Le 13 mars 2015 - Ottawa (Ontario)
Sous réserve de modifications
Madame la Présidente du Groupe des chefs de missions francophones à Ottawa, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d’avoir répondu à mon invitation aujourd’hui afin de célébrer le mois de la Francophonie qui marque cette année le 45e anniversaire de la création de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Après 45 ans, vous conviendrez avec moi que cette organisation, qui nous est si chère, a acquis une belle maturité tout en continuant d’afficher beaucoup de dynamisme.
Le Canada est fier d’avoir activement contribué à la création de la Francophonie le 20 mars 1970 à Niamey, au Niger. Aujourd’hui nous sommes engagés à continuer de participer activement à son évolution. C’est un privilège d’appartenir à cette impressionnante communauté de 80 États et gouvernements regroupant 900 millions d’habitants, dont près de 300 millions de francophones répartis sur cinq continents.
D’abord une institution à vocation linguistique, éducative et culturelle, l’Organisation s’est modernisée et a gagné en crédibilité et en efficacité. Elle est maintenant reconnue comme un acteur important des relations internationales.
On ne peut parler d’évolution de la Francophonie sans parler du Sommet de Dakar, qui s’est tenu en novembre 2014. Ce fut un Sommet réussi et marquant à bien des égards. Je pense notamment à l’importance du rôle des femmes et des jeunes dans le développement de nos pays, qui a été reconnue par les chefs d’États et de gouvernements, et à laquelle les divers documents stratégiques adoptés lors du Sommet font référence. Je pense aussi à l’adoption de la Stratégie économique pour la Francophonie qui pose les jalons du développement de la dimension économique de la Francophonie.
La mise en œuvre efficace de cette Stratégie économique est une priorité pour le Canada, au même titre que le renforcement de la démocratie, le respect des droits de la personne et la bonne gouvernance. Elle est étroitement liée à nos objectifs de réduction de la pauvreté et de développement économique durable. Il s’agit également d’un vecteur de solidarité entre les pays francophones.
Dans les mois à venir, le Canada se propose de consulter ses partenaires, qu’il s’agisse des institutions de la Francophonie, des communautés francophones ou des organisations de la société civile canadienne, et d’impliquer davantage le secteur privé au Canada et dans l’ensemble de la Francophonie, afin de propulser la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie. L’objectif est simple : favoriser les échanges et la coopération, et renforcer la solidarité entre les pays de la Francophonie. Nous devons créer les conditions propices à une croissance économique durable afin d’atténuer la pauvreté dans nos pays.
Comme les leaders nous l’ont demandé à Dakar, nous devons faciliter l’insertion des jeunes et des femmes sur le marché du travail, leur permettre d’accéder aux ressources économiques et de jouer pleinement leur rôle d’acteur de développement. Intensifier nos efforts est indispensable pour la bonne marche de nos économies et améliorer le bien-être de nos populations.
Le rôle du secteur privé sera déterminant pour le développement économique de l’espace francophone, qu’il soit de type traditionnel ou d’économie sociale. Dans ce cadre, la Francophonie doit devenir un espace privilégié d’échanges et de coopération bénéfiques pour tous les acteurs économiques qui la composent, qu’ils soient nationaux, régionaux ou internationaux.
Si je vous ai conviés ici ce matin, c’est aussi pour vous démontrer que le Canada n’entend pas seulement faire la promotion de la Francophonie économique, mais il posera également des gestes concrets et des actions solidaires à cet égard.
En effet, j’ai le plaisir de lancer aujourd’hui l’appel de proposition Compétences pour l’emploi au sein de la Francophonie, que j’avais annoncé lors du Sommet de Dakar. Cet appel d’une valeur de 30 millions de dollars sur cinq ans est maintenant ouvert aux organisations canadiennes admissibles qui proposeront des projets de formation adaptés aux besoins du marché de l’emploi dans les pays en développement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Le Canada est heureux de pouvoir ainsi offrir des possibilités de perfectionnement à celles et à ceux qui sont à la recherche d’un emploi dans les pays en développement de la Francophonie.
Toujours en lien avec le Sommet de Dakar, si nous sommes rassemblés ici, c’est aussi pour vous remercier du soutien que tous vos pays ont apporté à la candidature de Madame Michaëlle Jean au poste de secrétaire générale de la Francophonie puisque, comme vous le savez, un consensus a été obtenu lors du Sommet de la Francophonie en novembre dernier.
Madame Jean a commencé son mandat à la tête de la Francophonie en janvier 2015 et nous sommes persuadés qu’elle et son équipe travailleront de concert avec tous les États et les gouvernements de la Francophonie afin de faire progresser l’Organisation dans le XXIe siècle, de contribuer à faire prospérer ses valeurs et ses missions et de participer à la construction d’un monde plus juste, plus prospère et plus pacifique.
À quelques jours seulement de la Journée internationale de la Francophonie, ce sont ces messages d’action, de solidarité et de réjouissance que je souhaite vous transmettre. Célébrons donc aujourd’hui les valeurs que nous partageons dans cette langue qui nous est si précieuse.