Le 17 avril 2015 – Washington, D.C.
Sous réserve de modifications
Je vous remercie de cette présentation, Gavin.
Je tiens également à remercier la Société financière internationale et le Forum économique mondial de nous avoir réunis aujourd’hui.
Il s’agit d’une année charnière pour le développement.
Les Objectifs du Millénaire pour le développement viendront à échéance en septembre et seront remplacés par un nouvel ensemble d’objectifs de développement.
Entre-temps, le financement du développement est devenu un sujet de discussion de premier plan.
Il existe un consensus selon lequel l’aide au développement officielle – ou ADO – ne peut à elle seule financer le Programme de développement pour l’après-2015.
En 2014, l’ADO a totalisé 135 milliards de dollars.
Il s’agit d’un investissement considérable pour un groupe relativement restreint de donateurs de base dans un contexte de demandes budgétaires mondiales concurrentes.
Toutefois, on estime que le financement annuel nécessaire pour atteindre les objectifs du développement durable s’exprime en billions de dollars, c’est-à dire en milliers de milliards de dollars.
Deux des sources les plus stables de financement du développement sont le financement public national et le financement provenant du secteur privé.
Le Canada adopte une approche globale à l’égard du financement du développement, laquelle comprend les volets suivants : améliorer la mobilisation des ressources nationales; combattre les flux financiers illicites; et mobiliser plus de capitaux privés dans les pays en développement.
Dans bien des pays, il est possible d’améliorer les finances publiques ou les régimes fiscaux nationaux : les impôts et les taxes sont perçus de façon plus systématique et peuvent être dépensés plus efficacement.
Les flux financiers illicites constituent un autre facteur qui nuit à la capacité des pays en développement de financer le développement, car ils réduisent directement la quantité de fonds disponibles et affaiblissent indirectement la capacité de ces pays de mobiliser des ressources au moyen de mesures fiscales.
Nous croyons que les organismes donateurs ont un rôle important à jouer dans le renforcement des régimes fiscaux des pays en développement, afin que ceux-ci puissent mettre un terme aux flux financiers illicites.
Le Canada est d’avis que le rôle du financement en provenance du secteur privé est tout aussi important, en ce qui touche la mise en place de conditions propices à la croissance économique et à la mise à profit des efforts de développement.
En tant que l’un des premiers pays à avoir adopté le modèle de « financement mixte », c’est-à-dire l’utilisation de fonds publics pour mobiliser d’importantes quantités de capitaux privés, le Canada a mobilisé avec succès plus d’investissement privé à destination des pays en développement dans un certain nombre de secteurs et de domaines qui ont des répercussions importantes sur le développement.
Par exemple, dans le domaine des services financiers, nous collaborons avec Sarona Asset Management pour fournir le financement dont les petites et moyennes entreprises dans les marchés émergents ont tant besoin pour croître et créer de nouveaux emplois.
Dans le domaine de la santé mondiale, le Canada, les États-Unis, la Norvège et le Groupe de la Banque mondiale ont récemment lancé le Mécanisme de financement mondial à l’appui de l’initiative « Chaque femme, chaque enfant ».
Ce mécanisme dynamique permettra de s’associer au secteur privé pour financer de façon durable des initiatives novatrices axées sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants – la priorité absolue du Canada en matière de développement.
L’expansion du financement mixte est également un objectif fondamental de l’Initiative de refonte du financement du développement de l’OCDE et du Forum économique mondial.
À titre de président du comité directeur de l’Initiative, je me suis engagé à collaborer avec les partenaires mondiaux afin de déterminer, de mettre à l’essai et de porter à une plus grande échelle les modèles de financement public-privé de façon systématique. Les fonds supplémentaires générés par cette approche devraient permettre d’accélérer considérablement les progrès en vue d’atteindre les résultats de développement mondiaux.
Je suis convaincu que nos collègues qui participent à la table ronde nous parleront d’autres idées et possibilités.
Toutefois, je vous incite à réfléchir au-delà de la présente réunion.
Le Canada, en partenariat avec le Forum économique mondial, Dalberg Global Development Advisors et d’autres intervenants, examine la faisabilité d’une bourse financière mondiale pour le progrès social.
Cette bourse servirait de marché électronique, de courtier du savoir et d’accélérateur pour les modèles novateurs de financement mixte.
Elle pourrait mobiliser les compétences, le savoir-faire et les ressources des secteurs public, privé et sans but lucratif. Elle permettrait de réduire le temps nécessaire pour structurer les investissements et créer de nouveaux partenariats.
Alors que nous faisons des progrès dans la création de la bourse, nous espérons que vous proposerez votre savoir-faire, votre soutien et votre engagement.
Si nous revenons à cet écart important en matière de financement qui nous sépare de l’atteinte des objectifs du développement durable, ce projet pourrait être un élément de la solution pour :
- mobiliser de nouvelles sources de financement;
- transformer les milliards de dollars en billions de dollars;
- mettre fin à la pauvreté mondiale tout en créant de nouvelles possibilités d’investissement pour le secteur privé.
Je vous remercie.