Bonjour.
Merci à votre directeur, M. Hopkins, ainsi qu’à tous les professeurs et employés de m’avoir accueilli si chaleureusement. Merci surtout à vous, les élèves de l’école élémentaire Lincoln Alexander, de m’accueillir aujourd’hui.
Quand Lincoln Alexander était petit, sa mère avait l’habitude de dire : « Va à l’école, tu es un petit garçon noir ». Elle voulait simplement dire que si Lincoln voulait avoir un bel avenir, il devait apprendre, étudier et être discipliné. Des années plus tard, Lincoln Alexander a déclaré que les paroles de sa mère avaient porté leurs fruits. « Tous ses sermons ont donné des résultats, a-t-il dit, parce que je suis devenu un élève plutôt sérieux. J’ai été le meilleur de la classe à quelques reprises ». Il excellait en mathématiques, en anglais et en histoire. Il aimait aussi l’atelier d’usinage et le travail du bois.
Les gens l’appelaient « Linc ». Lorsque le Canada s’est joint à ses alliés de l’Empire britannique pour déclarer la guerre à Adolf Hitler en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, Linc Alexander a voulu faire sa part. Il s’est donc porté volontaire et s’est joint à l’Aviation royale canadienne. Il a servi en tant qu’opérateur radio.
Après la guerre, il a voulu devenir avocat; il a étudié et travaillé fort pour que son rêve se concrétise.
Pendant ses études en droit, il avait un enseignant qui employait un langage inapproprié en classe. Linc Alexander s’est levé au milieu de la classe et le lui a fait remarquer. Il lui a fallu beaucoup de courage. Deux cents étudiants étaient présents. Plus tard, il a dit : « Je ne sais pas ce qui m’a poussé à me lever […] dans une classe de 200 personnes […]. Mais je vais vous dire une chose, ce jour-là je suis devenu un homme ».
Il faut parfois être brave et faire quelque chose qu’on ne croyait pas pouvoir faire. Parce que c’est la bonne chose à faire.
Parfois, des gens lui barraient la route et lui disaient qu’il ne pouvait pas ou ne devait pas viser si haut. Il ne leur prêtait aucune attention. Il essayait. Il travaillait. Il ne se préoccupait pas de la race ni de qui était noir et qui était blanc. Il ne faisait que son travail et a fait ses preuves par son succès. Il voulait montrer que si on désire vraiment quelque chose de bien, on peut trouver une façon honnête et correcte de la concrétiser.
Lincoln Alexander est un modèle pour moi à titre de député et de ministre de la Couronne. Lui aussi était député et ministre du Cabinet, alors, d’une certaine manière, je suis ses traces. Élu en 1968, il a été le premier député noir, et il a été réélu quatre fois (en 1972, 1974, 1979 et 1980). Beaucoup de gens devaient l’aimer et devaient vouloir que ce brave homme les représente au Parlement.
Si vous voulez changer la société, vous n’y arriverez pas en criant ou en lançant des roches aux autres. Lincoln Alexander s’est lancé dans la course pour un siège au Parlement. Il a pris soin des gens. Il a prêché par l’exemple de manière pacifique. Il a dit – et je l’admire beaucoup pour ces paroles – « Tout ce que j’essaie de faire, c’est de faire mon travail et de bien le faire ».
L’une des réalisations dont il était le plus fier dans sa vie a été de devenir lieutenant-gouverneur de l’Ontario. Il en était fier parce que l’Ontario a été l’un des premiers endroits au monde à abolir l’esclavage, dans les années 1790. À cette époque, l’Ontario s’appelait le Haut‑Canada. Il faisait partie de l’Empire britannique, qui a aboli la traite des esclaves en 1807 et l’esclavage en 1833, donc il y a 181 ans.
Est-ce que quelqu’un sait quel est le rôle d’un lieutenant‑gouverneur? (écouter quelques réponses)
Un lieutenant-gouverneur représente la Reine. Étant donné que la Reine vit en Angleterre et qu’elle ne peut se rendre au Canada qu’à l’occasion, elle est représentée par le lieutenant-gouverneur. Et pendant que Lincoln Alexander occupait ce poste, soit de 1985 à 1991, un prix a été créé en son nom.
Le Prix Lincoln M. Alexander est remis chaque année à trois élèves canadiens qui sont des leaders en ce qui a trait à l’égalité entre les races et à l’harmonie raciale
L’une des choses que le père de Linc lui a enseignées, c’est de s’entendre avec les autres. Traite les autres de la même façon que tu veux qu’ils te traitent.
L’année dernière, l’une des récipiendaires – Saba Oji de Waterloo – a reçu le Prix pour son idée de tenir une journée « Dites bonjour » (« Say Hi ») à son école. Les élèves étaient encouragés à saluer et à apprendre à connaître des élèves qu’ils ne connaissent pas, en particulier les élèves de cultures et d’origines différentes.
Cette idée semble toute simple, n’est-ce pas? Mais elle a véritablement changé les choses dans l’école de Saba, et c’est pour cette raison que cette dernière a reçu le Prix.
Peut-être avez-vous une idée rassembleuse qui aiderait les gens à prendre conscience qu’ils ne sont pas si différents après tout. Qui sait? Il y a peut-être parmi vous un ou plusieurs futurs récipiendaires du Prix Lincoln M. Alexander.
À son décès, il y a à peine deux ans, Lincoln Alexander était âgé de 90 ans.
Une autre chose que Linc Alexander avait l’habitude de dire, c’est : « Vous avez le devoir de montrer l’exemple, un exemple que les autres pourront suivre. Je l’ai fait. Vous pouvez le faire. Vous le ferez. »
Je vous remercie de m’avoir accueilli ici aujourd’hui, et je vous demande de penser à Lincoln Alexander et à son message. Toujours, toujours faire de son mieux et être un bon exemple. Pas seulement lors de la Journée Lincoln Alexander, mais chaque jour.
Merci.