Le 5 février 2015 – Ottawa, Ontario
Sous réserve de modifications
Je vous remercie de cette aimable présentation.
Mesdames et Messieurs, bonjour.
Je suis heureux d'être ici aujourd'hui en compagnie de nos partenaires de la société civile. C'est un plaisir d'avoir l'occasion de discuter d'une plus grande collaboration entre nous afin d'accroître le leadership du Canada dans le domaine du développement et de l'aide humanitaire.
La discussion d'aujourd'hui fait partie d'une grande conversation qui se déroule toute la semaine, dans toutes les villes du pays.
De Vancouver à Hamilton, et de Halifax à Ottawa, des Canadiens ont organisé des activités dans des écoles, des églises, des universités et des centres communautaires pour souligner le 25e anniversaire de la Semaine du développement international.
Il s'agit d'une occasion extraordinaire de sensibiliser les gens aux difficultés auxquelles font face les pays en développement.
De discuter des moyens de collaborer davantage pour réduire la pauvreté à l'échelle mondiale, soulager les souffrances et améliorer des vies.
Et de mettre en lumière le travail incroyable que nous accomplissons partout dans le monde.
Le Canada est un chef de file mondial dans la promotion de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.
Cela demeure notre priorité absolue en matière de développement.
Je suis particulièrement fier de notre leadership pour sauver les mères et les enfants.
Grâce à l'Initiative de Muskoka, les taux de mortalité maternelle ont diminué, tandis que le nombre d'enfants qui peuvent désormais célébrer leur cinquième anniversaire s'est accru par millions.
Malgré des progrès importants depuis 2010, un trop grand nombre de mères et d'enfants continuent de mourir de causes évitables.
Nous avons donc pris les moyens pour que cet enjeu demeure une priorité internationale.
En mai 2014, le premier ministre Harper a réaffirmé le leadership du Canada en étant l'hôte du sommet Sauvons chaque femme, chaque enfant : un objectif à notre portée.
Cette rencontre a été un succès, en grande partie grâce à l'apport d'un grand nombre d'entre vous.
Misant sur l'élan suscité lors du sommet de Toronto, le premier ministre Harper a pris part à la 69e Assemblée générale des Nations Unies, qui s'est déroulée à New York, et il a annoncé que le Canada et ses partenaires allaient mettre en place le Mécanisme de financement mondial pour l'initiative Chaque femme, chaque enfant, et que le Canada y consacrerait 200 millions de dollars.
En 2015, nous allons continuer d'honorer la promesse faite aux femmes et aux enfants du monde dans le cadre de l'Initiative de Muskoka de 2010 et du récent sommet de Toronto.
Nous avons quintuplé les fonds réservés à l'appel d'offres visant à établir des partenariats canadiens dans ce domaine.
Votre contribution renforcera ainsi plus que jamais le rôle de chef de file de notre pays en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.
Mais surtout, nous devons veiller ensemble à ce que cette question figure au cœur du programme international pour le développement au cours des prochaines années.
Sur le plan humanitaire, nous pouvons affirmer que 2014 a été une année sans précédent.
C'était en effet la première fois que le monde devait intervenir à la suite de quatre crises de niveau trois, dont la crise en Afrique centrale, celle au Soudan du Sud, la situation en Syrie et en Iraq, et l'épidémie de la maladie à virus Ebola.
Notre gouvernement est intervenu rapidement lors de ces événements de grande envergure et d'autres crises humanitaires.
Soulignons que, lors de toutes ces crises, le Canada s'est efforcé de relever avec brio les défis qui se sont présentés. Nous trouvons important de le faire parce que le fait d'offrir des secours, des vivres, de l'eau, des médicaments et des abris aux populations lors d'une catastrophe témoigne avec vigueur des valeurs que nous, Canadiens et Canadiennes, chérissons.
Chers amis, nous savons tous que 2015 sera un tournant pour le développement mondial.
