Montreal (Québec)
May 7, 2015
Tel que prononcé
Bonjour tout le monde. Je tiens à vous remercier de votre présence ici aujourd'hui. Merci à l’aéroport de Montréal de nous avoir accueillis si chaleureusement aujourd’hui pour cette annonce importante et je suis très fier d’être là avec mon honorable collègue, Steven Blaney, ministre de la Sécurité publique, pour discuter d’un mouvement qui continue à menacer notre sécurité, bien sûr à l’étranger et ici au Canada.
Depuis l’an dernier, le groupe terroriste État islamique de l’Iraq et du Levant (l’État islamique) mène une campagne d’atrocités indescriptibles contre des enfants, des femmes et des hommes innocents. Je me suis récemment rendu au Liban, et j’ai entendu certaines de ces histoires directement de la bouche de réfugiés qui fuyaient leur pays, parce que leur vie était menacée, et ce, simplement en raison du groupe ethnique, religieux ou culturel auquel ils appartiennent. LÉtat islamique a déclaré la guerre au Canada et à ses alliés.
Le Canada et les Canadiens sont menacés directement par l’État islamique qui, malheureusement, demeure une organisation internationale opérant à partir de nombreux endroits. Lorsqu’un groupe comme celui‑ci nomme le Canada parmi les pays qu’il désigne comme cible, nous devons prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la sécurité de notre pays. C’est la raison pour laquelle notre gouvernement a engagé les Forces armées canadiennes dans la coalition internationale contre l’État islamique.
Une seule chose unit et motive les terroristes de ce type : la haine. Ces individus méprisent les nombreuses libertés dont jouissent les Canadiens et les valeurs qu’ils partagent. Notre démocratie, notre droit de nous exprimer, de penser et de pratiquer notre foi librement. Notre respect et notre tolérance à l’égard de la diversité.
L’État islamique cherche à nous faire du mal pour la simple raison que nous sommes Canadiens…même chose pour d’autres groupes, minorités et minorités religieuses au Moyen-Orient. D’autres pays démocratiques sont menacés de la même façon et il a poussé d’autres personnes au Canada et partout dans le monde à se joindre à sa campagne de brutalité et de terreur.
C’est un combat pour l’humanité, pour nos valeurs, pour les principes sur lesquels reposent notre société et nos vies, principes et idéologie que nous respectons; c’est un combat pour l’humanité et pour nos valeurs contre les ténèbres et une autre idéologie. Malheureusement, certaines personnes au Canada se sont fait piéger par cette rhétorique toxique. Bien qu’il soit impensable que des Canadiens commettent de leur plein gré des crimes aussi atroces littéralement contre l’humanité, l’État islamique a réussi à convaincre certains Canadiens de joindre ses rangs.
En tant que gouvernement, il est de notre devoir absolu de protéger la sécurité des Canadiens. Nous avons également la responsabilité envers la communauté internationale, en tant que fier membre de la communauté de nations déterminées à soutenir la paix et la sécurité à l’échelle internationale, de contribuer à empêcher que des actes terroristes soient commis ailleurs dans le monde, lorsque la situation est de notre ressort. Nous savons que certains Canadiens ont déjà quitté le pays pour aller lutter aux côtés de l’État islamique contre le Canada et ses alliés. Le gouvernement a révoqué le passeport de ces individus.
Qui plus est, nous nous avons refusé de délivrer des passeports à des personnes qui ont, selon nos informations, envisagé de quitter le Canada pour se joindre à l’État islamique. Dans ces cas, nous avons réussi à arrêter ces Canadiens avant qu’ils ne puissent aider l’État islamique à commettre certains des crimes les plus odieux de l’histoire récente. Mais nous savons très bien que d’autres personnes encore ont l’intention de quitter le pays pour se joindre à l’État islamique et il est de notre devoir de les en empêcher et de faire en sorte que le nombre de personnes ayant cette intention soit de moins en moins.
Jusqu’à maintenant, le gouvernement a eu recours au Décret sur les passeports canadiens pour révoquer ou refuser des passeports lorsque des Canadiens représentaient une menace pour notre sécurité. Cependant, les pouvoirs actuels sont limités lorsqu’il est question d’interrompre le voyage d’un individu qui est résolu à prendre part à des activités terroristes.Pour offrir une entière protection à la population canadienne et à nos alliés partout dans le monde, nous devons prendre d’autres mesures. C’est pourquoi nous renforcerons le pouvoir dont jouit le gouvernement en vue de l’annulation immédiate d’un passeport dans le cas où son détenteur risque d’entreprendre en voyage imminent et/ou une enquête est en cours.
Une telle mesure atténuera le risque qu’un individu utilise son passeport pendant la tenue d’une enquête. Nous ajouterons au Décret sur les passeports canadiens une section en vertu de laquelle le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile pourra annuler ou révoquer un passeport, ou encore refuser une demande de passeport, lorsque la sécurité nationale est en jeu et dans le cas d’une infraction liée au terrorisme. En outre, nous ferons passer de cinq à dix ans la période pendant laquelle nous pourrons refuser tout service de passeport.
Le message que nous envoyons est très fort : nous ne permettrons pas aux terroristes d’utiliser le passeport canadien pour commettre des actes de violence odieux.
De même, le Canada ne doit pas laisser des déviants sexuels s’en prendre à des enfants et ainsi détruire sa réputation. Malheureusement, il est déjà arrivé que nous soupçonnions des personnes d’avoir quitté le pays pour commettre des infractions sexuelles contre des enfants. Afin d’aider à empêcher qu’une telle situation ne se produise, nous créerons également de nouveaux motifs précis qui nous permettront de révoquer ou d’annuler un passeport, ou de refuser une demande de passeport si nous avons des raisons de croire qu’un individu entend quitter le pays pour commettre à l’étranger des infractions sexuelles contre des enfants.
Grâce aux changements qui seront apportés au Décret sur les passeports canadiens, le gouvernement sera mieux à même de perturber les plans des individus avant que ces derniers ne partent pour l’étranger en vue d’y commettre des actes terroristes ou des infractions sexuelles contre des enfants innocents.
Les citoyens canadiens ont le droit de quitter le pays et d’y entrer en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Le terrorisme ne fait pas partie des droits de la personne. C’est un crime, un crime odieux et un acte de guerre. Ces changements s’inscrivent dans le prolongement des autres mesures que le gouvernement a prises récemment afin de protéger le pays et d’assurer la sécurité des citoyens canadiens. Les modifications importantes que nous avons apportées à la Loi sur la citoyenneté il y a peu de temps nous permettront de révoquer la citoyenneté d’un citoyen à double nationalité et de refuser la citoyenneté à un résident permanent lorsqu’il y a condamnation pour terrorisme.
Peu de choses dans le monde sont aussi précieuses à nos yeux que la citoyenneté canadienne. C’est pour cette raison que nous devons la protéger et que nous devons prendre des mesures contre les individus qui menacent la sécurité nationale et les valeurs fondamentales au Canada.
Ensemble, grâce à ces changements, nous renforcerons la très grande valeur que revêt la citoyenneté canadienne et veillerons à ce que le passeport canadien conserve sa bonne réputation partout dans le monde.
Merci beaucoup. Je passe maintenant la parole à mon collègue, l’honorable Steven Blaney, ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile.