Le 19 mars 2015 - Ottawa, Ontario
Sous réserve de modifications
Vos Excellences, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre présence aujourd’hui.
Nous, membres de la coalition, contribuons véritablement à réduire la menace que pose l’EIIL à la sécurité de vies innocentes et à celle de nos propres citoyens.
Je vous remercie de votre engagement envers cette mission — à la fois pour votre réponse humanitaire solide et votre engagement militaire.
Hier, le premier ministre Harper a confirmé que notre gouvernement cherche à prolonger la mission initiale de six mois des Forces canadiennes pour lutter contre le soi-disant État islamique en Iraq et au Levant.
Le premier ministre informera très bientôt — la semaine prochaine — la Chambre des communes des intentions de notre gouvernement. En ma qualité de ministre des Affaires étrangères, je tiens à souligner que je suis extrêmement fier de la décision de notre premier ministre, et de la probité morale dont elle découle.
Je peux aussi vous dire qu’il invitera tous les partis à faire preuve de solidarité, en tant que Canadiens. Il leur demandera d’appuyer les efforts de notre gouvernement pour affaiblir et déstabiliser cette bande de voyous.
Et dépouiller ainsi l’EIIL de sa capacité de menacer la sécurité dans la région ou de lancer des opérations terroristes au Canada.
Aujourd’hui, je souhaite vous présenter les accomplissements qu’a réalisés notre gouvernement en Iraq.
Je souhaite aussi rappeler pourquoi notre gouvernement juge nécessaire de poursuivre et d’élargir ses efforts dans ce pays.
Si aucune mesure n’est prise, la menace terroriste que constitue l’EIIL continuera de croître, et rapidement. Elle sera une menace directe à la sécurité du Canada et de ses alliés.
Si une situation illustre parfaitement à petite échelle un problème plus vaste, c’est bien la tragédie vécue par le peuple yézidi en août dernier.
Fuyant l’EIIL, des milliers de yézidis se sont réfugiés, en pleine canicule estivale, sur un haut plateau désertique surplombant la plaine assyrienne, sans nourriture, sans eau et sans abri. Même là, l’EIIL a poursuivi ses attaques, faisant de nombreux morts.
Les yézidis avaient besoin d’aide, avant que la situation ne tourne à la catastrophe. Mais avant tout, ils avaient besoin de protection.
L’un ne va pas sans l’autre.
L’une des premières interventions de la coalition a consisté à apporter aide et protection aux yézidis. Les frappes aériennes de la coalition ont tenu l’EIIL en échec, et des fournitures ont pu être acheminées par voie aérienne.
Mais alors que la folie meurtrière de l’EIIL déferlait dans la région, des scènes similaires se sont répétées dans tout le nord de l’Iraq.
Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées, chassées de leurs maisons et sont maintenant des réfugiés qui ont besoin des nécessités de la vie, et surtout, de protection.
Le Canada estime qu’il est possible de mener des efforts sur ces deux fronts à la fois.
Le sort des civils innocents — des femmes, des enfants et des minorités religieuses — est bien connu. Nous pouvons tous être fiers d’avoir agi avec détermination pour les protéger contre la brutalité de l’EIIL.
Dans les territoires qu’il occupe, l’EIIL a mené une campagne remplie d’atrocités innommables contre les plus innocentes des personnes : il a torturé et décapité des enfants, violé et vendu des femmes comme esclaves, massacré des minorités et emprisonné des civils innocents dont le seul crime est de penser différemment de l’EIIL ou d’être différent de lui.
C’est en partie pourquoi nous avons déployé des forces militaires efficaces dans la région, tout en acheminant une aide humanitaire avec l’aide de nos partenaires internationaux.
Je suis heureux de vous informer qu’au cours des six derniers mois, nous avons aidé à acheminer de la nourriture à 1,7 million de personnes, à procurer des abris et des fournitures de secours à 1,26 million de personnes et à permettre à un demi-million d’enfants de poursuivre leur scolarisation dans une certaine mesure.
Nous sommes également venus en aide à 215 000 réfugiés syriens en Iraq en leur fournissant de la nourriture, de l’eau, des abris et des services de protection. J’ai moi-même visité l’un de ces camps à Erbil, il y a quelques semaines, et j’avoue avoir été vivement impressionné.
Le Canada est le 6e bailleur de fonds de la Syrie et le 5e de l’Iraq. Ensemble, le Canada et la coalition contribuent à protéger la vie de millions de civils innocents contre la furie de l’EIIL.
Par ailleurs, les membres de nos forces armées sont en service actif dans la région depuis près de six mois.
Jusqu’à il y a trois jours, la flotte de CF-18 de l’Aviation royale du Canada avait déjà effectué plus de 400 sorties en vue de détruire des ressources de l’EIIL, parmi lesquelles des véhicules, des bunkers et des installations nécessaires à l’assemblage de bombes et de munitions, et même, dans un cas, du matériel de construction visant à mettre en place des moyens de défense statique.