Les Objectifs du Millénaire pour le développement arriveront à échéance cette année et ils seront remplacés par un nouvel ensemble de priorités en matière de développement qui seront réparties dans les Objectifs de développement durable (ODD) pour l'après-2015.
Le débat entourant les priorités et les objectifs bat actuellement son plein, mais un élément fait consensus : l'aide au développement officielle (ADO) ne suffira pas à elle seule à financer le Programme de développement pour l'après-2015.
Il importe donc que le Canada soit à l'avant-plan de la conception de la nouvelle structure mondiale qui servira à coordonner les fonds pour le développement qui proviendront de tous les horizons.
C'est pourquoi je trouve primordial de présider le Comité directeur de l'Initiative de refonte du financement du développement (IRFD) au nom du CAD de l'OCDE et du Forum économique mondial.
Le Comité directeur vise à créer une structure mondiale permettant la combinaison de capital public et privé pour financer les objectifs de développement, accroître les retombées et assurer la viabilité des efforts.
Je suis cependant catégorique : l'objectif ici n'est pas de remplacer l'ADO, mais bien de mettre en place un cadre permettant d'élargir l'écosystème du financement au service du développement.
Nous prenons ces mesures pour répondre aux besoins exprimés par les populations des pays en développement et du fait que ces bénéficiaires sont conscients que, pour éliminer la pauvreté, il faut puiser dans de multiples sources de financement.
Il y a deux semaines, lors du Forum économique mondial à Davos, j'ai parlé de financement mixte à des chefs d'entreprises et d'organisations internationales.
Je suis heureux de vous dire que j'ai obtenu d'eux un soutien sans pareil et que nous avons scellé des partenariats avec des organisations telles que MasterCard International et la Fondation Rockefeller.
Et, lors de mon entretien avec le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, ce dernier a reconnu l'importance du financement mixte et le besoin d'intégrer cette approche dans le plan d'action lié au financement des ODD lors de la conférence sur le financement au service du développement, qui aura lieu prochainement à Addis-Abeba.
Il me tarde de collaborer avec vos organisations pour mobiliser les ressources de Bay Street et de Main Street afin de financer les activités de développement.
En outre, je m'en voudrais de ne pas mentionner notre leadership partagé à Mexico.
Lors de la réunion de haut niveau du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement, l'engagement du Canada d'assurer la protection et la promotion d'un environnement porteur pour la société civile dans les pays en développement a été annoncé haut et fort.
Cette détermination montre les valeurs que nous partageons, soit la démocratie, la liberté, les droits de la personne et la primauté du droit.
Une société civile dynamique permet aux citoyens d'exiger des comptes de leur gouvernement, de vivre dans la dignité et de participer aux processus décisionnels qui les concernent.
Elle contribue ainsi à réduire la pauvreté et à favoriser le développement durable.
J'ai vu comment la société civile, dans les pays en développement, exige que son gouvernement rende des comptes, renforce la cohésion sociale et fournisse des services de base. Et j'ai vu comment elle peut sauver des vies.
Aux Philippines, j'ai accompagné nos partenaires de la société civile lorsqu'ils ont fourni une aide vitale aux personnes touchées par le typhon Haïyan.
En Haïti, j'ai rencontré des Canadiens qui travaillaient aux côtés d'Haïtiens pour reconstruire le pays à la suite du séisme dévastateur de 2010.
Au Sénégal, j'ai parlé à des femmes qui avaient reçu des services de santé maternelle pour la première fois, grâce à votre aide.
Le gouvernement du Canada sait qu'une société civile libre d'agir est la clé pour nous permettre d'atteindre nos objectifs de développement.
Vous êtes le cœur d'une équipe forte et dévouée de professionnels canadiens du développement.
Des professionnels qui jouent un rôle crucial dans le renforcement de la société civile dans les pays en développement.
Qu'il s'agisse de travailler avec des collectivités locales pour assurer un avenir sain et prospère ou de veiller à ce que des personnes soient logées, nourries et réconfortées lors de crises souvent impensables, votre contribution est essentielle à ceux qui en ont le plus besoin.
