le monde dans sa forme sensible et non seulement de devenir de meilleurs êtres humains. L’art nous fait du bien individuellement et collectivement. Les statistiques récentes sont unanimes à démontrer que la fréquentation des arts favorise la réussite et le mieux-être. Comme il n’était pas évident que le sport soit bénéfique à la santé physique il y a seulement un siècle – ce que personne ne conteste bien entendu aujourd’hui –, nous savons maintenant, au 21e siècle, que les arts sont essentiels à notre mieux-être sous toutes ses dimensions. C’est pourquoi l’engagement auprès des publics, aujourd’hui affirmé au Conseil des arts, devient une priorité renforcée.
À l’instar de nombreux collègues qui, comme moi, travaillent dans des organismes artistiques profondément ancrés au sein de leur collectivité, j’ai pu constater que le pouvoir des arts ne se limite pas à l’expérience individuelle. Mon travail au Musée des beaux-arts de Montréal me permet de constater notre impact sur les visiteurs de tous âges, de toutes origines et de toutes conditions. Nous avons, cette année encore, reçu plus d’un million de visiteurs… soit une croissance de 100 % en 5 ans, confirmant ainsi ce besoin d’art dans notre quotidien. L’art offre l’expérience sensible du monde, qui est indispensable pour éveiller la créativité, l’ouverture d’esprit et la curiosité chez nos concitoyens. Plus que jamais, l’art impose sa pertinence dans un monde dominé par la manipulation des émotions.
Deuxièmement, je veux souligner les bienfaits économiques et sociaux qui augmentent exponentiellement lorsque nous travaillons en partenariat avec d’autres secteurs de la société. Nous devons travailler sous le mode la coévolution et non celui de la compétition, et cela, au bénéfice des arts et des communautés que nous desservons, À titre d’exemple, au Musée des beaux-arts de Montréal, nous participons à plusieurs recherches et projets sur l’art-thérapie avec des universités. Nous participons également à des projets de justice sociale, dont celui de la Fondation Michaëlle Jean (le 4e mur). Ce projet offre aux jeunes marginalisés la possibilité de créer et de présenter des œuvres d’art et il leur permet ainsi de s’exprimer et de développer un sentiment d’appartenance. Ce ne sont-là que deux exemples, mais ils démontrent bien les progrès prodigieux qui peuvent être accomplis lorsque des artistes et des personnes d’autres secteurs combinent leur créativité et leur sens de l’innovation pour aborder des questions importantes pour notre société.
Plus encore, le travail au Musée des beaux-arts et l’engagement du Conseil permettent d’apprécier pleinement la valeur du travail des artistes. Ces derniers partagent avec nous leur imagination, leur faculté à résoudre des problèmes, leur passion, leur curiosité et leur innovation. Ils touchent différents publics ici et dans le monde entier. Ils établissent des liens et nous permettent de mieux nous comprendre et de mieux comprendre les autres. Les artistes expriment ce que nous sommes en tant que peuple – dans toute notre complexité et dans toute notre diversité. Ils nous aident à comprendre qui nous sommes et où nous en sommes afin de pouvoir imaginer notre avenir. Pour paraphraser Picasso, je dirais qu’ils voient la beauté qui court plus vite que nous.
Et le Conseil des arts du Canada, tout comme les artistes, doit avoir une incidence tout en étant novateur et flexible.
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Conclusion
Le 150e anniversaire du Canada, tout comme le 50e anniversaire du Conseil en 2017, sera un moment pour mobiliser les artistes et pour élargir nos publics, un moment privilégié pour souligner le rôle que jouent les arts pour exprimer nos valeurs sur les scènes nationale et internationale.
Le Conseil veut assumer un rôle encore plus grand en faveur des arts au Canada et il est bien placé pour tenir ce rôle. Il dispose d’une perspective nationale ainsi que de la confiance des artistes, du gouvernement et du public canadiens. Le modèle de financement que nous envisageons va dans ce sens. Simon vous présentera certaines des mesures novatrices, qui offriront au Conseil une plus grande souplesse et un cadre permettant aux investissements stratégiques du Conseil de donner des résultats toujours meilleurs et avec une incidence plus grande.
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Finalement, j’aimerais vous dire deux mots sur la prochaine présentation à notre programme. Je suis très emballée par cette projection. Il s’agit d’un extrait du court-métrage Bihttoš. Ce film a été présenté en première l’automne dernier, au Festival du film et des arts médiatiques imagineNATIVE. Cet événement, qui se déroule tous les ans à Toronto, présente les œuvres d’arts médiatiques d’artistes autochtones canadiens et internationaux. Le Conseil des arts appuie ce festival depuis ses débuts en 2000.
Bihttoš est un documentaire non conventionnel qui explore la relation complexe entre un père et sa fille. L’histoire est racontée par la scénariste et réalisatrice Elle-Máijá Tailfeathers au moyen d’animation, de reconstitutions et de photos d’archives. L’artiste est pied-noir de la Première Nation Kainai et lapone du nord de la Norvège. Elle a récemment obtenu le Vancouver Mayor’s Arts (prix des arts du maire de Vancouver) de 2014 pour ses œuvres à titre de réalisatrice émergente. En décembre, le film figurait sur la liste des 10 meilleurs films canadiens du festival torontois TIFF.
L’histoire de l’appui du Conseil à cette artiste et aussi au festival qui a diffusé son film illustre bien les nombreuses formes que prend le soutien du Conseil envers les arts : notre engagement à l’égard des artistes autochtones, des artistes émergents ainsi qu’à l’égard de l’art numérique et de la diffusion d’œuvres tant au Canada qu’à l’échelle internationale.
Nous vous présentons les cinq premières minutes du film – vous pourrez voir la version intégrale du film dans le cadre des nombreux festivals de cinéma cette année. Bonne projection!