Bonjour! Permettez-moi d'abord de remercier le ministre Colwell de m'avoir invitée à nouveau à sa conférence annuelle sur les pêches.
Nos deux gouvernements partagent un intérêt marqué pour le soutien et le renforcement de l'industrie de la pêche de l'Atlantique, et je pense que les forums de ce genre sont importants, car ils nous permettent d'échanger des idées. La conférence nous offrira également une excellente occasion d'examiner les réalisations de nos deux gouvernements et d'entendre les points de vue de celles et ceux d'entre vous qui tirent leur subsistance de la mer.
Je vais commencer mon allocution en vous citant un nombre : 4 930 352 507.
C'est la valeur monétaire des exportations canadiennes de poisson et de fruits de mer dans le monde entier réalisées en 2014. Par rapport à l'exercice précédent, cela représente une croissance de 11,9 %.
C'est un résultat impressionnant. Vous pouvez en être fiers, car il est le fruit de votre travail acharné.
Je crois fermement que nous avons un avenir encore plus brillant devant nous. L'une des réalisations au cours des deux dernières années dont notre gouvernement est le plus fier est la signature d'importants accords commerciaux avec la Corée du Sud et l'Union européenne (UE).
Le premier jour de l'entrée en vigueur de l'entente entre le Canada et l'UE, votre industrie bénéficiera de l'élimination de 96 % des droits de douane sur le poisson et les fruits de mer. La Nouvelle-Écosse et le port de Halifax, qui est la porte d’entrée de l'Europe pour le Canada, sont bien placés pour tirer profit de l'augmentation des possibilités d'exportation vers les 500 millions de consommateurs du marché de l'UE, et leur activité économique annuelle de 17 billions de dollars.
De même, l'Accord de libre-échange Canada-Corée, qui est entré en vigueur au début de l'année, créera de nouvelles perspectives pour votre industrie. La Corée est la quinzième plus grande économie du monde et la quatrième de l'Asie.
L'accord commercial avec la Corée du Sud est une entente historique qui représente le premier accord de libre-échange du Canada dans la région de l'Asie-Pacifique. Il fournit un nouvel accès à votre industrie. D'après les prévisions, 1,7 milliard de dollars de plus sera injecté annuellement dans l'économie canadienne et les exportations canadiennes vers la Corée du Sud augmenteront de 32 %.
Dans le cadre de l'Accord de libre-échange Canada-Corée, tous les droits de douane que la Corée du Sud impose sur le poisson et les produits de la mer seront éliminés. Vous avez peut-être vu dans les médias, récemment, qu'un vol de fret transporte en moyenne 40 000 kg de homards vivants par semaine de Halifax à Séoul.
Le homard est l'un des produits profitant de l'élimination immédiate des droits de douane. Et, en 2014, le homard représentait plus de la moitié de nos exportations vers la Corée du Sud. L'entente avec la Corée produit déjà des résultats pour notre industrie du homard – la pêche la plus lucrative du Canada, avec des exportations qui devraient générer 1 milliard de dollars par année.
Les statistiques pour 2014 montrent également qu'il y a eu une croissance de 14,7 % des exportations de poisson et de fruits de mer vers la Chine. C'est très impressionnant, mais je ne peux pas dire que j'aie été étonnée d'apprendre cela. Je suis allée en Chine l'été dernier et j'ai constamment entendu le même message de la part des nombreux acteurs de l’industrie là-bas : le seul problème auquel la Chine se heurte, lorsqu’il s’agit de poissons et fruits de mer canadiens, c’est de ne jamais en avoir assez!
J'ai parlé aux gens sur les quais, dans les marchés et dans les ambassades, et ils avaient tous la même opinion sur nos produits : une qualité et une sécurité de classe mondiale. Une autre chose que j'ai entendue, toutefois, c'est que, face à cette notoriété, il est d'autant plus important de marquer nos produits comme étant canadiens.