Mais surtout, notre gouvernement sait que nous devons établir un partenariat efficace entre le gouvernement et la société civile pour obtenir des résultats de développement optimaux.
Nous devons tirer un enseignement des expériences de nos partenaires.
Nous devons reconnaître nos rôles différents et notre diversité.
Il nous faut tirer parti de nos forces.
Nous nous employons tous à atteindre les mêmes objectifs, soit réduire la pauvreté et fournir une aide humanitaire efficace.
L'an dernier, lors de la conférence annuelle du CCCI, je vous ai dit que le Canada était prêt à renforcer notre relation.
Nous nous sommes ensuite mis d'accord sur l'adoption d'une politique officielle qui reconnaît les contributions des organisations de la société civile canadiennes et internationales en matière de développement afin d'atteindre cet objectif.
Je suis heureux de lancer aujourd'hui la Politique de partenariat avec la société civile du Canada.
Cette politique expose les principes directeurs et les objectifs généraux de notre mobilisation.
Elle décrit notre démarche pour améliorer la coopération efficace au service du développement avec des organisations de la société civile canadiennes, internationales et de pays en développement.
D'abord et avant tout, je suis déterminé à travailler avec vous, nos partenaires de la société civile, en tant que véritables acteurs du développement.
C'est dans cet esprit qu'une politique a été élaborée en collaboration avec vous au moyen d'un processus de consultation ouvert et transparent.
Vous avez insisté sur l'importance de nombreux points, notamment :
- faire entendre davantage les points de vue des personnes pauvres;
- promouvoir un environnement porteur pour la société civile dans les pays en développement;
- favoriser le rôle de chef de file de la société civile canadienne.
Je tiens à vous remercier de vos commentaires. Ils ont permis d'améliorer la politique et nous aideront à renforcer nos efforts à l'avenir. Ils orienteront nos mesures.
Vous m'avez dit qu'il est important d'institutionnaliser notre dialogue pour optimiser notre partenariat.
C'est pourquoi j'aimerais aussi annoncer que mon ministère rencontrera les membres de la société civile chaque année pour discuter de la mise en œuvre de cette politique.
De plus, dans le cadre de nos efforts pour engager un dialogue entre de multiples intervenants, je créerai un conseil consultatif composé de représentants de la société civile, du secteur privé et du milieu universitaire.
Afin d'atteindre notre objectif de faire du Canada un chef de file international du développement international qui peut réagir aux tendances du développement et axer ses efforts sur l'obtention de résultats, le conseil me guidera au sujet des dossiers importants, dont :
- les façons d'amener la société civile, le secteur privé et le gouvernement à travailler ensemble de manière plus coordonnée pour obtenir des résultats de développement;
- l'orientation stratégique et les priorités du programme de développement;
- les initiatives stratégiques et les cadres de programmation qui guident ses actions;
- les incidences des plus récentes recherches et pratiques en matière de développement sur les politiques et les programmes de développement du Canada;
- les meilleures façons de mobiliser les Canadiennes et les Canadiens autour des enjeux liés au développement international.
Essentiellement, je m'attends à ce que le conseil exerce une fonction d'examen critique des politiques et des programmes.
En conclusion, j'aimerais vous dire que maintenant plus que jamais, le Canada est un leader du développement international.
Mais nous voulons faire plus.
Et pour y arriver, nous avons besoin de partenaires comme vous, qui assureront notre succès.
Guidés par notre politique de partenariat et à l'aide de notre collaboration accrue, nous trouverons ensemble des moyens novateurs de réduire la pauvreté dans les pays en développement et d'offrir une aide humanitaire efficace pendant les crises.
Je vous remercie de votre travail acharné, de votre dévouement et de votre engagement.
J'ai d'ailleurs bien hâte de collaborer avec vous pour que nous obtenions ensemble des résultats.
Merci. Thank you.