Le 24 mars 2015
Hôtel Sutton Place
Vancouver, C.-B.
Le texte prononcé fait foi
Merci de la présentation chaleureuse. C’est agréable de me trouver à Vancouver au printemps après l’un des hivers les plus froids depuis très longtemps à Ottawa.
CPA Canada est devenu un proche allié dans nos efforts de collaboration pour améliorer la littératie financière et je suis très heureuse d’appuyer cet effort en reconnaissant leur communauté de bénévoles.
J’aimerais féliciter les bénévoles qui participent au « Programme de littératie financière Contact collectivité de CPA Canada ». Il s’agit d’un excellent exemple d’engagement communautaire.
Je suis impressionnée par le fait que 11 000 bénévoles de CPA Canada se proposent pour fournir des séances gratuites d’éducation financière; ces séances sont essentielles à l’atteinte de notre objectif qui est d’améliorer la littératie financière en Colombie-Britannique et partout ailleurs au Canada.
Je vous remercie du temps, de l’énergie et des connaissances que vous consacrez pour le plus grand bien de nos collectivités.
Je souhaite remercier tout spécialement Joy Thomas et Cairine Wilson. J’ai appris à bien connaître Cairine depuis qu’elle s’est jointe à mon Comité directeur national pour la littératie financière l’an dernier. Elle fait un travail exceptionnel.
Ce soir, j’aimerais vous donner un aperçu des raisons pour lesquelles le gouvernement du Canada a fait de la littératie financière une priorité. Je vous décrirai également les résultats de nos recherches portant sur les comportements et les connaissances financières des Canadiens, mon rôle et mon mandat, et le travail que nous faisons en vue d’élaborer une stratégie nationale pour la littératie financière.
Enfin, je vous ferai part de quelques pensées sur les façons dont nous pourrions accroître notre collaboration.
Pourquoi insister sur la littératie financière? Les marchés et les produits financiers sont devenus de plus en plus complexes et de nombreux consommateurs ne possèdent ni les compétences ni les connaissances nécessaires pour prendre des décisions financières judicieuses.
Ces décisions ont des répercussions sur le bien-être des Canadiens, sur leur capacité à tenir un budget, à épargner et à investir; sur leurs initiatives entrepreneuriales, et sur la force et la stabilité de notre économie en général.
La littératie financière revêt aujourd’hui une importance aussi grande que la littératie de base. La littératie financière c’est posséder suffisamment de connaissances, de compétences et de confiance en soi pour prendre des décisions financières responsables.
Les Canadiens doivent relever des défis de taille en matière de connaissances financières. Selon l’Enquête canadienne sur les capacités financières, que l’Agence de la consommation en matière financière du Canada a menée en 2009 et encore l’année dernière, certains Canadiens éprouvent toujours des difficultés.
Par exemple :
- Seulement 45 pour cent des Canadiens ont des budgets de ménage.
- Environ 30 pour cent éprouvent de la difficulté à payer leurs factures.
- 80 pour cent des jeunes Canadiens n’ont pas confiance en leurs connaissances financières.
- 60 pour cent des Canadiens ne savent pas combien ils doivent épargner pour conserver leur niveau de vie souhaité à la retraite.
Toutefois, il y a de l’espoir. Environ 70 pour cent des Canadiens épargnent en vue des études postsecondaires de leurs enfants. Le nombre de personnes qui se prévalent de programmes gouvernementaux comme les comptes d’épargne libres d’impôts augmente.
La dette à la consommation atteint des niveaux record, tandis que l’épargne demeure faible.
Je suis consciente que Tendances conjoncturelles de CPA Canada a commandé un sondage des comptables professionnels principaux. En décembre dernier, selon ce sondage, de nombreux comptables étaient préoccupés par les niveaux de dette à la consommation et les répercussions que cela pourrait avoir sur l’économie.
