2 mars 2015 – Montréal, Office national du film du Canada (ONF)
L’Office national du film du Canada (ONF) tient à honorer la mémoire et l’œuvre de Jacques Giraldeau, décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 87 ans. Né à Montréal en 1927, diplômé en philosophie et en sciences sociales, il a fait du cinéma son métier dès 1950. Tour à tour réalisateur, animateur, chef opérateur, monteur, producteur et scénariste, il partage pendant quelques années son temps entre l’ONF, sa maison de production (Studio 7) et la Société Radio-Canada. Véritable précurseur du cinéma direct, il a su donner le ton avec la série de courts métrages Petites médisances – tournée dès 1953 pour la télévision avec Michel Brault –, par sa façon particulière de s’approcher et de filmer les gens.
En 1963, il choisit de se fixer définitivement à l’ONF où il poursuit sa carrière en tant que cinéaste permanent jusqu’à sa retraite en 1995. En plus de 50 ans de carrière, il a inscrit au répertoire cinématographique plus de 165 courts, moyens et longs métrages, principalement des documentaires, mais aussi quelques films d’animation marquants : une œuvre singulière consacrée à l’évolution de l’art au Québec, sujet auquel il consacre une réflexion originale et féconde.
Les faits en bref
• La carrière de Jacques Giraldeau
o Jacques Giraldeau s’est intéressé très tôt au cinéma, fondant à l’Université de Montréal en 1948 le premier cinéclub au Québec. Membre fondateur de la Commission étudiante du cinéma, de l’Association professionnelle des cinéastes et de la Cinémathèque québécoise, il a également été rédacteur à la revue Découpage et critique au journal Le Front ouvrier.
o Tout au long de son œuvre, Giraldeau a étudié une variété de sujets. Cependant, sa préoccupation avouée pour la situation des arts au Québec et pour la communication entre les artistes et le public s’est poursuivie à partir de La forme des choses en 1965, film tourné à l’occasion du premier symposium de sculpture en Amérique du Nord, tenu à Montréal en 1964, et dont la bande sonore est signée par Pierre Mercure.
o Plusieurs autres réalisations sur l’art ont suivi : Les fleurs c’est pour Rosemont en 1968, film abordant les difficiles relations entre créateurs et citoyens; Bozarts (Collage 1) (1969), véritable plaidoyer en faveur du droit de tout être humain à l'expression; Faut-il se couper l'oreille? (1970), où des personnalités du monde de l’art débattent du rôle social des artistes; La fougère et la rouille ou Collage 2 (1974), qui traite des problèmes particuliers du milieu artistique; puis, en 1979, La toile d'araignée (Collage 3) tente une fois de plus d’expliquer ce fossé qui isole l’art du grand public. En 1989, Le tableau noir (Collage 4) et La toile blanche (Collage 5) ont successivement décortiqué les lois qui régissent le marché de l’art et les rapports qu’entretiennent les artistes avec l’argent.
o Dans les années 1990, Jacques Giraldeau réalise Les amoureux de Montréal (1992), sur l’architecture de la ville, et Blanc de mémoire (1995), une enquête sur le peintre Évariste Quesnel, qui permet de suivre les grandes étapes de l’histoire de l’art moderne au Québec.
o Jacques Giraldeau a également signé quelques films d’animation marquants, dont Opéra zéro (1984), son célèbre Homme de papier (1987), qui explique les différentes techniques d’animation, et Les Iris/The Irises (coréal. Suzanne Gervais, 1991), qui évoque l’ascension fulgurante des enchères à l’occasion de la vente de ce tableau de Van Gogh en 1987.
o En 2007, Jacques Giraldeau revient à l’ONF pour L’ombre fragile des choses (Productions Grand Angle/ONF), une variation de souvenirs ciselés, qui inscrit l’art comme archive de la réalité.
o Parallèlement à son travail de cinéaste, Jacques Giraldeau est peintre et graveur. Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs villes, dont Montréal, Québec, Hull, Ottawa, Boston et New York.
o En 1996, le Gouvernement du Québec lui remet le prix Albert-Tessier pour l’ensemble de son œuvre et, en 2000, il reçoit un Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques.
• Citations
« Jacques Giraldeau fait partie d’une génération de pionniers, au cœur de l’émergence du cinéma québécois. Son approche sensible et son regard au plus près des êtres et des choses a permis de porter à l’écran le travail et les préoccupations des artistes, gardant des traces vivantes de leur œuvre et de leur parole. Son apport à l’Office national du film du Canada et à l’ensemble de la cinématographie québécoise est inestimable », a affirmé Claude Joli-Coeur, commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l’ONF.
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L’ONF en bref
L’Office national du film du Canada (ONF) crée des œuvres interactives innovantes, des documentaires à caractère social ainsi que des animations d’auteur. L’ONF a réalisé plus de 13 000 productions et remporté au-delà de 5000 récompenses, dont 9 prix Écrans canadiens, 8 prix Webby, 12 Oscars et plus de 90 prix Génie. Le contenu primé de l’ONF peut être visionné dans ONF.ca, de même que sur les ordiphones, les tablettes et la télévision connectée au moyen de ses applications.