Le Canada est déterminé à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition à l’échelle mondiale. À cette fin, le ministre du Développement international et de la Francophonie, l’honorable Christian Paradis, a donné un aperçu aujourd’hui du soutien de 6 millions de dollars sur trois ans du Canada au partenariat Croissance de l’Asie du Forum économique mondial (FEM) et de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) ainsi qu’au Défi mondial de la sécurité alimentaire et de l’agriculture du FEM, plus vaste, dont le Canada est un partenaire fondateur.
Le Défi mondial du FEM vise à renforcer le leadership mondial et à nouer des partenariats public-privé pour appuyer le développement agricole durable et la sécurité alimentaire. Il servira de plateforme mondiale unique pour mobiliser et catalyser le partenariat et la participation, sous forme de leadership, de multiples intervenants. Dans un réseau mondial de dirigeants de toutes les régions et de tous les secteurs d’activité, le Défi sera un carrefour pour l’échange d’idées, la collaboration et l’engagement à l’égard des objectifs régionaux, nationaux et mondiaux en matière de sécurité alimentaire et d’agriculture durable.
Le Défi mondial de la sécurité alimentaire et de l’agriculture s’articulera autour de trois axes : encourager l’engagement et la mobilisation des dirigeants à l’échelle mondiale; soutenir les transformations à l’échelle des pays grâce à des partenariats tels que Croissance de l’Asie; promouvoir l’innovation et les pratiques exemplaires. Grâce à sa position de chef de file et à ses compétences dans le secteur, le Canada jouera un rôle de premier plan dans le Défi mondial afin d’aider au renforcement du leadership mondial et des partenariats dans le secteur agricole.
Croissance de l’Asie est une initiative régionale multilatérale créée par le FEM, en partenariat avec le secrétariat de l’ANASE. Croissance de l’Asie sert de plateforme pour faciliter les partenariats public-privé et accroître les investissements afin d’améliorer la sécurité alimentaire et le développement agricole dans la région de l’ANASE. Croissance de l’Asie fait partie intégrante du Défi mondial sur la sécurité alimentaire et l’agriculture du FEM, qui a débouché sur la création de partenariats multilatéraux dans 16 pays en Asie, en Amérique latine et en Afrique.
L’appui du gouvernement du Canada à Croissance de l’Asie aidera le FEM à recourir davantage aux partenariats public-privé comme moyen d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition dans la région de l’ANASE. Tout comme Croissance de l’Afrique, une autre initiative régionale du FEM, Croissance de l’Asie appuiera les efforts régionaux déployés pour faire participer le secteur privé et cerner des possibilités de collaboration afin de s’attaquer aux enjeux liés à la sécurité alimentaire et au développement agricole dans la région de l’ANASE.
Croissance de l’Asie cherche à rejoindre 10 millions de petits exploitants agricoles de l’ANASE d’ici 2020, en vue de leur permettre d’accroître leur rendement et leurs profits de 20 p. 100, tout en utilisant 20 p. 100 moins d’eau et en réduisant de 20 p. 100 leurs émissions de gaz à effet de serre par tonne de production.
Sa principale activité sera de réunir des donateurs, des organisations non gouvernementales, des organismes de la société civile et des partenaires du secteur privé dans des discussions visant à faciliter les investissements privés et publics dans le secteur de l’agriculture.
L’insécurité alimentaire et la malnutrition figurent toujours au nombre des problèmes les plus urgents en matière de développement. La croissance démographique rapide, l’urbanisation croissante et la raréfaction grandissante des ressources naturelles menacent continuellement la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. De tels enjeux exigent davantage d'attention et le développement de systèmes agricoles et alimentaires. L’agriculture demeure le plus important générateur d’emplois, de revenus et de moyens de subsistance pour la majorité des personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire dans la plupart des pays en développement.
La transition mondiale vers des systèmes alimentaires et agricoles durables exigera que tous les intervenants – organismes de la société civile, agriculteurs, industrie agroalimentaire, chercheurs, scientifiques, organisations internationales et tout ordre de gouvernement – travaillent en collaboration. Le Canada est déterminé à approfondir et à élargir son engagement auprès de ces intervenants.