En conséquence, les consommateurs sont vulnérables aux événements imprévus. La littératie financière peut aider les gens à demeurer résilients dans l’éventualité d’un événement imprévu, par exemple, la perte d’un emploi ou une maladie soudaine.
Donc, le gouvernement du Canada a fait du renforcement de la littératie financière une priorité.
Pour témoigner de cet engagement, le ministre d’État (Finances), M. Kevin Sorenson, a annoncé ma nomination en tant que première chef du développement de la littératie financière il y a près d’un an. Depuis ce temps, j’ai eu l’occasion de voyager au Canada pour m’entretenir avec des Canadiens de tous les milieux sociaux. J’ai découvert que tous les gouvernements, les groupes à but non lucratif et le secteur privé s’entendent pour dire que la littératie financière n’est pas seulement une compétence souhaitable, mais bien une nécessité dans l’environnement complexe d’aujourd’hui. La santé générale de notre économie en dépend.
Mon mandat est de collaborer et de coordonner des initiatives qui renforcent la littératie financière des Canadiens, ainsi que d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie nationale pour la littératie financière.
Afin de nous aider à orienter nos travaux, le ministre Sorenson et moi-même avons annoncé un comité directeur national sur la littératie financière.
Cairine Wilson est l’un de 15 membres de ce comité. Son leadership et ses conseils nous ont été d’une aide précieuse. Je sais qu’elle continuera à jouer le rôle de championne lors de la mise en œuvre de la stratégie, plus tard cette année.
Le gouvernement a tenu trois séries de consultations l’année dernière pour nous aider à comprendre les différents besoins des Canadiens en matière de littératie financière.
Nous avons commencé par les aînés et par les futurs aînés. Cela nous a permis de lancer notre première stratégie, « Renforcer la littératie financière des aînés » en octobre dernier.
Un des objectifs de cette stratégie est d’inciter les Canadiens à se préparer financièrement pour leur avenir et de leur faire mieux connaître les mécanismes d’épargne et d’investissement comme les REER, le CELI, les régimes de retraite de l’employeur et d’autres avantages et programmes gouvernementaux. Je suis heureuse de constater que le programme Contact collectivité du CPA offre une séance sur la planification en vue de la retraite qui traite de ces besoins.
Ensuite, nous avons ciblé d’autres groupes prioritaires, y compris les Canadiens à faible revenu, les personnes handicapées, les peuples autochtones et les nouveaux arrivants. La dernière étape des consultations visera les jeunes et les adultes.
Au cours des consultations, certaines préoccupations communes au sujet de la littératie financière ont été mises en évidence.
Une de ces préoccupations porte sur l’accès à des services bancaires et autres services financiers. Nous avons entendu qu’il existe des obstacles importants sur ce plan, en particulier parmi les groupes prioritaires. Ces obstacles peuvent être géographiques – l’éloignement des institutions financières; ils peuvent être techniques – l’accès limité à Internet; ou ils peuvent être liés à des compétences linguistiques ou informatiques insuffisantes.
Les intervenants nous ont également dit que l’apprentissage financier devrait commencer en bas âge et se poursuivre tout au long de la vie. Nous devons également rendre cet apprentissage amusant!
Une autre idée importante avancée est que l’apprentissage financier est souvent le plus efficace lorsqu’il est donné directement dans les endroits où se trouvent les gens, par exemple, en milieu de travail. Selon une étude intitulée The Business Case for Financial Education, chaque dollar investi dans l’éducation financière des employés donne lieu à un avantage de trois dollars. Ceci est attribuable à un taux réduit d’absentéisme et à un accroissement de la productivité et de la satisfaction globale des employés. L’éducation financière en milieu de travail est une situation avantageuse à la fois pour les employeurs et les employés.
Certains messages sont ressortis tout au long des consultations.
