Scarborough (Ontario) - 4 mars 2015
Merci.
Merci beaucoup.
Bon après-midi.
Premièrement, je veux remercier chacun de vous d’être des nôtres aujourd’hui.
Nous avons parmi nous des citoyens préoccupés venus de tous les horizons.
En particulier, un certain nombre de gens faisant partie de familles qui ont été victimes de crimes terribles se sont joints à nous aujourd’hui pour nous faire part de leurs expériences et exprimer leur appui aux réformes que nous allons faire, et pour empêcher ce genre de choses d’arriver à d’autres personnes.
Alors, nous vous sommes reconnaissants de votre présence aujourd’hui.
Et j’apprécie également la présence d’un si grand nombre de mes collègues.
Évidemment, Roxanne James qui a donné le coup d’envoi.
Mais je tiens également à dire quelques mots au sujet de Peter MacKay, parce que la mesure législative dont je parlerai dans un instant est en fait la mesure législative de Peter MacKay.
Peter, comme bon nombre d’entre vous le savent, a entrepris cette carrière en raison de la passion qu’il nourrissait pour ce dossier en tant qu’ancien procureur de la Couronne, et sa contribution a été réellement cruciale dans l’élaboration du projet de loi dont je parlerai aujourd’hui.
Alors, applaudissons chaleureusement encore une fois le ministre de la Justice, Peter MacKay.
Également, parce qu’ils ont mis à notre disposition leurs merveilleuses installations dans lesquelles nous faisons cette annonce, remercions nos hôtes du Centre culturel chinois du Grand Toronto.
Maintenant, mesdames et messieurs, je suis ici aujourd’hui pour parler du but ultime de notre gouvernement.
Ce qui devrait être la responsabilité suprême de tout gouvernement, la protection des Canadiens et Canadiennes.
Veiller à ce que nos rues et nos communautés soient sécuritaires pour les gens honnêtes et respectueux de la loi qui mènent leur vie, travaillent et élèvent leur famille.
En tout temps, nous avons travaillé à faire en sorte que le système de justice pénale reflète cet objectif élevé et, de façon plus globale, les valeurs et les priorités des Canadiens et Canadiennes.
Par exemple, afin de donner aux victimes d’actes criminels une voix plus forte, nous avons proposé notre Charte des droits des victimes.
Pendant trop d’années, le bien-être des criminels a été considéré comme étant la principale priorité du système de justice pénale.
Cette mesure législative historique, la Charte des droits des victimes, vise à replacer les innocentes victimes là où elles auraient toujours dû être – au cœur de notre système de justice.
Nous avons également modifié les lois concernant les personnes déclarées non criminellement responsables d’actes violents.
Tout en veillant à ce que les délinquants dangereux ayant une maladie mentale reçoivent les soins dont ils ont besoin, nous assurons également la sécurité de la population.
Refléter les valeurs canadiennes signifie aussi que la gravité de l’infraction et la nécessité de protéger les Canadiens doivent également être prises en considération lors du prononcé de la peine.
C’est pourquoi nous avons éliminé la « clause de la dernière chance » qui permettait aux meurtriers de demander une libération conditionnelle anticipée.
C’est pourquoi, lorsqu’un criminel commet plus d’un meurtre, les juges peuvent maintenant imposer des peines consécutives et prendre en considération chacune des vies perdues.
C’est pourquoi nous avons rendu plus facile l’expulsion de criminels étrangers dangereux du sol canadien et rendu plus difficile leur entrée ici en premier lieu.
C’est pourquoi nous avons alourdi les peines, notamment en instaurant des peines d’emprisonnement obligatoires pour de nombreuses infractions graves, dont des peines d’emprisonnement obligatoires pour de nombreuses infractions violentes, en particulier des crimes de nature sexuelle commis contre des enfants.
Et c’est pourquoi j’ai annoncé tout récemment que nous mettons fin à la libération d’office, ce qui signifie que nous éliminons la libération conditionnelle automatique pour les délinquants récidivistes et violents.
Alors, mesdames et messieurs, en disant toutes ces choses, soyons clairs, nous souhaitons la réadaptation de tous les criminels.
Mais certains criminels sont trop cruels, trop dangereux pour être remis en liberté.
Quand une personne enfreint la loi et paie sa dette envers la société, nous espérons toujours qu’elle se réhabilite de façon permanente.
Personne ne souhaite voir quelqu’un sombrer dans une vie vouée au crime, mais il existe des criminels – les délinquants les plus dangereux et violents – qui commettent des gestes si graves que nous ne pouvons risquer de les relâcher dans nos rues.
Cependant, dans l’état actuel du droit, nous le faisons parfois.