Je vis à Tignish, à l'Île-du-Prince-Édouard. Bien sûr, nous considérons que nos produits sont uniques, tout comme vous le faites au sujet de vos prises. Mais pour tout dire, lorsque nous sommes en concurrence sur la scène mondiale, quand nous tentons de convaincre un chef chinois dans un marché de Shanghai d'acheter nos produits, il nous est absolument impossible de travailler en vase clos.
En dépit de tout l'amour que nous éprouvons pour nos provinces et nos collectivités, Tignish, Grand Manan, Malpeque, l'île Fogo ou Yarmouth ne peuvent pas créer des marques qui seront suffisamment puissantes. Nous devons travailler ensemble. Nous devons établir une solide stratégie de marque canadienne. Je sais que des discussions sont en cours à divers échelons, et c'est un message que je voulais partager avec vous.
La force des pêcheurs qui travaillent ensemble permettrait non seulement de créer une marque canadienne de renommée mondiale pour nos produits de la mer sur les marchés internationaux, mais également d'aider mon ministère et les gouvernements provinciaux ici, au pays.
Des groupes établis de pêcheurs permettent aux intervenants du secteur de la pêche de se faire entendre davantage auprès de ministères comme le mien, non seulement en matière de marketing, mais également au sujet de la sécurité, de la gestion et de l'avenir des pêches.
L'époque actuelle est à la fois passionnante et particulièrement difficile pour nos pêches. Nous observons des débarquements record de homards à bien des endroits, de même qu'une croissance dans certains stocks importants de poissons de fond. Toutefois, nous constatons aussi des réductions dans des stocks comme ceux du maquereau, et des difficultés croissantes liées aux prises accessoires dans certaines zones.
J'aimerais maintenant aborder un problème auquel fait face une grande partie de nos pêches ici, dans l'est du Canada, à savoir les phoques gris et la menace qu'ils représentent pour la reprise des stocks de morue.
Mon ministère étudie en profondeur depuis de nombreuses années le lien qui peut exister entre les phoques gris et la morue afin de mieux comprendre ces interactions relatives à la gestion des écosystèmes dans lesquels vivent ces espèces.
Les avis scientifiques viennent corroborer les propos de longue date des pêcheurs : la population croissante de phoques gris dans le sud du golfe du Saint-Laurent a des effets néfastes sur le rétablissement des stocks de morue dans cette région.
C'est une source de préoccupation légitime, étant donné qu’un phoque gris consomme entre une et deux tonnes de poisson par an et que plus de 100 000 individus vivent dans le sud du Golfe. C'est une énorme hausse depuis les années 1960.
La gestion de la population de phoques dans la partie méridionale du golfe du Saint-Laurent est une question complexe et qui pose des défis, de sorte qu’elle requiert beaucoup d’attention de la part des gouvernements et de l’industrie.
Nous continuerons à travailler avec nos partenaires afin de déterminer une façon responsable, efficace et économique de gérer ce défi écologique.
Par le passé, la morue était un pilier économique dans notre région. C'est pourquoi mon ministère a pris plusieurs mesures importantes pour favoriser le rétablissement des stocks de morue dans l'est du Canada, comme la modification des engins de pêche afin de limiter les prises accessoires de morues dans d’autres pêches, l'établissement d'un plafond pour les prises accessoires et la fermeture de certaines zones de pêche où la morue fraye et où l'on sait qu'il y a des alevins.
Avant de terminer, j'aimerais vous faire part de mon opinion sur une question qui a fait les manchettes plus tôt cette semaine à propos de notre réglementation de l'aquaculture.
Notre gouvernement croit fermement que l'aquaculture peut créer des emplois indispensables dans les collectivités côtières, rurales et autochtones. C'est une industrie en plein essor qui représente plusieurs milliards de dollars d'activité économique et des milliers d'emplois pour les familles canadiennes.
Cependant, permettez-moi d’éclaircir ce point : nous voulons que cette industrie croisse d'une façon qui ne compromettra ni notre environnement marin salubre ni les pêches traditionnelles. C'est la clé de la mise en valeur responsable de l'aquaculture.