Le premier était qu’une approche uniforme ne pourrait pas fonctionner. Manifestement, les besoins des peuples autochtones vivant dans des réserves sont différents de ceux des nouveaux Canadiens qui vivent dans des villes ou des d’étudiants qui se sont endettés pour financer leurs études. Nous devons adapter nos efforts de façon à pouvoir atteindre tous ces groupes.
En outre, les « périodes propices à l’apprentissage » peuvent servir d’occasions de faire comprendre nos messages. Ces moments se produisent lors de points de transition dans la vie — par exemple, lorsqu’un jeune couple présente une demande d’hypothèque ou lorsque les nouveaux Canadiens obtiennent des conseils sur les impôts.
Nous devons également nous assurer de communiquer dans un langage libre de jargon qui porte à confusion.
Le message qui était de loin le plus clair et le plus fort de tous est que notre réussite commune repose sur la collaboration entre les secteurs public, privé et à but non lucratif.
Nous diffuserons la Stratégie nationale pour la littératie financière plus tard cette année, et nous chercherons votre appui et votre collaboration pour la mettre en œuvre.
Le projet de collaboration le plus important de l’Agence est la Base de données canadienne sur la littératie financière. Hébergée sur le site Web de l’Agence, ce guichet unique énumère plus de 860 ressources de plus de 75 organisations. N’importe qui peut s’en servir pour trouver les produits et les services financiers dont ils ont besoin. La Base de données est également un outil de réseautage qui permet à des organismes similaires de bâtir des relations.
La Base de données comprend un questionnaire d’auto-évaluation qui permet aux gens de mesurer leurs compétences en matière de gestion financière, et les relie aux ressources dont ils ont le plus besoin dans la Base de données. Veuillez visiter la Base de données sur le site Web de l’ACFC, Sinformercestpayant.gc.ca, et partagez cette information avec vos clients et autres contacts.
Vous constaterez de la collaboration dans tout ce que fait l’Agence de la consommation en matière financière du Canada. La littératie financière est une responsabilité partagée parmi les secteurs public, privé et à but non lucratif.
Le CPA, avec une adhésion unifiée de 190 mille professionnels chevronnés qui interagissent avec les Canadiens tous les jours, peut contribuer grandement à la littératie financière. Les membres jouent un rôle essentiel lorsqu’il s’agit d’aider les Canadiens sur tous les plans, de la réduction de la dette à certaines des décisions financières les plus complexes qu’ils peuvent être appelés à prendre, en passant par l’accroissement de l’épargne.
Les initiatives du CPA témoignent de l’engagement que vous avez pris à l’égard de la littératie financière de vos clients et de vos collectivités. Le programme Contact collectivité, qui vise tout le monde, des enfants d’âge scolaire aux personnes retraitées, en est un excellent exemple.
J’admire les programmes interactifs que vous avez prévus à l’intention des enfants à partir de la quatrième année et qui traitent de questions de base comme l’épargne, la dette et le crédit. C’est de ce type d’initiatives dont nous avons besoin pour donner une impulsion à l’apprentissage continu en matière financière.
J’ai également été enthousiasmée d’apprendre que le CPA lancera son programme d’apprentissage financier en milieu de travail cet automne. Grâce à ce programme, les gens pourront acquérir des connaissances financières là où ils peuvent s’en servir immédiatement.
Pour terminer, j'aimerais vous inviter à approfondir votre collaboration avec nous. Assurez-vous que vos ressources figurent dans la Base de données canadienne sur la littératie financière. Participez aux activités du Mois de la littératie financière qui a lieu tous les mois de novembre. L’année dernière, ce fut un franc succès : plus de 1 200 activités ont eu lieu partout au pays.
Communiquez avec l’Agence pour explorer des façons de travailler ensemble.
En misant sur notre collaboration, le CPA et l’Agence peuvent renforcer la littératie financière des Canadiens, réduire la dette et accroître l’épargne des ménages et les amener à planifier à long terme. En fin de compte, c’est l’économie canadienne tout entière qui s’en trouvera renforcée.
Au plaisir de travailler ensemble.