Pour respecter son engagement, le Canada s’emploie à collaborer plus étroitement avec le secteur privé, y compris les agroentreprises, les organisations agricoles et les petits exploitants agricoles, qu’il considère comme des acteurs indispensables dans la réduction de la pauvreté et l’obtention de résultats en matière de développement. Voici quelques exemples à cet égard :
- Le Canada dirige la mise en œuvre d’AgRésultats, une initiative novatrice du G-20 qui vise à stimuler les investissements du secteur privé dans la recherche agricole afin d’assurer la sécurité alimentaire dans les pays en développement. Communément appelé « mécanisme de garantie de marché », AgRésultats met l’accent sur l’innovation et la reddition de comptes, ne décaissant seulement des fonds publics aux partenaires qui obtiennent des résultats mesurables dans des secteurs ciblés, comme l’amélioration de la gestion des récoltes et l’enrichissement nutritionnel des aliments de base. Les premiers projets pilotes d’AgRésultats viseront à améliorer la technologie de stockage à la ferme, à développer et à disséminer les cultures biofortifiées, et à réduire les pertes de grains causées par des maladies fongiques en Afrique subsaharienne.
- Le Canada verse aussi des fonds à HarvestPlus, un programme mondial de recherche mis sur pied pour réduire les carences en micronutriments dans l’alimentation en développant des cultures essentielles (p. ex. pommes de terre, fèves, riz, blé, maïs, manioc) afin d’augmenter la valeur nutritionnelle d’une variété d’aliments. Ce programme de recherche se traduit par la création de partenariats dans le secteur privé afin d’appliquer à plus grande échelle des systèmes de semences pour des cultures biofortifiées. Par exemple, en Inde, il a permis de lancer un projet pilote en collaboration avec des entreprises de semences du secteur privé qui mettent à l’essai de nouvelles variétés, étudient les préférences des agriculteurs, évaluent le potentiel du marché et commercialisent directement les semences. Ce partenariat vise à ce qu’au moins 150 000 agriculteurs fassent pousser du millet perlé enrichi en fer en Inde en 2012, là où les carences en fer sont courantes, particulièrement chez les femmes et les enfants de moins de cinq ans.
- Le Canada, à l’instar du Japon, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis, appuie le volet « secteur privé » du Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Ce volet, fruit d’un partenariat, prend la forme d’un fonds fiduciaire unique à donateurs multiples regroupant des pays en développement, des partenaires du développement, des membres de la société civile et des acteurs du secteur privé qui s’est avéré la clé pour trouver des méthodes de financement novatrices pour les petits exploitants agricoles ainsi que les petites et moyennes agroentreprises. Le volet « secteur privé » a été établi pour accorder des prêts à court et à long terme, des garanties de crédit et du capital-actions afin d’appuyer les activités du secteur privé et d’améliorer ainsi le développement agricole et la sécurité alimentaire.
- Le Canada accorde son appui à l’Alliance pour le zinc en faveur de la santé de l’enfant, un partenariat novateur entre le secteur public, le secteur privé et la société civile qui a été conclu par Teck Resources, une entreprise canadienne, et l’Initiative pour les micronutriments, un chef de file mondial dans le domaine de la nutrition. Actuellement active dans quatre pays de l’Afrique subsaharienne, l’Alliance a pour mission d’améliorer la survie des enfants grâce à la distribution de suppléments de zinc et de sels de réhydratation orale pour le traitement de la diarrhée, l’une des grandes causes de décès chez les enfants dans les pays en développement.
- L’aide canadienne au développement a permis au Vietnam de moderniser son système de contrôle de la qualité et de la salubrité des aliments, créant ainsi de nouvelles possibilités pour les petites entreprises et exploitations agricoles. Par exemple, le Canada a aidé les agriculteurs à adopter de bonnes pratiques agricoles reconnues mondialement pour les principaux produits agroalimentaires, ce qui a contribué à réduire considérablement les contaminants dans les fruits, les légumes, la volaille et le porc. Les liens à long terme que le Canada a établis avec certaines provinces du Vietnam ont aussi eu un effet catalyseur pour reproduire certaines innovations clés, comme l’adoption de variétés de riz à valeur ajoutée plus élevée qui respectent l’environnement, et ont aidé à créer des entreprises rurales autonomes dans des secteurs rentables comme la production laitière.
Pour en savoir plus sur l’aide canadienne au développement axée sur l’amélioration de la sécurité alimentaire, prière de consulterAccroître la sécurité alimentaire.