Je tiens à préciser la nature du projet de Règlement sur les activités d'aquaculture. Je dois souligner que les changements proposés visent à fournir plus de clarté aux exploitants, pour assurer une meilleure conformité et une transparence accrue, en imposant trois nouvelles conditions :
1) Avant d'utiliser des substances réglementées telles que des produits antiparasitaires et des drogues, les aquaculteurs auraient à fournir des rapports écrits indiquant quels moyens de rechange à ces produits ont été envisagés.
2) Les aquaculteurs devraient avoir en place des mesures d'atténuation afin de minimiser toute répercussion négative potentielle sur les espèces de poissons sauvages et leur habitat.
3) Les aquaculteurs auraient à produire des rapports sur ces activités à Pêches et Océans Canada chaque année. Le Ministère mettrait ensuite les données globales à la disposition du public annuellement.
Pour la toute première fois, le gouvernement fédéral réglementera non seulement les exploitations aquacoles, mais également l'effet qu'elles ont sur le fond de l'océan. Les exploitants aquacoles continueraient d'utiliser uniquement des produits ayant fait l'objet d'évaluations soigneuses, et autorisés par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. Toute affirmation contraire est complètement fausse.
De plus, ces changements bénéficient du soutien que représente le renouvellement du Programme d'aquaculture durable, soit un investissement de 54 millions de dollars dans les activités scientifiques, l'amélioration des rapports publics et l'optimisation du travail de réglementation.
Nos investissements dans les activités scientifiques porteront directement sur la question des interactions entre les poissons sauvages et les poissons d'élevage, problème qui a été soulevé ici, en Nouvelle-Écosse, et ailleurs.
Comme toujours, le gouvernement du Canada a invité les Canadiens à faire part de leurs commentaires sur le règlement proposé afin de veiller à ce que toutes les opinions soient entendues et prises en compte. Nous avons également tenu des consultations partout au pays.
Nous avons la ferme intention de maintenir ce dialogue continu et de demeurer ouverts aux commentaires constructifs.
Le Canada dispose déjà de l'un des systèmes de réglementation de l'aquaculture les plus rigoureux du monde et notre gouvernement a à cœur de continuer à l'améliorer, au nom des 14 000 Canadiens qui sont déjà employés par cette industrie et de tous ceux qui le seront à l'avenir.
À ce sujet, je souhaite féliciter votre gouvernement d'avoir constitué le groupe d'experts Doelle-Lahey qui dirigera l'élaboration d'une feuille de route pour le développement durable de l'aquaculture dans votre province.
Pour terminer, je veux vous assurer que je suis ouverte à des solutions qui viennent des pêcheurs et qui renforcent la compétitivité économique de cet important pilier de notre économie côtière. Je suis enchantée à l'idée de continuer à collaborer étroitement avec vous pour veiller à ce que l'industrie de la pêche ait un avenir brillant et prospère.
Nous aurons certainement l'occasion de nous revoir dans un proche avenir, peut-être à Boston à la mi-mars, ou lors de certaines des prochaines annonces concernant les ports pour petits bateaux dans notre région.
Vous vous souviendrez peut-être que, l'an dernier, notre gouvernement a ajouté une somme de 40 millions de dollars sur deux ans dans le cadre du programme relatif à ces ports. C'est un montant qui peut paraître invraisemblable, mais concrètement, cela s'est traduit par des investissements dans nos ports partout en Nouvelle-Écosse : Saulnierville, Eastern Passage, Chéticamp, Wedgeport, Lower East Pubnico, pour n'en nommer que quelques-uns.
En novembre, le premier ministre a annoncé une somme supplémentaire de 288 millions de dollars pour accélérer les travaux de réparation et d'entretien dans des ports pour petits bateaux partout au Canada, afin de fournir des installations sécuritaires et accessibles aux pêcheurs sur les côtes et dans les voies navigables du Canada.
Je me réjouis à l'idée de communiquer avec vous, ou mieux, de vous rendre visite pour vous annoncer d'excellentes nouvelles indiquant comment et où ces importantes sommes seront investies.
Merci et je vous souhaite une bonne conférence!