Je parle particulièrement des criminels qui s’attaquent aux personnes les plus vulnérables de la société, qui complotent en vue de faire des enlèvements ou de commettre des agressions sexuelles se soldant par un meurtre.
Des criminels qui affichent un tel mépris pour la loi et l’ordre qu’ils assassinent des agents correctionnels ou des policiers chargés d’assurer notre protection.
Des criminels qui détestent tellement nos valeurs – notre mode de vie – qu’ils lancent des attaques mortelles qui relèvent du terrorisme et de la haute trahison.
Des criminels dont les actes sont si horribles qu’ils choquent la conscience de toute la communauté.
La liberté de ces criminels compromettrait celle de tous ceux qui les entourent.
Mesdames et messieurs, la souffrance des victimes d’actes criminels de cette nature et la souffrance de ceux qui les aiment sont déjà bien suffisantes.
Imaginez maintenant ce qu’ils ressentent quand, une fois toute la vérité dévoilée, ils découvrent qu’on aurait pu empêcher ce crime d’être commis dès le départ – autrement dit, qu’on aurait pu empêcher ce crime, mais qu’on ne l’a pas fait.
Que celui qui a commis le crime aurait pu, aurait dû, se trouver derrière les barreaux.
Lorsqu’une telle réalité est dévoilée, à ce moment, leur angoisse doublée d’incrédulité se change en indignation.
Non seulement en eux, mais dans la communauté tout entière, dans toute la communauté.
Et par la suite, nous sommes tous amenés à nous demander en quoi consiste réellement la justice.
Ils se sentent, nous nous sentons trahis.
Et les Canadiens se demandent, avec raison, pourquoi les meurtriers les plus dangereux, une fois qu’ils ont été emprisonnés, devraient un jour se retrouver libres à nouveau alors qu’ils constitueront toujours une menace pour nos enfants, nos familles, nos voisins et nos concitoyens.
Il est très difficile de contester de tels arguments, et notre gouvernement n’a aucune intention de le faire.
Nous devons mettre fin à ce genre de situation dans notre pays.
Mesdames et messieurs, le fait est qu’il existe certains criminels qui ne devraient jamais être autorisés à parcourir les rues où vous et vos voisins travaillez et vivez, ni les rues où s’amusent nos enfants.
Et il existe certains crimes si répugnants dont seule une sanction à perpétuité peut refléter adéquatement la nature horrible.
Donc, je suis fier d’annoncer que la semaine prochaine notre gouvernement présentera une loi pour voir à ce que pour les criminels les plus endurcis et les crimes les plus horribles, une peine d’emprisonnement à vie au Canada sera effectivement une peine d’emprisonnement à vie.
Maintenant, chers amis, en raison de certaines préoccupations d’ordre constitutionnel, certains recours doivent être prévus pour des circonstances exceptionnelles.
Par conséquent, notre mesure législative permettra à un meurtrier purgeant une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle de demander volontairement au ministre de la Sécurité publique une libération après avoir purgé au moins 35 années de sa peine.
Maintenant, permettez-moi d’être clair.
Il ne s’agit pas d’une libération conditionnelle.
Contrairement aux libérations conditionnelles, la décision ne relèvera pas d’une commission dont les membres sont nommés, mais plutôt du Cabinet fédéral.
D’hommes et de femmes pleinement tenus de rendre des comptes à leurs concitoyens et aux familles des victimes de ces actes criminels.
Mesdames et messieurs, pourquoi souhaitons-nous instaurer une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle dans des cas comme ceux-là?
La réponse est très simple.
Nous ne voudrions surtout pas nous retrouver dans une situation où nous aurions à nous dire que nous n’aurions jamais dû libérer tel ou tel criminel.
Que nous aurions pu, que nous aurions dû aller plus loin, en faire plus, que nous n’en avons pas fait suffisamment pour prévenir un crime horrible de plus.
Voilà ce à quoi s’attendent les Canadiens, et voilà les valeurs que partagent la plupart des Canadiens.
Les Canadiens veulent un pays où la justice, la véritable justice, est au cœur de notre système juridique, où l’équilibre est établi entre l’espoir de réhabilitation, l’imposition de peines appropriées et la prévention.
Avec compassion envers les gens respectueux de la loi et leur famille.
Et en particulier envers les victimes des crimes les plus odieux.
C’est également, comme je l’ai dit au début, notre responsabilité absolue.
Veiller à ce que notre société en soit une où les gens honnêtes et travailleurs peuvent élever leur famille, prospérer, et vaquer calmement à leurs occupations dans la paix et la sécurité.
Et c’est ce que nous faisons aujourd’hui, et je veux remercier chacun et chacune de vous d’avoir été des nôtres pour cette importante annonce.
Merci beaucoup.