Leurs frappes de précision ont pu être menées en partie grâce à des aéronefs Aurora. Ces avions et leur équipage ont effectué plus d’une centaine de sorties. Les renseignements recueillis depuis les airs sont utilisés à bon escient sur le terrain, permettant de repérer les cibles et de réduire au minimum les dommages collatéraux. Le professionnalisme exceptionnel des membres de cette équipe a attiré les plus grands éloges de la coalition.
Ces mesures témoignent de notre soutien envers les forces iraquiennes et les peshmerga irano-kurdes. Il convient d’affirmer que la capacité de l’EIIL à se déplacer librement a été considérablement réduite.
Un Polaris de l’Aviation royale canadienne a permis de ravitailler d’autres aéronefs de la coalition. À l’occasion d’une centaine de sorties, il a fourni plus de 6 millions de livres de carburant aux aéronefs canadiens et de la coalition.
Et, bien entendu, les forces spéciales du Canada ont accompli un travail admirable en tant que conseillers pour soutenir les forces de sécurité iraquiennes et les peshmerga kurdes. Comme nous avons pu le constater récemment, ce travail présente des risques considérables, et nous sommes très reconnaissants envers tous les hommes et les femmes en uniforme. Le sergent Doiron a fait l’ultime sacrifice pour nous. Nos pensées et nos prières accompagnent sa famille et ses amis.
Je suis heureux de vous déclarer que la campagne contre l’EIIL a porté ses fruits.
Son élan a été freiné, l’EIIL a perdu du terrain. Certaines villes qui étaient sous son emprise ont maintenant été restituées aux autorités iraquiennes.
Il est aussi en train de perdre des combattants.
Les frappes aériennes de la coalition ont coûté la vie à plusieurs de ses hauts dirigeants.
La coalition a créé les conditions favorables au déclin continu de l’EIIL.
Alors que nous poursuivons notre campagne contre l’EIIL, nous devons aussi éviter l’écueil du sectarisme qui constitue une menace pour l’unité de notre cause, pour la stabilité de l’Iraq et de ses voisins. Nous devons être déterminés à attaquer cette menace de front et à rester unis face à notre objectif d’un Iraq libre, stable et démocratique. Nous avons tous intérêt à ce qu’il le soit.
Toutefois, l’EIIL n’est pas encore moribond. De toute évidence, l’EIIL contrôle toujours une bonne partie du territoire. Il a encore le pouvoir de faire des dommages, non seulement en Iraq, mais aussi dans l’ensemble de la région et ailleurs dans le monde.
L’EIIL a inspiré des attaques contre certains de nos alliés, soit en France, en Australie et au Danemark.
Et nous en souffrons.
Nous prolongeons la mission du Canada parce que l’EIIL a déclaré la guerre au Canada.
Ils nous ont provoqués. Ils nous ont menacés. Ils nous ont dit que nous ne pouvions plus nous sentir en sécurité dans nos collectivités.
Et ils ont inspiré des terroristes qui s’en sont pris à nous, par deux fois, sur notre propre sol, dans notre capitale, au cœur même de notre démocratie.
Pendant ce temps, seul le travail assidu et efficace de la police a permis de prévenir des attaques plus graves encore contre les Canadiens, que voulaient perpétrer des personnes qui semblent partager les visées apocalyptiques de l’EIIL. Nous sommes tous conscients des menaces que fait planer l’EIIL sur la sécurité nationale. Sur nos amis. Sur nos familles. Sur nos voisins. Sur les Canadiens.
Je crois que toutes les personnes présentes dans cette salle conviendraient avec moi que lorsque nous nous dressons contre l’EIIL et ses cruautés, c’est pour défendre des valeurs universelles. Nous défendons chaque principe qui est bon, honorable et respectable, ces principes que l’EIIL viole quotidiennement.
Pourtant, malgré toute l’indignation que suscite l’EIIL chez les Canadiens, ce n’est pas cette indignation qui nous incite à poursuivre notre mission.
C’est un fait que les dirigeants de l’EIIL affirment que l’EIIL est une menace directe pour les Canadiens.
Mesdames et Messieurs, nous les avons vus à l’action.
Soyez assurés d’une chose : le Canada et ses partenaires au sein de la coalition ne seront jamais complaisants.
Au moyen d’une coopération continue avec la coalition, le Canada traitera l’EIIL comme la menace claire et actuelle qu’il représente.
La population canadienne comprend très bien la nature de cette menace.
Et elle n’entend pas y céder.
Je vous remercie de votre engagement envers cette mission. Ensemble, nous allons lutter contre cette menace et réduire sa capacité à frapper dans la région et sur nos propres sols.
Poursuivons nos efforts pour protéger nos citoyens et la vie de tant de civils innocents qui dépendent de notre leadership aujourd’hui et demain.
Je vous remercie.