Nous reconnaissons que l'intention du projet de loi de M. Gravelle était louable. Malheureusement, dans plusieurs domaines, ce projet de loi empiétait sur la compétence des provinces en matière de prestation de soins de santé. Le projet de loi aurait également eu besoin d'une recommandation royale, ce qui soulève des questions de procédure pour un projet de loi émanant d'un député. Et surtout, notre gouvernement collabore déjà avec les gouvernements provinciaux et territoriaux à une stratégie pancanadienne sur la démence.
La démence est une priorité pour moi en ma qualité de ministre de la Santé du Canada et dans son budget 2015, le gouvernement s'est engagé à élaborer un plan national. La démence était un élément clé lors de la réunion des ministres de la Santé de 2014, au cours de laquelle les ministres ont convenu de travailler ensemble à l'élaboration d'une stratégie pancanadienne sur la démence. Il serait inapproprié de légiférer à l'échelle fédérale dans un domaine où nous collaborons déjà activement.
À l'automne 2014, le Canada a publié le Plan national de recherche et de prévention concernant la démence visant à soulager la charge croissante que génèrent la démence et les maladies connexes en collaborant avec les provinces et les territoires afin de soutenir la recherche, de partager les pratiques exemplaires et d'améliorer les normes de soins.
Notre gouvernement fait également des contributions importantes par le biais d'investissements - et de collaborations et partenariats stratégiques - dans les domaines de la recherche, de la prévention et de l'éducation publique qui aideront les personnes atteintes de démence, ainsi que leurs familles et à leurs fournisseurs de soins. Depuis 2006, par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada, les investissements dans la recherche sur la démence ont augmenté de 67 pour cent, soit un investissement total de quelque 220 millions de dollars. L'an dernier, rien qu'au Canada, on dénombrait près de 400 projets de recherche sur la démence.
Le Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement (CCNV) est un exemple de ces investissements. Le CCNV, soutenu par le gouvernement du Canada par l'intermédiaire des Instituts de recherche en santé du Canada et des partenaires du secteur public et privé, ainsi que des gouvernements provinciaux, réunit plus de 300 chercheurs œuvrant à améliorer notre compréhension de la démence pour offrir les dernières approches en matière de prévention, de diagnostic et de traitement.
En outre, nous travaillons de concert avec la Société Alzheimer du Canada, qui fait un travail remarquable pour aider les Canadiens, leur famille et leurs fournisseurs de soins à vivre avec la maladie d'Alzheimer. Ensemble, nous travaillons pour offrir un programme baptisé « Dementia Friends au Canada ». Lancé à l'origine au Japon et au Royaume-Uni, Dementia Friends Canada permettra aux personnes, aux communautés et aux entreprises à mieux comprendre ce que signifie de vivre avec la démence et de mieux soutenir les personnes qui en souffrent au sein de la communauté.
La démence est un défi mondial important en matière de santé publique. Aucun gouvernement ni pays ne peut résoudre ce problème seul, nous continuerons à travailler avec la Société Alzheimer du Canada et les gouvernements provinciaux et territoriaux.